Voilà un film que je découvre sur le tard, et c'est tant mieux car son rythme bien lent, aurait pu à une époque me frustrer et me perdre en chemin. Mais, Polanski installe son ambiance malsaine à petite dose, s'immisce dans dans la vie de ce couple à pas de loup, furtivement, sournoisement, pour laissez la bête s'installer. L'horreur ordinaire de personnes lambdas, de la gentille petite vieille et de son mari toujours bienveillant, offrant des gâteaux, des attentions si particulières. On ne tombe pas dans la démonstration, on ne voit jamais de rites, jamais de sacrifices, le réalisateur mise sur notre capacité à imaginer.
Une seule suffit à nous prouver que toute ce petit monde est démoniaque, et cela suffit à nous pousser à regarder, à être les voyeurs de cette société dégénérescente.
Mia Farrow, est extraordinaire dans ce rôle, cette fragilité qu'elle dégage nous pousse à être en complète empathie pour elle, on l'accompagne dans son chemin de croix, on maudit son fiancé, le monstre, c'est bien lui, puisqu'il troque la femme qu'il aime pour un bout de célébrité bien éphémère.
Elle, elle est une survivante, manipulée de la tête aux pieds, en passant par les parties plus intimes de son corps. Mais au delà, de cette société, perverse, et manipulatrice, c'est son final qui nous glace le sang.
Polanski retourne la table, on imagine, une fin plus viscérale, qui rétablira un semblant de respectabilité, mettra fin au complot, mais sans en dire plus, son choix, est de nous laissez planté avec un couteau dans le cœur, torturé, misant encore une fois sur notre capacité à imaginer la suite.