Le titre est doublement trompeur, d’abord ce n’est pas le célèbre Exodus 1947 dont il est question mais d’un bateau rebaptisé qui transportera les immigrés de chypre en Palestine, ensuite le film portera avant tout sur les terribles tensions entre anglais, palestiniens et juifs qui ont précédé la décision de l’ONU du 29 novembre 1947 partageant la Palestine occupée depuis 1920 par les anglais. C’est forcement different des faits réels mais vraisemblablement très proches de l’ambiance qui devait régner en ces lieux à cette époque. C’est un grand film dont on ne sort pas indemne, il est vraiment douloureux et d’un grand pessimisme d’autant qu’en 2016 la paix entre arabes et juifs n’est toujours pas vraiment présente. On assiste avant tout aux conflits idéologiques entre l’Irgoun et la Haganah puis l’action se déporte sur l’assaut d’une prison à Acre. Le film se terminant par le début de la guerre civile entre juifs et palestiniens de novembre 1947 à mai 1948 qui correspond à la fin du mandat britannique. Une connaissance minimale des événements est indispensable pour bien suivre Exodus qui est bien plus qu’un film d’aventures ou de guerre. Preminger y a mis tout son talent, sa mise en scéne est superbe de bout en bout, les acteurs bien choisis; John Derek en particulier composant un Mukhtar (sorte de Maire) magnifique. Malgré ses 208 minutes il passe vite et il serait utile que le plus grand nombre de spectateurs le connaissent. Une analyse complète demanderait plus de 50.000 caractères.
Exodus est une fresque épique qui ne nous lasse pas malgré ses plus de 3 heures. Seulement voilà, si on sent la patte de maître d'Otto Preminger, on ne peut maintenant que regretter cette façon de traiter le sujet. Si le côté divertissement est largement à la hauteur, l'aspect historique lui, comporte de grandes lacunes et un parti pris évident dans une réalité bien moins évidente que le film ne le laisse entendre. En effet, si une grande partie de l'action se passe en Palestine, la voix des arabes ne se fait quasiment pas entendre, si ce n'est comme gentil ami des juifs ou méchants qu'il faut abattre à vue. Et si le terrorisme n'est pas justifié dans ce film, il semble quand même excusé par la cause qu'il soutient. On peut se demander quel accueil aurait aujourd'hui un film traitant des attentats à la bombe palestiniens condamnant le terrorisme mais reconnaissant la cause pour laquelle ils se battent. On a la réponse avec Paradise Now, qui est pourtant beaucoup plus sévère sur la question qu'Exodus, et qui a pourtant suscité une virulente critique. Alors oui, l'époque n'est pas la même, et peut-être peut-on y voir de la naïveté, mais cet aspect là reste gênant pour nous, spectateurs d'aujourd'hui. A côté de ça, on a la musique, récompensée par un oscar, des morceaux de bravoure, de la romance, de l'humour et de belles histoires. Aussi ne prenons pas le film pour ce qu'il n'est pas, un grand film sur un sujet brûlant, mais acceptons le comme divertissement de qualité comme Hollywood en a le secret.
comme souvent le sont les superproductions hollywoodiennes des années 50, le film est un peu lisse et conventionnel et Otto Preminger a fait des films plus personnels. Les personnages féminins jouent notamment les utilités et servent surtout à véhiculer les bon sentiments qui sont un des ingrédients obligés de ce genre de film On peut s'étonner qu'une d'elle vive une idylle amoureuse avec un des personnages qui vient de participer à l'attentat de l'hôtel king david faisant 83 morts dont de nombreux civils. On imagine ce que seraient les réactions internationales si une superproduction arabe montrait un terroriste palestinien venant de réaliser un massacre de masse sous un angle aussi romantique. Cela dit, il faut se mettre dans le contexte de l'époque peu éloigné dans le temps de la fin de la seconde guerre mondiale et du génocide subi par les juifs et il faut bien reconnaitre que Otto Preminger arrive à nous embarquer dans une fresque assez spectaculaire qui nous fait oublier son manque de rigueur historique et le fait que le point de vue des palestiniens arabes ne soit quasiment pas traité dans le film.
Tout d'abord, voir ce film, c'est s'embarquer pour 3h30 de projection, une longue aventure donc... Ensuite, c'est l'occasion de constater que l'antisémitisme était encore prégnant chez certains anglais. Toute la première partie du film, c'est la revendication d'un état d'Israël à travers cet exode médiatiquement construit par un résistant, fin stratège charismatique, Ari Ben Canaann, interprété par Paul Newman. La seconde partie du film, c'est un peu ce qu'on a vu sur les écrans il y a quelques mois, à savoir "Dancing in Jaffa" ou bien également "Girafada", c'est-à-dire comment les frères peuvent être si proches et devenir ennemis. Juifs et palestiniens, juifs et arabes ne sont pas seulement les ennemis qu'on prétend. Il y a une dynamisation de la haine, comme il pourrait tout aussi bien y avoir la paix. Pourquoi n'est-il pas permis à ces peuples de vivre dans l'ambivalence des sentiments? Pourquoi faut-il absolument du clivage? Comme si la vérité ne pouvait être détenue que par certains et non être partagée ou relative...
Bigre 3h20 pour cette fresque sur l'exode des juifs vers la Palestine ! Le réalisateur prend beaucoup de liberté par rapport à l'histoire mais ce serait mentir de dire qu'on ne passe pas un bon moment devant ce film. C'est plutôt bien écrit et certains rebondissement sont bien pensés, dommage que certaines scènes soient un peu trop étiré, mais le film reste plutôt divertissant et c'est bien filmé. Après le sujet aurait mérité une plus grande et vrai réflexion mais il vise aussi principalement le divertissement et son objectif est atteint, c'est plutôt une bonne fresque. Il est emmené par le duo Paul Newman/Eva Marie Saint qui marche à merveille et on retrouve de très bon second rôles (notamment l'excellent Lee C Cobb). La reconstitution et les décors sont très bien fait. Un bon film mais, à défaut d'être juste historiquement, aurait surement mérité une réflexion bien plus grande malgré qu'il soit divertissant et plutôt bien foutu.
Une fresque historique de 205 minutes,qui part d'un sujet fondamental et peu traité au cinéma(normal,il est signé Dalton Trumbo,auteur black-listé à Hollywood)pour malheureusement s'enliser très rapidement. Le traitement mélodramatique de l'œuvre est insupportable,notamment dans la liaison contrariée entre un Paul Newman et une Eva Marie Saint bien palôte. Mais le pire n'est pas là. Il réside dans l'accumulation incessante d'inexactitudes historiques,et dans le fait que seul le point de vue des Juifs soit exposé,celui des extrémistes uniquement. La création d'Israel fut(et est toujours) un problème à deux faces. Où est donc le point de vue des Arabes,des Palestiniens? Si l'on n'est pas trop regardant ,on saura profiter de quelques morceaux de bravoure,impliquant des centaines de figurants. Mais ça s'arrête là pour "Exodus"(1960),film mineur malgré sa durée,pour Otto Preminger.
Bigre 3h20 pour cette fresque sur l'exode des juifs vers la Palestine ! Le réalisateur prend beaucoup de liberté par rapport à l'histoire mais ce serait mentir de dire qu'on ne passe pas un bon moment devant ce film, malgré quelques longueurs. C'est plutôt bien écrit et certains rebondissement sont bien pensés, dommage que certaines scènes soient un peu trop étiré, mais le film reste plutôt divertissant et c'est bien filmé. Après le sujet aurait mérité une plus grande et vrai réflexion. Il est emmené par le duo Paul Newman/Eva Marie Saint qui marche à merveille et on retrouve de très bon second rôles (notamment l'excellent Lee C Cobb). La reconstitution et les décors sont très bien fait. Un bon film mais, à défaut d'être juste historiquement, aurait surement mérité une réflexion bien plus grande.
Un film fleuve sur la création d'Israël. Très pro, très didactique (le scénario, tiré de l'oeuvre de Leon Uris, est signé Dalton Trumbo, l'auteur blacklisté de Johnny s'en va en guerre). On suit avec intérêt l'aventure de l'Exodus, l'opposition entre deux mouvements juifs, l'un pacifiste (la Hagana), l'autre terroriste (l'Irgoun), la lutte contre les Britanniques et le début du conflit avec les Arabes. On apprend des choses. Cela dit, malgré une belle tonalité humaniste (et amère sur la fin), le film n'est pas sans défaut. Sur le fond, il ne présente pas le point de vue des Arabes qui souhaitent conserver leur territoire. Ce qui est quand même une donnée fondamentale du problème... On ne va que dans un sens, celui des Juifs. Par ailleurs, cette oeuvre est très longue (3 h 15), pas exempte de clichés ou lourdeurs symboliques, et sa mise en scène, certes maîtrisée, se révèle un peu lisse. Côté acteurs, Paul Newman s'impose avec conviction, tandis qu'Eva Marie Saint (La Mort aux trousses) paraît bien fade dans un rôle, il est vrai, peu intéressant.
Preminger signe avec "Exodus" une grande fresque historique retraçant une période décisive pour les juifs. Et même si le scénario du très grand Dalton Trumbo est loin d'être l'exacte vérité historique, il ne perd en rien son ambition et jamais on ne s'ennuie durant les 3h20 qui font le film. La mise en scène est impeccable, l'histoire prenante et servie par de très grands acteurs comme Paul Newman et Eva Marie Saint.
Un sujet pas forcément des plus évidents à porter à l'écran sans tomber dans les clichés et le manichéisme. Bien que la longueur puisse décourager les spectateurs, c'est un film à voir pour les cinéphiles. Qu'il y est quelques erreurs, raccourcis ou approximations ce n'est pas le plus important, ce qui est à considérer c'est le message du film et le fait historique évoqué. L'objectif de ce film n'est pas de reconstituer ce passage de l'histoire, mais de l'évoquer. Le sujet est d'autant plus intéressant, car il est hélas toujours d'actualité. Si l'ensemble des acteurs livrent ici une très belle prestation, on remarquera une fois encore l'immense Paul Newman qui laisse ici un de ses rôles les plus sobres, qui porte le film sans se mettre en avant. La prestation de Paul Newman est particulièrement intéressante lors de la scène de l'évasion à St Jean d'Acre, car à y voir Paul Newman on se demande si il n'aurait pas été lui aussi parfait pour le rôle de Lawrence d'Arabie. Un très beau film à voir et aussi à écouter pour le thème musical écrit par Ernest Gold.
Très très déçu par ce film que j'ai vu aujourd'hui dans le cadre d'une recherche sur la ville de Port-de-Bouc avec une association. On avait déjà vu juste avant un reportage agrémenté de nombreux témoignages, et le non-respect de l'Histoire (avec un grand H) est vraiment insupportable. Déjà, l'histoire (du film) est très mal gérée avec quelques longueures. Mais ça je laisse passer. Mais ensuite le jeu d'acteur est morne et les sont moches et font très artificiels. En tant qu'habitant de la ville où l'histoire du vrai Exodus 47 est arrivée, je ne trouve aucune quelitée à ce film. Vraiment dommage mais je met quand même une étoile pour l'effort d'avoir traité cette histoire.
Dans ce film Preminger arrive à créer un subtile et délicat équilibre entre la petite et la grande histoire ainsi malgré sa longueur et un rythme un peu faible on ne s'ennuit pas. Paul Newman en fait peut être un peu trop.
En adaptant le roman-éponyme de Leon Uris, Otto Preminger s’est lançé dans la reconstitution historique d’un des événements géopolitiques les plus importants de l’après-guerre, à savoir la fondation de l’Etat d’Israël. Grâce à un budget colossal, d’un casting prestigieux, d’un ton romanesque et d’une splendide bande origine, cette leçon d’histoire s’est transformée en une fresque épique au ton romanesque. Le traitement réaliste sans un quelconque jugement moral du réalisateur (auquel certains historiens ont reproché certaines inexactitudes, moins dues au scénario qu’au roman d’origine) fut tel qu’il parvint à s’attirer les foudres des autorités britanniques, israéliennes et même arabes, y voyant toutes leur image dévalorisée. En plus de cette approche grandiloquente de la grande Histoire, Exodus est aussi une belle romance passionnelle, elle-même prétexte à une multiplication des points de vue et une absence de parti-pris. La durée de ce film-fleuve est forcément synonyme de baisses de rythme mais Paul Newman, lui, est aussi bon du début à la fin.