L'Homme qui rit
Note moyenne
3,9
79 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

12 critiques spectateurs

5
2 critiques
4
6 critiques
3
4 critiques
2
0 critique
1
0 critique
0
0 critique
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
soniadidierkmurgia

1 433 abonnés 4 334 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 mai 2020
Le rôle de Gwynplaine tenu par Conrad Veidt dans "L'homme qui rit" de Paul Leni sorti sur les écrans en 1928, était initialement prévu pour Lon Chaney qui en 1923 avait connu un triomphe pour la Universal dans "Notre dame de Paris" de Wallace Worsley. Le studio qui entend battre le fer quand il est chaud veut immédiatement placer son acteur vedette dans une nouvelle adaptation littéraire fantastique. Un scénario est concocté à partir du "Fantôme de l'Opéra" de Gaston Leroux, aussitôt rejeté par le comité exécutif d'Universal. Carl Leammle et Irvin Thalberg proposent donc à Lon Chaney le rôle de Gwynplaine dans "L'homme qui rit" inspiré de l'une des plus fameuses nouvelles de Victor Hugo parue en 1869. Deux adaptations ont déjà été réalisées en Europe en 1908 et 1921. Le studio n'ayant pas acquis les droits auprès de la Sociéte Générale des Films, Lon Chaney est libéré de son engagement et peut enfin tourner "Le fantôme de l'Opéra" sous la direction de Rupert Julian. C'est un nouveau triomphe. Carl Leammle comprend alors qu'il tient un filon avec les films d'épouvante mettant en scène des "monstres". "L'homme qui rit" revient donc sur le devant de la scène, mais cette fois-ci, Leammle choisit de faire appel à Paul Leni qu'il a débauché à Berlin après l'avoir remarqué pour son très intrigant "Le cabinet des figures de cire" en 1924 qui fera l'objet de quatre remakes dont un de Michael Curtiz en 1933 et un autre d'André de Toth en 1953. Adepte du courant expressionniste allemand, Leni va mettre en pratique cette manière si particulière d'aborder l'art cinématographique pour les quatre films qu'il tournera à Hollywood, décédant à seulement 43 ans d'une septicémie en 1929. Pour "L'homme qui rit" qui le fera passer à la postérité, il dispose d'un budget colossal qu'il utilise en soignant particulièrement les décors tout au long des presque deux heures que dure le film (durée rare à l'époque). Il faut rappeler que Paul Leni a d'abord travaillé comme décorateur durant son apprentissage qui commença dès 1914 auprès de réalisateurs comme Ernst Lubitsch, Joe May ou Richard Oswald. Il se saisit parfaitement de l'histoire de Gwynplayne, fils d'un rival du roi d'Angleterre Jacques II qui a été spoiler: défiguré par des trafiquants d'enfants après que son père a été assassiné. Avec Dea (Mary Philbin), une petite fille aveugle, Gwynplaine est recueilli par Ursus (Cesare Gravina), un forain ambulant. Devenu adulte et phénomène de foire, Gwenplaine est complètement inhibé par son handicap qui l'empêche de vivre pleinement l'amour que lui porte Dea. Mais à la cour les choses bougent, amenant Gwynplain à devenir l'objet d'un complot monté par Barkilphedro (Brandon Hurst) ancien bouffon du roi Jacques II, devenu entretemps le conseiller spécial de la reine Anne (Joséphine Cromwell), pour se venger de la duchesse Josiana (Olga Baclanova) ayant refusé ses avances
. L'histoire dès lors plus conventionnelle s'articule autour du cruel dilemme qui déchire Gwynplaine devant opter pour l'amour simple et sans faille de Dea ou pour l'accomplissement de son destin d'héritier d'un Lord. Paul Leni qui n'a pas l'extrême sensibilité d'un Friedrich W. Murnau ou d'un Frank Borzage se contente de suivre sagement le fil conducteur du scénario tout en faisant preuve d'un sens du rythme plutôt bienvenu compte tenu de la longueur du film. Restera gravée dans les mémoires, l'interprétation empreinte d'un pathétisme bouleversant de Conrad Veidt qui réussit la performance de faire du sourire éternel de Gwynplaine, l'expression d'une douleur infinie. Une interprétation qui a inspiré Jerry Robinson, Bill Finger et Bob Kane, les créateurs de Batman en 1940 quand ils ont crée le Joker et à laquelle on rend encore hommage aujourd'hui, notamment Joaquin Phoenix qui entre dans la peau du "Joker" de Todd Phillips exactement de la même manière que Conrad Veidt dans "L'homme qui rit" de Paul Leni (l'entame des deux films commencent avec le héros devant sa glace en train de se maquiller
Yannickcinéphile

2 879 abonnés 4 582 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 février 2017
Première adaptation du fameux ouvrage de Victor Hugo. Paul Leni signe, comme de coutume pour lui, un film réussi, pas parfait, mais de très belle facture, profitant en particulier d’un excellent travail formel.
Visuellement le métrage est en effet très beau. Superbe décors (le final est particulièrement soigné), mise en scène remarquable, avec quelques scènes d’une force rare et une attention particulière portée aux visages et aux regards des protagonistes, et surtout il y a cette ambiance sombre, inquiétante, d’une poésie noire toute romantique. L’Homme qui rit est formellement peu critiquable, et il a cette puissance qui l’a rattaché largement à l’expressionisme. En tout cas, sans savoir s’il relève effectivement de ce courant, on retrouve le soin de Leni pour ses plans, et pour les détails, ce qui, dans un muet, peut jouer énormément dans l’expressivité d’une scène.
Le scénario est de qualité, suivant avec une relative fidélité le texte d’Hugo. Il y a quelques longueurs, notamment dans la partie centrale du métrage, et peut-être que Leni aurait pu rendre son ouverture plus sombre, plus marquante. Il faut savoir en effet que tout en suivant le livre, Leni en a retiré pas mal d’aspects sombres, tristes, pour offrir un métrage romantique mais assez sobre du point de vue des émotions exprimées. Cela se voit dans le début, mais surtout dans la fin, bien plus consensuelle que dans le livre, et dans l’ensemble on peine à vraiment sentir le héros souffrir de sa mutilation. Mutilation, qui, disons-le, n’est pas en elle-même spécialement effrayante. Evidemment, il y a des scènes où le héros est humilié pour sa déformation, notamment à la Pairie, mais ça reste un peu consensuel tout de même. Est-ce un refus de misérabilisme facile ? Peut-être, mais le film perd un soupçon en terme de souffle.
Niveau casting, c’est convaincant. Une Mary Philbin parfaite dans son rôle de Dea, une Olga Baclanova pas moins efficace et charmante (les deux actrices se ressemblent d’ailleurs beaucoup), et entre elles deux Conrad Veidt. Il est à la hauteur de son rôle, un peu excessif parfois, mais il est vrai que parvenir à rendre des émotions diverses en gardant toujours le sourire, impliqué de surjouer un poil, d’exagérer la gestuelle par exemple. Plus décevant est l’acteur jouant Ursus, Cesare Gravina, qui lui surjoue en effet. Il apparait heureusement peu, c’est préférable au final. Pour le reste de bons interprètes, rien à redire de spécial.
Malgré ses quelques lacunes, L’Homme qui rit est un film très soigné, qui mérite le visionnage. Paul Leni est un technicien expérimenté, pas forcément génial, mais indéniablement capable d’offrir de très bons divertissements, et on est ici face à l’un de ces films réussis. Il manque un souffle d’émotion, un souffle de gravité aussi, le parcours du héros ressemblant plus ici à celui d’un conte de fée, que du parcours du combattant. 4
tomPSGcinema

880 abonnés 3 323 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 mai 2013
Adapter du roman de Victor Hugo, ce film muet m’aura fait passer un super moment de cinéma. Le casting est franchement à la hauteur - notamment en ce qui concerne la remarquable performance de Conrad Veidt dans le rôle principal et celle très émouvante de Mary Philbin dans celle de l’aveugle. Mais ce qui marque aussi les esprits dès le début du film, c’est la mise en scène vraiment très abouti et efficace que l’on doit à Paul Leni, réalisateur l’année précédente du très bon film d’épouvante La Volonté du mort. Ajouter à cela une photographie très belle, des décors particulièrement soignées ainsi qu’une histoire prenante, et on peut donc clairement avouer que l’on se trouve devant un très grand film muet.
Stone cold steve austin
Stone cold steve austin

19 abonnés 208 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 octobre 2019
Avec une énorme chance, j'ai pu visionner ce film dans un ciné-concert. Le muet joue ici un rôle clé et parvient à nous dégager de fortes émotions. Les personnages sont incarnés avec brio par les acteurs. Très bien
Charlotte28
Charlotte28

202 abonnés 2 815 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 avril 2025
Adapter l'œuvre dense de Victor Hugo impliquait des modifications ou des choix sur les thématiques principales. Or, ici, la balance interne à l'homme entre grotesque et sublime qui caractérise le romantisme de l'auteur devient une opposition entre deux figures féminines, l'une symbolisant la corruption, la vilénie, la laideur d'un monde cupide (vénéneuse Olga Baclanova), l'autre (gracieuse Mary Philbin) incarnant l'éclat, la pureté, la beauté d'un sentiment sincère (avec la connotation de la cécité permettant de voir la vérité derrière les apparences); aussi la cour prête-t-elle davantage à rire (jaune) que le sourire figé d'une créature de foire (à laquelle Conrad Veidt confère une touchante souffrance). Par ailleurs, la critique politique du livre demeure bien présente - jusqu'à l'ajout d'une scène liminaire tissant un parallèle tragique entre père et fils - quoi que la scène emblématique du discours à la chambre des Lords soit (logiquement) fort écourtée. Cependant, plus qu'une satire sociale, l'intrigue se fait récit initiatique, questionnement existentiel, romance (jusqu'au dénouement trahissant l'esprit du roman). Malgré une réalisation habile, soucieuse du détail, imprégnant l'air d'une ambiance menaçante, le rythme faiblit parfois, à l'instar de plusieurs interprétations basculant dans l'emphase qui caractérise certains muets. Reste ce sourire incontournable du cinéma, repris pour le Joker et auquel Christopher Lee aurait rêvé de prêter ses traits!
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 26 octobre 2019
La littérature de Monsieur Hugo est profonde comme source de puits, le créateur de l'homme qui rit vivant au royaume d'Angleterre, un pays gothique vers la fin du 17ème siècle.
Il devient the man who laughs en un vibrant hommage au théâtre des grands de la tragédie grecque ancienne, au côté de Sir Shakespeare, mieux que Molière et son Roi soleil.

Défiguré par un roi cruel, James II le lâche chez les loups ce fils de son ennemi juré, un lord qui lui fit ombre jeu de lumière et obscurité, c'est le noir et blanc dans ce chef-d'œuvre du cinéma muet pour raconter ce drame effrayant.

L'enfant recueilli par un forain, au bras d'un bébé aveugle sorti du froid mourant est marqué à jamais, c'est le mime du sourire, le gentil Joker à la condition humaine se donne en spectacle, le public pris d'un fou rire incontrôlable, on a pitié pour lui et l'expression pleine de cet acteur du silencieux est fort en impression, c'est l'émotion mélodique.
Modeste artiste attaché à l'amour simple reviendra à son rang, pardonnée par la Reine pour les crimes de son prédécesseur, mais pas sa peine ne suffira à être comblée de bonheur à la chambre des Lords surpris, rieurs et humiliés de justesse.
Gautier Delapierre
Gautier Delapierre

25 abonnés 58 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 avril 2020
Un film datant de 1928, incroyablement avant-gardiste.
Avec les moyens de l'époque, on nous présente une œuvre qui force le respect.
Ce qui m’a bluffé c'est notamment la scène érotique avec la duchesse; Cela va assez loin pour un vieux film. Mais je pense que la barrière des mœurs de l'Amérique Puritaine n'avait pas encore commencé à sévir sur le cinéma.

Je tenais aussi à dire que je n'ai jamais aussi bien compris le personnage du joker qu'après avoir vu ce film.
Et pourquoi il puise son inspiration dans Gwynplaine. Et j'avoue que le film de 2019 Joker est celui qui rend le mieux ce message qui résume le personnage : "Je vis une complète tragédie, pourtant je suis condamné à rire pour l'éternité." Fantastique !

spoiler: Je suis seulement déçu que la fin trahisse le roman de Hugo et laisse Dea en vie heureuse avec Gwynplaine.

Ici, on perçoit en fait déjà ce que sera l'industrie d'Hollywood pour toujours, c'est à dire un monde ou le héros gagne à la fin.
Attigus R. Rosh
Attigus R. Rosh

252 abonnés 2 690 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 mars 2018
L'homme qui rit est un classique assez sympathique à visionner, même si ce n'est pas celui qui restera le plus longtemps en ma mémoire.
Je n'ai pas lu l’œuvre de Victor Hugo dont le film est inspiré, même si on peut imaginer que de certains écarts ont été pris Mais c'est je pense un bon choix d'adaptation, car on retrouve les valeurs humanistes et tolérantes de l'auteur dans le film, tout comme son regard très juste sur le monde qui l'entoure.
Gwynplaine est au final assez peu effrayant (le film se veut comme faisant partie des Universal Monster movies). Même si le maquillage est plutôt réussi, j'aurais imaginé quelque chose de plus repoussant. On a juste l'impression de voir quelqu'un au visage crispé. Néanmoins, Conrad Veidt est très convaincant.
Ça reste un divertissement qui passe bien.
Poutchi
Poutchi

9 abonnés 127 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 avril 2026
En 2026, quelles sont mes motivations pour voir ce film ? Je n’en vois qu’une : je voulais comprendre d’où venez l’inspiration du sourire du Joker. Je trouve aussi difficile de noter ce film, parce que il faut se remettre dans le contexte de l’époque, le noir et blanc n’est pas du tout dérangeant bien au contraire mais le faite que le film soit mué, c’est vrai que la sensation est bizarre on a cette tendance à vouloir augmenter le son sans résultat. J’ai mis la note de 3 car je ne peux pas remettre en question le personnage : l’homme qui sourit.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 10 juin 2013
Issu d'une famille noble victime d'une conspiration, Gwynplaine a été arraché enfant à sa famille et mutilé à vie. Depuis il arbore un visage rieur permanent dont les gens se moquent. Cette anomalie physique est aujourd'hui la raison du succès de "L'Homme qui rit", spectacle forain dans lequel il tient la vedette.
Bien qu'aveugle Dea sait voir qui est le vrai Gwynplaine derrière ce sourire car elle a été recueillie par le vieil homme qui dirge la troupe et qui les a élevés ensemble.

Film expressionniste muet en noir et blanc de 1928, cette adaption d'un roman de Victor Hugo est résolument moderne. L'accompagnement au piano fut tout simplement exceptionnel. Je ne pensais pas que la musique parviendrait à compenser aussi bien l'absence de son. De plus le sujet traité est toujours d'actualité : est-on éternellement victime ou peut-on décider de son sort ?
"Un roi a fait de moi un monstre, une reine veut faire de moi un Lord mais je ne suis qu'un homme ! " s'écrit le personnage principal devant la chambre des Lords lorsque la reine veut le réintégrer à son véritable rang.
Quelque soit notre origine il convient de se sentir soi-même pour vivre pleinement heureux et en harmonie avec son environnement.
La scène où les forains imitent les bruits du public pour cacher à Dea la disparition de Gwynplaine est absolument surréaliste, d'une poésie et d'une tendresse folles. Un classique à voir.
judy55
judy55

47 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 février 2019
Un chef d'oeuvre! Un très bel hommage au livre de Hugo! Une mise en scène vraiment très belle (ça méritait vraiment cette excellente restauration!) des plans intelligents et une musique vraiment cool! Il faut dire que la performance de Conrad Veidt est tous simplement exceptionnelle! Il est incroyable! C'est vraiment le plus grand point fort du film!
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 23 juin 2010
Ouah ! quelle claque que ce film que je découvre quelque semaines à peine après avoir terminé de lire le bouquin. Cette adaptation est vraiment très réussie, ce qui était loin d'être gagné quand on sait que le film est muet alors que le livre est particulièrement verbeux. Les écarts sont souvent bien venus, soit rendant l'ensemble plus crédible, soit évitant quelques longueurs du livre. Mais ce qui m'impressionne le plus, ce sont les acteurs : j'ai vraiment été bluffé par la qualité des interprétations. J'avoue que je n'ai pas vu beaucoup de film muet jusqu'à présent, mais j'était loin de m'attendre à ça : la scène entre Gwynplaine et la "vicieuse" duchesse, ou la performance de Conrad Veidt tordant sont visage face aux Lords sont vraiment le reflet de ce que décrit Victor Hugo.

Chapeau bas !
Les meilleurs films de tous les temps