Notez des films
Mon AlloCiné
    La Barbe à papa
    note moyenne
    4,2
    268 notes dont 33 critiques
    répartition des 33 critiques par note
    1 critique
    22 critiques
    8 critiques
    2 critiques
    0 critique
    0 critique
    Votre avis sur La Barbe à papa ?

    33 critiques spectateurs

    Truman.
    Truman.

    Suivre son activité 159 abonnés Lire ses 1 364 critiques

    4,5
    Publiée le 5 février 2014
    C'est dingue que ce film soit aussi peu connu car il est vraiment magnifique, ça parle d'un petit escroc, Moses qui doit ramener une gamine, Addie chez sa tante . Le tout se déroule dans les années 30 . Mais durant le voyage rien ne va vraiment se passer comme prévu et Moses va initier Addie a ses combines pour se faire de l'argent puis vont venir les soucis, les rencontres et autres situations burlesques . Sous forme de Road Movie on on aura droit à de l'humour doux et léger baignant dans un noir et blanc très agréable . Ryan O'Neal joue avec sa propre fille Tatum O'neal, le duo fonctionne et est rempli d'une grande complicité . Ce road movie arrive autant a nous faire rire qu'a nous toucher grâce a ses personnages très attachants . On passe un agréable voyage, ou plutôt une belle aventure humaine . Coté réalisation c'est vraiment très bon . Ce Paper Moon frôle a deux doigts le chef d'oeuvre d'humour, de tendresse et du genre road movie . En un mot ? Un très beau film .
    Benjamin A
    Benjamin A

    Suivre son activité 439 abonnés Lire ses 1 901 critiques

    4,5
    Publiée le 5 juillet 2014
    S’ouvrant sur la chanson «It’s only a Paper Moon », le générique laisse place à une scène d’enterrement où un jeune homme charismatique arrive en retard et rencontre, parmi le peu de monde présent, une jeune fille qui ne dit pas un mot dont c’est la mère qui se trouve être enterré. Excellente première scène qui donne le ton du film où l’on va suivre ce petit escroc qui va se retrouver, par un petit concours de circonstances, sur les routes avec elle. Peter Bogdanovich fait preuve d’une maitrise incroyable dans cette adaptation du roman de Joe David Brown. Partant d’un scénario assez simple, il donne une dimension mélancolique et rétro à son film et oscille entre tendresse, humour, légèreté et émotion, sans jamais tomber dans la mièvrerie ou le misérabilisme et finalement « Paper Moon » sait se faire touchant. Bénéficiant d’une très bonne écriture, notamment au niveau des personnages, il rend son duo fortement attachant, que ce soit par cette gamine d’abord très silencieuse et, à l’image de la scène du hot dog en début de film, ne va jamais se laisser se faire par celui dont elle pense qu’il est son père et va se montrer à la suite maligne, boudeuse ou encore marrante ou par cet escroc plutôt volatile et qui va peu à peu s’attacher à elle. Tout en subtilité, Bogdanovich évoque aussi la crise économique de 1929. Alors que la photographie en noir et blanc est superbe et adéquat à la réalisation de Bogdanovich, il joue avec les contrastes tout en sublimant les longues plaines du Kansas. La caméra est toujours fluide et les cadrages bien choisis. Ryan O’Neal est parfait et rentre à merveille dans la peau de son personnage de escrocs. Il arrive à le rendre sympathique malgré tout, mais la vraie star du film c’est vraiment la jeune Tatum O’Neal, la fille de Ryan dans la vraie vie. Elle est d’un naturel bluffant et donne à son personnage une tendresse particulière. Un excellent road-movie, très attachant et qui bénéficie d’excellentes interprétations. Dommage qu’il soit aussi peu connu mais c’est aussi pour ca que les éclaireurs sont là ! Encore merci à Cultural Mind pour sa découverte alors qu’il m’était totalement inconnu.
    soniadidierkmurgia
    soniadidierkmurgia

    Suivre son activité 474 abonnés Lire ses 3 441 critiques

    4,0
    Publiée le 5 avril 2015
    Peter Bogdanovich est aujourd’hui un cinéaste reconnu qui paradoxalement ne tourne plus guère. Comment en est-il arrivé là ? De la même génération que les cinéastes du Nouvel Hollywood qu’il fréquente, issu du monde de la critique et acteur à ses heures perdues, Bogdanovich au détour des années 1970 est la coqueluche du public américain grâce à trois films qui ressuscitent les grandes heures des studios et remplis de références aux réalisateurs qu’il admire (Ford, Hawks, Welles). « The last picture show », « What’s up, Doc ? » et « Paper Moon” regardent de façon révérencieuse vers le passé d'Hollywood (la screwball comedy, le film sur la crise de 1929) alors que les contemporains de Bogdanovich comme Scorsese, Spielberg, Ahsby, Rafelson ou Coppola proposent à l’Amérique de réfléchir sur les mutations qui la bouleversent. Il permet donc aux nostalgiques qui sont nombreux de ne pas s’arracher complètement à leurs souvenirs. Ce pont tendu entre deux cinémas lui donne immédiatement une reconnaissance publique et critique. Ne sachant pas assez tôt sortir de cette veine nostalgique, il voit son étoile décliner très brutalement alors que ses collègues moins précoces en terme de succès vont finir par imprégner durablement les goûts du public avec des films chocs comme « le Parrain », « Les dents de la mer » ou «Taxi Driver ». Ses trois films suivant « Paper Moon » seront des échecs cuisants. Ce qui paraissait un trait de génie, l’hommage appuyé aux grands maîtres, va devenir le tombeau de la carrière de Bogdanovich à qui l’on reproche désormais de n’être qu’un plagiaire, incapable d’avoir sa propre signature. La critique française à la remorque de la très redoutée Pauline Kael (critique du New Yorker) n’aura pas de mots assez durs de Michel Ciment à Bertrand Tavernier et Bernard Coursodon en passant par Jean Domarchi pour rejeter le cinéma de Bogdanovich notamment ses trois succès initiaux comme si un crime de lèse-majesté avait été commis par le réalisateur en se revendiquant de ses prestigieux aînés dont ces mêmes critiques s’étaient attribués la réhabilitation en Europe après des combats le plus souvent homériques avec les distributeurs. Si les Wilder, Ford ou Lang ne parvenaient plus à tourner pourquoi un pâle imitateur issu du monde de la critique, jugé prétentieux de surcroît, récolterait les budgets et les récompenses dans les festivals ? Bogdanovich ne s’est jamais remis de ce traitement, faisant par la suite davantage parler de lui dans la presse à scandale pour ses relations successives avec les sœurs Stratten (l’aînée, Dorothy, Playmate de l’année en 1980 fut assassinée par son amant jaloux, sa cadette Louise épousa le réalisateur en 1989 de vingt ans son aîné). Qu’en est-il réellement de « Paper moon » ? Il est vrai que ce road movie sur fond de crise économique, narrant de façon douce-amère l’union de fortune entre un adulte et une enfant débrouillarde, emboîte le pas au « Kid » de Chaplin (1921) et aux « Raisins de la colère » de John Ford (1940) dont il cherche quelque part à faire la fusion. Mais le procès en sorcellerie qui lui est fait semble bien sévère à l’heure où Hollywood ne mise plus que sur les remakes, séquelles ou préquelles faute d’inspiration et de goût du risque (Scorsese lui-même n'a t-il pas lui-même depuis réalisé deux remakes). Inspiré d’un roman de Joe David Brown sorti deux ans plus tôt, le film possède pourtant sa propre énergie et Bogdanovich y montre un réel talent pour diriger les acteurs, notamment une Tatum O’Neal dont il tire le meilleur, parvenant à lui faire irradier l’écran de sa frimousse qui traduit immédiatement et de manière irrésistible tous les sentiments éprouvés lors de cette virée initiatique où la fillette et son père supposé vont apprendre à se connaître et à se reconnaître à travers le chapardage, remède de fortune pour survivre dans une Amérique de la déprime économique et de la prohibition. La performance de la petite Tatum, récompensée aux Oscars pour un second rôle (sic!), éclipse un peu celle de son papa Ryan qui paraît un peu à la remorque devant tant de talent. Le piège n'était pas loin pour Bogdanovich de réduire son film aux facéties et mimiques de sa petite héroïne. Le travail sur l'esthétique du film auquel Bogdanovich était très attaché, n'hésitant pas à prendre des conseils auprès de son ami Orson Welles grand maître du noir et blanc, est remarquable de précision grâce à l 'apport du chef opérateur hongrois Lazlo Kovacs qui avait travaillé juste auparavant sur "Easy Rider" de Dennis Hopper et "Five easy pieces" de Bob Rafelson. Au final on peut penser que la critique a été très dure avec "Paper moon" qui se tient encore très bien 40 ans après sa sortie, suscitant toujours la même émotion et les mêmes sourires face à la petite Tatum qui depuis a grandi, connaissant le parcours personnel souvent difficile et douloureux des enfants stars.
    CineRepertoire.free.fr
    CineRepertoire.free.fr

    Suivre son activité 117 abonnés Lire ses 1 362 critiques

    4,0
    Publiée le 16 septembre 2013
    Il y a un petit côté Bonnie and Clyde dans ce road-movie, version père/fille, sur un ton qui oscille entre rudesse, tendresse et drôlerie. Tantôt vachard, tantôt émouvant. Mais jamais mièvre, alors que le scénario pouvait basculer dans l'émotion facile. Ryan et Tatum O'Neal, père et fille dans la vraie vie, forment un duo épatant. Tatum campe un petit bout de femme incroyable. Par ailleurs, la photo (un noir et blanc très lumineux) est sublime de mélancolie.
    Maxime L.
    Maxime L.

    Suivre son activité 11 abonnés Lire ses 3 critiques

    3,5
    Publiée le 30 juin 2013
    Avec son film à la fois doux et amusant, Peter Bogdanovich arrive à aborder le thème de la relation père/fille sans tomber dans un excès de sentiments souvent regrettable. C'est ici une relation qui doit se construire et qui passe par différentes étapes qui nous est raconté. Le choix du duo d'acteur, Ryan O'Neal et Tatum O'Neal qui sont véritablement père et fille dans la vie se montre alors des plus judicieux, la complicité des personnages se reflétant parfaitement à l'écran. Avide de liberté, très perspicace et avec un style androgyne, Addy, excellemment interprétée par Tatum O'Neal, trouve un écho surprenant de réalisme avec le personnage de Zazie révélé à l'écran par Louis Malle. Cependant la ressemblance s’arrête à la forme car sur le fond, Bogdavnovich reste curieusement passif sur les événements de l'époque. Même si quelques éléments tendent à dénoncer la crise de 29 et nous rappellent les difficultés de la période, le film ne prend pas le parti pris de délivrer un message fort sur une Amérique mise à mal. La réalisation 40 ans après la date où les faits sont sensés se passer explique peut-être se recule sur une histoire révolue. Mais la relation père/fille, qui représente le cœur du film, étant intemporelle, le choix de cette période reste ambigu. Ajoutez à cela un scénario qui s’essouffle quelque peu avec des rencontres prévisibles car trop stéréotypés, vous arrivez à un film qui ne prend peut-être pas l’envolée qu'on aurait pu escompter. Heureusement, l'humour omniprésent et brillamment disséminé tout au long du film dans un noir et blanc des plus charmant permet d'oublier ces quelques critiques qui deviennent alors des détails de second plan. En résumé, un film sans ambitions qui vous fera néanmoins passer un fort agréable moment.
    Caine78
    Caine78

    Suivre son activité 2930 abonnés Lire ses 7 252 critiques

    3,0
    Publiée le 30 septembre 2010
    Cinéaste quelque peu inégal, Peter Bogdanovich nous a il est vrai offert quelques forts beaux moments de cinéma, dont cette "Barbe à papa" n'est pas loin de faire partie. D'abord très appréciable par son côté "rétro" et son noir et blanc dans l'ensemble bien rendu, c'est aussi la simplicité de cette histoire qui nous touche. Alors on pourra toujours trouver Tatum O'Neal légèrement agacante, ainsi qu'un scénario pas assez fouillé, les rencontres n'étant elles peut-être pas assez nombreuses, mais Bogdanovich réussit l'essentiel : la relation "père-fille" (ou pas), qu'il arrive à rendre touchante et savoureuse, tout en évitant un pathos qui aurait il est vrai été bien malvenu. Sans être inoubliable donc, "La Barbe à papa" n'en demeure pas moins un film charmant et des plus agréables : il serait donc dommage de bouder son plaisir.
    chrischambers86
    chrischambers86

    Suivre son activité 5235 abonnés Lire ses 10 433 critiques

    4,5
    Publiée le 15 novembre 2019
    il n'y a pas deux films pareils à celui-là dans l'histoire du cinèma! Peter Bogdanovich, dans le magnifique "Paper Moon", nous conte les exploits d'un couple d'escrocs inhabituel, car composè d'un homme et d'une fillette! Le rèalisateur de l'inoubliable "The Last Picture Show" essaye de film en film, de retrouver les secrets de la comèdie amèricaine des annèes 40! Son "Paper Moon" avec Ryan et Tatum O'Neal est une formidable rèussite dont la mise en scène sait être discrète mais n’est jamais dèpourvue de virtuositè! Exercice de style sur l'èpoque de la dèpression èconomique avec un jeune metteur en scène qui se cherche dans le passè! Jamais son mètrage ne sombre dans le mèlo ni dans la mièvrerie! C'est au contraire un film plein d'humour qui fait preuve d'une belle ènergie! De plus, l'ensemble de l'interprètation est digne d'èloge! Ryan O'Neal est remarquable comme c'est souvent le cas! Mais c'est sa fille à la ville, Tatum O'Neal, qui nous èblouit de son talent prècoce et hors-norme en reportant à seulement dix ans l'Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle! Essentiel de Bogdanovich, "Paper Moon" est donc un road-movie plein de charme et sans bavure aucune comme on n'aimerait en voir plus souvent...
    Alain D.
    Alain D.

    Suivre son activité 194 abonnés Lire ses 2 239 critiques

    4,0
    Publiée le 3 décembre 2019
    Une très bonne Comédie en N&B, brillamment dirigée par Peter Bogdanovich. Le scénario intéressant nous conte le road-trip d'un duo improbable de chapardeurs au Texas dans les années 30. L'histoire est émouvante, nous offrant quelques scènes d'action et beaucoup d'humour. La comédienne Tatum O'Neal, Oscarisée pour ce film, interprète formidablement le rôle de Addie, l'hallucinante petite fille de 10 ans. Ryan O'Neal se révèle lui aussi excellent dans son personnage a multiples facettes.
    gamorreen
    gamorreen

    Suivre son activité 11 abonnés Lire ses 385 critiques

    4,0
    Publiée le 10 novembre 2013
    un film léger mais charmant, les deux acteurs (père et fille) y sont pour beaucoup, ainsi que l'ambiance rétro qui se dégage du film. Un film très agréable et qui n'a pas du tout vieilli.
    Eselce
    Eselce

    Suivre son activité 414 abonnés Lire ses 4 151 critiques

    4,0
    Publiée le 9 mars 2015
    Le duo père-fille est vraiment génial (Et réel !). Digne fille de son père, elle est très très forte dans les négociations, j'ai beaucoup aimé ! Surtout les échanges de billets avec la vieille dame dont on perd rapidement les comptes. Très fort !
    gerald_w-a
    gerald_w-a

    Suivre son activité 4 abonnés Lire ses 233 critiques

    4,0
    Publiée le 25 janvier 2015
    Comme dit ailleurs, on ne verse pas dans le misérabilisme ni la miévrerie. C'est très humain, bien filmé, belle image, bon acteurs, pas grand-chose à redire...
    jean-paul K.
    jean-paul K.

    Suivre son activité 3 abonnés Lire ses 323 critiques

    2,5
    Publiée le 6 mars 2017
    Contrairement à beaucoup de critiques, j'ai trouvé ce film très moyen. On pouvait en attendre beaucoup plus de drôleries et d'émotions. Si d'autre part, c'est un film sur la Grande Dépression, on a fait largement mieux; peut-être aussi a-t-il mal vieilli ?
    weihnachtsmann
    weihnachtsmann

    Suivre son activité 237 abonnés Lire ses 3 472 critiques

    3,0
    Publiée le 11 mars 2017
    Le début du film a un petit air de Zazie puis au fil du récit, la complicité hors-norme entre les deux personnages devient touchante et drôle. Une sorte de film de route original et en même temps presque nouvelle vague.
    halou
    halou

    Suivre son activité 58 abonnés Lire ses 1 529 critiques

    4,0
    Publiée le 30 janvier 2016
    Un road trip vraiment original qui vient évidemment de son duo atypique mais aussi de son sujet et son traitement intelligent. La relation des deux protagonistes et sa subtile évolution sont maîtrisées et entraînent le spectateur avec enthousiasme dans une aventure pleine de surprises. La jeune actrice est par ailleurs vraiment bluffante.
    Arthur Debussy
    Arthur Debussy

    Suivre son activité 77 abonnés Lire ses 611 critiques

    4,0
    Publiée le 6 octobre 2017
    « La Barbe à Papa » fait partie de ces belles surprises de cinéma qui m'enchanteront toujours et qui prouvent combien cet art est précieux. Diffusé récemment sur Arte, j'hésitais à le regarder, le résumé comme l'affiche ne payant pas de mine. Mais devant certaines critiques laudatives, j'ai franchi le pas et je ne le regrette pas du tout. Qu'est-ce que j'aurais manqué ! J'avais découvert Peter Bogdanovich avec « La Dernière Séance », un très beau film nostalgique, mais je n'avais pas creusé davantage sa filmographie. Grossière erreur ! « La Barbe à papa », ou « Paper Moon » originellement, est un film remarquable, au scénario intelligent, aux prises de vues superbes et aux acteurs remarquables. Tout d'abord, quelle photographie ! László Kovács, sur les conseils d'Orson Welles en personne, nous offre un sépia à la fois chaleureux et au contraste saisissant. En outre, les cadrages et les prises de vues sont magnifiques. Les grands espaces américains sont sublimés, tout comme le visage d'acteurs particulièrement télégéniques. Venons-en justement au duo d'acteurs principaux : Ryan O'Neal et sa fille Tatum O'Neal. Le premier est comme transformé. Je le connaissais dans deux rôles qui l'ont enfermés dans une caricature de lui-même et l'ont poursuivi toute sa vie, ceux de « Love Story » et « Barry Lyndon ». Tantôt bellâtre de service et arriviste arrogant, je le croyais cantonné à ce genre de rôle mono-expressifs et sous-estimais son talent et sa capacité à faire passer toute une palette de sentiments nuancés. Ici il semble libéré de tout carcan, Bogdanovich lui offrant la possibilité d'exprimer tout son art, dans un rôle d'arnaqueur à la petite semaine réjouissant au possible. Mais la véritable héroïne du long métrage, c'est sa fille Tatum, dans le rôle d'une fillette plus maline que les adultes qu'elle croise sur sa route, jamais à court d'idées pour tenter de se sortir de la vie difficile à laquelle l'ont voués ses parents. L'âme de ce film, c'est cette relation d'amour père-fille toute en retenue. Moses Pray (Ryan O'Neal) peine à accepter au début l'irruption de la petite Addie (Tatum O'Neal) dans sa vie, mais peu à peu ils vont s'apprivoiser, sans jamais qu'on assiste à des effusions larmoyantes. Bogdanovich a en effet la finesse de mettre en scène des sentiments doux-amers, sans verser dans l'excès. Pourtant « La Barbe à papa » regorge d'émotion contenue (ce qui ne le rend que plus fort et touchant), de l'esthétique somptueuse à la complicité évidente, l'air de rien, qui unit les deux acteurs principaux, sans compter qu'il réserve des moments de franche rigolade des plus appréciables. Beaucoup limitent Bogdanovich à un statut d'habile copieur, comme s'il ne faisait que rendre hommage à ses maîtres. Certes il le fait, et de quelle manière ! On est à des années lumières de la bêtise crasse d'un Tarantino ou du formalisme assez vide d'un Godard. Il donne vie à un style qui lui est propre, en s'appuyant sur une esthétique classique, au noble sens du terme, magnifiant l'image et déployant une direction d'acteurs aux petits oignons. Mais plus encore, il s'appuie sur un scénario à plusieurs niveaux de lecture, ce qui fait de « La Barbe à papa » un film beaucoup plus riche qu'il n'y paraît. Certes il s'agit d'une histoire de paternité attendrissante, mais elle possède un arrière fond social des plus intéressants : nos héros évoluent dans l'Amérique déclassée des années 1930, dévastée par la crise financière de 1929. On comprend que nos deux vagabonds peinent à gagner leur vie dans un contexte si difficile ! Cet état de fait joue donc les acteurs de premier plan dans cette histoire, impossible de s'abstraire du climat économique et social d'alors. Cette situation permet également à Bogdanovich de traiter un thème si cher aux années 70, celui de l'errance et d'une certaine liberté. Moses et Addie se retrouvent en effet à arpenter de long en large les États-Unis dans leur voiture décapotable, dans des scènes qui ne sont pas sans rappeler Arthur Penn, Terrence Malick première époque, Wim Wenders ou plus près de nous Jim Jarmusch. Le rythme du film est tout autant caractéristique : lent et contemplatif, il est à l'image de la poésie de l'ensemble. Sans parler de la liberté de ton du présent long métrage : pour gagner leur croûte, Moses et sa supposée fille revendent à prix d'or des bibles à des veuves venant de perdre leur mari. Difficile de trouver plus cynique et plus drôlement saugrenu à la fois. D'autant qu'on voit la petite Addie fumer de temps en temps (à 9 ans !), le tout est donc au diapason de l'ambiance contestataire des années 70 ! Pour autant Bogdanovich ne tombe pas dans les clichés exaspérants de certains films d'alors : tout se tient, dans une grande cohérence et une grande simplicité des plus admirables. En résumé, « La Barbe à papa » est un film profondément original et iconoclaste, complètement libre tout en rendant hommage aux géants du Septième art. Bénéficiant d'un scénario profond et rafraichissant au possible, porté par des acteurs charismatiques, c'est une réussite de bout en bout, et l'on comprend que Bogdanovich eut le plus grand mal à la répéter...
    Les meilleurs films de tous les temps
    • Les meilleurs films de tous les temps selon les spectateurs
    • Les meilleurs films de tous les temps selon la presse
    Back to Top