Parfaitement mis en scène par André Téchiné, Ce Drame n'hésite pas à bafouer la morale. Sur une bonne BO de Philippe Sarde, ce film lent et triste, mais pas inintéressant, nous offre de bons dialogues et quelques scènes émouvantes. Le scénario, assez dépouillé, nous conte les aventures initiatiques de Pierre, un jeune un peu sauvage, candide et volontaire, qui part chercher du boulot à Paris. Peu doué pour la communication, il recherche pourtant un job d'acteur. S'en suit une série de rencontres plus ou moins heureuses : son collègue de plonge en cuisine, Said joué par Roschdy Zem ; il l'invite pour le réveillon de Noel chez des amis homos dont Philippe Noiret, Evelyne sa logeuse infirmière qui devient sa maitresse, et Ingrid une prostituée rencontrée lors d'une rafle jouée par Emmanuelle Béart.
Derrière le parcours initiatique d'un jeune provincial sur Paris,André Téchiné livre un film volontairement dur."J'embrasse pas"traite de la prostitution,des rèves utopiques,de rencontres folkloriques...Mais l'histoire,terrible en substance,vaut surtout pour ses acteurs,tous bons.Manuel Blanc,révélé ici par le découvreur Téchiné,impressionne.La descente aux enfers de son personnage interpelle,tout comme l'évolution de son caractère.Naif et enjoué,il devient cynique et meurtri.Bonnes compos aussi de Philippe Noiret(paternaliste)et d'Emmanuelle Béart(rèveuse).Peut etre que les stéréotypes sont trop appuyés,rendant le récit un peu invraisemblable et surtout sans objectif défini,un peu genant.Du coup,l'ennui pointe parfois son nez.
Un film à la fois effrayant et criant de vérité... relatant les terribles peripities que doit endurer ce jeune venu à Paris rechercher la gloire, comme beaucoup de jeunes révant de quitter leur campagne. Après s'être levé contre la prostituion, il a du si atteler pour survivre.. Epatant et réaliste destin d'homme, incarné avec justesse et beaucoup de talent par Manuel Blanc, Noiret et Béart sont aussi très bons, le scénario est riche et sans excès, on regrettera juste la présence tardive dans le film de cette dernière.
Époustouflant! Téchiné signe ici un film implacable, résolument iconoclaste, inspiré de l'histoire de Jacques Nolot, d'ailleurs scénariste. Il faut dire que le film repose sur le jeu efficace des acteurs, principaux comme secondaires, à commencer par Manuel Blanc, qui suscite l'empathie de par sa fougue, sa fraîcheur, mais aussi par son caractère impétueux et idéaliste. C'est un véritable parcours initiatique, où comment un jeune provincial, pêchant par une naïveté et une détermination hasardeuse, monte sur Paris pour devenir acteur, où les dégradations physiques et morales s'amoncellent (travail, cours de théâtre, prostitution...). Néanmoins, le parcours du personnage de Pierre est fascinant, tout comme les autres personnages qu'il est amené à rencontrer, hauts en couleurs et particulièrement chaleureux, notamment Emmanuelle Béart - transfigurée, qui le fascine et l'attire, et Philippe Noiret, très sobre, qui arbore un visage très paternel, que Pierre finit par négliger totalement. C'est de surcroît une histoire erratique, aux atours invraisemblables, mais dont le fil conducteur du scénario, particulièrement consistant, nous force à rester accroché de bout en bout, où l'on retient son souffle. Bien que ne jouissant pas dune grande notoriété, « Jembrasse pas » est sans doute un des films les plus aboutis dAndré Téchiné.
J'embrasse pas est un joli film de Techiné mais je trouve que le film a vieilli et qu'il rend compte de manière artificiel de l'univers de la prostitution,on reste cependant en admiration devant la finesse du jeu d'acteur:Manuel Blanc et Emmanuelle Béart sont magnifiques. Le film peine à tenir la route sur la longueur mais contient de beaux moments d'émotions en évitant l'écceuil du sordide(de justesse , le fin est assez dur quand même).Un portrait en demi teinte, pudique et en retenu à voir quand même mais pas inoubliable.
Le parcours initiatique d'un jeune provincial parti pour conquérir Paris et tombant dans l'univers violent de la prostitution. Un film noir et dérangeant sur les illusions perdues, porté par l'interprétation sensible de Manuel Blanc, bien secondé par un casting impeccable avec notamment le trio Hélène Vincent, Pierre Noiret et Emmanuelle Béart. 3,25
Manuel Blanc, provincial naïf, rêve de devenir comédien, mais sombrera dans la prostitution. Le coté naïf est trop poussé, et rend la cette histoire un peu cliché. Ce film est volontairement dur car il montre les epreuves difficiles que surmonte ce jeune, mais il a aussi pour mérite de montrer que tous les aspirations à devenir comédien ne sont pas forcement réalisés, et que la liberté a un prix.
"J'embrasse pas" est un film plutôt original dans le sens ou il traite de l'histoire d'un garçon naïf qui croit au rêve Parisien mais, qui au final, galère et ne trouve pas autre chose que la prostitution pour gagner un peu d'argent et survivre. Téchiné a réussi à faire une belle description du monde de la prostitution, elle semble juste, peut-être qu'il manque la drogue dont on ne parle pas, mais qui, je pense doit être présente dans ce milieu. Les acteurs sont bons et surtout Manuel Blanc qui se révèle plutôt doué. Les personnages d'Emmanuelle Béard et de Philippe Noiret sont plus secondaires mais sont aussi très bien joués. J'ai trouvé ce film très difficile, il m'a troublé. On souffre pour Manuel Blanc qui ne sait plus ce qu'il est et se méprise de plus en plus au fur et à mesure du film. La scène de viol est la goutte qui fait déborder le vase. Film choc et noir, je ne l'ai pas apprécié car trop dérangeant à mon goût.
Le thème est très intéressant mais le traitement du scénario et de la réalisation fait que l'on s'ennuie à mourir. C'est bien trop long, bien trop lent. Il ne se passe rien. Ca n'en finit pas de finir. Du coup, l'émotion n'est pas là. Grosse déception.
Je n'avais pas revu J'embrasse pas (Téchine 91) depuis sa sorite il y a 27 ans. Je continue à penser que Téchiné n'a jamais réalisé les promesses de ses premier films (Paulina, Souvenirs d'en France, Barocco, Les Soeurs Brontë). Il a un peu laissé passer le train des grands films en se réfugiant dans des thèmes personnels. Certes il démontre ici sa capacité à fiare prendre à Emmanuelle Béart un très grand rôle. Elle incarne vraiment la Lulu tragique de Pabst d'une façon que ses rôles antérieurs ne laissaient pas présager pas. Certes il parvient a faire d'un très jeune amateur (Manuel Blanc) un héros perdu émouvant. Mais l'ensemble de la narration, trop lâche, pas assez resserrée, trop disloquée, ne prend pas. On reste extérieur. Bref, je trouve que cet ancien des Cahiers est parti d'engagements formels et politiques forts et ambitieux et a abouti (ici comme dans ses films depuis 80) à une sorte de "Qualité française" mode 90-2000.
Assez noir et même dur par moment.Joué par un épatant Manuel Blanc,et je ne connaissais pas du tout ce comédien qui porte ce film sur ses épaules.Car les présences entre autre de Ph.Noiret et E.Béart sont trop secondaires pour imprégner davantage.Il n'est pas tout public et peut paraitre monocorde,mais à moi,il m'a plutôt plu!
Le film est très simple mais correctement joué J'ai apprécié l'absence de voyeurisme (tout est subjectif). C'est donc le milieu de la prostitution mais avec une pudeur dosée. J'ai aimé voir le vieux Paris. L'histoire en elle même du provincial paumé qui échoue en montant dans la capitale par manque de talent est assez banale mais se suit sans désintérêt. C'est un parcours de vie, un second film sur l'évolution du personnage aurait pu être bien. 3,4/5
On reçoit une petite claque dans la figure en regardant ce film car,oui c'est un film fort et qui prend aux tripes. Servi par Noiret et Beart, ainsi que Vincent, ce film est aussi et surtout mené tambour battant par Blanc, que je découvre dans ce film, et qui a d'ailleurs reçu un César pour sa prestation. Pour un premier film, ou presque, c'est une sacré récompense. Blanc avec son visage de jeunot, ses yeux clairs, sa grande mâchoire et son large sourire s'impose à la caméra avec un grand naturel. Son personnage est tourmenté, instinctif et le film repose là-dessus en grande partie; La mise en scène est fluide, et rapide. Le scénario est intéressant et clair. Qui raconte l'histoire de tous ces gens qui sont montés à Paris et qui n'ont pas "réussi"? A voir.