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Un visiteur
3,5
Publiée le 17 août 2012
Ce néo-noir assez classique ne supporte pas la comparaison avec son modèle avoué, "Assurance Sur La Mort". Mais si Kathleen Turner est bien loin d'une Barbara Stanwyck - qui a de toutes façons inventé le personnage, son charme opère. Et la moiteur et la sueur qui perle tout au long du film lui confère un petit plus vénéneux qui fait qu'il se laisse se regarder avec un certain plaisir.
‘La Fièvre au corps’ est un polar sensuel magistral qui vaut pour son environnement particulièrement tendu étant donné la dangerosité des jeux auxquels les personnages principaux jouent à savoir Ned Racine et Matty Walker (William Hurt et Kathleen Turner forment un couple du tonnerre à l’écran). L’un est un avocat coureur de jupons mais pas aussi audacieux, lucide et sûr de lui qu’il ne le croit face à une femme infidèle dont le mari très riche est en plus de cela très jaloux ! Cette dernière est une grande dame, classe, rebelle, joueuse en apparence mais en réalité absolument manipulatrice quand on découvre son côté sombre. Peu d’interprétations d’actrices font froid dans le dos mais celle de Turner est ici à mettre dans les anales : sa désinvolture, son charisme, son autorité, sa force et la conviction qu’elle met pour persuader les autres qu’elle est faible, c’est un jeu comme on n’en voit peu dans le monde du cinéma et elle a encore plus de mérite puisqu’il s’agit de son premier rôle qui lui confère par ailleurs une reconnaissance internationale. Dommage que ce succès se soit poursuivi uniquement pendant la décennie 80 car depuis 89 et ‘La Guerre des Rose’ plus rien ne lui est proposé. Quant à William Hurt, il a une assurance dans sa Corvette décapotable rouge c’est certain, d’un autre côté les faiblesses de son personnages en permanence rabaissé par rapport à Mme Walker (différence de niveaux de vie, d’éducation, d’attitudes) sont aussi un régale... Mais revenons au film. Les relations des deux amants sont ce qu’il y a de plus intéressants : l’animosité à la limite de la psychopathologie et les rencontres bestiales des premiers jours commencent peu à peu à se transformer en amour (réciproque ? Cela reste à voir). Film noir par excellence, tous les codes du genre sont effectivement là : des accusations exclusivement dirigées vers le protagoniste de l’histoire, un fatalisme certain de la part de ce dernier, la jalousie soudaine de sa conquête après son infidélité… Et aussi et surtout une ambiance de polar comme on les aime. Cette ambiance générale lourde est évoquée tout au long du film. L’insistance sans répit des deux personnages concernant la chaleur insoutenable renforce l’aspect torride existant dans les relations entre Matty et Ned. Notons également que Ned est prévenu réellement dès le début quand depuis sa chambre il aperçoit un incendie, signe prémonitoire de danger… Côté musique, John Barry est très à l’aise avec des titres tantôt jazzy (au départ, c’est la séduction) tantôt stressante (par la suite, c’est la nervosité, la peur, le doute… Des thèmes assurément hitchcockiens). Aussi, Bob Seger se joint à l’affaire avec ‘Feel like a number’ sur lequel Mickey Rourke fait son dur, une double apparition très appréciable au passage ! Les années 40 et 50 qui ont accueilli ce genre si précis sont à l’honneur. Plus qu’une inspiration classique, c’est un hommage voire un surpassement par moments ! Qui est le génial créateur ? Lawrence Kasdan (réal et scénariste), en plein dans la vague ‘Star Wars’ depuis 80 et en état de grâce cette année 1981 en raison de la sortie et des critiques dithyrambiques à l’égard de ‘Indiana Jones’ premier du nom. Grâce à son génie, le scénario est calibré au millimètre et prend une ampleur considérable au fur et à mesure : simple conquête, Matty fait entrer Ned dans son jeu afin qu’il assassine son mari puisqu’ils sont unis sous la séparation des biens (leur union s’avère factice et l’antipathie du mari –joué par Richard Crenna- se trouve ainsi amplifiée). Les proportions que l’affaire prend sont juste énormes mais ce scénario révèle encore bien d’autres surprises par la suite et notamment la spirale infernale dans laquelle se trouve Ned. En effet, celui-ci devra faire face à des démêlés judiciaires (un comble pour un avocat modeste mais honnête). En gros, les rôles sont inversés : le prédateur devient la proie et la prédatrice est finalement à l’œuvre et ce avec tous les pouvoirs qu’elle désirait acquérir. Alors que l’on croit le récit terminé une fois que le meurtre a lieu et après une heure, les fameuses surprises et révélations apparaissent progressivement. Par exemple, Mary Ann la demi-sœur de Matty comme elle nous est présentée (Kim Zimmer) semble bien décidée à récupérer sa part de l’héritage laissé par le défun mari… Bref, le troisième acte est encore plus intense en péripéties. Bref, une mise en scène peu spectaculaire mais très réaliste, un suspense qui va crescendo, une relation sulfureuse (puis toxique et machiavélique), tout est présent pour faire un bon film. Plus, il dépasse voire même surclasse les autres thrillers de l’année 81. Chef d’œuvre peu connu du cinéma hollywoodien, premier film de Turner et de Kasdan (et oui ! Aussi impressionnant que cela puisse paraître !), ‘La Fièvre au corps’ est à faire découvrir au plus grand nombre. Une morale donc : mieux vaut se méfier quand la folie engendre bien des problèmes dans un monde où règne la raison…
Chef d'oeuvre absolu du polar machiavélique, avec un sublime scénario que n'aurait pas renié le maitre Hitchcock, des acteurs époustouflants, une musique envoutante dont on se souvient 10 ans après. Cela fait la troisième ou quatrième fois que je vois ce film et je ne m'en lasse pas. Un must indéniable dans le genre, à voir et revoir. Ca c'est du cinéma !.
LE film noir LA merveille absolue, à ranger à côté de "Chinatown" ou de "En quatrième vitesse" ! On ne s'en lasse pas ! c'est toujours aussi prenant et la musique aussi envoûtante ! à revoir sans fin !
Ancien scénariste de l'ombre, L. Kasdan passe à la réalisation avec cet hommage au film noir qui nous rappelle "Assurance sur la mort" et "Le facteur sonne toujours 2 fois". Il révèle aussi une actrice, K. Turner qui se révèle parfaite en femme vénéneuse face à W. Hurt. Les codes sont parfaitement respectés (donc assez peu renouvelés) ce qui prouve leur universalité. Ensuite, le principal rajout de Kasdan, c'est le sexe, montré de façon frontal et la moiteur de la Floride ajoute un supplément graphique intéressant. Sa mise en scène, classique, fait montre d'une bien belle maîtrise, ce qui est assez impressionnant pour un 1er film. Les acteurs sont magistraux et la mécanique du scénario est impeccable bref, du cinéma classique mais bien fait, un hommage respectueux et pointilleux. D'autres critiques sur
La Fièvre Au Corps est notamment célèbre pour être l'un des premiers thrillers sulfureux. Pourtant, l'oeuvre de Lawrence Kasdan est plus proche du film néo-noir que du thriller érotique. L'histoire qui mêle le charme aux combines machiavéliques de la femme est typique du film noir et même si l'atmosphère est parfois torride, les quelques scènes érotiques restent très décentes. Plus soft que Basic Instinct mais sans doute plus cohérent, La Fièvre Au Corps est enfin l'occasion de voir les débuts au cinéma de Kathleen Turner.
Représentatif de la vague du néo-noir qui commença à déferler sur Hollywood dans les années 80, le premier film de Kasdan ne dépasse pas le statut d'un devoir appliqué. Loin des mises en abîme d'un De Palma (Pulsions, Blow out) ou de la brillance métaphysique des Coen (Blood simple, Miller's crossing), ce "Body Heat" se contente de rejouer une partition usée jusqu'à la corde par des décennies de classiques hollywoodiens sur le thème de la femme fatale. Certes, les acteurs sont bons (mais rien de transcendant non plus), l'ambiance moite de la Floride bien rendue, la photo nocturne de H.Kline jolie, mais au-delà de ça, c'est un peu le vide stratosphérique. Le trouble qui se dégage de cette relation adultère est très vaporeux et finalement artificiel (aucune faille dans les personnages qui accomplissent leur programme meurtrier comme si le cliché du film noir les dispensait de toute ambiguïté). Aucune surprise non plus dans les rebondissements de l'intrigue (les ficelles sont utilisées sans vergogne). Quant à la mise en scène, elle est certes agréable, mais sans regard nouveau, sans parti-pris si ce n'est celui de l'imitation servile. Bref, le sage devoir d'un écolier sérieux mais sans génie.
Certes, c'est un sujet vu et revu, celui de la femme fatale entraînant l'homme manipulé vers le bas. Mais Lawrence Kasdan maîtrise suffisamment le sujet pour y apporter une touche personnelle à la fois par son écriture (dialogues brillants) mais aussi sa mise en scène qui nous fait ressentir à merveille l'atmosphère étouffante dans laquelle évolue William Hurt, parfait en héros un peu con et Kathleen Turner, diabolique femme fatale qui n'a rien à envier à Lauren Bacall. Musique envoûtante.
Référence incontournable du néo-film noir,"La fièvre au corps"(1981) est un thriller torride à l'atmosphère inquiétante,qui offre 2 rôles mémorables d'amants sulfureux à Kathleen Turner et William Hurt,les 2 acteurs emblématiques des années 80.Lawrence Kasdan,scénariste du 1er Indiana Jones et du 2nd Star Wars y dévoilait une maîtrise insoupçonnée de la mise en scène,surtout pour un coup d'essai.Son suspense habile et de plus en plus inéluctable s'emboîte impeccablement,et devançe d'une dizaine d'année les thrillers érotiques,supposés innovants tels "Basic Instinct".Car ici,Kasdan ose montrer des scènes de sexe crues,explicites et essentielles pour prouver la relation toxique qui s'instaure entre la mante religieuse à la sensualité étouffante,et un avocat un peu veule coureur de jupons.Kathleen Turner ensorcèle William Hurt(et nous!)qui s'en retrouve mystifié et accusé du meurtre du mari.Tous les éléments du genre sont là avec des dialogues,anodins au premier abord,lourds de significations à la réflexion.La Floride devient le théâtre d'une relation passionnelle trouble et mystérieuse,et d'une vénalité qui conduit tout droit l'homme à sa perte.Qui a dit que les femmes étaient machiavéliques?!
Le chef-d'oeuvre de Laurence Kasdan, qui offrit ici le rôle de leur carrière à William Hurt et à la diabolique Kathleen Turner. Certes, Kasdan reprend ici tous les codes du film noir, l'anti-héros manipulé et la femme fatale, la longue descente aux enfers qui mène son héros jusqu'à la négation de soi, l'atmosphère lourde, presque engourdissante de tous les grands films du genre, mais il parvient toutefois à s'en détacher, à éviter l'écueil du cliché par la grâce de la clarté de son scénario. Kasdan sait qu'il touche là un scénario en or et ne veut surtout pas en rajouter en appuyant sur les codes. Là est toute sa réussite. le film y gagne en puissance et en envoûtement. Un classique qui a rejoint depuis tous ses aînés, "la Griffe du passé", ou l'incontournable "Dahlia bleu"...
Un bon rendu de l’atmosphère lourde du Sud, une mise en scène efficace et de bons acteurs. Mais une impression de déjà vu un peu pénible. Aucune surprise dans ce scénario trop prévisible de la femme fatale jouant de sa séduction pour se débarrasser d’un mari encombrant. La fin est conventionnelle au possible, au point que, le film à peine achevé, on se demande quel est son intérêt.
Franchement, comme dirait "l'autre" quel homme ne tomberait pas sous le charme de Kathleen Turner. Et pas de morale "à l'américaine" pour ce film ; pourtant avec des scènes osées pour l'époque (complètement à l'opposé de Virgin Suicides)
Un film noir torride et à l'atmosphère moite. Avec un scénario très bien écrit et une réalisation très élaborée, Laurence Kasdan a réussi avec son premier film à mettre en scène un chef d'oeuvre. «La Fièvre au corps» permet à son réalisateur et à son scénariste de rendre hommage au film noir américain des années 40, notamment «Assurance sur la mort», mais montre bien qu'il s'agit d'un film des années 80, et que le Code Hays n'existe donc plus, quand il filme des scènes de sexes très explicites (bien que ces scènes aient quand même fait scandale à l'époque !). Kathleen Turner incarne à la perfection la femme fatale machiavélique, sa première apparition avec la robe blanche est inoubliable, et William Hurt, qui n'est pas sans faire penser au Walter Neff d'«Assurance sur la mort» en plus veule, la victime de sa vénalité. On a beau voir venir le machiavélisme de cette mante religieuse, le scénario par des rebondissements totalement crédibles arrive quand même à nous surprendre. Une oeuvre troublante que je suis pas près d'oublier.