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Un visiteur
5,0
Publiée le 18 septembre 2009
Dans Les Nuits Fauves , la nuit n'est pas tendre, elle est sauvage, bruyante et brutale. Jean a 30 ans. Il aime les garçons mais aussi les filles. Ou plus exactement: Jean éprouve une certaine difficulté à aimer les garçons et les filles. De cette difficulté et de tout un tas d'autres névroses découle une révolte. Une contestation par le sexe. Dès les premières images, cette femme tunisienne visionnaire fait un constat: "Tu t'es révolté par le sexe parce que tu n'as rien trouvé d'autre". Besoin féroce de vivre, incapacité à faire des choix et à dire non, Jean a voulu vivre trop intensément dans une époque où les nuits sont sordides et les êtres égarés. Alors forcément, il s'est brûlé les ailes. Les rendez vous hebdomadaires à l'hôpital, ses regards sans équivoque pour Samy, et puis sa rencontre avec Laura. Le spectateur se doute mais n'attend que les aveux du héros. Voilà, qu'il avoue à son meilleur ami son incapacité à dire à Laura "Je suis séropositif". L'aveu tant attendu est lancé comme cela, d'un naturel et d'une sincérité subjuguante.
Ce film a rencontré un succès critique et public surprenant tant il s'avère inconfortable. La narration est étrange, progressant par à coup, les raccords entres les scènes pas vraiment un modèle du genre et le film a un aspect glauque, voir narcissique. Mais le film a aussi de nombreux atouts, à savoir une certaine urgence captée de ces nuits parisiennes de la fin des années 80, une absolue sincérité, et une absence totale de fausse pudeur. Le film capte les élans d'amour, leurs illogismes, dans une volonté d'honnêteté qui permet au film testament de Cyril Collard, mort peu àprès la sortie du film et passé par l'école Maurice Pialat, de rester toujours actuel et pertinent aujourd'hui.
Si les nuits fauves n'a absolument aucune valeur cinématographique pure (il est même carrément mauvais sur la forme), il a le mérite de mettre le doigt sur des sujets sensibles : la séropositivité, la bisexualité, et même le barbacking, à savoir l'action de propager volontairement le virus ; avec une sincérité certaine. Un testament sous-estimé par les uns, surestimé par les autres, qui s'inscrit parfaitement dans son époque en tout cas. Et l'on pourrait presque envier la destinée de Cyrille Collard : quel luxe suprême de pouvoir faire un film avant de mourir.
J ai vu le film trois fois au cinéma à lépoque de sa sortie peu après le décès de Cyril Collard des suites du Sida. Je l avais meme choisi pour en faire un exposé au lycée. Cinématographiquement le film est magnifique, Romane est touchante, Cyril aussi. Les images sont très belles malgré plusieurs scènes trop crues. Mais du point de vue humain, l attitude de ce garçon bisexuel atteint du Sida est assez choquante.Il brule sa vie, la vit à 100 à l heure dans l urgence en vrai écorché vif et souvent avec peu d égard pour ceux qui l aiment. Malgré cela , lhistoire d amour est bouleversante.Un film à voir absolument!
De mémoire jamais le sida n'avait été abordé avec autant de crudité et de sincérité . Un Philadelphia par exemple , malgré ses qualités, ressemble à une vulgaire bluette à coté de ce film , devenu culte grâce ou à cause du destin tragique de son auteur. Autobiographique , il n'en demeure pas moins limité cinématographiquement parlant, et ne vaut que par son contenu ravageur et ses acteurs.
Primo, Romane est magnifique dans ce film, aussi bien son jeu que son corps, Collard l'a bien choisi ! Le film est une sorte d'encouragement à la vie malgré la mort à retardement qui guette le héros. Sauf que dans le film il s'empeche de vivre, il se punit constemment, il s'auto flagelle et ne parle que de son malheur...Les couleurs et les fringues c'est bien les années 90 mais ces couleurs criardes sont justifiées après tout nuit fauves...fauvisme...C'est clair ! C'est une sorte de fureur de vivre bancale, mal monté et un peu trop pressé de faire quelque chose de poètique...Dommage...Ne fait pas des Haiku qui veut...
Peut-être que Cyril Collard à vécu trop vite et son tort a été d'être cru dans ses propos et ses faits, le fait est que je n'ai que très moyennement aimé le film, parce que j'ai lut le livre avant et que j'avais adoré le roman, tout comme les autres écrits de Collard. Après sa mort, j'ai été triste, mais c'est parce que j'aimais l'homme et sa tristesse et son ivresse que tous appelle débauche, et si il a vécu si vite c'est peut-être pour ne rien regretter à sa mort. Dommage que le film ait autant de maladresse.
Les acteurs jouent super bien mais je n'ai pas accroché. Le film et trop long et c'est dommage mais l'histoire est trop crue pour que ce message soit toujours d'actualité ! A voir quand même parce que c'est un film culte.
Contrairement aux autres films abordant un sujet pareil, çà aurait été assez cru. Ici c'est soft/érotique et dramatique. Très bonne performance de feu Cyril Collard ainsi que du jeune homme qui joue son amant et dont le nom m'échappe.
Je n’ai vraiment pas été emballé. Je trouve le propos vain et ne vois dans ce film que des jeunes qui zonent ici et là en flirtant, en couchant (très sagement d’ailleurs) et en passant le temps, notre temps, à se crier dessus. Définitivement pas terrible.
Récompensée par le César du meilleur film, une chronique un peu décousue mais vibrante et sincère des années Sida, réalisée et incarnée par Cyril Collard lui-même séropositif (et décédé peu après) qui donne au film une intensité dramatique rare et percutante, avec également l’interprétation (césarisée) à fleur de peau de l’éblouissante Romane Borhinger.
Adapté du Roman éponyme de Feu Cyril Collard c'est là le Portrait en images d'un artiste en quête d'identité et de reconnaissance . C'est là un film de toute une Génération , un manifeste pour toute une jeunesse qui ne sait plus très bien comment aimer durant ces "Années Sida" ! - Le 8 mars 1993 lors de la 18e cérémonie des César , le film est couronné de quatre César dont celui du meilleur film et du meilleur premier film !
"Les Nuits Fauves" est une plongée intense dans le Paris de la fin des années 80, mais le temps n'a pas été tendre avec lui. L'œuvre de Cyril Collard semble aujourd'hui n'avoir conservé son statut culte que par l'écho tragique de la vie et de la mort précoces de son créateur et acteur. Dès les premières minutes, une sensation d'urgence frénétique saisit le spectateur. La mise en scène, volontairement désordonnée, cherche manifestement à capturer une énergie brute, une sorte de furie Nouvelle Vague sans toujours en maîtriser l'élégance ou la profondeur. Le résultat est souvent chaotique, la caméra court après des personnages aux comportements extrêmes : irresponsables, voire carrément dangereux. La relation tumultueuse entre Jean et Laura est un cri, une fuite en avant épuisante où l'hystérie est la seule boussole. C'est un témoignage daté, fascinant pour ce qu'il révèle de l'époque, de ses peurs et de sa soif de vivre à tout prix. Mais le film a terriblement vieilli. Ce qui était sans doute perçu comme de la liberté ou de la rébellion à sa sortie semble désormais simplement dépassé et l'ensemble peine à transcender son contexte pour toucher durablement le public d'aujourd'hui. Un document d'une autre ère, mais pas un chef-d'œuvre intemporel.
Les Nuits fauves est précédé d'une réputation qu'il est difficile de bien saisir en 2025 : de l'eau a coulé sous les ponts, et ce qui pouvait choquer, paraître nouveau alors, est aujourd'hui devenu un peu plus banal au cinéma. 35 ans après, cela n'en reste pas moins un film puissant sur l'amour au temps du SIDA et des gangs de skins, ainsi qu'un intrigant document d'époque qui montre le Paris underground d'avant la grande gentrification. Si les défauts de ce film de Cyril Collard sont criants - tant de dialogues sur l'amour fou ampoulés et un peu niais, d'effets visuels très clippesques - on en retient malgré tout une énergie et une inventivité remarquables, qui parviennent par instants à toucher à quelque chose de transcendant.