On oublie peut-être parfois un peu vite la place prépondérante qu'a encore aujourd'hui Yves Allégret dans le cinéma français. Ces "Orgueilleux" sont d'ailleurs à ce titre un vrai point d'orgue de sa filmographie tant tout y est (ou presque) absolument somptueux pendant quasiment 105 minutes. En effet, que ce soit son ambiance suffocante, sa photo superbe ou nombre de scènes d'une intensité incroyable, l'oeuvre nous met rapidement dans tous nos états, surtout que la manière qu'à Allégret de filmer les corps de ses acteurs, mais aussi la culpabilité qu'éprouve le personnage de Michèle Morgan, tient quasiment du miraculeux. Et même si la fin tout à fait navrante nous laisse sur une impression de légère frustration (merci, messieurs les producteurs!), ces "Orgueilleux" n'en demeurent pas indispensables à les amoureux du cinéma. Du grand art.
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3,5
Publiée le 12 mai 2026
Classique du cinèma français, "Les orgueilleux" de Yves Allégret doit essentiellement son succès à la prestation captivante et habitèe de Gèrard Philipe, et à celle - sensuelle et en plein dèsarroi moral - de Michèle Morgan! Le cinèma se les accapare en 1953 et nous offre une oeuvre très intense malgrè une fin convenue! On ne sait pas si une bouteille de tequila suffira pour tenir le coup tant cette adaptation de « Typhus » tient en haleine, atteignant son point d'orgue lorsque Gèrard Philipe (mèdecin français devenu une èpave) se met à danser jusqu'à l'èpuisement! Bref, une affiche prestigieuse pour un film sous le signe du drame, de la solitude, de la chaleur moite et de la maladie! Prèsentè au Cinèma de minuit...
Servi par des comédiens au meilleur de leur forme (Gérard Philippe signe là un de ses meilleurs rôles en interprétant un médecin alcoolique), Yves Allégret réalise là un de ses plus grands films. Plus maîtrisé que Dédée d'Anvers, ce film tient bien entendu sa qualité d'un scénario épuré et sobre, mais aussi de cette ambiance écrasante, comme la chaleur de Vera Cruz, la maladie qui guette et ce quasi huis-clos qui enferme tous les personnages. Seul petit bémol, le jeu parfois trop stéréotypé de Michèle Morgan.