Autant le dire d’emblée : c’est le casting qui m’a intéressé, Hopkins et Thompson n’étant pas l’association la plus fréquente ça interpelle. Avec un Oscar en plus ça donne envie de voir ce que ça donne, mais au final je ne comprends toujours pas comment il est attribué. Comprenons-nous bien : Emma Thompson joue bien, mais pas au point d’être récompensée, l’année devait être mauvaise, comme un millésime pauvre. Du reste Hopkins n’est pas grandement au dessus, le tout est grandiloquent mais pas forcément bon. L’histoire les dessert également, c’est assez mou et plat, du coup, malgré l’époque, on ne voit pas comment ils tombent amoureux (les convenances ne faisant pas tout). Les relations entre les personnages ne sont pas très poussées alors qu’il y avait matière à. Après les décors ainsi que les costumes sont très fidèles et chics, l’histoire est fidèle à l’époque (les mœurs aussi), la lutte des classes est bien représentée, le contraste entre les sœurs, puis entre Emma avant Hopkins et après est révélateur du carcan dans lequel les femmes de l’époque doivent rentrer pour bien vivre, et il y a une certaine recherche de l’esthétisme. Oui mais ça ne fait pas tout, avec les nombreuses longueurs et la durée trop importante on se lasse vite.
Howards end de James Ivory est un film en costume réjouissant. Comme à son habitude, Ivory adapte les romans qui traitent d'études de mœurs de l'Angleterre Victorienne ou édouardienne. Howard's End est un film basé sur les rapports entre les classes sociales, et sur les convenances de la bourgeoisie anglaise au début du XX e siècle. Tout le charme du film tient à ses détails dans l'étiquette et dans les costumes, superbes. Anthony Hopkins est impeccable en bourgeois libéral guindé. Malheureusement, le film n'apporte au roman que le charme de la mise en image et ne le dépasse pas. James Ivory déploie toutefois ses talents avec un certain succès, ce qui confère au film un arrière goût littéraire intéressant.
Autant j'avais beaucoup aimé « Les Vestiges du jour », autant ce « Retour à Howards End » m'a laissé nettement plus dubitatif. La réalisation de James Ivory est impeccable, c'est bien éclairé, bien photographié (même si je l'ai vu sur une copie ne rendant pas franchement hommage au travail du chef-opérateur), bien joué, avec de beaux décors, de beaux costumes, une histoire de famille sur fond de « lutte de classes » assez bien construite... Non, vraiment, rien à redire. Si ce n'est que cela fait tout de même près de 150 minutes et que le temps nous paraît parfois vraiment long, notre attachement pour les personnages n'étant pas suffisamment grand pour combler cette lacune, hormis peut-être pour celui joué par la toujours remarquable Emma Thompson. Cela manque de force, d'émotion et tout cela a beau être visuellement irréprochable, en définitive j'ai regardé cela d'un œil légèrement distrait, certes conscient d'avoir vu un bon film, mais tout autant de ne pas m'être senti plus concerné que cela. Du travail de très grand professionnel donc, mais ne suscitant pas l'enthousiasme.
un petit incident suscitant une moquerie bienveillante au départ va par un enchainement des événements avoir pour conséquence indirecte de briser le destin des principaux protagonistes du film. Assez académique dans sa forme ( qui fait tout le charme british du cinéma de james ivory) ce film est fabriqué comme une horloge ou tout est affaire de mécanique de précision. les petitesses s'entremêlent avec les sentiments profonds ,les douceurs britanniques avec la dureté des conventions et le seul personnage qui s'affranchit de ces conventions va en portant atteinte au précieux équilibre de la bonne société anglaise apporter le malheur en voulant faire le bien (donnant une morale un peu conservatrice au film ). De l'art académique et conservateur certes mais du grand art quand même...
Une très grande réussite de James Ivory. Sa description de la haute société anglaise du début du XXème siècle - sur laquelle il porte un regard à la fois bienveillant et critique - est parfaitement millimétrée. Décours, costumes, lumière et mise en scène sont juste impeccables. Le jeu des acteurs - Emma Thompson, Helena Bonham Carter, Anthony Hopkins, Vanessa Redgrave, Samuel West - est brillant. Une fois encore, le cinéaste parvient à nous embarquer dans son univers fait de bonnes manières et de nombreuses rigidités en nous offrant un bonheur de tous les instants.
Quelle découverte pour moi ... J'étais passee totalement à côté de ce film qui pourtant date déjà ... Merci Arte pour sa diffusion. Distribution exceptionnelle et so british ... tous les comédiens si justes dans leur interprétation: un film rare aux lectures multiples, qui fait réfléchir sur soi et sur les autres ... Mon seul regret: une fin un bâclée pour un film qui a su prendre le temps.
Historiette d'un monde à deux vitesses qu'on pourrait croire révolu mais qui perdure pourtant. Le confort mondain des protagonistes principaux contre le labeur misérable des laissés pour compte. Si le film est coloré et laisse une sorte de témoignage très imagé sur cette société, aidé en cela par des acteurs précieux, l'ensemble reste un brin ennuyeux n'est-il pas ?
Basé sur des thèmes classiques, le film s'étire en longueur et ne suscite que rarement l'intérêt du spectateur. On ne peut pas dire que les interprétations soient inoubliables (ça fait théâtral par moments, et ça sonne très faux à d'autres). La reconstitution semble rigoureuse mais que tout cela est long et paresseux. Des semblants d'intrigue sont lancés en l'air avant de tomber dans le néant, le drame est éludé d'un revers de main presque dans chaque scène: du coup, on est en droit de s'interroger sur ce que devait être le sujet du film. Je repars de Howards End avec le sentiment que James Ivory a raté sa cible. Regrettable avec autant d'interprètes de qualité sous la main.
Fantastique film de J. Ivory, comme tant d'autres. Scénario subtil, acteurs formidables, image et son enchanteurs... méritent cinq étoiles, et surtout d'être vus et dégustés par tous!
James Ivory s’est fait une spécialité dans la mise en image des romans de E.M. Foster avec « Avec vue sur l’Arno » en 1986, « Maurice » l’année d’après et donc « Retour à Howards End » en 1992. Venant de lire le roman, je me suis aperçu que je n’avais pas vu le film, c’est donc avec une certaine impatience que je me suis mis devant le film. Le réalisateur, bien qu’il soit obligé de couper des parties du roman, respecte bien l’intrigue et lui donne une vigueur que le roman plus introspectif ne possédait pas. Alors certes on passe un peu à côté des questionnements intérieurs des personnages et le film ne retranscrit ainsi pas pleinement les conflits qui minent les relations entre les personnages, au profit d’une narration quand même plus nerveuse et plus linéaire ; le livre tel quel étant peu cinématographique. Mais Ivory dans sa reconstitution minutieuse de l’ambiance de cette fin de XIXème début de XXème siècle, offre à l’histoire et aux personnages un écrin luxueux où le talent de ces interprètes s’épanouie avec brio. Les partitions d’Emma Thompson et d’Anthony Hopkins sont tout simplement bluffantes et la première a plus que mérité le BAFTA et l’Oscar qu’elle a reçu pour son rôle. Le film dure plus de deux heures, avec une histoire bien loin d’être bourrée de rebondissements ou d’action, mais on ne s’ennuie à aucun moment et on se laisse autant éblouir par les images que par les prestations de ses acteurs. Si vous n’aimez pas lire, je vous recommande le film qui est plutôt fidèle au roman et qui vous fera connaître l’univers d’un des plus grands écrivains anglais du début du XXème siècle. À ne pas manquer, si comme moi vous ne l’avez pas encore vu.
Les contradictions de la société victorienne: le libéralisme affairiste face au conservatisme aristocratique; la haine de classe face au paternalisme...
Je ne peux pas dire que ce film m'a passionné même s'il demeure intéressant. C'est un film d'époque tout à fait classique dans un style très british aux costumes et aux décors très soignés. Anthony Hopkins et Emma Thomson ne m'ont pas éblouis plus que ça. Intéressant mais pas mémorable.
Une œuvre magnifique signée James Ivory qui signe certainement ici, avec "Les Vestiges du jour", son film le plus abouti. Un vrai petit bijou taillé au scalpel qui décrit comme rarement au cinéma la société anglaise post-victorienne. Pour entreprendre son projet, James Ivory entre par le petit bout de la lorgnette dans cet univers impitoyable marqué par l'injustice sociale. Le choix de développer en parallèle l'histoire de ces deux familles fait mouche. Admirable !