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4,0
Publiée le 16 juin 2007
L 627 est un film de Bertrand Tavernier qu'il a coécrit avec Michel Alexandre, ancien flic et qui a collaboré par la suite avec André Téchiné pour Les Voleurs et Le Cousin de Alain Corneau. Ce film raconte le quotidien d'une brigade des stupéfiants à Paris. Ce qui frappe, de prime, c'est son coté documentaire, Tavernier voulant éviter, à raison, les clichés propres aux séries télés et aux journaux. On nous montre le parcours d'un flic zélé car croyant encore en son métier et devant faire face à des collègues bien moins scrupuleux que lui. De manière plus générale, c'est aussi une mise en lumière très instructive sur le milieu policier : les manques de moyens criants, leurs relations illégales avec leurs indics toujours d'actualité avec la récente affaire Neyret, les gardes à vue, les farces de potache ayant cours, les invraisemblances des procédures, les paperasseries interminables à remplir, la politique du chiffre, les locaux, des préfabriqués inadaptés. Ce qui avait déclenché deux polémiques sur ce qui est montré dans le film. La première soulevée par le ministre de l'intérieur de l'époque de François Mitterrand, Paul Quilès qui fustigeait une approche trop partiale des problèmes de la police. La seconde polémique sur le fait que durant les gardes à vue, on n'y montre que des arabes ou des noirs ce à quoi Tavernier avait répondu qu'il avait filmé ce qu'il avait vu dans les commissariats. Ce n'est presque pas un film à proprement parler puisqu'il n'y a pas d'intrigue, pas de fil conducteur. Ce sont simplement des petits moments de la vie professionnelle et intime de Lucien Marguet, quoi qu'on peut se demander si ce dernier a vraiment une vie intime vu la place que prend son boulot dans sa vie. Au passage, Tavernier en profite pour nous dresser un état des banlieues édifiant, telles qu'on les connaît aujourd'hui. Bien que paraissant peut-être un peu désuet surtout au niveau des vêtements et des équipements (les flics utilisaient encore des machines à écrire), faut-il le rappeler, le film date de 1992 et il y a fort à parier qu'il reste plus que jamais d'actualité beaucoup plus crédible que ce qui passe à la télévision actuellement.
Un vrai choque, je dirai même une grosse claque, lorsque j'ai vu L.627 de Tavernier. Un des film les plus réaliste que j'ai vu avec Dien Bien Phû de Schoendoerffer, quasiment un documentaire. Il montre la réalité d'un commissariat de la région parisienne avec une justesse. A voir.
Tavernier nous montre , nous dévoile le côté obscure du debut de la "bac" , une vue trés réaliste a l époque , mais reste d actualité par les problémes de la rue.. C est un excellent film limite biographique ou genre "ma vie dans la police" il faut le voir ....pour le croire
Un vrai docu-fiction : toute une profession, tout un monde, toute une époque. Les rôles sont vrais (le scénario est d'un ancien policier) et les acteurs sont très très bons. On est littéralement happé dans le film, on vit et on ressent cette humanité qui transpire pendant plus de 2h20.
Chronique policière dans laquelle Tavernier filme une brigade des stup au quotidien avec ses traques glauques aux petits délinquants et les lourdeurs administratives. Autant réaliste qu’ennuyant...durant 2h30.
On plonge grâce à ce film dans l univers de la police du début des années 90 . L intelligence et le réalisme avec lesquels sont traitées les problématiques centrales du film en font une œuvre extrêmement prenante de bout en bout
Bertrand Tavernier nous plonge avec brio au sein de la brigade des stups et nous en offre une vision réaliste et sans complaisance, le tout avec des acteurs quasi-inconnus pour la plupart, mais du coup terriblement convaincants.
Ce film a un peu vieilli (il a plus de 20 ans). L'esprit de la police de l'époque y est bien retranscrit avec notamment la gestion des indics (les cousins comme on les appelle dans la police). Le seul film conducteur du film est la vie d'un petit groupe de flics traquant le trafic de drogue.
Le « L..627 » est un article du Code pénal qui fait référence à la consommation de drogue. C’est pour ainsi dire un film militant, un film de protestation contre les moyens dérisoires affectés à la police. N’est-ce pas encore le cas ? C’est un film de colère et de vérité, scénarisé par Michel Alexandre, ex-flic beaucoup moins showbizz qu’Olivier Marchal. Mais Tavernier a eu l’habileté d’en faire un film cru, franc,tonique et non un réquisitoire ou un documentaire. Il n’y a pas d’intrigue, ou si peu, mais une chronique au jour le jour des actions de l’équipe, avec leur solidarité, leurs engueulades, leur sens du devoir ou pas, leur générosité ou leur petitesse, leur vécu différemment douloureux. Tous jouent avec un naturel stupéfiant, plus vrai que nature, et une énergie qui imprègne tout le film et ne nous laisse aucune minute d’ennui.
Film qui se rapproche davantage de l'illustration documentaire que du polar, il est en ce sens d'un intérêt public manifeste. Néanmoins, il souffre d'une narration linéaire et d'une absence de scénario clairement défini. En quelque sorte, la sensation principale en cours de film peut se traduire comme tel : "Bon, c'est bien, mais est-ce qu'on peut avancer ?". Il en résulte une certaine longueur et un bilan un peu mitigé.
Avant Polisse, il y avait L.627 de Bertrand Tavernier dans lequel on suit également le quotidien de flics, certains désabusés, d'autres croyant encore en leur métier. Sur le fond c'est assez édifiant, tout y passe et ça sonne juste mais alors que le métrage date de 1992, on a l'impression qu'il a 10 ou 20 ans de plus, l'ensemble parait de fait quelque peu désuet et hors du temps. Les comédiens sont bons en revanche pour la plupart mais l'absence de rythme (second gros point noir) handicape fortement le film, d'autant que la mise en scène n'est pas spécialement spectaculaire et est même plutôt plate. Le propos est intéressant, il n'y a aucun doute mais le temps a fait son oeuvre et L.627 est vieillissant. Je l'ai vu deux fois et toujours la même conclusion. Nul doute qu'à l'époque il a marqué les esprits, aujourd'hui ce n'est plus le cas même s'il comblera certainement les amateurs purs et durs de polar.
tres bons polar, limite documentaire. Ce film me fait beaucoup penser à La balance . scénario très solide. Tavernier nous prouve qu'il pouvait tourner n'importe quel registre. une bonne dose d'humour , des répliques qui font mouche. Un des acteurs excellents . Jean Roger Milo en tête .
Cette chronique sociale est la vision réaliste, naturaliste du travail de policiers ordinaires confrontés aux difficultés quotidiennes de leurs missions...et aux carences de l'administration. Les personnages que l'on suit dans le film semblent représentatifs des conditions dans lesquelles s'exerce le métier de policier. En suivant le personnage central -Didier Bezace, excellent- ni chevalier blanc, ni ripou, comme ces figures auxquelles nous a souvent habitués le cinéma policier, et qui lui-même a du mal à trouver sa place et son utilité dans l'organigramme, on croise aussi d'autres fonctionnaires, du flic démotivé et cynique à celui routinier ou tire-au-flanc, en passant par le milieu interlope parisien. Tavernier démontre, plus qu'il n'accuse, les pratiques inefficaces de l'administration policière, ses paradoxes et son manque de moyens dont l'étendue est constatée à travers le travail de rue d'une brigade des stups. Conçu sur une somme d'anecdote significatives, le film met en scène des policiers comme livrés à eux-mêmes dans un désordre et une incohérence qui laissent songeur... Le mérite du réalisateur est de s'attacher exclusivement à la réalité des choses, de s'y tenir sans chercher de vains effets dramatiques. Les comédiens sont excellents.
Ce film policier français est assez atypique je trouve car ça frôle le documentaire. C'est une plongée quasi-réelle dans la police des stupéfiants. On enchaine les planques et autres arrestations et descentes dans les squats. C'est un peu lourd et ennuyant au bout d'un moment car il n'y a pas de véritable histoire. Le scénario tourne plutôt autour des personnages, dont D. Bezace en tête d'affiche: un policier pas très haut dans la hiérarchie mais qui fait son boulot, sans vie de famille ou presque, sa famille ce sont plutôt ses indics. Lulu est toujours harcelé par ses tourments: aider les toxicos à s'en sortir, en arrêter un maximum et essayer de faire ça dans une légalité plus ou moins souple ou rigide selon les jours. Bref il s'adapte. Le film dénonce tous les problèmes auxquels est confrontée la police. D'un autre côté ce n'est pas très tendre envers les policiers eux-mêmes. Les années 90 semblent si loin, cela a tellement vieilli mais si le fond a changé, la forme et le cadre sont restés les mêmes.
Une immersion dans une brigade anti-drogue parisienne à l'époque du VIH pullulant, de l'immigration sans avenir et de la prostitution tacheté de sang, c'est ce que nous propose de vivre Bertrand Tavernier. A travers la vision d'un flic omnibulé par la traque de petit dealer comme de gros bonnets, le dénommé Lucien et ses moustaches imposantes, nous délivre des poncifs habituels sur la drogue et dépeint une image ultra-réaliste d'un Paris ravagé par les fléaux : Hero, Coke ... Le film est à la fois doté d'une extraordinaire pudeur vis-à-vis du héros principal (on ne s'y attache pas mais on a besoin de le voir en action) ainsi que d'une grande proximité avec le milieu des 90's. Ici, pas de tête de casting, ni de vision manichéenne de la police, tout le monde en prend pour son grade et on espère qu'une chose, ne peut les voir échouer leur mission.
Mention spéciale aux dialogues si percutants signés Michel Alexandre ainsi qu'à pop virile de Philippe Sarde, compositeur attitré de Tavernier !