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Un visiteur
4,0
Publiée le 16 novembre 2011
Voici un grand film de Bertrand Tavernier, l'homme des indignations. A l'origine, c'est le film d'un homme en colère contre un drame familial (son fil, Nils se drogue - Vincent dans le film) et les maigres moyens attribués à la brigade des stups par un pouvoir (plutôt à gauche - le "bord" de Tavernier pourtant) ... Bertrand Tavernier nous emmène dans une fiction aux allures d'un documentaire... Steadicam à l'appui, les scènes se succèdent : longs plans séquences et puis coupe et on passe au drame suivant... L'originalité est là, tendue, passionnante, on s'immerge dans ce quotidien de flics sans moyens poursuivis par les objectifs et l'anti-héros se rebelle (Lulu - excellent Bezace) du système... Cinéaste raté, Lulu filme pat ailleurs des vidéos mariages , manière de satisfaire à son voyeurisme et ses fins de mois. Ce n'est pas la moindre des qualités de ce grand film
Superbe fresque sociale des années 90 d'un réalisme bluffant, on s'y croirait. Bezace se promène comme un poisson dans l'eau avec ce rôle magnifique de flic intègre et humain. Du grand Tavernier !
Assurément le meilleur Tavernier. Inspiré, brut, sans concession mais absolument attachant, ce film est à la limite du documentaire de luxe (de luxe car il nous épargne toutes les vanités de remplissage du genre) et le spectateur, voyeur et complice, en redemande. Bis repetita !
Très bon film. Bien interprété et bien réalisé. Loin d'une action fictive, ce film semble nous mener vers la vie réelle, le quotidien de policiers dont certains croient encore en leur métier. A voir et revoir.
Un film sans concessions et sans langue de bois. L'un des Tavernier que je préfère avec quelques répliques bien trouvées. Dommage cependant que le film soit un peu trop long...
Immersion totale (réussie) dans l'univers de la Police. J'ai adoré l’atmosphère retranscrit à l'écran à savoir une brigade avec peu de moyens et des quartiers de Paris insalubres où se mêlent prostitution et drogue. Bezace et Kady sont excellents dans ce film.
Une tranche de la vie de "Lulu", enqueteur deuxieme classe, dans une brigade des stups de Paris. Bravant à la fois l'incurie de l'administration policiere et l'incompetense crasse d'une parie du personel de police, il arrive malgré tout a garder une certaine foi dans son metier qu'il essaye de faire le plus humainement possible. Sans reel fil rouge l'histoire décrit le quotidien de la vie de l'enqueteur, l'ennui des planques, l'exitation des flagrant délits et le découragements a la sysiphe de savoir que le dealer mis en prison aujourd'hui sera dehors demain. Le plus grand intéret de ce film réside dans la façon dont Paris est représenté. Toute l'histoire se déroule en plein été sous un soleil de plomb. La poussiere est omnipresente, les nuits sont etouffantes. La plupart des enquetes ont lieu dans les quartiers nords de Paris a forte population maghrebine et africaine. Tout se combine pour donner une vision rarement apposée a la capitale qui est vue comme une ville du sud. La musique de phillipe Sarde faite de violons lancinants renforce cette impression en donnant une touche presque orientale. L'interpretation excelente de Didier Bezace, en flic désabusé mais pas cynique, nous fait regretter qu'il n'ait fait que si peu de film.
Une fiction très proche du documentaire qui nous plonge avec réalisme dans le quotidien de la brigade des Stups. Un très bon film social avec un "cast" remarquable (Didier Bezace, Charlotte Kady, Philippe Torreton font d'excellents flics), qui dépeint la misère et le sordide avec naturel, donnant une idée juste de la condition du policier, qui est "au centre des choses" (Camus) tout en étant à la marge, situé au coeur du monde social dont il peine pourtant à trouver une légitimité et des moyens d'action. L627, c'est le numéro d'un des rares articles du code de la santé publique qui autorisaient jusqu'en 1993 un gardé à vue à recevoir la visite d'un médecin : tout un symbole...
Je ne suis pas adepte des polars en film mais Tavernier arrive à tourner le thème du "policier et du voleur" en une oeuvre d'un humaniste poignant. A voir, même si on n'aime pas Tavernier, pour le duo Didier Bezace/Charlotte Cady.
Dans un style documentaire (qui confère un aspect monocorde à l'ensemble), le récit montre le quotidien d'une brigade des stupéfiants: moyens insuffisants, pression de la hiérarchie, nécessité d'employer certaines méthodes des criminels, fragilité de la vie sentimentale face à la dureté du travail ou à la proximité avec les indics, collègues blasés, résignés, addicts, violents, autoritaires ou inadaptés. A travers les affaires traitées, l'intrigue permet de fréquenter un monde interlope dont les habitants peinent à s'affranchir, englués dans des cercles vicieux. Offrant une immersion réussie par la focalisation interne, refusant l'action héroïque au profit de la vraisemblance du métier, la narration s'octroie une mise en abîme via l'ambition déçue du héros. Porté par un casting impeccable, des dialogues crédibles (avec une touche d'humour caustique), des péripéties fluides, ce drame manque cependant d'une force émotionnelle. Pertinent.