Twin Peaks - Fire Walk With Me
Note moyenne
3,7
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230 critiques spectateurs

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Yoloyouraz
Yoloyouraz

37 abonnés 566 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 20 mai 2007
Encore une plongée fantastique pour Twin Peaks, dont l'intrigue a le mérite d'intéresser... jusqu'à que la machine Lynch s'embraye: les personnages explosent, la violence frappe, le récit coule. Un film qui tourne au cauchemar.
7eme critique

626 abonnés 2 778 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 21 octobre 2014
Désolé Monsieur Lynch, mais celui-ci ne m'a pas emballé du tout. Pour ma part, c'est le film le plus mauvais de sa carrière. Il n'y a pas d'autres mots, on s'ennuie du début à la fin dans cette histoire inintéressante au possible. Je n'ai pas visionné la série "Twin Peaks" au préalable, est-ce là mon erreur ? Si vous êtes admiratif, comme moi, du très réussi "Mulholland Drive", on se trouve à l'extrême opposé de ce film. Vu deux fois, oui la première fois je n'y ai pas cru, alors j'ai retenté l'expérience, mais ça n'a rien changé. Je n'ai pas retrouvé la qualité de réalisation de David Lynch dans ce long-métrage. Les histoires de Laura Palmer dans la petite bourgade de Twin Peaks ne m'ont pas transporté, et ont même réussi à me décevoir. Un film qui reflète très mal l'esprit glauque et innovant des films à caractère Lynchéen.
MemoryCard64
MemoryCard64

57 abonnés 375 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 26 septembre 2015
Après avoir terminé la série j'enchaîne directement avec le film et je n'aurais peut-être pas dû, parce que l'écart de qualité est quand même grand. La série a été annulée au terme de sa deuxième saison et a laissé les fans sur un gros cliffhanger. Sachant cela, je ne vois pas trop pourquoi Lynch a voulu faire du film un prequel plutôt qu'une suite qui conclurait l'histoire, mais peut-être que ça intéressait plus le réalisateur de revenir sur le personnage central de la série. Et puis je pense que de toute façon Twin Peaks ne serait pas devenue aussi culte si elle n'avait pas laissé les spectateurs sur leur faim. Au début j'ai eu très peur. L'introduction dure une trentaine de minute et constitue presque une histoire indépendante. On suit deux agents du FBI qui enquêtent sur le meurtre d'une jeune femme, Teresa Banks. Cela reprend grosso modo le même schéma que le pilote de la série mais c'est complètement raté. Le duo agent qui a de l’expérience/nouvelle recrue est cliché au possible, l'absence de coopération de la police locale sort de nulle part et n'amène à rien, et l'enquête se termine en queue de poisson, sans que cela ait un impact sur le reste du scénario, si ce n'est de mettre l'agent Cooper sur l'affaire (qui joue un rôle totalement anecdotique dans le film). D'ailleurs au passage ce qui rendait le personnage de Cooper intéressant dans la série c'était sa façon totalement illuminée de trouver des indices (détails vraiment insignifiants, rêves...). Du coup quand on montre qu'un des agents agit de la même manière, le pauvre Cooper n'a plus l'air aussi spécial (sans compter que le coup de la danseuse qui donne des indices c'est complètement stupide et grotesque). Le niveau global s'améliore quand le film commence à se concentrer sur Laura Palmer. A ce moment là, le long-métrage prend la direction contraire de ce que proposait la série : le ton est très sombre et torturé, les intérieurs des bâtiments connus font place aux extérieurs et la galerie des personnages se retrouve réduite au strict minimum, laissant la part belle à la blondinette. Ce virage à 180° ne m'a personnellement pas plu, mais je trouve la démarche très intéressante. On est tellement avec la jeune fille qu'on finit par comprendre le vide que causera sa future disparition. Et puis, on a tellement tout entendu sur elle dans la série que ça fait extrêmement plaisir de la voir. Le gros problème, c'est que les événements racontés ont tous été évoqués dans la série et qu'il n'apportent selon moi rien de neuf. spoiler: Et les scènes inédites, celles avec le nain et Bob dans la Black Lodge, sont si maladroites qu'elles laissent l'impression d'avoir été placées là à la va-vite, histoire de dire "Faut mettre ça, sinon c'est pas vraiment Twin Peaks", ce qui renforce le côté imbuvable du scénario présent tout le long de l’œuvre.
Du coup on se retrouve avec œuvre bâtarde, qui ne peut pas être un film indépendant car il est impossible de comprendre ce qu'il se passe sans connaître la série, et qui ne peut pas non plus être un bon complément à la série puisque cela ne raconte rien de vraiment inédit. Après, ce n'est absolument pas mal réalisé. Je trouve la mise en scène de la série bien plus audacieuse et marquante, mais il faut reconnaître que certaines scènes fonctionnent (surtout celle du meurtre). L'ambiance musicale soulignait bien les scènes, mais aucune ne m'est restée en tête. Première déception de la part de David Lynch, en espérant que ce soit la seule.
Val_Cancun
Val_Cancun

71 abonnés 764 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 mars 2015
En tant que tel, "Twin Peaks : Fire, walk with me" (1992) n'est pas hautement recommandable, sorte de délire lynchien sans queue ni tête, auquel seuls les fans du réalisateur américain trouveront un intérêt prononcé.
Or, ces derniers connaîtront sans doute déjà la série télévisée éponyme, diffusée deux ans plus tôt. Et c'est justement en tant qu'éclairage sur ce feuilleton mythique, créé par Mark Frost et David Lynch, que le film prend tout son sens.
Prequel de "Twin Peaks", qui s'ouvrait sur la découverte du cadavre de Laura Palmer, le film se propose de nous conter les 7 derniers jours de la vie de cette héroïne disparue.
Déjà, on est très heureux de retrouver les personnages de la petite bourgade (pas tous, hélas, loin de là) après la fin expédiée (bâclée?) du show en raison de l'annulation tardive d'une saison 3.
On espère des éclaircissements, des explications, de nouvelles informations peut-être... On déchante assez nettement, puisqu'après un prologue d'une demi-heure consacré au premier meurtre, celui de Teresa Banks, on se retrouve certes en terrain connu, mais la vie tourmentée de Laura Palmer ne nous apprend rien de décisif.
"Fire, walk with me" permet en revanche à Sheryl Lee de faire étalage de son talent (et de sa plastique), puisque l'actrice s'investit vraiment dans son rôle et incarne brillamment ce personnage torturé.
L'agent Dale Cooper fait quelques apparitions, pour notre plus grand plaisir, de même que Jacques Renault, personnage cruel trop vite sacrifié dans la série.
Et les évènements s'enchaînent progressivement pour aboutir au climax de la scène du crime, qui confirme ce qu'on savait déjà.
Un film étrange donc, qui ne se justifie que par l'affection du public pour l'univers développé dans la série TV, et qui donne l'impression de plaisir et de réflexion a minima.
EricDebarnot
EricDebarnot

241 abonnés 1 262 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 avril 2017
Je fais partie des gens qui avaient profondément haï "Twin Peaks : Fire Walk with Me" à sa sortie en 1992. Ma rage résultait en grande partie de ne pas retrouver dans le film l'atmosphère délicieuse de la série qui m'avait enchantée un an plus tôt, et d'être resté perplexe devant un récit qui se contentait de nous décrire trivialement toutes les étapes du calvaire de Laura Palmer que nous avions mis une saison et demi à décrypter. Plus de 25 ans ayant passé, il y a prescription, et il m'était possible de revoir pour la seconde fois ce film étrange dans une perspective toute différente, celle qu'offre l’œuvre ultérieure géniale de Lynch, de "Lost Highway" à "Inland Empire", en passant par "Mulholland Drive" avec lequel "Fire Walk with Me" partage pas mal de points communs, le moindre n'étant pas une extrême empathie envers la psyché féminine. Pour aimer le film, comme il m'est possible de l'aimer aujourd'hui, il fallait donc accepter que, une fois passé le superbe prologue qui aurait pu déboucher sur une toute autre fiction décalée et jouissive, le retour à Twin Peaks doive se vivre comme un retour à la triste, sordide et cruelle réalité, ou plutôt la réalité (mensonges, prostitution, inceste, crimes crapuleux) telle que le cinéma peut la révéler une fois les artifices plaisants du soap télévisuel explosés à coup de hache (ce fameux plan d'introduction absolument programmatique). Ici, même le monde parallèle de la Black Lodge où Dale Cooper est (à jamais ?) prisonnier a quelque chose de crapoteux, de dérisoire... Ici, Bob fait moins peur que la folie d'un père incestueux. Ici, il n'y a plus de spectacle magique, surnaturel, il y a juste le cauchemar éprouvant de la descente aux enfers d'une jeune américaine ordinaire, jusqu'à sa mort, atroce et pourtant libératrice. Finalement, le malentendu violent qu'avait créé la sortie du film en 1992 est parfaitement logique : nous voulions retourner faire un tour à Twin Peaks, alors que Lynch avait organisé une visite sans concession de l'horreur profonde de la société américaine. Le véritable cauchemar ne faisait que commencer.
Terreurvision
Terreurvision

242 abonnés 505 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 mai 2018
Lynch met de côté l'aspect amusant de la série, les intermèdes de poésie légère virent en une poésie du désespoir et du macabre. Les pins de Douglas n'évoquent plus que la menace d'une forêt la nuit, le pendentif de Laura symbolise son cœur morcelé, éparpillé et celui de ses amants qu'elle brise inéluctablement, l'hypnotique Pink Room devient l'écrin aigre-doux de sa détresse sourde. Dépravation, addiction, prostitution, meurtre, infanticide, inceste... soit autant de thèmes difficiles qui expliquent peut-être la réception catastrophique de la critique et du public lors de l'exploitation en salle du sixième long-métrage de David Lynch. Mais comment pouvait-on traiter autrement les dernières heures de la vie de Laura Palmer ? LA critique complète sur le site Terreurvision.com
rogerwaters
rogerwaters

170 abonnés 1 089 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 mars 2016
Vu plusieurs fois au cinéma à l’époque, j’ai fait partie de ceux qui ont pris ce long-métrage comme une claque, alors que les critiques étaient franchement moyennes et que le public n’était clairement pas au rendez-vous. Quel dommage puisqu’il s’agit d’un des meilleurs films de David Lynch qui est parvenu à sublimer chaque élément déjà présent dans la série pour donner à l’ensemble une stature purement cinématographique (la destruction d’un écran de télévision dès le premier plan est hautement symbolique ici). Par la suite, le cinéaste nous propose une trop longue introduction destinée à mettre en place des éléments de l’enquête sur Teresa Banks. Ce passage d’une trentaine de minutes est de loin le plus faible du film, mais il ne nous prépare en rien à la claque qui va suivre, une fois arrivés dans la ville de Twin Peaks. Le cinéaste se lâche complètement et signe une œuvre déjantée, mais également profondément mélancolique. Le destin de Laura Palmer, inexorable, est particulièrement bouleversant, d’autant que le cinéaste lui offre en toute fin une rédemption qui tient du mysticisme le plus pur. Le tout est filmé avec maestria, joué magnifiquement et enrobé dans la sublime musique de Badalamenti. Culte, culte et ultra-culte.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 13 mars 2018
J'étais ultra fan de la série assez drôle et pleine de suspens.
Mais le film est vraiment d'un autre registre… flippant et hyper malsain.
Je ne m'attendais absolument pas à ça!
Affreux! Je déteste ce genre de film!
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 5 mai 2012
Et une fois de plus David Lynch place la barre très haut, avec ce Twin Peaks-Fire walk with me. A l'instar de Blue Velvet, il se passe dans une banlieue où tout semble paisible, cependant des secrets ignobles se cachent et personne ne connaît vraiment ses voisins... Ce thème utillisé avec brio dans la série,a eu une importance toute particulière car l'on découvre l'atrocité de la fin de cette jeune adolescente, dans une descente aux enfers abominable. Si l'intrigue est passionante, la musique, les acteurs et les décors sont tout aussi parfaits. Twin Peaks est donc un chef-d'oeuvre parmi les chefs-d'oeuvre qui composent la filmographie de ce réalisateur génial qu'est David Lynch. Twin Peaks est donc une tuerie, dans tous les sens du terme.
Ykarpathakis157

6 217 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 24 mai 2020
Twin Peaks - Fire Walk With Me est absolument horrible, il est incohérent, sinueux et déroutant. Le symbolisme prétentieux, déroutant et les séquences de rêve bizarres (qui sont bien sûr des éléments typiques de David Lynch) doivent rendre QUELQUES parcelles de sens pour avoir une valeur !!!!!!. Mais celles de ce film n'ont aucun sens !!!!! Le film est visuellement frappant et bénéficie certainement d'un casting extraordinaire mais son incohérence éclipse ces atouts. Pour ma part je ne me suis pas diverti ou enrichi en voyant l'art prétentieux de quelqu'un représentant cinématographiquement des personnages psychotiques et endommagées. Les personnages tordus comme le nain (petite personne) n'ont jamais eu de sens pour moi. C'était comme si vous deviez insérer votre propre sens, avec des personnages et une intrigue que vous ne pouviez tous simplement pas suivre...
lhomme-grenouille

3 623 abonnés 3 170 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 janvier 2014
Difficile à apprécier pour qui n’a pas vu la série. Personnellement, je trouve ce film un peu en deça de son modèle original et peut-être dispensable. Malgré tout, « Twin Peaks » reste « Twin Peaks » et Lynch reste Lynch. Difficile de ne pas rentrer dedans et de ne pas se faire happer par l’univers de ce film si on aime la série d’origine...
Julien D

1 342 abonnés 3 461 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 octobre 2014
S’il paraitra parfaitement imbuvable, à force d’être incompréhensible malgré la fascination que peut provoquer la folie créatrice de David Lynch, pour les non-avertis, les fans de la série éponyme verront dans ce film quelques-unes des clefs pour déchiffrer certaines des nombreuses questions que les épisodes avaient laissés en suspens. Retrouver l’ambiance si particulière de la petite ville de Twin Peak et ses habitants hauts en couleurs (depuis Laura Palmer et son père jusqu’à l’énigmatique nain qui hante les rêves de l’agent Cooper) sera d’autant plus un plaisir pour les amateurs de la fameuse série, qui s’était achevé deux ans avant la réalisation du film, que celui-ci se déroule juste avant les évènements qui ont enclenché ceux de la série. Ainsi, s’il s’agirait d’un étrange conte surréaliste sans queue ni tête dont l’intrigue n’atteindrait pas sa résolution s’il devait être vu indépendamment, Twin Peaks, le film, n’a indubitablement pour seule vocation que d’être vu en continuité de la série et peut même apparaitre comme une revanche de David Lynch sur ABC pour reprendre le contrôle sur sa création dont la chaine avait voulu le priver en lui imposant une conclusion différente de sa volonté.
Maqroll
Maqroll

204 abonnés 1 123 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 avril 2011
Un long métrage surajouté (on dit prequel en anglais) à la série culte de David Lynch… N’ayant pas vu la série, je ne peux que parler du film sans référence à l’œuvre primitive. Il y a là beaucoup de réminiscences de Earaserhead et beaucoup de fulgurances qui annoncent Lost Highway et Mulholland Drive. Dans la filmographie de Lynch, Twin Peaks reste pour moi une parenthèse qu’il avait sûrement besoin d’effectuer avant de se lancer dans Lost Highway… C’est un exercice de style qui doit être perçu dans sa valeur esthétique et artistique, sans référence obsolète à une quelconque tentative de compréhension. La première partie du film suit l’enquête après la mort d’une jeune femme, la deuxième raconte les jours précédant la mort d’une seconde… Tout l’univers de cette histoire finalement très linéaire bascule peu à peu dans une folie qui est celle du sang de l’inceste, sublimé au plus haut point… C’est un film violent, utile, indispensable si l’on veut avoir une vision globale de l’œuvre de Lynch, qui est un pur génie du cinéma, mais ce n’est pas un de ses films majeurs. À voir cependant et sans aucun doute malgré les avis des grincheux qui n’y ont rien compris…
Kloden
Kloden

149 abonnés 997 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 décembre 2015
Reprenant définitivement la main sur sa série, dont la production avait hâté la fin contre son désir de la poursuivre, David Lynch achevait une bonne fois pour toute Twin Peaks avec Fire Walk With Me, un film si marqué par ses obsessions qu'aux présences démoniaques que son intrigue continue de creuser semble se mêler l'ombre du réalisateur lui-même. On attendait, à l'époque, une conclusion au romantisme échevelé, certes marquée par la folie propre à Lynch mais non sans une portée plus simplement percutante, celle d'une tragédie puissamment émouvante dont Laura semblait être la figure toute trouvée. On s'attendait à un climax progressif, la conclusion à rebours d'une histoire longue de trente épisodes dont tous les nœuds dramatiques devaient se dénouer pour éclater en une émotion limpide et orthodoxe derrière les mystères qui la sous-tendent, comme la révélation, derrière les arcanes impénétrables de Twin Peaks et de Laura Palmer, d'un cœur accessible, qui à défaut de se livrer totalement, laisserait le spectateur l'étreindre. Mais Lynch n'avait visiblement aucune envie de simplicité et d'un final à faire pleurer dans les chaumières. Tout ce qu'on attendait est là, mais dans une version froide au glauque impitoyable, un décalque chirurgical qui en offrant la dramaturgie espérée tout en gardant une certaine distance avec elle, semble nous tendre un miroir, comme en mettant le spectateur au défi de retrouver dans le long-métrage l'esprit de la série, et d'y puiser, de façon quelque peu sadique, la même émotion qu'à l'ordinaire. Twin Peaks version petit écran tenait en équilibre grâce à son humour hystérique et kitsch, qui maintenait en équilibre la balance de l'horreur et du rêve et tenait le récit à distance, comme on tiendrait à bout de bras un livre effrayant et tragique dont on espère tirer des sensations sans jamais les éprouver vraiment. Avec Fire Walk With Me, fini ce genre d'entrée réservée, de séjour trois étoiles : l'histoire de Laura Palmer, vous la vouliez et vous l'aurez, dans sa version la plus à vif, dans sa version inside Laura Palmer. L'onirisme de la série n'est plus, et du cauchemar qui se trame à l'écran, on ne peut plus s'en préserver simplement en se rappelant qu'il n'est qu'un simple rêve. Les cauchemars, désormais, sont ceux d'un seul personnage, ceux de Laura, et ils ont une réalité d'autant plus pétrifiante qu'on comprend, en les voyant de si près, qu'on s'est servi de leur version bénigne pour se divertir, pendant que Laura, elle, les vivait réellement. Le monde de Twin Peaks est ainsi renversé : dans la série, tout tournait autour de Laura, ici, c'est du point de vue d'une Laura confinée à elle-même et à son funeste destin qu'on découvre cette bourgade dont on se rend compte qu'on a rien connu. Les décors se découvrent selon de nouveaux points de vue, les personnages récurrents du show entrent et sortent du récit comme de vulgaires satellites, isolant Laura dans sa terrible réalité. La longue introduction aux côtés de nouveaux personnages, d'ailleurs, annonçait déjà la couleur : cette première demi-heure répliquait dans ses nouveautés les anciennes bizarreries du show, mais sans en rire une seconde. Tous ces petits nouveaux auraient très bien pu enrichir la série, mais on comprend très vite qu'on a ici affaire qu'à une version dévitalisée, ou plutôt ramenée à la réalité brute et sans vernis. Ce parti pris choisi, Lynch s'engouffre à nouveau dans un dédale psychologique qui sait reprendre les éléments fantastiques du show en les ré-arrangeant comme des édifices mentaux dans un grand vortex intérieur où se mêlent pureté et salissure, amour et désespoir. Les événements, déjà explicités dans la série, déroulent leur banalité glauque, et le film se donne comme à regret des airs d'une paraphrase inutilement voyeuse, se recentrant progressivement sur une gravité de requiem et le retour au pouvoir du mystère tel qu'on l'avait connu chez Lynch bien avant la série : d'un gouffre indistinct de sentiments emmêlés et d'excroissances tentaculaires. Je dois bien l'avouer malgré tout, je rêve encore avec mélancolie du film que j'espérais, de cette résurgence fantomatique de la série, d'un grand moment d'émotion échevelée et libératrice. Mais ce parti pris du retour à une réalité douloureuse n'en est pas pour autant contestable, loin s'en faut.
Plume231

4 415 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 novembre 2012
Sans être un spécialiste dans le domaine, je connais un peu la série télévisée (vu peut-être il y a trop longtemps pour réellement apprécier ce film dans sa pleine mesure ???), et je pense que ce gloubiboulga d'images bien dans le style David Lynch (que j'admire beaucoup considérant même "Mulholland Drive" comme le meilleur film de sa décennie !!!), qui parfois touche au ridicule à l'instar du délire du personnage joué par David Bowie, peine vraiment à captiver dans la première heure mais heureusement se rattrape considérablement dans la seconde quand enfin on se focalise vraiment sur les derniers jours de la victime, là ça devient nettement plus fascinant ; et on a même le droit à un moment d'érotisme hyper-fort (décidément Lynch est le grand spécialiste du truc !!!) qui tue incroyablement avec Sheryl Lee et Moira Kelly, et qui arrive (dans plein d'autres séquences aussi !!!) à nous mettre face au poisseux qui est en nous (autre grande spécialité lychienne !!!).
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