293 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
40 critiques spectateurs
5
15 critiques
4
16 critiques
3
5 critiques
2
3 critiques
1
1 critique
0
0 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
betty63
42 abonnés
428 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 9 octobre 2012
J'aurais voulu mettre "excellent" mais j'ai détesté la musique. L'histoire, d'après le livre de Abe Kôbô, nous ramène à notre condition d'humain qui doit apprendre à coopérer avec ce qu'il ne peut ni maîtriser ni fuir. Ou parce que, après réfléxion, on ne veut plus ni lutter contre, ni fuir, mais juste accepter. Volontairement. C'est un très beau film qui fait réfléchir ; c'est une belle leçon de vie.
Film exigeant à aborder la tête reposée, ce qui n'était malheureusement pas mon cas, "La Femme des sables" nous interroge notamment sur ce qui pousse un homme à continuer de vivre lorsqu'on le prive de sa liberté. Bien évidemment riche en métaphores, le film entreprend ni plus ni moins de nous faire réfléchir sur la signification de la vie dans la société contemporaine. Soyons francs : à moins que vous soyez fans de Kafka, vous êtes autorisés à trouver ça un peu longuet et rébarbatif. Le film est beaucoup plus intéressant sur un plan purement cinématographique, avec son ambiance oppressante nous faisant presque ressentir le vent et le sable sur notre fauteuil. Cauchemardesque et sensuel, le film touche à la pure grâce dans ses gros plans : sur la peau, sur le sable, sur les insectes... des images magnifiques. Les plans plus larges, pouvant évoquer Antonioni, sont également magnifiquement composés. Seulement voilà, 2h20, c'est long pour un film d'avant-garde...
Plus qu'une simple histoire c'est surtout un questionnement existentielle , un questionnement sur la condition humain. A travers l'histoire de cette homme prisonnier des sables, Teshigahara se pose la question de la liberté de l'homme , de son pouvoir de décision , la question sur la vie , notre vie à nous à travers cette homme se résument elles aussi à ramasser du sable indéfiniment et sans but véritable. En gros sommes nous tous voué à une vie enfermé dans des carcans. Et en même temps est ce qu'il ne faut pas profiter de ce que l'on a , de ce que la vie nous donne. Enfin c'est ce que j'ai compris , ce film est difficile à comprendre sur le fond car il pose tellement de question . De plus l'aspect contemplatif et lent du fil renforce cela , il y a une véritable maîtrise du réalisateur au point de vu esthétique , les plans sur le sable en font un personnage vivant et tout simplement magnifique! Les 2 acteurs principaux sont bon et la musique joue un rôle important et je trouve donne un coté angoissant. Ce film est vraiment superbe car nous renvoies à nous même quelques part enfin c'est ce que j'ai ressenti !
Mon premier film japonais (je crois) est c'est plutôt un bon départ ! Film qui interroge sur la quête de la personnalité. Très intriguant et très beau dans son esthétique à la fois. Le sable est un personnage à part entière de l'histoire tellement qu'il est travaillé. Une bonne histoire mais qui souffre comme souvent dans ce genre de film, des petites choses incompréhensibles ou un peu longue ...
L'histoire d'une femme au fin fond du trou. C'est l'un des rares livres « noble » que j'ai lu après le lycée en dehors de Houellebecq, et le souvenir est encore très prégnant. C'est d'ailleurs là que le bât blesse. C'est une construction à base de voix off avec des digressions sur la nature humaine et sa condition. C'est profondément triste et sombre, autant qu'angoissant, cette histoire d'hommes confrontés à l'inexorable avancée du sable. Tout le livre pouvait être pris au deuxième degré du temps et son emprise sur la vie, et c'est là qu'était son intérêt. Hélas, le film ne peut à ce point se dédoubler, la voix off étant pour une fois non utilisée (la seule fois où elle était indispensable ?) et on se retrouve avec un film dont les images et les péripéties prennent le pas sur l'existentialisme. Evidemment on peut faire le travail nous même, mais la place du village, l'effacement de la femme, le découpage et peut-être la durée du film (dans le sens trop court) ne permettent pas à mon sens de développer l'angoisse. L'image par son essence montre trop l'absurde de la situation et déconnecte d'une certaine manière le tragique. Attention, je parle bien là de la comparaison avec le livre. En tant que tel, à part le format 4/3, le film tient très bien la route, musique contemporaine, images noir et blanc soignées, jeu et choix des acteurs sans erreur, rythme trop lent mais sans baisse notable. Seulement, aussi bien la fin que le cheminement ne me semblent pas à la hauteur du propos littéraire.
Du cinéma très avant-gardiste et expérimental. L’histoire est une sorte de fable absurde (avec du Kafka et du Beckett ou même le mythe de Sysiphe), existentielle, et politique sur des positions gauchisantes (le thème de l’aliénation est le plus clairement développé). Le film a les limites du genre, avec une fiction un peu trop systématique, une allégorie un peu trop appuyée, qui assèchent la profondeur poétique. C’est esthétiquement passionnant, et très japonais dans sa manière de créer de l’abstraction dans la représentation même de la réalité matérielle (très beaux plans très rapprochés de corps humains, de bans de sables, d’éléments liquides… tous d‘une étonnante sensualité). Un film intéressant, mais dans la mouvance de la nouvelle vague japonaise il y a plus abouti dans la recherche formelle ou narrative.
Bouzi Bouzouf aime « La Femme des sables » de Hiroshi Teshigahara. Bouzi précise tout de suite pour les aficionados de comic books qui, à la lecture de ce titre, se sont mis à lécher l'écran de leur ordinateur tout en se tripotant le braquemart, que ce film ne propose pas une aventure inédite de Spider-Man où celui-ci est opposé à la girlfriend de l'Homme-Sable. Non, pas du tout. Alors on se calme les geeks ! « La Femme des sables » suit un instituteur passionné d'entomologie qui, au début du film, fait la course aux insectes dans un désert totalement paumé du Japon (Bouzi se demande s'il était bien utile d'ajouter l'adjectif qualificatif-épithète liée « paumé » dans la mesure où un désert l'est par définition). Absorbé par sa quête de la bébête rare, l'instit en oublie le bus qui devait le ramener chez lui. Trois autochtones chelous lui conseillent alors d'aller dormir chez une paysanne qui vit seule pas très loin ; elle habite une petite bicoque au fond d'un vaste trou de sable. Le mec accepte, suit les trois ploucs, descend l'échelle qui le mène jusqu'à la baraque, cause un peu avec la bobonne, puis il va se coucher. Le lendemain, il s'apprête à retourner chez lui quand il constate avec stupéfaction que l'échelle a disparu. Le voilà donc prisonnier dans le trou ! Commence alors une longue et douloureuse cohabitation forcée avec la ménagère... Bon, si le film est parfois austère sur la forme (l'ennui n'est jamais loin), il dit en revanche des choses très profondes quant au fond. Cette relecture contemporaine du mythe de Sisyphe, qui baigne dans la littérature affiliée à l'existentialisme des années 40 et 50 (« Le Mythe de Sisyphe », essai de Camus, est paru en 42) et dans le théâtre de l'absurde de la même époque (« Oh les beaux jours » de Beckett date de 1960 et propose une expérience assez similaire à celle du film de Teshigahara), cette relecture, donc, ne décrit pas seulement l'absurdité de l'existence ; elle écorche aussi la vie en couple des temps modernes.
Film-phare de la «nouvelle vague» japonaise, «La femme des sables» (1964) de Teshigahara constitue l'un des trois fruits merveilleux de la collaboration de trois créateurs, à l'avant-garde de leur art propre, Teshigahara bien sûr, le compositeur Takemitsu et le romancier Kôbô Abe. Un entomologiste accepte l'hospitalité d'une femme mystérieuse sans se douter qu'il tombe de la sorte dans un piège, se retrouvant emprisonné, à la manière d'un insecte observé par ses pairs, dans un trou perpétuellement menacé d'ensablement. Vaste parabole, située à la lisière entre le réalisme et le fantastique, le film, volontairement équivoque, alimente une méditation dense et plurithématique sur l'enfermement, sur la part animale de la nature humaine, sur l'instinct de survie, sur les conditions minimales d'une civilisation ... Mais c'est surtout la mise en forme de ce contenu qui est parfaite! La photographie de Segawa est en effet une splendeur; la musique de Takemitsu est digne des plus hautes collaborations entre un cinéaste et un compositeur (et elles sont hélas très rares!); et la mise en scène de Teshigahara enfin, qui assume de manière avouée l'héritage de Resnais, est d'une créativité qui suscite une nouvelle fois la nostalgie de ce paradis perdu de l'art cinématographique que furent les années 60. Bien des séquences mériteraient d'être évoquées! Celle, saisissante, où l'homme, fuyant son trou, se retrouve traqué comme une bête dans la nuit ou encore, cette autre, fantastique, où l'homme et la femme, réduits à l'état d'insectes, sont contraints de se donner publiquement l'un à l'autre sous le regard de masques grimaçants ... Un chef-d'oeuvre, ni plus ni moins!
Qu’il est plaisant de découvrir de grands cinéastes oubliés! Une filmographie entière s’ouvre alors à nous, car il est impossible de ne pas mourir d’envie de découvrir les autres œuvres de Teshigahara après avoir vu ce chef d’œuvre absolu qu’est "La femme des sables". Un professeur japonais, entomologiste à ses heures, a réussi à obtenir 2 jours de congés et part dans le désert pour récolter et étudier les insectes vivant dans ce milieu. Ayant raté le bus de retour, il est hébergé chez une veuve vivant au fond d’une fosse naturelle entourée de sable. Il prendra alors conscience qu’il est tombé dans un piège et se retrouvera prisonnier de ce trou, condamné à vivre avec cette femme en l’aidant, chaque nuit, à enlever le sable qui se répand partout et menace la demeure d’effondrement. Après plusieurs tentatives infructueuses d’évasion, l’homme apprendra progressivement à accepter sa condition et après un long travail d’introspection, à y trouver source d’épanouissement pour finalement accéder à la sagesse et la sérénité. La richesse thématique du film est telle qu’il m’est impossible de l’aborder ici, en quelques mots. La vision du film s’impose pour appréhender toute la profondeur du propos, un propos porté par une inventivité visuelle sidérante. Filmé dans un superbe noir et blanc nous offrant des images d’une beauté saisissante (les plans du sable roulant sous le vent, entre autres, sont sublimes), le film déroule une mise en scène d’une richesse infinie, en osmose parfaite avec le fond. La puissance symbolique conférée aux éléments est grandiose, le travail de la lumière est impressionnant et les gros plans d’une sensitivité évocatrice rarement ressentie au cinéma. Le tout agrémenté de l'excellent travail sonore de Takemistsu, créant des ambiances d’une irréalité propice à l’évasion du spectateur. Un chef d’œuvre total, un nirvana cinématographique, issu de la collaboration parfaite entre un cinéaste, un romancier et un musicien. A découvrir de toute urgence.
Si vous êtes allé en bord de mer l'été pendant une tempête, vous avez vécu la force du sable et son côté désagréable. Il est pourtant bon de marcher sur ces petits grains. Il est pourtant agréable de le sentir glisser entre les mains. Il est pourtant agréable de la creuser, de la sculpter. Ici, le film nous montre toute l'oppression qu'il peut procurer. Etre obligé de vivre ensablé en permanence, de faire reculer l'avancée du sable à coup de pelle. Sentir son corps faible et en besoin d'eau. Ce film permet au personnage principal de faire un parcours initiatique. Lui qui ne veut qu'une chose quitter cet endroit, se voit finalement attiré par l'endroit et la découverte qu'il a fait. La relation qu'il a avec la femme des sables lui ouvre les yeux sur la réalité, le fait grandir, lui fait comprendre que vivre dans la difficulté fait grandir. Un grand film pour un grand moment de cinéma.