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En 1964, Claude Chabrol est encore embarqué dans l’aventure de la Nouvelle Vague dont il est avec Rohmer, Rivette, Godard et Truffaut un des jeunes turcs. Pour son quatrième film, Il promène sa caméra dans Paris pour capter l’air du temps. Les Trente Glorieuses sont là mais la France s’ennuie et la jeunesse commence sérieusement à étouffer. Nous ne sommes après tout qu’à quatre ans à peine de mai 1968. Chabrol avec son effronterie déjà bien marquée qui le différencie de ses camarades de promotion, portraiture quatre jeunes femmes qui traînent leur langueur toute la sainte journée dans un magasin d’électro-ménager désuet où le vieux patron (Pierre Bertin) pratique un paternalisme libidineux mâtiné d’un caporalisme bon teint encore en vigueur à l'époque au sein d'un petit patronat triomphant. Que leur réserve l’avenir semblent se dire Jane (Bernadette Lafont), Ginette (Stéphan Audran) , Jacqueline (Clotilde Joano) et Rita (Lucile Saint-Simon) qui chacune à leur manière se cherche une voie dans une société compassée et surtout très cadenassée au niveau des moeurs. L’insouciance de la jeunesse habite bien les quatre jeunes femmes qu’elle soit frondeuse et rebelle comme Jane, artiste refoulée comme Ginette, romantique éperdue comme Jacqueline ou plus terre à terre et vénale comme Rita mais la convoitise des hommes vient sans arrêt tenter de la pervertir. Des scènes très parlantes comme celles avec les deux playboys ridicules (Albert Dinan et Jean-Louis Maury ) illustrent fort bien le décalage qui existe à entre les aspirations de femmes en quête de modernité et d’indépendance et le conservatisme des hommes jeunes ou vieux qui n’attribuent encore au femmes que deux statuts : celui d’objet sexuel ou celui de ménagère. Sur la forme tout le cinéma à venir de Chabrol est déjà contenu dans « Les bonnes femmes » avec cette odeur de soufre et de mort qui de temps à autre affleure derrière la bonhommie de façade distillé par le film qui nous installe de prime abord dans le confort douillet d’une comédie dramatique inoffensive. Chabrol était un grand admirateur d’Hitchcock et sa collaboration récente et fructueuse avec le scénariste Paul Gégauff lui permettra de mettre ses pas dans ceux du maître. Dans cette société un peu fleur bleue dopée à la croissance où l’on ne prend plus guère de précaution le mal est toujours là qui rôde et tel le Petit Chaperon Rouge celle qui sera trop imprudente pourra en faire gravement les frais. « Les bonnes femmes » laisse présager que rapidement Chabrol va s’envoler vers d’autres horizons plus propices à son goût pour la sournoise fantaisie et le macabre joyeux.
Les Bonnes Femmes créa une vive polémique l’année de sa sortie et fut même interdit dans de nombreuses salles françaises. Ce qui choquait à l’époque parait aujourd’hui assez anodin mais le film conserve un réel intérêt de part sa photographie magnifique et son casting féminin charmant. Ce portrait sans concession de 4 femmes très différentes mais poursuivant toutes le même objectif est touchant et éveille une certaine nostalgie.
Si il y a bien un film de Claude Chabrol que je n'aurais demandé qu'à aimer, c'est bien celui-là... Il présente l'existence terne et ennuyeuse de quatre vendeuses d'une boutique d'électroménager qui recherche l'évasion dans des divertissements et des personnes tout aussi minables égratignant les hommes dans leur médiocrité active mais aussi les femmes dans une médiocrité plus passive ; c'est le très grand mérite de cette oeuvre, qui l'a fait passer pour misogyne alors qu'elle est surtout réaliste de ce point de vue-là (pas taper SVP !!!)...
Quand on reste dans l'ordinaire, quand on reste du point de vue de ces "bonnes femmes", le film est réussi mais le gros problème c'est Claude Chabrol, alors encore dans la période "Jeune Turc de la Nouvelle Vague voulant tout prouver", est incapable de faire les choses simplement en se sentant obligé de faire dans la prétention avec des digressions techniques et narratives encombrantes et qui finissent par rendre le film long et peu intéressant. On peut ajouter aussi que le sort final de la protagoniste qui recherche le grand amour, jouée par Clotilde Joano, est franchement trop gros pour être crédible avec le ton adopté ou qui du moins aurait dû être adopté tout du long.
La simplicité a souvent du bon et elle aurait admirablement servi cette oeuvre si Claude Chabrol avait eu l'idée de l'utiliser, dommage, fortement dommage...
Quand on reste dans l'ordinaire, quand on reste du point de vue de ces "bonnes femmes", le film est réussi mais le gros problème c'est Claude Chabrol, alors encore dans la période "Jeune Turc de la Nouvelle Vague voulant tout prouver", est incapable de faire les choses simplement en se sentant obligé de faire dans la prétention avec des digressions techniques et narratives encombrantes et qui finissent par rendre le film long et peu intéressant. On peut ajouter aussi que le sort final de la protagoniste qui recherche le grand amour, jouée par Clotilde Joano, est franchement trop gros pour être crédible avec le ton adopté ou qui du moins aurait dû être adopté tout du long.
La simplicité a souvent du bon et elle aurait admirablement servi cette oeuvre si Claude Chabrol avait eu l'idée de l'utiliser, dommage, fortement dommage...
Un film délicieux qu'on voir (ou revoit) aujourd'hui avec une jubilation augmentée par son côté rétro sixties. Bernadette Lafont et Stéphane Audran sont merveilleuses. Seule la scène de la piscine est un peu longue et on regrette tout de même que ce tableau de moeurs ne s'accompagne pas d'un véritable scénario. A la fin du film, on se demande aussi si Chabrol n'a pas sombré malgré tout dans le sexisme en nous disant que, au fond, les jeunes femmes sont toutes des midinettes. Mais ça reste néanmoins un grand moment de cinéma avec des scènes d'anthologie inoubliables. Curieusement, Les bonnes femmes, qui constituent une des pièces maîtresses de la Nouvelle vague, évoque parfois la poésie du cinéma d'avant-guerre des Carné, Prévert, Clair, ce qui ne donne que plus de charme à ce petit bijou.
Avec "Les Bonnes femmes", on sait que Claude Chabrol excelle aussi dans le registre comique. Brillamment écrit et totalement imprévisible (comme peut en témoigner la fin cruelle), ce film prend des libertés absolument jouissives. Pour preuve, le film ne raconte pas grand chose, si ce n'est de montrer des femmes qui rêvent d'amour et de changement. L'entente entre les différentes actrices est d'ailleurs commutatrice. On prend en effet plaisir à les voir s'ennuyer, rire, et se chamailler. Un film décomplexé, intelligent, et admirablement sensible.
Un des pionniers de la Nouvelle Vague, Claude Chabrol est en 1960 en pleine euphorie et tourne son 5ème long métrage en 2 ans depuis "Le Beau Serge" (1958). Il retrouve deux actrices qu'il avait déjà fait tourner, Stephane Audran et Bernadette Lafont... On suit donc quatre vendeuses en électro-ménager, quatre caractères différents pour quatre types de la femme à la recherche de leur idéal masculin... Chabrol est alors en plein système Nouvelle Vague et on suit donc ces quatre jeunes femmes dans un style docu sociale qui pêche sur des détails qui retirent du réalisme ; par exemple comment croire à un tel ennui au magasin avec 4 vendeuses embauchées ?! Les deux lourdauds (environ 40-45 ans) sont d'une stupidité et d'une balourdise trop grossières... L'ennui de ses vendeuses à leur travail n'a d'égal que la notre. Les conversations ineptes aux desideratas lambdas ces 4 nanas n'ont finalement rien d'intéressant, leur vie médiocre ainsi montrée et voulue par Chabrol ne passionne pas vraiment. Le film est cependant réussi dans le sens où Chabrol l'a voulu ainsi, une sorte d'analyse sociale sur des jeunes femmes sans ambitions et naïves, le film est à l'image du sujet. Cependant nous, spectateur, ne sommes pas obligés d'apprécier pleinement. Mais ce film est semé de qualité, le plaisir du jeu d'acteur, une mise en scène inventive, le rapport entre les tenues et leur but à atteindre (aguicheuse pour l'une, bien sous tous rapport pour l'autre...), et les faux-semblants (les hommes cachent leur jeu... ou pas !). Résultat, un bon film, profond et intelligent malgré quelques réticences. A noter que ce film fut interdit au moins de 18 ans à sa sortie !
L'affiche et le titre faisaient penser à un nanar un brin miso signé Max Pécas (pléonasme). Absolument pas. C'est plus ancien, totalement différent et surtout signé Claude Chabrol. Assez osé et barré pour l'époque (1960, interdit aux -18 à sa sortie), ce film « nouvelle vague » plonge dans le quotidien de 4 jolies jeunes filles de classe moyenne en phase avec leur époque. Comme il en prendra l'habitude plus tard et de manière plus féroce, Chabrol tacle allègrement la bourgeoisie, ses vices cachés et son conformisme. Un film libéré, témoin d'une époque, et pas si léger qu'il en a l'air. Du bon Chabrol.
Très bon film de Claude Chabrol où celui-ci nous dépeint le portrait de quatre femmes dans leur vie quotidienne et leur errance sentimentale. Celles-ci sont, par ailleurs, amies et ont un caractère très différent. Il y a l'extravertie, la discrète, la rangée et la secrète. C'est la diversité de ces personnalités qui rend ce film intéressant. Ainsi que l'ambiance du film particulièrement envoûtante et mystérieuse. Comme souvent dans les films de Chabrol. Le noir et blanc et l'époque de tournage (les années 50) y sont sans doute pour beaucoup. Les acteurs sont bons et mention spéciale à Mario David dans un rôle étonnant. A voir pour élargir vos connaissances sur ces vieux films qui ont représenté le meilleur du cinéma français d'époque.
Ce film raconte les bonheurs et malheurs de quatre jeunes parisiennes employées dans un magasin de luminaires. Chacun ayant son caractère, elles souhaitent toutes trouver un véritable amour et c'est le sujet de toutes leurs conversations. Mais le mâle (le mal) rôde et cela finira très mal pour l'une d'elles, la plus timide...
Ce film est un crève-coeur : les extérieurs de Paris sont filmés comme on ne les verra plus jamais. Les rues, les trottoirs, le métro, les restaurants, les voitures, suscite en nous une forte nostalgie, d'un Paris rêvé. C'est un monde qui a disparu et qu'on a bien connu.
Les quatre filles sont toutes très belles. C'est bien réalisé avec un Chabrol au mieux de sa forme. Les acteurs secondaires sont toujours très bons chez Chabrol. Le sujet est un peu mince et peut laisser apparaître un léger ennui lors de séquences trop longues.
Mais c'est un film très agréable à suivre, les actrices étant merveilleuses, l'humour affleurant ça et là, et le Noir et Blanc, si...beau !
Ce film est un crève-coeur : les extérieurs de Paris sont filmés comme on ne les verra plus jamais. Les rues, les trottoirs, le métro, les restaurants, les voitures, suscite en nous une forte nostalgie, d'un Paris rêvé. C'est un monde qui a disparu et qu'on a bien connu.
Les quatre filles sont toutes très belles. C'est bien réalisé avec un Chabrol au mieux de sa forme. Les acteurs secondaires sont toujours très bons chez Chabrol. Le sujet est un peu mince et peut laisser apparaître un léger ennui lors de séquences trop longues.
Mais c'est un film très agréable à suivre, les actrices étant merveilleuses, l'humour affleurant ça et là, et le Noir et Blanc, si...beau !
pour le charme des comédiennes (notamment clotilde joano et bernadette lafont) et l'ambiance parisienne de ce début des années 60 dans le petit milieu des employés moyens...
Sur le plan de la mise en scène c'est surement se que a fait de mieux Chabrol, qui assez dans l'esprit de la Nouvelle Vague, avec des dialogues qui rappelle Godard ou Rohmer, les rues de Paris toujours aussi bien filmé, les actrices sont très bien chacun dans leur rôle, Clotilde Joano qui rêve au grand amour, Bernadette Lafont qui elle pense a drague où être drague, Stéphane Audran qui est super en chanteuse de cabaret, et Lucile Saint-Simon qui elle veut épouser un bourgeois, il y a aussi une sublime photographie et une bonne BO, mais je ne suis pas sur avoir tout compris surtout a la fin, ce qui empêche apprécie tout le film à voir comment il va évaluer sans ma tête.
Chabrol excelle à suggérer le malaises derrière les contenances, la fausse jovialité des fêtes ou les habitudes bourgeoise. « Les bonnes femmes » donne le sentiment d’être radicalement construit autour de ce principe de vanité, de démystification : jusqu‘à la tragédie finale. Le réalisateur adopte le point de vue de ses personnages féminins, et du coup réussi à croquer des comportements masculins au vitriol (mention spéciale pour le patron de la boutique, irrésistible de suffisance paternaliste, et pour les deux sinistres rigolos dragueurs). C’est presque plus impressionnant que les portraits de femmes. C’est du cinéma au fil des successions de scènes, qui restitue le sentiment de la durée réelle (jusqu’à la limite de l’ennui), et l‘improvisation des actions au quotidien. On a du mal à comprendre ce qui a pu motiver l’interdiction aux mineurs. Le film devait être ressenti au moment de sa sortie comme porteur d’un mauvais esprit beaucoup plus condamnable que la violence ou le sexe explicitement montrés.
Extrêmement original et abouti : Chabrol réalise l'un des meilleurs films de sa carrière et certainement son plus beau final.
La quotidien, les sorties, et les amours de quatre bonnes femmes, quatre collègues d'un petit magasin parisien. Un Chabrol gonflé de caractère et de singularité. On oscille entre une certaine légèreté (Bernadette Lafont superbe fille facile), un regard tendre sur Paris, le salasse de ces messieurs et la force du drame qui achève cette histoire. Pour les amoureux de Chabrol ce film est une pépite. Il prend son temps, celui des lieux et de ses personnages.
Le style nouvelle vague avec ses avantages et ses inconvénients, un ton direct et un aspect presque documentaire mais quelques longueurs et un scénario minimaliste, du coup on a le temps de ce faire une idée du final. Le film doit beaucoup à son casting féminin assez recherché.
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