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3,5
Publiée le 3 février 2012
Dèja remarquèe dans "Les cousins", Stèphane Audran, qui deviendra la femme de Claude Chabrol et son interprète fètiche, trouve ici son premier grand rôle! Aux côtès de Bernadette Lafont, irrèsistible de gouaille, elle compose une jeune fille sensible qui mène une double vie à l'insu de ses amies! "Les bonnes femmes" surprennent la critique de l'èpoque ou le cinèaste donne une vision sans complaisance de la vie de quatre modestes employèes et de leurs amours à la petite semaine! Accusè de vulgaritè et de cynisme, l'auteur rètorqua que le public n'aimait pas qu'on lui tende un miroir et qui ne pardonne pas de l'avoir fait! On apprècie la verve animale de Bernadette Lafont, la chatterie mèfiante de Lucile Saint-Simon, la douceur lasse de Stèphane Audran et le charme ètonnant de Clotilde Joano! Du bon Chabrol...
Troisième film de Chabrol, « les bonnes femmes » garde l’essentiel des attributs propres à la nouvelle vague : tournage en extérieur, petit budget et dialogues spontanés. S’y ajoutent des effets de caméra en accord avec l’atmosphère des scènes, une photographie souvent belle, et un rythme délibérément lent. L’ensemble sert à suivre le destin de quatre jeunes vendeuses perdues dans un univers où ringardise et fausse gaieté sont partagées par les deux sexes. On navigue donc de soirées vulgaires en conversations moroses dans un magasin sans clients, au hasard des errances d’héroïnes médiocres, à la recherche du prince charmant. Même si le milieu étudié est très différent, le film est assez proche de la précédente production de Chabrol (les cousins) par sa méthode d’analyse sociale, faite de descriptions distantes de scènes qui se complètent comme les images d’un kaléidoscope. Méthodes et propos font aussi songer à « la dolce vita » de Fellini, contemporain. La longueur des séquences, voulue, crée hélas un sentiment diffus d’ennui, qui persiste malgré l’unique tension dramatique située à la fin, laquelle est d’ailleurs quelque peu en porte à faux par rapport au reste du spectacle.