16 164 abonnés
13 124 critiques
Suivre son activité
3,0
Publiée le 16 juin 2026
Le parfait classique du drame policier tournè pendant l'Occupation, d'après le roman de Georges Simenon et les dialogues de Marcel Aymè! Jalousie, complot, escroquerie, notables rusès aux dents longues...l'histoire est passionnante, avec en valeur ajoutèe une rèflexion sur l'aviditè et la cruautè d'un hèritage, orientant le spectateur vers plusieurs pistes pour trouver l'assassin de cette horde de comèdiens aussi carnassiers que leurs personnages qu'ils incarnent (mention particulière à Jules Berry et Gabrielle Dorziat). Le cinèphile ne manquera pas de relever les premiers pas de futures grandes vedettes du cinèma français : Jean Desailly dans le rôle titre, Serge Reggiani en crapule de fils...mais aussi Simone Valère (bien plus sèduisante que Assia Noris) et une quasi inconnue, Simone Signoret, que l'on voit furtivement! Louis Daquin, dont le talent est injustement mèconnu, adapte fidèlement Simenon avec un soin du dètail et une distribution qui ne manque pas d'èclat! Et ça se ressent à l'ècran....
Réalisé pendant l'occupation (1943), le scénario est tiré d'un roman de Simenon adapté pour le cinéma par Marcel Aymé.
Sans doute l'opus le plus fameux de Louis Daquin ( sa filmographie n' est pas très étoffée) cinéaste dont le nom reste présent dans le monde de la cinéphilie ( il fut aussi directeur de l'IDHEC aujourd'hui FEMIS ).
Le tournage signa la rencontre entre Jean Desailly et Simone Valère ( fondateurs d'une compagnie de théâtre au même titre que Jean-Louis Barrault et Madeleine Renaud).
Le scénario est une critique sévère de la bourgeoisie de province défendant ses privilèges de classes en s'affranchissant de la morale et de la Loi.
La sincérité des sentiments est défendue par Simenon comme valeur essentielle à la construction morale, à l'équilibre et à l'amour.
À l'écran, la mise en place en place de l'intrigue est remarquable, mais malheureusement la suite d'ellipses et le montage parfois discutable altèrent ( selon moi ) l'impression finale produite par le film.
Jean Desailly est remarquable et porte le film sur ses épaules malgré un casting prestigieux pas toujours mis en valeur.
On retiendra la présence de Assia Norris actrice d'origine russe, mariée un temps à Mario Camerini. Sa carrière fut très active en Italie où elle fut une star du cinéma transalpin pendant la période mussolinienne des années 1930. Mais dans " le voyageur de la Toussaint", pas très bien dirigée elle fait paradoxalement office de maillon faible au sein de la distribution.
A la mort de ses parents, un jeune homme débarque à la Rochelle et découvre qu'il est riche de l'héritage d'un vieil oncle. Ça se passe à La Rochelle, nous dit-on, mais comme le film est tourné en studio, c'est indifférent. D'après Simenon, Le film de Louis Daquin propose une réjouissante galerie de notables qui caractérise, comme il se doit, une bourgeoisie de province avide et médiocre, que la curiosité et l'intégrité du jeune Gilles Mauvoisin, sous ses airs inoffensifs et hébétés, mettent en émoi. Les tares des petites élites provinciales, avec leurs secrets de famille, leurs mensonges et leur souci de respectabilité, forment souvent un spectacle plaisant de causticité et de noirceur. Encore qu'ici, progressivement, les personnages deviennent assez vite caricaturaux dans ce registre et dans ce type de turpitudes. Jusqu'au dénouement qui laisse peu de place à l'implicite mais beaucoup aux clichés. Dénouement par ailleurs plutôt vite et mal expédié. La faiblesse du film tient à sa réalisation. Ce qu'on prend au début pour de la concision et des intentions elliptiques apparait comme une façon de faire qui donne dans le plus pressé, peut-être par souci d'économies. La mise en scène est une succession rudimentaire d'entretiens en intérieurs...dont certains semblent avoir disparu au montage, donnant le sentiment d'un récit tronqué et imprécis. Les personnages dans le roman originel, dont on imagine qu'un ou deux -Gilles et la veuve de l'oncle fortuné- sont des figures expiatoires de la médiocrité générale, sont certainement mieux caractérisés et plus aboutis.
Drame sombre et désenchanté comme Simenon savait si bien les faire, ayant un peu vieilli mais s'appuyant sur une forte dimension sociale bien pensée, et une excellente interprétation.