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LUET M
58 abonnés
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5,0
Publiée le 6 juin 2012
Premier volet de la trilogie de la Glaciation Emotionnelle, 'Le Septième Continent' choque, déroute et dénonce très férocement la société de consommation actuelle, les modes de vie imposés par un système qui rend prisonnier chacun de ses membres. Ce système est parfaitement décrit, métaphoriquement, par les scènes du car-wash - appareil qui emprisonne les occupants du véhicule, exécute les tâches automatiquement sans que quelqu'un n'ait à bouger un doigt et qui semble permettre à cette famille de "se laver" pendant un court moment d'une honte ou de leur tristesse, une idée que l'on retrouve dans 'Benny's Video'. En effet, cette famille qui a tout ce qu'elle souhaite est pourtant extrêmement triste, car elle se sent justement prisonnière de ce système consumériste qui agit à sa place, la force à agir de manière monotone, lui impose des choix. La vie de ces trois protagonistes est vide de sens, tout ce qui l'entoure est artificiel, les parents ne dialoguent quasiment plus, laissant cette tâche à la télévision. Les seuls espoirs sont les subites et brèves preuves d'humanité que le frère d'Anna et la petite fille Evi montrent durant le film (scène du dîner et celle de la destruction de l'aquarium). Leur seule volonté sera de fuir ce monde : Evi essaie tant bien que mal en simulant la cécité, les parents cherchent à déménager vers un paradis inconnu. Par une froideur incroyable, Haneke pousse le désespoir de cette famille au plus haut point, c'est-à-dire vers la mort (on retrouve ce principe dans 'Funny Games'). Dans ses longs plans fixes, ses détails, Haneke montre que rien dans sa manière de filmer n'est laissé au hasard, et force (ou aide) au contraire le spectateur à identifier ce qu'il souhaite montrer. Une oeuvre parfaite.
Un Haneke très décevant je m’attendais à un bon film bien construit (comme Funny games), et bien Trash (c’est pour plus de 16 ans), et qui massacre la bourgeoisie (comme Happy end). Mais en fait on a une succession de plans séquences désordonnés et incompréhensibles. Je le déconseille aux moins de 10 ans. 2/5
Un film qui s'attache à la réalité la pus triviale du quotidien pour conclure sur un final apocalyptique et glaçant, c'est l'évocation réussie d'un fait réel qui plonge dans les méandres de notre société occidentale. On pense bien évidemment à The Swimmer, ou encore à Elephant, et à un courant littéraire de plus en plus développé qui montre la dérive de notre univers et le mal-être de notre société.
1987, on suit la famille que leur quotidien où les membres semblent en mode automatique, déshumanisé, où la caméra s'attarde plus sur les choses immatérielles plutôt que sur les personnages. La routine si ennuyeuse est donc subie aussi par le spectateur ce qui est un risque audacieux de la part du cinéaste. 1988, petit à petit on fait connaissance avec les parents et leur fillette, la communication est quasi inexistante entre eux mais ils semblent pourtant se comprendre. 1989, la famille effectue plusieurs démarches soudaines mais très organisées et méthodiques. Le réalisateur impose alors encore plus de séquences longues et redondantes, certes ennuyeuses et ennuyantes mais qui démontrent la volonté certaines d'aller jusqu'au bout de leur choix. Haneke choisit une mise en scène froide et clinique d'une exigence impressionnante mais si pessimiste et/ou austère et froide qu'on ne ressent aucune émotion réelle, il n'y a pas de suspense ou de tension, peut-être juste un effroi et une incompréhension malaisante dans ses 10-15 dernières minutes. Haneke sait où il va et sait ce qu'il fait, tout est calculé et impressionne déjà par sa volonté de bousculer le petit confort de son public. Site : Selenie.fr
"Le Septième continent" résonne au départ dans une chronique de trois ans dans la vie bien rangée d'une famille bourgeoise. Entre le travail, l'éducation de la fille, les courses au supermarché et la voiture à entretenir, le confort ne semble pas être un problème. Pourtant, cette routine épuise nos protagonistes hors-champs. Premier film de sa trilogie "Guerre Ville", Michael Haneke use des gros plans pour capter notre attention et pour mieux nous choquer sur la dernière partie que nous ne révélerons pas. Un film aussi sec qu'alarmant sur l'isolement dans une société de consommation.
Premier long-métrage de Haneke et pas vraiment un premier coup de maître avec un drame existentiel froid et désincarné qui décrit la mécanique suicidaire d’une famille déshumanisée sans la comprendre.
Voilà bien longtemps que je souhaitais voir l’un des films cultes du cinéaste qu’on ne présente plus, et qui était pourtant encore un bien jeune réalisateur lorsqu’il a pensé et tourné « Le septième continent ».
Je le dis tout de suite : je n’ai pas aimé. Pour autant, et je crois qu’il impossible de ne pas le remarquer - et ce quelle que soit sa propre appréciation du film en lui-même, la mise en scène est d’une qualité absolument effarante. M. Haneke a excellé tout de suite en tant qu’artiste unique et incontournable, et semble avoir accouché dès son premier film de son style si particulier, inimitable.
Si les réalisateurs/trices devaient se distribuer les rôles au sein d’un hôpital, le cinéaste allemand occuperait sans aucune doute le rôle de neurochirurgien parfaitement sociopathe.
Tout le cinéma de Michael Haneke se trouve dans son premier long-métrage. Un film austère, cartésien et psychanalytique dressant le portrait d’une famille autrichienne s’étant suicidée. Un fait divers qui se résume à de longs plans insignifiants et à un montage abrupt.
Ce premier film de Michael Haneke fut un véritable choc. Vu dans la salle de la MJC Picaud à Cannes durant le Festival 1989. Au début, la salle était pleine. A la fin du film, il restait le 1/3 des spectateurs. Mais qu'importe, c'est un chef d'oeuvre et Haneke un maître.
Le début m'a laissé très perplexe, j'avais l'impression que Haneke voulait en faire trop pour son premier film, trop de hors champ, puis tout se met en place petit à petit jusqu'à la dernière demi heure du film et un dénouement tout simplement marquant.
L'image de Haneke est morne. Sa caméra immobile et pourtant fuyante, capturant le détail d'actions sans signification, n'est pas un allié de la vie, mais son ennemi. Pourtant ce n'est pas une tranche de vie qu'elle nous transmet, mais bien la Vie avec un grand V.
La famille à laquelle il nous habitue est si étonnamment fonctionnelle qu'on oublie que son histoire est ordinaire jusqu'à l'ennui, et l'on n'en voit plus que la sève au goût d'existentiel. Avec un parfait mélange d'hypocrisie et de douceur dans le traitement des mœurs, le cadre se déroule telle une longue hypnagogie à moitié relaxante et à moitié inconfortable d'où il est difficile de dégager le bien et le mal.
Soudain, des ondes négatives. Car si le basculement qui survient est presque imperceptible, il n'en est pas pour autant paisible. Quelque chose d'abstrait et d'incontrôlable commence à se dégager loin à l'intérieur du film et en forme peu à peu la signature en s'agitant dans les ombres. C'est le cauchemar qui s'éveille, bien avant que l'on comprenne quoi que ce soit, semant la peur. Avant l'horreur.
Le septième continent est comme le génial symbole d'un esprit malade, l'émanation dérangeante de ce que le fait divers propose mais édulcore : une folie qui, prise littéralement, est d'une beauté glaçante. Une beauté que Haneke a su rendre dans des scènes longues où le monstre n'est pas lui, ni vraiment l'humain, mais une force qui, depuis quelque cavité inavouable, le contrôle.
Pour son premier long-métrage, sorti en 1989, Michael Haneke signe une œuvre extrêmement glauque inspirée d’un fait divers. Décidé à mettre fin à la morosité de leur vie, un couple s’engage dans la destruction matérielle et sociale de leur quotidien. Le réalisateur autrichien prend le parti de raconter cette histoire au moyen de scènes répétitives et anecdotiques sans véritablement s’intéresser à la psychologie des membres de cette famille. Le ton reste froid et distant mais procure une vraie tension lors de quelques passages insoutenables. Bref, du cinéma d’auteur complètement radical.
Sorte de remake de "La grande bouffe", mais au sein de l'univers familial au quotidien étriqué. La pulsion de mort bat son plein, le grandiose de la destructivité ne m'a nullement emporté. Le film a-t-il vieilli ou est-ce que parce que j'attends du cinéma et de la vie autre chose qu'un déballage de sordide désincarné. L'univers de la dépression et de la mélancolie me semble plus exaltant que cette froideur que nous présente Michael Haneke.
Le début est d’un ennui mortel. On pose les personnages, leurs habitudes, leurs moyens financiers… Puis petit a petit, on fini tout de même par être happé surtout cette scène, a mon sens grandiose, de la destruction du mobilier de l’appartement dans laquelle, on ne sait pas qui casse quoi, qui jette quoi !! Alors qu’un sentiment de déception nous prend pendant plus d’une heure, un sentiment de malaise surgit a la fin lors de ce suicide collectif. Le discours de Haneke est encore une fois très pertinent. Une famille bourgeoise accumulant les biens mais ne pouvant accumuler les sentiments. A plusieurs fois, les personnages disent qu’ils n’ont personnes mise a part leurs parents. Encore une fois, on nous prouve que l’argent ne fait pas le bonheur (je ne dis pas non plus que la pauvreté le fait). Dans un monde désabusé ou l’individualisme et le matérialisme prime constamment. C’est avec la dernière image que l’on oublie l’ennui du début pour ne retenir que le principal, mais je doute cependant le revoir un jour. Cependant, je maintiens a dire que le film aurait gagné en intensité s’il avait été un peu raccourci.
Le cinéma est œuvre de création. Pour son premier long-métrage réalisé pour le cinéma, Michael Haneke fait œuvre de destruction. Celle, méthodique et préméditée, d’une cellule familiale dont les membres s’acharnent à détruire tout ce qu’ils avaient accumulé dans une existence pourtant réglée et sans difficulté particulière. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com