Le Septième continent
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anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 8 avril 2013
Le septième continent, premier film de la trilogie de la glaciation, est un tour de force. Absolument novateur, Michael Haneke propose un film qui, dans sa construction, pulvérise le conservatisme iconique du septième art, du moins dans la perception générale de ce qu'attend un spectateur moyen. Les scènes du quotidien se répétent à travers le portrait ennuyeux d'une famille bourgeoise autrichienne - pensons à la bourgeoisie flaubertienne auquel Haneke se raproche - où la propriété et l'objet sont un rempart au vide civilisationnel. C'est acheter sa vie et le confort au prix de la médiocrité. Les personnages, désincarnés, illustrent un mode de vie de masse à l'occidental, européen, dans son incapacité à trouver le bonheur dans une société matérialiste. Mais la force du film, c'est dans sa volonté de ne rien expliquer : nous sommes face à notre propre vide existentiel, vide qui se termine dans le plus grand drame. Bouleversant, Haneke n'apporte aucune réponse à son film, à l'acte final, décisif. C'est une relecture de la tragédie grecque, notre tragédie moderne. La réponse, si chacun la trouve en lui, est déjà un acte de réflexion sur soi même. Refuser de le regarder, c'est ne pas chercher à comprendre, à regarder tel un miroir notre propre contemporanéité, soit, et c'est bien le pire, de la refuser comme réalité partielle. L'argent, la famille, le relation humaine, tout est détruit dans un acte incompréhensible sur le plan de l'objectivité. Car, comme dans l'esthétique du Nouveau Roman, Haneke ne prétend pas à l'objectivité narrative, balzacienne, où tout est expliqué artificiellement. La vérité est plurielle et c'est ce qui la rend encore plus terrifiante. Le septième continent, en plus d'être un chef d'oeuvre, est aujourd'hui, à l'heure noire de notre crise démocratique en Europe, un film d'une grande actualité. C'est beau, glaçant, terrifiant. C'est, tout simplement, l'oeuvre d'un des plus grands cinéastes de notre temps.
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 850 abonnés 8 170 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 5 novembre 2013
Première réalisation pour Michael Haneke qui inaugure ici le premier volet de sa trilogie de la « Glaciation Emotionnelle », poursuivant ensuite avec Benny's Video (1992) & 71 Fragments d'une chronologie du hasard (1995). Premier film et pourtant, on retrouve bien là les habitudes du réalisateur qui démarre son œuvre par un plan séquence de trois à quatre minutes dans un Car Wash. Le Septième Continent (1988) est une réalisation particulière qui nous fait découvrir une famille pas comme les autres, totalement déstabilisée où ils ont perdus l’envie de vivre. D’une violence pourtant très présente, Haneke nous la montre à sa façon, sans effusion de sang. spoiler: Un passage d’anthologie de cinq à dix minutes où la famille entière détruit à la masse ou à la tronçonneuse leur appartement avant de se donner la mort.
Une œuvre particulière et très psychologique et avec laquelle le réalisateur s’impose et prouve son talent.
chrischambers86

16 164 abonnés 13 119 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 décembre 2009
Le cinèaste autrichien Michael Haneke est incontestablement un auteur! Pour son premier long-mètrage, il dècrit un univers glacè et oppressant sur une famille ordinaire qui bascule sans explication dans la folie suicidaire!Dans une sorte d'expèrience mètaphysique de laquelle on ne sort pas indemne, on suit presque en temps rèel l'agonie d'une famille, d'un système, d'une sociètè! Pour son coup d'essai, Haneke signe une terrifiante parabole sur le malaise profond de la sociètè moderne! Son regard clinique crèe une atmosphère particulièrement angoissante, dans un constat quasi clinique qui fait froid dans le dos! Brillant et choquant...
stebbins

563 abonnés 1 747 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 septembre 2007
Une claque monumentale d'une froideur sans nom ! Je suis tout simplement admiratif du travail de Mr Haneke, à la fois extrêmement précis et brutal. Ici, la violence n'apparaît jamais sous la forme d'une bonne dose d'hémoglobine, elle est psychologique et implacable. On suit les pérégrinations d'une famille de la classe bourgeoise qui décide de partir pour le septième continent ( mais qu'en est-il finalement de ce lieu ? Est-il réel ou fictif ? Est-ce le paradis sur Terre ? L'apothéose ? L'enfer ? Haneke se garde bien de donner des réponses et c'est tout à son honneur, tant Le Septième Continent est un film profondément troublant et déstabilisant ). Une critique de la société consumériste certes, mais le film va plus loin : l'univers de cette famille paraît en effet vidé de toute signification. Seul le matérialisme compte, puis ne compte même plus ( on détruit son poste de télévision, on jette son argent dans la cuvette des WC, etc...). Le rythme de ce premier film coupe le souffle, et quand l'ultime image apparaît à l'écran, on se dit : c'est absolument phénoménal ! Un film phare, un jalon dans l'oeuvre du grand Haneke.
Acidus

872 abonnés 3 935 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 15 février 2021
Je m'attendais à un film "coup-de-poing" de la part de Michael Haneke. Le sujet s'y prêtait. A la place, j'ai été submergé durant toute la durée du long métrage par une puissante vague d'ennui. Il faut dire qu'il ne passe pas grand chose dans "Le septième continent". Aucune tension. Pas de progression dans l'ambiance. Pas de rythme et surtout aucun intérêt dans cette intrigue d'une vacuité extrême. Même le propos sous-jacent du cinéaste manque cruellement de subtilité. Un visionnement pénible qui m'a permis toutefois de rattraper quelques minutes de sommeil.
FaRem

10 570 abonnés 11 438 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 17 février 2013
Un film si bien bien noté et pourtant si vide, il ne s'y passe rien les dialogues sont insignifiants il faut attendre 1h pour que le synopsis se met en place pour arriver à un résultat décevant, ça se laisse quand même regarder.
TUTUR29
TUTUR29

46 abonnés 1 335 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 23 mai 2022
J'avais beaucoup apprécié Funny Games de Michael Haneke, j'ai donc décidé de regarder d'autres films de sa filmographie, à commencer par son premier film, Le Septième continent. Et malheureusement, c'est un peu une douche froide pour moi. Je ne vois pas l'intérêt du scénario : j'ai essayé de m'accrocher mais je n' ai pas tenu jusqu'à la fin du film, tellement il ne se passe rien et que l'intrigue ne mène nulle part. Rien ne m'a passionné, et c'est pourquoi j'ai décidé même d'arrêter avant la fin tellement je n'ai vu aucun intérêt à ce film, même si d'habitude j'aime bien regarder un film en entier pour pouvoir le juger mais là, je n'ai même pas voulu me forcer.
Louis Morel
Louis Morel

61 abonnés 850 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 février 2014
Premier choc de Haneke, perturbant et immersif, "Le Septième continent" fait l’effet d'une bonne grosse gifle cinématographique.
ml-menke
ml-menke

50 abonnés 551 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 juin 2012
Film qui touche tous les pays riches et montre la dépendance à la société de consommation. Une destruction qui ne mène pourtant pas au néant. Sans donner de réponse au mystère autrichien, Haneke expose l’ambiguïté du choix de cette famille bourgeoise.
peter W.
peter W.

56 abonnés 1 137 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 23 avril 2017
Haneke dissèque de sang froid ce fait divers dramatique avec un pessimisme dangereusement contagieux. Je ne dirai pas que j'ai adoré le film mais c'est tout de même la naissance d'un vrai style.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 mars 2021
Dès son premier long-métrage, tourné à la fin des années 80, Michael Haneke nous offrait une véritable leçon de cinéma, avec cet objet parfaitement maîtrisé sur la forme et tenu sur le fond. Inspiré d’un fait-divers réel, son portrait froid et millimétré d’une famille autrichienne et de ses petites habitudes du quotidien prenait la forme d’un remarquable exercice de style. Durant les 11 premières minutes, Michael Haneke choisissait de ne montrer aucun visage, se concentrant à la manière d’un chef d’orchestre sur les gestes effectués tels des métronomes par les différents protagonistes, convoquant le souvenir d’une Chantal Akerman et de son film-fondateur Jeanne Dielman. Comme la cinéaste belge en son temps, Haneke propose ici une critique virulente d’une société désincarnée, régentée par les « obligés » socioéconomiques du monde occidental (le travail, les courses, la télévision, la possession d’objets, les visites chez les beaux-parents,...). La longue séquence de spoiler: destruction méticuleuse de la maison
, sorte d’apogée à la force cinématographique indiscutable, est à la fois terrifiante et fascinante. Un coup de maître qui préfigurait les œuvres à venir du génial cinéaste autrichien.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 19 août 2019
J’ai lu quelque part que ce film faisait voler en éclats la famille traditionnelle. Pour ma part, j’ai plutôt l’impression que c’est la seule chose qui ne vole pas en éclats ici. J’ai d’abord été happé par le style très particulier d’Haneke, très bressonien, froid, lent, mutique, résolument opposé à tout ce qui pourrait ressembler à un récit classique. Et puis au fur et à mesure, j’ai compris que malgré son détachement apparent et son point de départ (un fait divers sordide) c’était un film complètement mystique. Jusqu’au-boutisme de l’intégrité de la famille, mépris pour tous les signes de la vie terrestre et matérielle, fascination pour l’agonie et retour régulier d’une Australie fantasmée qui ressemble à une sorte d’Eden immaculé: tout ça m’a franchement déplu et j’ai eu l’impression d’être pris en otage d’une vision du monde très janséniste, austère et pessimiste. On est entre Jeanne Dielman, Répulsion et Nobody knows, un cocktail auquel je suis complètement hermétique, pour ne pas dire allergique. Je mets la moyenne pour la maîtrise formelle, incontestable.
dragon_ryu
dragon_ryu

19 abonnés 487 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 18 juillet 2008
Un film dont on ne ressort pas forcément indemne, le moral à zéro et l'impression d'avoir assisté à la fin de sa vie, c'est pas bien gay quoi. Le film est une attaque en règle des classes aisées occidental et du mode de vie matérialiste qui découle de cette société. Haneke fidèle à lui-même n'y va pas de main morte pour véhiculer son message, on peut même dire qu'il y va à coup de burin. Le gros problème de ce film c'est qu'il nous tire ses cartouches de plombs après plus d'une heure de vide abyssale où l'on suit une petite famille, prête à imploser d'une minute à l'autre, dans sa routine et sa banalité autant dire qu'on s'ennuie ferme bien que la mise en scène d'Haneke se révèle judicieuse pour appuyer son propos durant cette partie (en gros le cinéaste préfère attarder ses plans sur les objets du quotidien de cette famille plutôt que ses membres, ainsi dès qu'un membre de la famille va faire une action comme mettre ses pantoufle, prendre son peignoir, prendre sa voiture, bah le réalisateur va filmer ces objets en gros plans plutôt que la personne qui les utilise). Un film intéressant témoin de la naissance d'un metteur en scène hors-norme au style grossier mais efficace (à l'image d'un Gaspard Noé).
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 13 octobre 2012
Michael Haneke aime le choc, la froideur de l'émotion. Alors quand il réalise un film, même si c'est son premier long pour le cinéma, il y met de toute sa passion, et développe un thème qui lui cher : le mal être de la famille bourgeoise. Le septième continent est d'ailleurs le premier volet de ce qu'Haneke appelle la trilogie de la glaciation émotionnelle. Inutile de vous faire un dessin pour vous expliquer l'atmosphère du film. Haneke parvient à vous rendre mal à l'aise, tant la mise en scène, dépourvue du moindre sentiment, est glaciale, et tant le sujet devient de plus en plus malsain. Très peu d'explications quant aux raisons exactes ayant poussé cette famille entière à se couper du monde spoiler: et se suicider quasi collectivement.
Au sein de cette famille règne un malaise constant, une perpétuelle monotonie, installée par l’enchaînement saccadé des scènes, conférant au rythme un caractère routinier, mais aussi par les faits et gestes des personnages, qui dans toute une première partie, se répètent avec une précision mécanique.

Haneke évoque également l'influence des médias dans la famille : la télévision joue alors un rôle important, et occupe une très large place dans le film, puisque les trois membres s'agglutinent constamment devant elle. Alors que leurs attachements se dégradent peu à peu (ils coupent les ponts avec tout ce qui les retient au système), le seul sentiment d'affection qu'ils éprouvent est destiné à de vulgaires poissons d'aquarium, qui semblent longtemps tourner en rond dans leur bocal, s'ennuyer eux aussi de leur vie, tout comme ce père, cette mère, et cette jeune fillette, tous isolés dans leur ennui et la banalisation de leur vie.

Enfin, il y a cette image, qui se répète à plusieurs reprises, celle d'un paysage paradisiaque, qui change visiblement de la vision pessimiste qu'ont cette famille du monde qui les entoure. Une vision qui se restreint d'images en images, puisqu’au fur et à mesure, il se crée une restriction, une barrière entre ce monde et eux. Ils ne le voient plus qu'à travers des vitres (de leur voiture, de leur maison, ou de leur télévision). Haneke a donc construit une famille emprisonnée entre les murs de la monotonie, une famille sans vie réelle, sans points d'attaches, spoiler: presque déjà détruite, évaporée. Et c'est dans la froideur la plus absolue que le cinéaste les emporte, les torture, et finit par les faire disparaître.


La caméra se pose toujours au bon endroit et au bon moment, faisant fréquemment du hors-champ un choix judicieux pour souligner la distance entre le spectateur, témoin de l'horreur, et les protagonistes. Il se dégage alors une énième froideur, amplifiant justement cette glaciation émotionnelle du récit.

Un premier film extrêmement travaillé, classé au patrimoine des films à réflexion, et au panthéon des oeuvres chocs. Un grand exercice de mise en scène, très dense, très complexe, prouvant tout le talent de Michael Haneke. Cinéphiles : à vos marques, prêts, Hanekez !


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Julien D

1 337 abonnés 3 461 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 décembre 2011
Une œuvre maitresse sur le thème de la déshumanisation à travers la routine morose. Haneke filme là avec sa mise en scène toujours aussi déroutante, et en particulier ses cadrages pointilleux, des membres d’une famille qui réalisent qu'ils sont possédés par leurs propres possessions matérielles et décident alors de mourir libres. Si son scénario n’est ni plus ni moins que la vision la plus psychologiquement terrifiante qui soit de cet univers superficiel qui nous entoure et de l’acte d’attachement à travers lequel nous lui sommes liés, il est dommage que le plus déjanté des réalisateurs autrichiens n'avait qu'un ridicule budget pour réaliser son film, autrement celui-ci aurait été mémorable.
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