La Belle et la Bête, le chef d’œuvre intemporel de Jean Cocteau en est également l’adaptation la plus fidèle. Ce grand film fantastique baroque impressionne par sa photographie et son sublime noir et blanc, il est empreint d’une poésie noire et aborde nombre de thématiques de manière assez moderne pour l’époque. Cette fantasmagorie emporte nécessairement l’adhésion, l’ensemble est quasi hypnotique, l’œuvre également du couple Jean Marais/Josette Day absolument impeccable et d’une mise en scène ainsi qu’un maquillage impressionnants. C’est somptueux, tant sur le fond que sur la forme et c’est toujours un véritable plaisir de se plonger corps et âme dans ce chef d’œuvre.
Tous les films vieillissent, mais ici le coup est rude. Il reste quelques beaux plans à retenir du film de Cocteau, qui dégagent une certaine harmonie et un élan à un film qui en manque. La plus grande déception provient de l'absence de mystère dans ce film, la faute en incombe au scénario et pire, aux navrant dialogues . On peut penser que le mariage était une affaire de la plus haute importance au moment du tournage, vu comme un éventuel Salut, mais ici ça ressemble à une curieuse manie. Les dialogues sont souvent consternant, à vous procurer des soubresauts tant ils sont indigestes.
Le soin indéniable apporté à l'aspect esthétique de ce récit merveilleux ainsi que le charisme indubitable de Jean Marais peinent à compenser la dimension très théâtrale du film, tant dans ses décors et même sa mise en scène que dans le jeu dramatisant ou ampoulé de certains acteurs et surtout les multiples invraisemblances du scénario! Une gageure que de faire primer l'atmosphère sur l'intrigue et l'émotion...
Le film a vraiment très mal vieilli, on rigole plus qu'on est ému. Malgré tout, de beaux décors et de beaux costumes. 2/5 (oui bah je sais que c'est un chef d'œuvre pour beaucoup mais moi j'ai pas aimé voilà)
Pour son deuxième long métrage, Jean Cocteau adapte sur grand écran le célèbre conte "La Belle et la Bête". On remarque rapidement que le visuel du film est sa plus grosse réussite. La photographie y est sublime et met parfaitement en valeur l'esprit merveilleux et fantastique de l'histoire. La déception vient de l'absence d'émotions ressenties notamment à cause d'une Josette Day peu convaincante dans le rôle de Belle. Pour son esthétisme et sa mise en scène, "La Belle et la Bête" mérite que l'on s'y attarde.
Ce film a marqué mon enfance... mais pas qu'en bien. A l'époque, j'étais littéralement effrayé par la Bête et les statues vivantes. Je viens de revoir une version restaurée du film. Malgré le poids des années, il conserve un charme certain, unique en son genre. Grâce à sa beauté visuelle (les décors, les costumes, les objets merveilleux, les effets spéciaux simples mais étonnants) magnifiée par une musique grandiloquente, la magie opère encore sur moi. Seul le jeu théâtral suranné des acteurs peut exaspérer selon l'état d'esprit du moment.
Finalement la version de Cocteau est plus acerbe que le conte ou les adaptations de Disney. Le cinéaste met en scène une Belle atteinte du complexe d'Œdipe, une civilisation dominée par l'argent et les faux semblants et une bête séductrice proche de Gaston. Ici le conte a des allures de critique sociale. Mais malgré quelques idées de mise en scène tres fraîches (les bras dans le couloir) le long métrage à néanmoins pris un petit coup de vieux.
Le conte mis en scène par Cocteau, que l'auteur nous invite à voir avec le regard de l'enfance, recompose, tout en s'en inspirant, l'esprit des récits merveilleux, de l'enfance précisément. On y rencontre l'incontournable prince charmant, une jeune fille aux airs de Cendrillon, un miroir (toujours important dans l'oeuvre de Cocteau) façon Blanche-Neige... Pourtant, l'univers fantastico-onirique de Cocteau dépasse le cadre aimable et enfantin de certaines des légendes d'Andersen ou Perrault. En entrant dans la demeure inquiétante de la Bête, on pénètre dans un monde magique et éclectique aux accents mythologiques et surréalistes. Cette poésie par l'étrange se caratérise par une expression visuelle faite de zones d'ombre ou d'éclats de lumière, comme pour signifier l'ambivalence de la Bête, avatar de Jekyll et Hyde récrées par la poésie. Car la Bête menaçante et peut-être dangereuse a un coeur qui la rend sensible à la beauté et à la bonté de la Belle. La Bête, contrainte et résignée à la solitude à cause de sa monstruosité, témoigne alors d'une pathétique souffrance amoureuse spoiler: qui trouvera un heureux dénouement , tant il est vrai pour Cocteau, que l'Amour est plus fort que les apparences les plus laides. Malgré son masque, Jean Marais restitue superbement la douleur universelle de la Bête, sa générosité jusqu'alors contenue et, surtout, son insupportable complexe. Le film de Cocteau est indéniablement une des plus belles et émouvantes exaltations du sentiment amoureux.
L’adaptation en adéquat avec le conte fantastique est un chef-d’œuvre, dans cette production en noir et blanc aux dignes effets spéciaux, la personnification rend vivante cette maison enchantée au contraire du style dessin animée, de l’abstraction. Une histoire ancienne qui raconte d’abord la rencontre hideuse puis la romance voulue devient de l’amour sincèrement véritable entre la Bête et la Belle, celle-ci voulait une simple rose de son père démuni en ses temps difficiles se retrouve embarquée dans cette folle aventure romanesque. Le couple improbable par la différence du physique tient de l’antagonisme, possède une grande force magnétique particulièrement émouvante dans ses paroles apaisantes. Je ne peux que me laissé charmer par la poésie, pour les deux larmes de diamants qui coulent magnifiquement, comme une analyse de la cruauté naturelle de l’homme, au même titre que l’une des inspirations pour « la forme de l’eau ». La sortie du film était bien située d’après guerre afin de raconter de belles intrigues romancées basé sur le folklore immémorial qui donnera du baume au cœur.
Que ce film est beau! Quelle imagination de Cocteau pour l'époque! Les costumes, les décors, la lumière sont magnifiques. Film poétique, un vrai classique!
Un véritable chef d'œuvre avec les moyen de l'époque....l'atmosphère qui se dégage de ce film est inouïe :O les acteurs sont majestueux et incarné. Un film a avoir vu au moins une fois dans sa vie ;)
Le but avoué du poète-réalisateur est de montrer qu'il est difficile de séparer le rêve de la réalité. Derrière le drame familial il y a un destin emprisonné de surréalisme et de merveilleux. Cocteau y instille également une ode à la jeunesse et à sa fougue symbolisé par Avenant beau comme un dieu grec. Cocteau allie esthétique pictural et beauté des mots en insistant sur le mystère qui entoure la Bête avec des détails qui n'en sont jamais (les chandeliers du couloir, le brouillard, les yeux, les serviteurs asservis...).
Un monument du cinéma qui s'illustre par sa poésie envoutante et le superbe de ses acteurs. Le grand Cocteau, en homme de lettres, a su lire et comprendre fondamentalement l’œuvre originale de La Belle et la Bête, avec le choix du double (le même acteur, un Jean Marais irremplaçable, qui interprète le bel Avenant qui attire La Belle et le repoussant La Bête qui la répugne) et la perte de l'un pour sauver l'autre au travers du miroir (la symbolique du double poussé à son apogée comme dans le roman original). Sans aucun conteste, l'adaptation la plus fidèle à l'oeuvre littéraire (pas de vaisselle ni de mobilier qui chante, de statues géantes piétinant les humains ou autres fantaisies prises sur un livre déjà copieux en symbolique), Cocteau a su qu'il n'était pas nécessaire d'en rajouter pour que le résultat soit brillant. Chaque parole se boit lentement comme une liqueur savoureuse, le choix des mots est précieux et réfléchi, le débit reste langoureux, rien qu'avec les dialogues il y a là une œuvre sémiologique mémorable. Le visuel vient renforcer l'effet esthétique par son clair-obscur parfait, ses effets spéciaux "manuels" (les mains tenant les torches, les visages représentant les sculptures décoratives dont les yeux vous suivent...). Rien de tel que les trucages "artisanaux, à l'ancienne" pour que magie opère. Un chef-d’œuvre immortel et magnifique qui sait trouver le chemin des cœurs par ses dialogues langoureux, son récit fidèle à l'intellect du roman, et ses acteurs prodigieux.
Adaptation par Jean Cocteau du conte mondialement connu, La belle et la bête nous embarque dans un univers de rêve et de féerie, où tous les éléments sont mis au service de la poésie : le jeu de lumière est magnifique et les décors vivants ne sont pas sans évoquer le cinéma de Méliès et ses merveilleux trucages. Et comment ne pas être fasciné par l'apparence de la bête, dont la laideur et la beauté ne font décidément que se confondre ? Superbement interprété, ce chef d'œuvre se laisse regarder avec le plus grand des plaisirs.