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Dik ap Prale
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3,0
Publiée le 20 mars 2021
Premier long métrage de Cronenberg qui porte bien patte, inspiration d'autres Blob ou Horribilis à venir. Cette infection bien craspouille ne laisse personne de marbre et choqua logiquement les mœurs de l'époque, entre gore et sensualité compulsive. Un film d'une époque puritaine qui peut encore nous remuer par des images encore du plus grand effets à ce jour.
Le docteur Emil Hobbes a inventé un parasite qui lève les inhibitions sexuelles des personnes auxquelles il est inoculé. Mais le docteur constate sur la jeune femme qu’il a utilisée comme cobaye la réaction monstrueuse qu’il a suscitée. Horrifié par son invention, il assassine la jeune femme, brûle à l’acide les parasites et se donne la mort. Mais le mal est fait : le parasite s’est déjà répandu dans un immeuble de luxe en périphérie de Montréal désinhibant les appétits sexuels de ses habitants et y provoquant une monstrueuse orgie.
"Frissons" – diffusé au Canada et aux Etats-Unis sous plusieurs titres différents : "Shivers", "The Parasite Murders", "They Came from Within" – est le premier long métrage de David Cronenberg. Il fit scandale à sa sortie.
On peut certes y voir les prémisses de l’œuvre d’un des plus grands réalisateurs contemporains, inlassable entomologiste du corps humain, de ses névroses et de ses dérèglements. On peut aussi voir dans "Shivers" un film qui bouscule le conformisme ambiant, qui fait le procès du puritanisme dans lequel le Canada de l’époque était englué et qui, sous couvert d’en souligner l’horreur, ose montrer des scènes d’orgie (il fut évidemment interdit à un jeune public à sa sortie).
Mais, si on fait abstraction de ses éléments de contexte, "Shivers" se réduit à pas grand chose. Certes, il a une qualité : son action se déroule quasiment en temps réel dans une luxueuse résidence. Unité de temps, unité de lieu, unité d’action. Mais c’est peut-être la seule qualité d’un film dont l’indigence des moyens saute aux yeux, dans la qualité du son et de l’image, dans celle des décors et des costumes, dans la direction d’acteurs, dans l’écriture du scénario, platement linéaire. "Shivers" est un thriller désuet qui n’angoisse pas, un film d’horreur passé de mode qui ne fait pas peur.
L'un des tout premier film de Cronenberg (La mouche...), qui tient en haleine du début jusqu'à la fin. Des idées nouvelles et osées pour l'époque et une intrigue qui tient la route. Pour public averti, vu l'ambiance malsaine et quelques scènes bien gores de haute volée
L un des premiers films de David Cronenberg assez déconcertant. C est parfois très dérangeant mais la manière de filmer est déjà très représentative de ce que fera le cinéaste plus tard.
Premier "vrai" long-métrage pour David Cronenberg, après s’être fait la main sur deux films d’étude (des moyens-métrages de Sci-Fi).
Avec ce film, très rapidement, le cinéaste canadien va imposer sa patte et ses thèmes de prédilection (notamment le rapport à la chair et à la contamination). Frissons (1975) est un huis-clos qui se déroule intégralement au sein d’un grand complexe d’habitation, construit sur un îlot en plein cœur de Montréal. Un climat pesant va peu à peu s’installer au sein de la copropriété lorsqu’un mystérieux parasite contamine petit à petit l’ensemble des résidents, transformant les honnêtes citoyens en monstres avides de sexe. Le complexe immobilier se transforme alors en un véritable baisodrome de l'enfer où le héros (le docteur St Luc), va avoir fort à faire pour repousser les avances de toutes ces femmes assoiffées de sexe.
David Cronenberg parvient à instaurer un climat malsain avec ses parasites (ressemblant étrangement à des étrons), qui passent d’hôtes en hôtes, comme pour mieux coloniser l’immeuble. Une tension maintenue, même s’il faut bien admettre que le scénario et la mise en scène peinent à tenir la cadence. Sans oublier par moment, l’absence de direction d’acteur avec certains seconds-rôles qui semblent cabotiner. Mais pour un premier film, reconnaissons tout de même les talents de Cronenberg, ne boudons pas notre plaisir.
Se joue, dans Shivers, l’essentiel de ce qui constituera le cinéma de David Cronenberg, construit long métrage après long métrage : regard clinique porté sur l’homme, montage au scalpel qui découpe ses scènes afin de disséquer son sujet de manière plus profonde à chaque fois, horreur et attachée au corps et définie comme un rapport de force entre intérieur et extérieur, cadre spatial unificateur et totalisant. Personnages et spectateurs sommes enfermés dans cette tour d’idéal factice dont la composition nous est détaillée en guise de préambule par la voix d’un narrateur qui s’apparente à celle d’un agent immobilier ou d’un vendeur : havre de paix, immeuble tout équipé, services inclus censés décharger les individus de tout besoin extérieur, les aider dans leur quotidien au risque de les automatiser, de les robotiser. La tour, le parasite et le déchaînement de la pulsion sexuelle sont des métaphores évidentes d’une époque en pleine révolution sexuelle – les années 70 – qui met à sac le conservatisme, ouvre les portes coulissantes de la baie vitrée que le docteur avait pris soin de refermer derrière lui, s’adonne en masse à l’assouvissement brutal et libéré du désir. La première valeur du film est donc politique : il est un témoignage de son temps, mieux il apporte sa pierre à l’édifice démolisseur d’édifices. La seconde valeur est esthétique : s’il avait déjà fait ses armes lors d’œuvres underground, David Cronenberg réussit à construire un climat oppressant et anxiogène, à l’image de l’agression initiale qui conjugue viol, meurtre et barbarie. La musique électronique compose des sonorités dissonantes et atmosphériques qui viennent se heurter à la linéarité des couloirs, au programmatique de l’architecture de la tour qui, elle, ne laisse rien au hasard. La musique, comme le parasite, dérèglent la grande machine, font vomir du sang ou déverse des satyres quasi carnivores de ses portes d’ascenseur. L’immeuble sert de laboratoire d’observation du corps humain, tel son grossissement par un microscope : ce qui remue au-dedans, ce qui soulève la peau du ventre, s’incarne matériellement dans l’immeuble dont les portes sont forcées, les tapis maculés de sang. On pourra reprocher à Shivers le caractère répétitif de ses scènes d’horreur, qui se justifie certes par la volonté de représenter une contagion dont le mode opératoire se répète encore et encore, mais qui empêche le spectateur de vivre en lui ladite contagion, de la ressentir physiquement. Également un empressement de chaque instant qui confère au film un rythme efficace, mais qui évacue le potentiel traumatique de certaines séquences. Reste une œuvre intelligente et essentielle dans le cinéma d’horreur en ce qu’elle déplace la menace depuis l’extérieur – le monstre, le bourreau – vers l’intérieur de l’homme, en ce qu’elle dévie la menace et la fait évoluer du négatif au positif, de l’emprisonnement de l’homme à sa libération.
Drôle d'impression au début… comme une impression de mauvais téléfilm avec des acteurs en plans américains, une profusion de personnages et des décors minimalistes. Et puis petit à petit la mayonnaise prend avec son lot de personnages bizarres, des scènes d'horreur et de jolies filles, on appréciera notamment la prestation soft mais classieuse de Barbara Steele dans sa baignoire. Cronenberg n'a peur de rien il montre tout ce qui peut être montré, sans tabou ni vergogne et on se régale. Certains se sont crus obligés de chercher un message, pour certains c'est une condamnation du sexe, pour d'autres c'est sa glorification, en fait ils ont tout faux, Cronenberg nous montre simplement que le sexe est partout spoiler: (c'est d'ailleurs explicite dans un des dialogues clé du film) et le dire n'a rien d'un message, c'est juste une constatation.
Ce premier ("vrai") long-métrage réalisé par David Cronenberg et sorti en 1975, n'est franchement pas terrible, enfin à mon sens du moins. Disponible sur Amazon Prime, j'ai sauté sur l'occasion car j'étais très curieux de découvrir un des premiers films du célèbre réalisateur. Même si ce n'est pas tellement une déception pour autant, car je m'attendais à quelque chose d'assez vieilli, je n'ai pas tellement adhéré sur toute la ligne. Dans un complexe immobilier, les habitants attrapent tour à tour un parasite qui les transforment en maniaques sexuels. Bon, on peut tout de suite se rendre compte, et simplement à l'aide du synopsis, que Cronenberg est, dès ses premiers films, directement attiré par la mort, le sexe et surtout la destruction des corps, thèmes qui sont très récurrents dans la filmographie du réalisateur. Je dois par ailleurs avouer que, même si la filmographie du réalisateur comporte de très bons films, on ne peut pas vraiment dire que j'en sois spécialement fan pour autant, la plupart de ses films me laissant de marbre. Mais malgré tout, malgré son aspect très cheap et 70's, celui-ci ne m'a pas laissé de marbre car j'ai vraiment été dégouté par certaines scènes gores et gluantes qui fonctionnent toujours aussi bien, même si le film a évidemment bien vieilli aujourd'hui et n'en reste plus tellement réaliste, ce qui fait partie pour moi des plus grosses qualités du film. C'est en effet très valorisant qu'un film d'horreur soit toujours aussi repoussant (dans le bon sens du terme) plus de quarante ans après sa sortie. Je souligne également le fait que, même si l'idée est sur le papier complètement loufoque et ridicule, le réalisateur a tout de même réussi à porter un tel scénario sur les écrans sans tomber dans l'absurde (même si certaines scènes prêtent aujourd'hui à sourire). Cependant, j'ai eu beaucoup de mal avec le scénario qui me parait dans le fond assez pauvre, même s'il possède beaucoup de nuances et beaucoup de métaphores. Le rythme étant assez lent, j'ai eu beaucoup de mal à rester accroché tout le long du film, ce dernier m'ayant perdu à de nombreuses reprises. En ce qui concerne les acteurs, nous avons principalement Paul Hampton, Joe Silver et Barbara Steele qui arrivent à rester crédibles. "Frissons" n'est donc pas mon film de chevet même si je lui reconnais ses qualités.
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0,5
Publiée le 11 avril 2020
Même si les effets spéciaux des créatures étaient terribles, j'étais prêt à pardonner parce que c'est un vieux film à petit budget. Cependant, l'intrigue m'a laissé encore plus pantois que les effets. Je crois que Shivers devient une excuse horriblement bon marché pour le sexe et la nudité. Le rôle de Roger St. Luc (Paul Hampton) est joué par est un acteur atroce. Des gens meurent autour de lui et il a l'air un peu perplexe au pire. La plupart du temps, il a un regard vide sur son visage comme s'il ne comprenait rien de ce qui se passe autour de lui. J'étais plus ennuyé par ce film que diverti parce que je pensais qu'il avait un début prometteur. Avec des films comme Shivers au début de sa carrière, c'est une surprise que Cronenberg soit jamais devenu un réalisateur célèbre. Désolé une note sévère, mais pour moi çà ne mérite pas plus...
Quand on connaît ‘’a history of violence’’, ‘’Frissons’’ apparaît bien pauvre et raté avec ses grosses limaces (Reprises dans Allien ensuite mais avec beaucoup plus de beauté), ses personnages qui s’apparentent à des morts vivants (ce que Cronenberg n’a pas souhaité mais que la façon de jouer cauchemardesque des acteurs donne à penser) et son scénario qui ne vaut que par ses symboles (l’importance des corps, l’imbrication entre les parasites et les humains, la puissance de la sexualité). Si la mise en scène était agréable au regard, les personnages moins laids et surtout plus concernés par ce qui leur arrive, je mettrais plus de deux étoiles mais je n’ai pas aimé, juste reconnu quelques beaux plans comme celui de Barbara Steele dans sa baignoire lorsque le parasite la pénètre. Seule l’idée nouvelle de créer de l’horreur moderne dans un immeuble banal de la vie quotidienne justifie cet essai. En quarante ans Cronenberg s’est transformé en réalisateur reconnu et méritant de l’être.
C'est pas un huis clos à 100 % mais un film oppressant à cause de la contamination. Irréel mais pas saugrenue, Frissons est un film d'horreur qui relève à la fois du paranormal, et du rationnel scientifique. Un casting inconnu et amateur. Une mise en scène de malade, et des effets spéciaux à l’ancienne. Les scènes très rebutantes, réussies à merveille, démontrent le travail implacable de l’équipe technique. Disons que l'ancienneté des images, nous empêchent de nos jours d'être ultra angoissé, par les séquences horrifiques du film. Les éclairages, le travail sur la lumière et les éclairages sont splendides. L’histoire est tres simpliste, elle tient en quelques lignes, par ailleurs elle est simple et elle est plaisante. Meilleur film de 1975, et l’un des meilleurs de la décennie, il précèdera Rage qui sortira trois ans plus tard. En tout cas, ovation à lui pour avoir fait un tel film avec un si petit budget. En 2018, il faut être talentueux pour faire apprécier des films, qui datent de quarante cinq ans, conçus avec des peu d’argent. Bravo, bon film. Je le déconseille aux moins de 13 ans. 4/5
Une ambiance et des thèmes bien particuliers , que l'on retrouve pas mal dans Chromosome 3 également ; Un film plutôt intéressant et original , certains acteurs sont pas mal , la présence de Barbara Steele est appréciable ; J'ai été étonné de constater à quel point les techniques utilisées ici pour les scènes crades fonctionnent toujours , en 2016 ; A visionner pour tous ceux qui aiment Cronenberg et n'auraient pas vu ses premiers films
Après deux essais complètement expérimentaux et pas franchement accessibles (c'est un euphémisme), David Cronenberg signait pour son troisième long-métrage sa première oeuvre marquante, porteuse de la plupart des obsessions dont son cinéma regorge. A travers ce virus qui libère les gens de toute inhibition sexuelle, il auscultait déjà le rapport de l'Homme à son corps, et la fragilité de sa coquille spirituelle face à la part organique de sa nature, qui menace à tout moment de le submerger. Si les moyens sont réduits, les effets spéciaux sont loin d'être ridicules, surtout parce qu'ils portent une imagerie glauque et archaïque qui réveille facilement de vieilles peurs. Le dialogue entre une certaine tentative de maîtrise de la part de ses personnages (le langage médical comme moyen de comprendre, les couples qui apparaissent à l'écran, soudés et aimants, le cadre d'une résidence apparemment pensée dans les moindres détails pour satisfaire aux désirs de ses clients) et la tension sexuelle qui finit par la faire imploser est complètement réussi, d'autant qu'il est alimenté par un récit au mouvement imparable. D'abord réduite à un seul sujet, l'infection se propage sans qu'on puisse la stopper. Très vite, ne demeure plus que la structure du couple (le médecin et l'infirmière) pour demeurer un rempart sain à la vision triviale que Cronenberg propose de ses personnages - le virus, in fine, ne fait que révéler des penchants déjà existants. Mais même une fois le couple dissous, la certitude qu'on va chercher en soi-même de pouvoir échapper à l'infection, c'est-à-dire à sa propre nature, ne tient pas debout bien longtemps. À travers la dernière orgie, celle de la piscine, où le couple se reconstitue de façon grotesque et extrêmement perturbante, Cronenberg finit par croire que quitte à vivre, ce ne sera pas autrement qu'à travers une nature animale qui nous tient prisonnier, plus puissante et ancienne que les leurres de la vertu ou d'une conscience émancipatrice. Le premier Cronenberg qui vaille vraiment le détour.
Cronemberg à une filmographie impressionnante , malgré son âge , Frissons à ne nombreuses qualités , on reconnait l'attirance du réalisateur pour la chair , ce film annonce les futurs chefs d'oeuvre . 4/5 , à voir pour les amateurs