"Rashômon"(1950)restera pour toujours le film qui fit découvrir aux Occidentaux toute la richesse du cinéma oriental,aidé en cela par son Lion d'or et son Oscar.Akira Kurosawa a aussi inventé le procédé d'une même histoire,racontée par différents narrateurs,et qui à chaque s'en trouve considérablement modifiée.La vérité n'est donc qu'affaire de subjectivité,ce qui est tout à fait pertinent.4 personnes témoignent du décès d'un samouraï dans une forêt,dans le Japon du Xème siècle:le bandit impertinent,la femme volage,le mari tué(par l'intermédiaire d'une sorcière),et enfin un bûcheron qui a vu toute la scène.Et à chaque fois,le narrateur se met en valeur dans sa version.Qui croire alors?Duplicité,trahison et veulerie au programme d'une oeuvre schizophrénique,maligne,et d'un messimisme implacable,seulement atténué par un final momentanément rédempteur.Toshirô Mifune avec son jeu très expressif démarrait sa collaboration fructueuse avec Kurosawa.Ce dernier,maître incontestable du cinéma nippon(avec Mizoguchi),révélait sa virtuosité,entre les flash-backs,les angles de caméra évocateurs,et les jeux sur l'ombre et la lumière.Une fable bien noire.
La vérité nécessite d'avoir un regard objectif sur les évenements au lieu d'un regard accomodant avec soi-même. Tel semble être la morale du conte de Kurosawa. Les film dit "innovants" pour une époque ne sont pas forcément ceux qui vieillissent le mieux. Magré la mise en scène maitrisé de Kurosawa, le film finit par apparaitre redondant et les personnages se révelent peu attachants. Une démonstration un peu trop froide.
"Rashomon" est un film asiatique datant de 1950 réalisé par l'un des réalisateurs japonais les plus réputés de l'histoire du cinéma, Akira Kurosawa. Cette œuvre marque la renommée mondiale du réalisateur notamment grâce à sa réalisation minutieuse et surtout grâce à son scénario et son écriture innovante qui inspirera par la suite bon nombre de jeunes réalisateurs et parmi les plus connus les réalisateurs symbolisant la Nouvelle Vague française. "Rashomon" possède sans aucun doute un univers très profond avec le récit d'un crime dans son plus simple élément, mais complètement différent selon les témoins qui le raconte. Si le côté narratif et innovant du film mérite amplement d'être applaudi et bien plus encore, il y a malgré tout un certain manque d'intérêt à l'action malgré la profondeur de l’œuvre, le film peut ennuyer, ne pas captiver, presque endormir malgré qu'il soit relativement court. Nous serions dans ce cas uniquement réveillé par les pleurs et les cris plus qu'irritants de Machiko Kyô qui est insupportable et qui surjoue à la moindre prise au contraire de Toshirô Mifune qui s'avère plutôt convaincant. Le cinéma asiatique est particulier et ce film en est l'incarnation, on aime ou on aime pas. Pour ma part je ne suis pas extrêmement fan mais chacun son opinion..
Œuvre très importante dans la carrière d’Akira Kurosawa puisque celle-ci lui apporta la reconnaissance dans le monde entier. Et autant dire que le résultat final s’avère exceptionnel, car l’histoire est totalement prenante de bout en bout, l’interprétation du casting est impressionnante – Toshiro Mifune, Machiko Kyo et Masayuki Mori sont juste parfait -, et évidemment la mise en scène du mythique réalisateur japonais est proprement bluffante et incroyablement maîtrisée au niveau des cadrages. En bref, il s’agit d’un immense chef-d’œuvre qui aura amplement mérité son Lion d’Or à Venise ainsi que l’Oscar du meilleur film étranger. A voir impérativement pour tous les fans du maître !
Quatre points de vue différents où chacun se met en valeur. Un bébé "miracle" qui arrive à la fin pour sauver la moralité de l'histoire. Même si le principe est novateur, le scénario est déçevant.
Difficile de trouver les mots face à un chef d'oeuvre d'une telle puissance. Rashomon est de ces films qui mettent à mal le récit cinématographique pour le réinventer, le tout dans une action épique et passionnante. Non seulement, on est happé par l'histoire, mais on est surtout époustouflé par la mise en scène extraordinaire. Kurosawa a révolutionné le cinéma, et a inspiré une génération entière de cinéaste du monde entier, et Rashomon en est sûrement une des preuves les plus probantes. Plus qu'un film, un monument, des images rares et précieuses auxquelles on regarde comme les colonnes d'un immense temple sacré. Et évidemment, Toshiro Mifune est bluffant de démence.
Un film purement sceptique où la vérité est sans cesse remise en cause par différentes versions. En effet chacun y va de sa version pour cacher quelque chose, que ça soit un sentiment de honte, de culpabilité ou de lâcheté. Le film est assez lent par moment mais Kurosawa aiguise son sens de la mise en scène pour qu'on reste captivé jusqu'à la fin. Le film est un exemple de narration construite et à influencé d'autres grands réalisateurs.
On met un peu de temps à se mettre dans l'ambiance japonaise mais après ce temps d'adaptation, c'est un régal ! Quelle originalité dans le scénario, quelles images !!
Voila certainement l'un des films qui a inspiré de tres nombreux scenaristes grace au coté multi-angle de son histoire : ou se trouve la verité parmi ces versions qui semblent a première vue toutes plausibles ? Kurosawa fait déjà étalage de son talent de cinéaste en réalisant cet sorte de huis clos dans une clairiere raconté par differents temoins qui donnent chacun leur version des faits.C'est assez lent et les dialogues sont réduits au minimum (impression parfois de théâtre filmé) mais l’intérêt réside principalement ,outre la réalisation maitrisé dans l’interprétation exceptionnelle d'un Mifune en transe (je n'oublie pas les autres acteurs dans l'ensemble a la hauteur) donnant par moment a cette oeuvre l'intensité d'une tragédie grecque.Le second duel plutot ridicule entre le bandit et le mari n'est pas un modele du genre mais la porté du scénario decrivant l’égoïsme et la lacheté des hommes est très fort ,par contre pas bien compris le lien avec le bébé découvert a la fin ??
Kurosawa atteint son heure de gloire en 1950 en créant la narration non linéaire, procédé qui révolutionnera le monde du cinéma. En effet, le directeur japonais ficelle son scénario selon quatre points de vue de personnages et non chronologique. Dans un contexte chaotique (la famine, la misère), "Rashomon" raconte l'histoire d'un crime vu sous quatre angles, un témoin, le meurtrier,la femme du défunt et le défunt lui même. Si de par sa construction narrative le film est une référence, le scénario tiré de deux nouvelles d'Akutagawa Ryunosuke, est d'un incroyable modernisme sur le plan de l'âme humaine symbolisé par chaque discours que tient tout protagoniste, caractère de flatterie mis en avant pour sa propre dignité.Par ailleurs, le réalisateur mêle curieusement le fantastique à cette histoire qui se finira sur une note d'espoir inattendue. En bref, avec ce long métrage , Kurosawa offre au spectateur pour la toute première fois dans le monde du cinéma, le champ libre à toute interprétation de son oeuvre , à lui de faire donc, la part des choses.
4sur5 Pour sa richesse thématique et technique, pour son audace narrative, Rashômon est une sorte de Citizen Kane oriental. Lorsque la Mostra de Venise lui consacre son prix suprême en 1951, le réalisateur Akira Kurosawa n'est, selon la légende, pas même au courant d'avoir fait partie de la sélection. Cette consécration pour le cinéaste marque surtout un cap décisif pour le cinéma nippon (et asiatique de facto), l'ouvrant dès lors au reste du Monde. Mais Rashômon a surtout été une révolution formelle. A l'époque, le public a appris à admettre comme authentique d'un point de vue fictionnel ce qui lui est présenté à l'écran, sans y opposer de doute. En racontant une même histoire sous les différents points de vue de ses protagonistes, Kurosawa se saisit d'un procédé jusque-là inconnu, qui inspirera les plus grands noms du cinéma américain, découvrant un cinéma apte à tromper la réalité (et ''sa'' réalité-même), plutôt que la représenter simplement. Loin de là, l'intention de Kurosawa dans Rashômon est de la refléter. Dans le Kyoto médiéval, un bonze, un bûcheron et un passant se sont réfugiés dans les ruines d'un temple pour échapper à une pluie battante. Le moine et le bûcheron ont assistés à un procès accusant un célèbre bandit d'avoir violé une femme puis tué son conjoint samourai. Le premier dit avoir perdu sa foi ; l'autre, tout aussi commotionné, livre son compte-rendu au quidam. Le film enchaîne alors les témoignages des personnages impliqués, le violeur, la femme souillée puis le mort lui-même, dont l'esprit est invoqué par un chaman, s'exprimant face caméra, répondant ostensiblement aux interrogations que celle-ci leur lance. En posant le spectateur comme juge, Kurosawa évacue (voir interdit) toute sympathie envers les intervenants. Les versions de chacun sont illustrées par ce qu'il conviendrait de nommer aujourd'hui des ''flash-backs'', tous trompeurs, à un degré que le spectateur ignore, puisque chaque auteur se contredit. Il faudra attendre qu'un personnage extérieur aux événements (mais spectateur par omission) informe de ses observations pour que l'affaire tende à s'éclaircir. Pas de deus ex machina, l'intérêt que nourri Kurosawa pour son dispositif est ailleurs. En effet, les témoignages n'ont jamais servis quiconque à se disculper, chacun s'accusant du meurtre pour cacher une vérité plus laide. Il s'agissait pour le violeur, la femme ou le samourai assassiné d'exposer la chose de la façon la plus morale qui lui convenait, celle qui n'annihilait ni son honneur ni ses principes. En d'autres terme, celle qui briserait le moins leur égo : le narcissisme l'emporte sur toutes aspirations à la liberté. Au-delà des jeux d'ombres et lumières insinuant les mouvements internes de ces condamnés, c'est le regard intransigeant sur l'Homme qui interpelle dans l'oeuvre. Le cinéaste achève cependant son film sur une note d'espoir, permettant à l'un des témoins de la ''nature humaine'' [partant du principe qu'il en est une, ou que ce que nous imaginons cerner avec ce terme puisse effectivement se nommer ainsi] de briser le cercle vicieux qui s'est animé sous ses yeux. In fine, le pessimisme s'en trouve nuancé ; Kurosawa semble estimer que les erreurs des êtres veules, lâches et sournois, préférant le statut quo à toute forme de progrès, puissent être absouses par les gestes désintéressés d'individus crédules ou idéalistes. Sitôt qu'ils auront ouvert les yeux, sur les autres et de fait, sur eux-mêmes.
Un Kurosawa qui n'est pas parmi les plus grandes réussites du réalisateur, mais qui se laisse tout de même voir agréablement. Toujours très bien réalisé, avec des très beaux décors et costumes. On peut aussi apprécier l'intrigue complexe, et la vision très pessimiste de l'homme qui se dégage... Un beau film.
Voici donc le film qui a fait connaître le cinéma japonais dans le monde entier, c'est d'ailleurs grâce à ce film que la catégorie " Oscar du meilleur film étranger " existe. Ici, Kurosawa nous emmène avec une mise en scène digne de ce nom dans une expérience magistrale du cinéma. Il nous montre ici la nature de l'homme, ces mensonges, on essaye de trouver la bonne solution, la réalité, mais on y comprend rien exactement comme la première phrase du film, Kurosawa montre le mensonge des humains mais aussi le mensonge des images , il utilise la notion de point de vue et le spectateur se demande qui dit vrai . Les plans sont d'une beauté rare malgré qu'il soit en noir et blanc ,la musique est belle mais ce qui m'a le plus marqué c'est la performance de Toshiro Mifune qui est exemplaire pour tout acteur. On peut penser que Kurosawa nous livre une morale à la fin du film, mais il laisse seulement au spectateur l'interprétation de la vision de l'homme, comme quoi l'homme est capable du meilleur comme du pire . Un chef d'oeuvre qui ne laisse pas indifférent.