Excellent western tout en tension. Le convoi s'élance sur les pentes escarpées du doute et de la vengeance au milieu d'une nature superbe. Un soin a été apporté aux décors, c'est certain et les personnages, seuls au milieu de leurs regrets personnels, peu solidaires entre eux se dirigent inéluctablement vers une tragédie malgré une fin salvatrice à découvrir........Superbe.
Porté par un casting impeccable, un western psychologique prenant, où cinq personnages se côtoient et se toisent lors d’une chasse à l’homme mouvementée dans les territoires naturels hostiles des Rocky Mountain.
Ce road movie du genre western est tourné en 1953 dans une nature sauvage. Il met aux prises un chasseur de prime occasionnel (James Stewart) et deux acolytes rencontrés en chemin. En face, un meurtrier dont la tête est mise à prix à 5000 $, accompagné d'une jeune femme orpheline qui le suit dans son projet de s'installer en Californie. Il y a de l'action et des rebondissements. La rencontre d'indiens, des parois rocheuses à escalader et un torrent au fort courant donneront lieu à quelques mésaventures. L'ensemble forme une petite épopée avec une touche de romantisme.
Faisant des reliefs escarpés des échos aux tourments des hommes, Anthony Mann sublime le paysage dans un magnifique Technicolor. Alors que l'on pourra déplorer la caricature du personnage féminin (qui ne sollicite guère les talents de Janet Leigh), on se pourléchera devant le machiavélisme lucide de l'antagoniste (narquois Robert Ryan) qui oppose les récents alliés (dont l'énigmatique Ralph Meeker) par l'argent, la séduction et l'orgueil dans une justesse psychologique notable. Très dynamique le récit offre un arc narratif à chacun au sein de péripéties mêlant pur western, film d'action, au drame sentimental mais à la morale finale mièvre. Choosing a way to die, what's the difference? Choosing a way to live, that's the hard part...
Je suis étonné des très bonnes notes sur ce western qui à mes yeux a fortement vieilli et dont l’histoire est tout de même banale. Les points forts sont néanmoins les paysages somptueux des Rocheuses et les acteurs, dont les deux principaux, James Stewart en chasseur de prime et Robert Ryan en malfrat recherché, goguenard et manipulateur à souhait. Janet Leigh dépare un peu, avec sa chevelure peroxydée, son rouge à lèvres, sans doute une grande mode du 19ème siècle (!). Autre défaut, la blessure par balles de James Stewart, qui semble se remettre plutôt facilement dans cet environnement. On est donc loin des « must » dans le genre.
« The Naked Spur » (L’appât) repose sur une trame simple : un chasseur de prime (James Stewart) poursuit un assassin (Robert Ryan) et sa protégée (Janet Leigfh). Il le capture à l’aide de compagnons de circonstances. Mais la récompense de cinq mille dollars va créer insidieusement une rivalité entre les trois « associés ». Cette trame simple ouvre la voie à des études de caractère et des évolutions à priori peu évidentes, à partir de déchirements, manigances et sentiments plus ou moins ambigus ou antagonistes. Psychologie au fil du rasoir, mais filmée au Colorado dans les montagnes rocheuses, décor somptueux que Mann utilise admirablement (les pierres, les arbres, la montagne, l’eau), de manière physique. Malheureusement quelques invraisemblances gâtent l’ensemble comme par exemple les exploits de James Stewart dont la jambe blessée semble le gêner que de manière très occasionnelle. La fin se veut à la fois morale, car la spiritualité de l’amour triomphe de la basse matérialité, mais aussi psychologiquement logique. Elle est néanmoins peu crédible, pouvant se résumer à préférer la dignité d’un enterrement à cinq mille dollars (seule la classe possédante et les imbéciles disent que l’argent ne fait pas le bonheur). Ces deux points négatifs empêchent le film, malgré une histoire inhabituelle dans le genre, habillée d’un visuel splendide et soutenue par une interprétation exceptionnelle dominée par Robert Ryan et James Stewart, de se hisser au rang de chef d’œuvre.
Le scénario, à la fois simple et intelligent, est empreint d’une tension omniprésente qui maintient le spectateur en haleine. La mise en scène est tout simplement parfaite, et les paysages sont d’une beauté à couper le souffle. On pourrait presque qualifier ce film de “western psychologique", tant il explore les complexités de l’esprit humain et les relations interpersonnelles dans un cadre hostile.
En somme, ce film est une véritable réussite, alliant suspense, réflexion et une esthétique saisissante. À ne pas manquer ! 8/10
Je ne savais pas du tout de quoi ça parlait avant de lancer le film, si ce n'est qu'il y avait James Stewart et que c'était réalisé par Anthony Mann. Alors j'ai beaucoup aimer le scénario et la construction du film autour de ces cinq personnages, qui sont à fois humains, manipulateurs, avec une part sombre pour chacun d'entre eux. Ils cachent tous quelque chose, on ne sait pas vraiment ce qu'ils pensent, quel est leur plan etc. Et ça j'aime beaucoup, il y a eu un réel travail là dessus, ça change des personnages plats qu'on peut avoir d'habitude. Bon après l'histoire reste assez classique et prévisible, je veux dire, la fin ne surprendra personne, même si malgré tout elle est très belle et qu'on a passé un bon moment. La mise en scène et la photographie sont très belles, mais j'émettrai quelques petites réserves sur le film, j'ai l'impression que malgré ces très grands atouts il n'a pas réussi à me convaincre totalement comme s'il lui manquait une âme, j'ai trouvé ça très mécanique dans son déroulement et je le déplore. ça manque un peu d'émotion. Mais le film parvient à tenir haleine durant 1h30, ce qui n'est déjà pas trop mal, mais je dirai que c'est un film à voir pour la construction de ses personnages, voir comment il faut se méfier de chacun d'entre eux, voir comment ils sèment la zizanie, comment la discorde peut se créer etc. Il y a peut-être aussi quelques incohérences qui m'ont sorti un poil du film, comme un perso blessé qui quelques jours après arrive à gambader comme s'il avait 20 ans, ou bien des persos qui sortent de nul part à un moment au début, alors qu'ils semblaient coincés en bas d'une paroi rocheuse. Bon rien de bien méchant, mais quand même. Bien entendu il est évident que ça reste un film de qualité.
Le tandem James Stewart et Anthony Mann est, je confirme, un duo qui aura marqué l'histoire du Western et du cinéma en cinq films, la preuve avec ce bijou nommé "L'appat" qui m'a beaucoup plu !! Une solide histoire pour un homme capturé avec une femme perdue qui vaut une belle somme d'argents de rançon qui chauffent les esprits de trois cowboys qui ont participé à la capture d'autant que le prisonnier est un manipulateur et son jeu fait mordre à l'hameçon. J'aurais mis une étoile en moins car je trouvais ce Western un peu classique mais au fil de l'histoire, le personnage de James Stewart révèle des faiblesses et une sensibilité qu'on reconnaitra aprés chez le cinéaste Alfred Hitchcock qui fera la gloire de l'acteur, notamment dans ce film avec la jeune femme jouée par Janet Leigh desepéré et perdue entre le prisonnier et les cowboys. Ce Western a cinq personnages principaux durant tout le film (si l'on compte pas l'attaque des Indiens) dont Robert Ryan qui demeure trés bon dans la peau du salopard . Les paysages montagnardes du Kansas offrent une jolie vue à ce long métrage. Un chef d'oeuvre.
J'ai été déçu par ce film. Ce n'est ni vraiment un western ni un film d' qu'il semble se rapprocher plus du second. C'est un groupe de cinq personnes (avec J. Stewart et J. Leigh qui forme le couple de stars à l'écran) qui se retrouvent à chevaucher vers Abilene, dont un a été capturé et doit être remis à la justice une fois arrivé. Mais bien sur, rien ne va se passer comme prévu. Il y a quelques fusillades, dont une avec des indiens, de jolis paysages, un scénario honnête, mais l'ensemble ne m'a pas emballé plus que ça. A noter que J. Stewart semble être guéri comme par magie de sa blessure par balle lors de la fusillade avec les indiens.
Une expression dit : "Quand on a des amis comme ça, on a pas besoin d'ennemis!".... C'est exactement le cas dans ce western d'Anthony Mann opposant 3 individus aux personnalités différentes et réunis par hasard qui décident de se partager la prime pour la capture d'un hors-la-loi. Seulement ce dernier (Robert Ryan) décide de ne pas se laisser faire en essayant de les monter les uns contre les autres par toutes les fourberies possibles. Psychologiquement, c'est relativement épuisant car on se demande à quel moment chacun des protagonistes va trahir ses compagnons de route, d'autant plus qu'ils sont tous plus ou moins crédules... Tourné dans de superbes décors naturels (notamment la scène finale assez impressionnante pour l'epoque), l'action ne manque pas (combat contre des indiens, bagarres et fusillades) et même si l'ensemble est fort convenu et prévisible, le scénario reste intéressant et l'ennui ne s'installe jamais.
Devenu rapidement un classique du genre, ''L'Appât" représente le cinéma d'Anthony Mann à son meilleur. Howard Kemp, sur les traces du bandit Ben Vandergroat, parvient à le capturer grâce à l'aide de deux autres hommes, un vieux prospecteur et un déserteur de l'armée. Mais rapidement Vandergroat sème le doute entre les hommes, arguant qu'une récompense est plus facile à diviser par deux que par trois. Le principe est simple mais diablement efficace et le film repose ainsi sur des affrontements qui sont plus psychologiques que physiques, chacun se méfiant de l'autre, chacun tentant de gagner la confiance de l'autre. Les personnages sont peu nombreux mais sont tous très convaincants et la mise en scène met en valeur les paysages aussi bien que les acteurs. James Stewart et Robert Ryan, chacun dans leur registre, sont d'ailleurs tous deux particulièrement excellents. Et si la morale est sauve à la fin, le propos du film n'en est pas moins percutant.
Comment faire un film simple avec 5 acteurs et 25 figurants : avec un bon scénario, une mise en scène bien pensée et des acteurs magistraux. Très simple donc. Sauf que réunir tout ça demande de la chance. L'association A. Mann-J. Stewart a accouché de westerns parmi les meilleurs du genre et c'est le 1er que je vois. Postulat simple donc (3 "bons" contre 2 "méchants", une grosse prime à se partager au bout, du chemin à faire) sauf que chacun a sa part d'ombre et que le chemin est long, surtout quand un manipulateur habile fait partie du groupe (génial R. Ryan). J. Stewart est tout simplement extraordinaire dans son rôle et donne la pleine mesure de son immense talent. Le script est donc habile et alterne entre scènes d'action et scènes psychologiques dans un film rythmé et sans cesse surprenant, appuyé par une mise en scène magistrale qui fait la part belle aux paysages naturels. Classique mais éternel. D'autres critiques sur
Ce western est un des plus beaux et un des plus aboutis sur le plan de la forme et du fond. En plus les 3 personnages principaux Stewart,Ryan et Leigh apportent leur présence et leurs intensités intérieures sans prix. Il est quasiment unique par son tournage exclusif dans la nature et par le rôle énorme tenu par une femme sans qu'elle ait besoin de se mettre en avant. Son scénario ne peut être pris en défaut; à tout moment il peut se produire un imprévu vraisemblable. Les cotés névrotique des 5 personnages, dûs à leurs solitudes donnent à ce film un grand intérêt psychologique. Le tournage ayant eut lieu exactement entre le coté puéril des westerns des années 30/40 et le coté réaliste et sordide de ceux des années 70/80. C'est un must, rarement les rochers,les torrents, la falaise, la caverne auront autant attiré le regard du spectateur et les déplacements de la camera sont magnifiques, notamment les passages de l'action aux gros plans. Pourtant,ce chef d'oeuvre admirable ne fait pas partie de mes dix westerns préférés; j'aime trop les cotés sentimentaux et j'ai besoin d'adhérer à un personnage masculin. Ici les 4 hommes sont irrespirables: Ben m'est insupportable par son intelligence et sa morgue, Roy odieux par son passé et sa conduite, Jesse pitoyable par son irresponsabilité coupable et Howard stupide par sa cupidité et son obstination. On ne sait même plus sur lequel tirer dira même un d'entre eux. Il faut attendre la prise d'une pelle lors de la dernière minute pour pousser le premier soupir d'aise. Cela ne m'empêche pas de le revoir régulièrement.