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CH1218
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3,0
Publiée le 22 avril 2017
Ce western d'Anthony Mann, le troisième du cycle qui le réunit avec le grand James Stewart, est une sorte de huis clos au grand air. Son action est principalement basée sur les affrontements psychologiques entre les 5 protagonistes de cette histoire, offrant à Robert Ryan le privilège de distribuer les cartes des rivalités et à Janet Leigh de jouer celle de l'appât. De ce point de vue, son rôle aurait mérité plus de consistance. La fin, prévisible, m'est apparue indigne de son statut de grand classique.
Très bon western, dans la lignée de ses autres c'est à dire au scénario classique mais efficace, Anthony Mann filme avec talent dans de sublimes décors et avec une intrigue solide. Les acteurs sont bons, ou comment on savait faire du cinéma il y a 50 ans.
La série des grands westerns d’Antony Mann comprend des films fort différents : « Je suis un aventurier » est inscrit dans la société américaine en construction, et « Les affameurs » est aussi une histoire collective. Dans « L’appât » c’est l’inverse : une histoire de relations entre cinq personnages. Le ton, austère, est plutôt celui du film noir, dans un drame (à l’ambiance de huis clos) théâtral en plein air : aucune ville, aucun ranch, aucun saloon, aucune construction humaine ; c’est dans des décors naturels grandioses superbement photographiés que l’action se déroule. Loin de tout manichéisme, les cinq personnages sont tous plus ou moins ambigus. Et l’évolution de leurs relations génère tensions et rebondissements, Ben s’ingéniant à jouer sur les faiblesses des autres. Un western original, mis en scène de façon exemplaire.
Dans la veine des "Winchester 73" et "Les affameurs" mais un poil en-dessous. La psychologie des personnages est interessante et le scénario très bien travaillé. Les paysages sont toujours splendides même si les diffrénces entre l'extérieur et le studio se fait parfois ressentir. Le manque de suspense pèche également, on devine trop tôt le déroulement alors qu'il y avait tout pour surprendre ; mais ce n'était pas le but recherché à l'époque. Un très bon western en tous cas, au-dessus de la moyenne.
J'avoue manquer un peu de culture en termes de western classique, mais "L'Appât" me semble en être un très bon exemple. Un chasseur de primes arrête un homme recherché ; mais il est aidé par deux autres hommes avec qui il doit partager le butin. L'homme recherché va naturellement tout faire pour semer la discorde entre ses trois geôliers. Sans compter la présence de la jeune femme qui l'accompagne... Simple mais efficace, "L'Appât" est un western intéressant de bout en bout, bien réalisé et bien interprété. Il ne me reste plus qu'à découvrir les nombreuses autres collaborations entre Anthony Mann et James Stewart.
La beauté des paysages sauvages naturels fait un cadre parfait ou l'homme dévoile sa part sombre. Mon premier film d'Anthony Mann ( rien à voir avec Michael ) et je dois dire que ne suis pas du tout déçu, et je dirais même surpris vu que je ne savaispas à quoi m'attendre. "L'appât" est un jeu de manipulation et de coup sournois des cinq protagonistes, prêt à tout pour empocher la récompense de leur prisonnier. On peut même dire que "L'appât" est en avance sur son temps et sur les westerns de Sergio Leone voir de Sam Peckinpah. La construction des personnages nos tient en haleine du début à a fin. Dommage que cela finisse en happy end.
"L'appât" est un très bon "western" très simple et original. En effet, durant tout le film, il n'y a que 5 personnages, un seul lieu et une seule intrigue qui se déroule en quelques heures. Le scénario est brillant, chaque personnage a une richesse psychologique assez rare pour un western. Les personnages sont très ambigües et échappent à l'identification. Ils sont tous individualistes sauf Janet Leigh, ainsi le scénario crée une distance entre nous, spectateurs, et le film. Le scénario est simple mais très efficace, trois hommes capturent un hors la loi qui sème la zizanie entre eux pour les détruire. La question est si le trop va parvenir a amener le bandit en ville. Ici, il n'y a pas de ville, pas de saloon. "L'appât", c'est un film qui montre de grands espaces, des paysages magnifique dans les Rocky Mountains, des torrents, des montagnes... Les paysages traversées sont magnifiques et ajoutent beaucoup de charme au film. Même si le film est court, les cinq personnages sont très bien travaillés et tous les acteurs jouent très bien. James Stewart, en pleine période Hitchcock, est au meilleur de sa forme. Le cadrage est très bien, la mise en scène très brillante. Le travail sonore est également remarquable, on retiendra le bruit tumultueux du torrent lors du dernier quart d'heure. Franchement un western a voir, qui montre la rédemption d'un homme, pour sa simplicité et son honnêteté. Critique et analyse entière en lien.
"L'appât" de Anthony Mann est à la fois l'un des meilleurs westerns qui soit et un film qui ne ressemble guère à un western. Sans doute son action se déroule-t-elle dans les Montagnes Rocheuses, magnifiquement tournée en extérieur en Technicolor. Sans doute met-elle au prise un chasseur de primes, un chercheur d'or, un soldat en rupture de ban, un criminel en cavale et une jolie blonde. Mais si "L'appât" figure dans toutes les anthologies du cinéma, c'est pour l'épure de son scénario et la caractérisation des personnages. Trois aventuriers réunit par le hasard mettent la main sur un criminel recherché, qu'accompagne la fille de son meilleur ami. L'enjeu est simple : parviendront-ils à le ramener à bon port pour toucher la récompense promise pour son arrestation ? ou la cupidité et la méfiance l'emporteront-elles entraînant l'explosion de ce trio ? Ce western très court (1h30 seulement ce qui, pour l'époque, relevait presque du court-métrage) va à l'essentiel : 5 personnages à l'écran seulement, aucune intrigue secondaire, pas l'ombre d'un saloon ou d'une scène d'intérieur. Unité de temps, unité d'action, unité de lieu (les Rocheuses formant un seul et unique décor somptueux) : on est plus proche du théâtre classique que du drame hollywoodien. Aucun manichéisme comme souvent le western en réserve. Chaque personnage a ses failles, même James Stewart qui ose briser l'image du gendre idéal acquise chez Cukor, Capra ou Lubitsch. La morale est aussi sombre que dans Corneille ou Racine : les passions toujours l'emportent sur la raison. Filmé la même année, "L'homme des vallées perdues", qui lui aussi figure dans toutes les bonnes anthologies, me semble du coup d'autant plus surestimé.
Un western, un "classique" d'Anthony Mann peu spectaculaire et très psychologique.. Robert Ryan montre, à travers ce personnage roublard, qu'il peut jouer autre chose que les personnages monolithiques qu'on lui a souvent fait jouer par la suite de sa carrière ( voir les Sept mercenaires).. Si Janet Leigh - avec des cheveux courts !- est assez mal exploitée, selon moi, James Stewart est parfait, comme d'habitude. A noter que le dernier larron du quatuor, Ralph Meeker, joue un officier nordiste ambivalent, assez difficile à saisir..
Grand classique du western psychologique, réalisé par l'un des maîtres du genre : Anthony Mann a tourné une dizaine de westerns, celui-ci étant le cinquième et probablement son meilleur (avec Winchester 73). Aux thèmes de la cupidité et de la vengeance s'ajoutent ici ceux de l'idéal déçu et de la dignité. La scène finale, émouvante, est restée dans les annales. James Stewart, dans un rôle plus cynique et aigre que d'habitude, est en contre-emploi durant la quasi-totalité du film. Et ça lui va bien aussi.
Ce film se déroule en 1868 dans l'état du Colorado, mais pour une fois on nous épargne les clichés habituels : les acteurs balafrés qui suent à grosses gouttes en plein soleil, les figurants qui jouent aux cartes en buvant du bourbon, le shérif prêt à tout pour venger la mort de quelqu'un (son fils ou sa femme, ou même le plus souvent les deux ensemble).
Le réalisateur de «A naked spur» («l'éperon nu») a, semble-t-il, voulu faire un film qui se déroulerait dans l'ouest lointain sans tomber dans les poncifs. L'intrigue est donc resserrée autour de quatre hommes et une femme. James Stewart est un chasseur de primes qui rencontre un vieux chercheur d'or (Millard Mitchell, très bonne interprétation) et un militaire douteux (Ralph Meeker). Ces trois associés d'un jour spoiler: attrapent un brigand et sa copine (Janet Leigh). L'histoire commence donc plutôt bien, mais c'est là que le film part dans des considérations psychologiques assez déroutantes compte tenu du lieu et de l'époque où cette histoire se déroule. Comme la mise en scène est plutôt pépère, on passe un moment assez agréable dans la nature de l'ouest sauvage en compagnie de cinq personnes pas méchantes, mais l'histoire peine à intéresser.
Western épuré de Anthony Mann. Sur un scénario assez simple, un chasseur de prime ramène son prisonnier, malheureusement, il est accompagné de deux compères qui tiennent eux aussi à la prime. Une femme est également présente. Tout cela compliquera le retour. C'est presque un western psychologique, car ce sont les relations entre les individus qui sont privilégiées, et les personnages sont complexes dans leur motivation. Il y a relativement peu d'action. Si les clichés du western ne sont jamais très loin, les personnages ne sont pas trop caricaturaux, assez crédibles dans leur comportement. C'est fort bien réalisé, tout en extérieur avec des paysages bien choisis. Une caméra souple et rapide, avec de très bons acteurs, tout cela donne un classique du western, il y vraiment peu de défaut à reprocher à ce film, sinon le respect des lois du genre. Une belle fin.
Seule l'allégorie vient à la rescousse de ce western kitsch au final poussif et aux acteurs à côtés de la plaque, Stewart et Leigh en tête. Reste une jolie scène musicale sous la pluie, un abattage barbare d'indiens gazouillants et un climax halluciné plutôt réussi.
Avec L’Appât, Anthony Mann signe l’un de ses westerns les plus tendus et les plus maîtrisés. Le réalisateur prouve une nouvelle fois qu’il sait allier mise en scène spectaculaire et approche psychologique profonde. Ici, pas de grands décors de saloon ni d’affrontements de masse : tout repose sur un petit groupe de personnages isolés dans l’immensité des Rocheuses, et sur la tension qui monte inexorablement entre eux.
La mise en scène d’Anthony Mann est d’une précision remarquable. Chaque plan, chaque silence, chaque mouvement dans ces paysages hostiles sert à renforcer la tension dramatique. Le scénario resserré maintient un équilibre fragile entre les personnages, pris au piège de leurs désirs et de leur cupidité. Le film devient alors une véritable étude morale : personne n’est totalement bon ou mauvais, et chacun trahit ou se rachète selon les circonstances. Cette absence de manichéisme donne une profondeur rare au récit.
Le western psychologique que propose Mann tranche avec les codes classiques du genre. Derrière la traque et la survie, L’Appât parle surtout d’avidité, de solitude et de la difficulté à rester intègre face à la tentation. Visuellement, le film est superbe : la photographie en Technicolor, captant la rudesse et la beauté du Colorado, renforce l’impression d’un monde à la fois majestueux et impitoyable.
Cependant, tout n’est pas parfait. Le rythme connaît quelques creux, notamment dans certaines scènes plus verbales où la tension s’essouffle un peu. La romance entre James Stewart et Janet Leigh, bien que touchante par moments, paraît parfois forcée dans un récit aussi âpre. Enfin, la structure du film, basée sur une succession de trahisons et de confrontations, tend à devenir légèrement répétitive à mi-parcours.
Malgré ces réserves, L’Appât reste un western d’une grande force morale et visuelle, porté par une mise en scène tendue et un regard lucide sur la nature humaine. Anthony Mann y atteint un équilibre rare entre introspection et aventure, offrant un film à la fois dépouillé et bouleversant.
J'ai été perdu pour la géographie. La destination finale du convoi est Abilene. Historiquement et bibliquement parlant cet endroit se trouve près de Damas en Syrie. Mais aux Etats-Unis la ville de ce nom se trouve au Texas. Or l'action du film se déploie dans les Montagnes Rocheuses, et cela a été tourné dans le Colorado. A pied, à cheval, ou à bourricot c'est une vraiment longue marche. Ce qu'il y a de mieux dans ce western ce sont les magnifiques paysages en couleurs et les scènes d'action qui s'y succèdent, notamment le final au dessus du fleuve tourbillonnant. Psychologiquement c'est assez tiré par les cheveux et peu crédible. Les Indiens cheyennes passent pour de piètres guerriers qui, en surnombre, tous à cheval et bien armés, se font massacrer jusqu'au dernier par un groupe hétérogène dont une femme. Aucune représaille, étonnamment, par la suite. Les cinq acteurs dialogants sont bons, heureusement, et on ne s'ennuie pas. On a cependant connu James Stewart plus allant, Robert Ryan le méchant la joue carnassier à la Burt Lancaster, le vieux chercheur d'or benêt a des airs de Walter Brennan dans Rio Bravo, Janet Leigh a beaucoup de charme, et Ralph Meeker en officier déclassé et fourbe a été jugé ici suffisamment convaincant pour trois ans après jouer le détective Mike Hammer dans "en quatrième vitesse" de Robert Aldrich. Conclusion : c'est un bon western bien filmé malgré un scénario faiblard.