Un polar feutré façon ancienne école, mais on est loin des classiques avec Bogart et Bacall ou, plus proche en l'espèce, du Chinatown de Polanski. En détective fatigué, Robert Mitchum en impose mais semble trop en pilotage automatique, naviguant dans une histoire aux rebondissements assez mal gérés, avec des acteurs un peu perdus dans des costumes qui n'ont pas l'air taillés sur mesure. L'écriture est un peu trop faible (notamment les dialogues) pour donner de la consistance à l'intrigue.
Après Adieu ma belle, Voici adieu ma jolie. Ça permet de les différencier !!! Ok appréciera la quête, l'ambiance à l'ancienne et même C. Rampling avec un furieux air de L. Bacall. Malgré tout ça, c'est plutôt incompréhensible mais l'important n'est pas là. Le jeu des acteurs et la présence de RM évidemment. Ça fait tout.
Elliott Kastner associé à Jerry Gershwin avait produit “Harper” (1966) de Jack Smight avec Paul Newman dans le rôle du détective passablement revisité pour lui permettre d’évoluer dans l’univers contemporain et ensolleillé de Los Angeles. Le film ayant été un succès, les deux hommes ont envie de récidiver en adaptant cette fois-ci le second roman de Raymond Chandler, “Farewell, my Lovely” paru en 1940. Raymond Chandler auquel il avait été rendu hommage dans “Harper” avec la présence au générique de Lauren Bacall. Les deux hommes convainc Lew Grade patron d’ITC et producteur quelques années auparavant du “Prisonnier” avec Patrick MacGoohan. Dick Richards réalisateur inexpérimenté est choisi pour réaliser le film. Pour interpréter Philip Marlowe, Robert Mitchum, un peu au creux de la vague à 57 ans, s’impose une fois que Richard Burton a refusé le rôle. L’acteur un peu vieillissant vient tout de même de jouer dans deux excellents films noirs : “Les copains d’Eddie Coyle” de Peter Yates suivi de “Yakusa” de Sydney Pollack. Il ne sera donc pas dépayser en se chargeant de cette enquête se déroulant dans le Los Angeles de 1941, au moment où le fameux détective accuse un sérieux coup de fatigue comme il l’explique en voix-off à l’entame du film.spoiler: Le hasard, l’amène à rencontrer un truand, grand malabar (Jack O’Halloran) mal dégrossi qui vient de purger une peine de huit ans de prison Celui-ci le charge de retrouver Velma, son ex-petite amie qui ne lui a plus donner de nouvelles depuis deux ans. Marlowe accepte mais son client est menacé par des truands qui semblent vouloir récupérer le magot récupérer lors du hold-up qui l’a amené en prison. Les affaires se compliquent et Marlowe est emmené sur de fausses pistes . Le scénario écrit par David Zelag Goodman (“Les chiens de pailles”) est parfaitement agencé pour que Robert Mitchum avance avec le flegme qui le caractérise dans ce dédale oàù il rencontrera moult personnages hors dont une sulfureuse Charlotte Rampling belle à se damner. Marlowe est tout-à-fait d’accord sur la question. L’ambiance des années 1940 orchestrée par le grand chef décorateur Dean Tavoularis et photographié par John A. Alonzo est tout-à-fait immersive. Le film ne sera pas un succès mais assez convaincant pour que Robert Mitchum trois ans plus tard apparaisse, toujours à l’initiative d’Elliott Kastner et de Lew Grade, dans un remake du “Grand sommeil” (1946) d’Howard Hawks. Il est ainsi le seul acteur à s’être glissé deux fois dans la peau de Philip Marlowe. Décidément, Robert Mitchum qui aura bâti soigneusement sa réputation d’acteur désabusé un peu fainéant sur les bords aura tourné plus que bien d’autres. Tant mieux !
Un très belle surprise que ce polar "moderne" , très bien adapté. On reste dans le style des polars des années 50's , mais avec une réalisation brillante et une touche de modernité. Mitchum est excellent , le scénario bien construit, et la brève apparition de Stallone très touchante.
Adaptation d’un excellent polar de Raymond Chandler, le film se veut l’archétype des conventions du genre depuis 30 ans (nous sommes en 1975). Mais à part ce respect mémoriel, il reste bien quelconque, parfois même ennuyeux… Ce genre à bien vieilli. Mais ne boudons pas le plaisir de voir Robert Mitchum, désabusé et déginguandé à souhait, draguer la toute jeune Charlotte Rampling, déjà attirante de mystère. On y voit même un jeune costaud traverser l’écran : le futur Rambo, déjà bien bodybuildé !
Une bonne enquête de notre Marlowe détective, qu'on mène, qu'on emmène un peu partout pour un final qui le laissera un peu déconcerté tant la révélation finale était inimaginable. C'est bien monté, un peu alambiqué. Il faut bien suivre les méandres de ce film pour ne pas louper la clé du mystère. On peut également y découvrir un Sylvester Stallone à ses débuts dans un second rôle, peu parlant mais avec déjà sa tête de mauvais garçon. Pour sa part, Robert Mitchum nous tient en haleine tout le long du film et on prend plaisir à la suivre. A voir par les amateurs de film policier.
Un film noir en dehors de la grande époque mais tout à fait digne des grands classiques. Robert Mitchum parfait, des entourloupes et des règlements de compte. Ambiance whisky, prostituées et bandits tout est réunis. Les amateurs du film noir seront ravis.
Alors que Raymond Chandler redevenait à la mode dans les années 1970, Dick Richards adapte pour la troisième fois son roman où l'on retrouve le détective Philip Marlowe qui va devoir retrouver l'ex-petite amie d'un costaud qui vient de sortir de taule.
Ambiance nocturne et lumineuse, fond sonore jazzy puis la voix-off de Robert Mitchum, dès les premières secondes, Farewell, My Lovely reprend tous les codes du film noir et applique la recette du genre à la lettre tout le long du film. C'est d'ailleurs là le petit problème que représente cette adaptation tant tout est attendue avec des codes qui sont ici utilisés avec excès. Rajouté à cela une intrigue pas toujours bien exploitée (on s'y perd un peu trop facilement sans que la tension ne soit régulièrement au rendez-vous) et on a de quoi obtenir quelques regrets.
Rien de bien préjudiciable pour autant, Dick Richards posant une atmosphère noire, parfois même glauque, qui reste prenante de bout en bout, avec un vrai charme qui s'en dégage tandis qu'un Robert Mitchum impérial campe un Marlow désabusé, vieillissant et qui va se retrouver au cœur d'une intrigue qui le dépasse totalement. Autour de lui, Richards met en place une galerie de personnages où se mêleront femme fatale, flic ou autre dur à cuire, avec un soupçon d'ambiguïté planant sur chacun d'eux et sur le récit.
On navigue entre fumée de cigarettes, meurtre et vapeur d'alcool, et cela, Richards le met bien en avant et nous immerge totalement au cœur du récit, usant d'une réalisation classique, sobre mais efficace. La photographie très lumineuse participe aussi à l'ambiance générale de l'oeuvre tandis que l'affrontement entre Mitchum et Rampling est bien exploité et tient toutes ses promesses, permettant à l'oeuvre de prendre de plus en plus d'ampleur plus on avance dans le récit.
Nouvelle adaptation de Raymond Chandler, Farewell, My Lovely, permet à Dick Richards de signer un pur film noir dans la lignée de ceux de l'âge d'or hollywoodien et, sans être transcendant, c'est réussi et il arrive à nous plonger dans cette enquête ainsi que dans une atmosphère sombre à souhait.
Tous les ingredients du film noir à l'ancienne sont là: intrigue absconce, reconstitution, femme fatale et Mitchum qui porte le trench et le chapeau encore mieux que Bogart. Une curiosité : Stallone en petite frappe avant sa prise de stéroïdes pour Rocky. Un superbe hommage à Howard Hawks et John Huston.
J’aime beaucoup Raymond Chandler. Le film n’est pas un chef d’œuvre, et, assez loin d’un « Chinatown » de Polanski, qui reste la référence du genre (le film noir dont le personnage principal est un « privé »), il ne brille ni par sa créativité, ni par sa mise en scène. Mais je l’aime beaucoup, pour sa fidélité au romancier. Pas tant à l’intrigue du roman adapté, qui, pour être intéressante, n’est que le support de la description d’un monde et des personnages qui s’y perdent, qu’à l’esprit du romancier. Les codes du genre sont tous là, accentués par le choix des images et couleurs, par la musique dramatique jazzy, et les pertinentes et savoureuses réflexions en voix off. Sous cet aspect formel assez fascinant, il y a plus profondément le constat désespérant d’une société qui n’a plus de valeurs (la corruption règne en maître) dans un contexte historique difficile (l’imminence de l’entrée en guerre). Comme dans King Kong, les amours d’un « gorille » pour une poupée sont impossibles, et les rêves n’ont plus leur place. Même les espoirs personnels qui peuvent paraître dérisoires (le record que devrait battre le champion de Base Ball Joe Di Maggio) sont contrariés par la réalité. Mais il reste, dans l’attitude et au fond du cœur de ce « privé » désabusé et parfois cynique (Philip Marlowe restera toujours un modèle du genre), une lucidité et une générosité émouvantes.
Philip Marlowe, personnage phare de la littérature policière et de la littérature tout court connait une nouvelle adaptation au cinéma. Après avoir été joué par entre autres Humphrey Bogart en 1946 dans « Le Grand Sommeil » d‘Howard Hawks, par Eliott Gould en 1973 dans « Le Privé » de Robert Altman, le détective privé trouve un nouveau repreneur en la personne de Robert Mitchum, figure incontournable du cinoche américain. Que les choses soient bien claires, « Adieu ma jolie » n’est certainement pas le film qui va révolutionner le monde du polar. De la première seconde jusqu’à la dernière, les codes du film noir sont appliqués à la lettre. Au début, l’accumulation de clichés ressemble presque à de la parodie. L’enquête qui nous est proposée est intéressante, bien menée, et Dick Richards sait diriger sa barque et parvient à nous emmener la où il le souhaite. L’interprétation est de qualité. L’affrontement entre Robert Mitchum et Charlotte Rampling tient pas mal de promesses. Le charisme de l’un contrecarrant la beauté troublante de l’autre. A noter aussi le petit rôle d’un certain Sylvester Stallone qui allait devenir une star l’année suivant la sortie du film. Bref, tout cela pour dire qu’il ne faudra pas s’attendre à la huitième merveille du monde, mais que cet « Adieu ma jolie » vaut le coup.
Un très bon polar des années 70 qui rappelle en même temps l’atmosphère des films noirs des années 50. Robert Mitchum est excellent, les dialogues sont tranchants et la narration est parfaite.