Une veine de comédie à la française, qui pour le coup souffre un peu des affres du temps, et peut-être aussi de la réalisation d'un Jean-Paul Rappeneau encore novice derrière la caméra, et qui fera montre plus tard de bien belles qualités. Ici, c'est encore très sommaire et surtout suspendu à la qualité des interprètes pour faire vivre le récit. Le film s'avère foutraque et pas toujours limpide dans son exposition, mais plaisant à suivre.
La nature des personnages et le ton du film ne sont pas sans familiarité avec les premières comédies de Philippe de Broca. On ne s'en étonne pas puisque Jean-Paul Rappeneau et Daniel Boulanger ont collaboré souvent avec le réalisateur de "L'homme de Rio". Les personnages, ébauchés selon un caratère fantaisiste précis, évoluent dans un univers de douce folie. Philippe Noiret, époux bonhomme et placide, et Catherine Deneuve, sa jeune femme qui s'ennuie loin de la ville, se disputent amoureusement dans un propriété ruinée entre un beau-père parvenu et une belle-mère irrascible. C'est le temps de l'Occupation et le Débarquement vient rompre une routine et un ronronnement bucoliques. La vie de château est mise sans dessus-dessous et se dissout dans une confusion cocasse et mouvementée. Sans jamais appuyer les effets, Rappeneau construit avec habileté et beaucoup d'esprit une comédie dynamique, tout en gardant, malgré les incidents qui s'accumulent, un ton serein (par opposition à l'hystérie du vaudeville) et surtout en conservant intacte la nature des personnages, lesquels sont tout à la fois pittoresques, parodiques et attachants. L'interprétation, au diapason, est drôle, légère, toujours juste.
Une des premières comédies françaises à traiter de la Seconde Guerre Mondiale. On peut d'ailleurs s'amuser à retrouver ça et là des scènes souvent imitées dans les années 70 et 80... Si le premier film de Rappeneau est prévisible et consensuel, il n'en demeure pas moins qu'il présente beaucoup de qualités comiques, auxquelles s'ajoute le talent de comédiens illustres (Noiret, Deneuve, Brasseur père). Un film sympathique, dont la copie gagnerait tout de même à être rénovée.
Comédie sur l’Occupation presque aussi démagogique que la moyenne du genre mais moins caricaturale que celles jouées plus tard par les comiques vedettes patentés (De Funès, Bourvil, etc…). Le comique est plus fin, le cotée sentimental est réussi, avec la légèreté des airs de Michel Legrand. Ça se regarde avec plaisir.
Un bon moment de cinoche. L’action se passe quelques jours avant le débarquement de 1944, dans le Calvados, et on suit les pérégrinations d’un couple, joué par Catherine Deneuve et Philippe Noiret (1966), dans un château et une France occupée. Les seconds rôles sont truculents (Pierre Brasseur notamment) et le ton général est à la légèreté, avec les amours pour la belle Catherine d’un résistant français et d’un officier allemand. De la petite histoire dans la Grande Histoire traité avec plein de tendresse et d’humour. Vraiment à voir (même si c’est en noir et blanc).
Tiens donc, Jean-Paul Rappeneau...il y avait bien longtemps que je n'y étais pas venu ou revenu. Il faut dire que je ne suis pas, à l'exception du "Sauvage", le plus grand admirateur de son cinéma. Pour ce qui est de cette "Vie de château", son premier film, on y retrouvait déjà les éléments propres à son style. Mais l'on se trouvait également face à un film, jeunesse et inexpérience faisant que, qui avait du mal à trouver pleinement son identité. D'abord pure comédie alerte dans sa première partie, avant de prendre un ton plus sérieux, rythme plus pataud à l'appui, dans la deuxième. En bout de piste, on retient principalement le jeu de certains acteurs, Philippe Noiret et Pierre Brasseur d'abord. Car pour ce qui est de Catherine Deneuve, et ça n'est un mystère pour personne, elle n'a jamais été, à une ou deux exceptions près, à son aise dans le registre de la comédie.
La Vie de Château (Rappeneau 1966) rassemble des comédiens pétillants qui n'ont pas la grosse tête et jouent avec conviction : Deneuve (encore sans tics, sans son petit air méprisant que lui donna plus tard le succès et toute fraîche, dans un de ses premiers rôles juste après Répulsion et avant Les Demoiselle de Rochefort), Henri Garcin (grand acteur de théâtre hollandais), Noiret (sortant nonchalant et pourtant séduisant du TNP de Jean Vilar) sans compter Pierre Brasseur . Les dialogues et le scénario sont amenés à la perfection par Daniel Boulanger, Alain Cavalier et Claude Sautet (excusez du peu): un châtelain de province nonchalant et semble-t-il naïf laisse sa jolie et jeune épouse qui rêve de Paris flirter avec un beau résistant français. Va-t-elle céder ? Sur une musique enivrante de Michel Legrand le film est mené (et monté) tambour battant. C'est un sommet de la comédie française. C'est même tout simplement à l'égal de certains Lubitsch et Capra un des sommets de la comédie au cinéma.
C'est une belle réussite que signe Jean-Paul Rappeneau dès son premier film. Assez novateur pour l'époque, La Vie de chateau est un divertissement haut de gamme, porté par des comédiens très différents et tous les trois en état de grace. Sans être un fanatique de Catherine Deneuve, je reconnais qu'elle est ici excellente, touchante dans son insouciance. Philippe Noiret et Pierre Brasseur sont eux, bien sur, impeccables, tout comme Henry Garcin. Mais c'est surtout la légèreté de ton qu'on admire ici, alors que le contexte aurait pu être particulièrement dramatique. Mais bien au contraire, Rappeneau préfère prendre cela avec de l'humour et de la subtilité, et c'était une bien belle idée. Bref, c'est une belle réussite que cette vie de chateau, qui mériterait sans aucun doute d'être redécouvert. Savoureux.
Un très beau film, injustement méconnu. Il est evident que la légèreté du film ne sera pas appréciée par le plus grand nombre, surtout sur un sujet comme la guerre. Mais ce film est réellement raffraichissant, et toujours impeccablement maitrisé. Philippe Noiret joue à merveille, tout en humour nuancé, les allemands paraissent cependant assez caricaturés, dommage de ne pas avoir travaillé d'avantage le personnage allemand. Cette oeuvre intelligente fut récompensée par le prix Louis-Delluc en 1966. Une première oeuvre qui annonce le bel avenir du réalisateur Jean-Paul Rappeneau.
Le film est sympathique mais passé le début, alors que justement l’action s’étoffe, on se noie dans les petits événements et les personnages qui vont dans tous les sens. J’ai également l’impression d’être devant une « grande vadrouille » statique!!!! Pas mal mais sans plus malgré un très beau générique de début.
Le premier film de Jean Paul Rappeneau est une farce bien innocente à tendance vaudeville dans le nord de la France qui attend le débarquement. Avec un Philippe Noiret qui trouve un nouveau rôle de grand bourgeois un peu rêveur et une Catherine Deneuve qui trouvait un rôle plus comique qu’au début de sa carrière. C est bien mené, les seconds rôles sont savoureux; c est plus amusant que drôle et on peut lui reprocher un petit côté désuet.
Pour son premier film, Jean-Paul Rappeneau met en scène un marivaudage sympathique sur fond de débarquement des Alliés dans un château normand occupé par les Allemands, soutenu par un récit bien rythmé et porté par des comédiens en pleine forme !
D'abord une comédie où un couple de châtelains s'echarpe au quotidien, emmené par le personnage capricieux habité par C. Deneuve. Puis, sur fond de seconde guerre mondiale la tournure des évènements plus grave devient une réflexion autour de l'engagement et de la résistance. La galerie de personnages secondaires, à l'image de M. Marquet, est désopilante. Un film de Rappeneau avec sons sens du rythme, qui mérite d'être redécouvert.