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inspecteur morvandieu
89 abonnés
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0,5
Publiée le 15 juin 2025
Le préambule du film donne le mode d'emploi du huis-clos qui s'annonce : les deux espions qui se rencontreront dans une cabane en Normandie occupée seront anglais et allemand, ou bien deux anglais, ou alors deux allemands...De quoi entretenir un face-à-face tout en ambiguïté et duplicité. L'étrangeté et l'affectation de la réalisation de Robert Hossein confine au grotesque. Quand bien même on verrait dans la relation délétère entre Hossein et Marina Vlady, les deux espions donc, une parabole sur le couple, ses hauts et ses bas, les mensonges et la défiance, la forme théâtrale et tragique du film est déjà en soi une insupportable épreuve. Le metteur en scène passe une heure à maintenir un suspense indifférent relativement au camp auquel appartiennent l'homme en uniforme de la Wehrmacht et la très jeune femme en joli pull décolleté, lesquels ne peuvent s'empêcher de spoiler: coucher ensemble et de s'aimer en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. On est dans l'abstraction pompeuse, vaguement intello. Qu'est-ce que c'est maladroit ! Hossein joue les beaux ténébreux comme toujours; Marina Vlady minaude comme habituellement, prend des poses, coiffe sa longue chevelure blonde; elle est une actrice limitée, trop jeune, et elle est ici terriblement mauvaise. A sa décharge, le rôle est très mal écrit. En plus, elle est filmée ostensiblement par Hossein comme une beauté, une icône, ce qui ne s'impose vraiment pas dans l'esprit du sujet. Et il faut voir cette brutale spoiler: paire de claques -émanation d'un cinéma largement macho- que reçoit l'espionne, pas rancunière, qui se blottit aussitôt dans les bras de l'homme, considérant sans doute la correction méritée. Anecdotique mais caractéristique du cinéma déjà vieillot de Robert Hossein, de ses personnages théoriques et faux.