1308 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
111 critiques spectateurs
5
25 critiques
4
49 critiques
3
23 critiques
2
8 critiques
1
2 critiques
0
4 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Starwealther
107 abonnés
1 319 critiques
Suivre son activité
3,0
Publiée le 19 juin 2021
"Que la bête meure" reprend un scénario vu à de nombreuses reprises, le désir de vengeance d'un père dont on a tué le fils. Celui-ci a été renversé par un chauffard lorsqu'il revenait de la plage. Tout le film est une sorte d'enquête menée par Charles Thenier (Michel Duchaussoy) afin d'éliminer l'assassin de son enfant. Il découvre par hasard que c'est Paul Decourt (Jean Yanne), un garagiste de Quimper, qui est le coupable. Cet être se révèle être absolument abominable et cruel, d'une méchanceté sans pareil. Malgré de bons acteurs, le filme patine un peu, on reste sur notre fin, ce thriller hitchcockien ne passionne pas vraiment. Comme d'habitude, Claude Chabrol a tourné cette oeuvre en province et il nous fera découvrir des paysages de toute beauté de la côte bretonne.
Année faste pour Claude Chabrol que 1969, où il signa l'un de ses meilleurs films "Que la bête meure". Adapté d'un roman noir de Nicholas Blake, celui-ci traite du thème de la vengeance en contant l'histoire d'un père prêt à tout pour retrouver le chauffard ayant renversé mortellement son fils. Chabrol, accompagné de son fidèle scénariste Paul Gégauff transposent l'intrigue du roman en Bretagne afin de représenter la bourgeoisie de province chère au cinéaste. Celle-ci distille une série de scènes individuelles ou collectives parfois grinçantes. Tous remarquablement dirigés, les acteurs sont époustouflants, à commencer par un magistral Jean Yanne. Une oeuvre complexe, fine, au final particulièrement réussi. Passionnant.
En 1969, Claude Chabrol signe un film sombre relatant une histoire de vengeance froidement exécutée. Un père (Michel Duchaussoy) ayant perdu son fils dans un accident de voiture, décide de retrouver le chauffard. Ce dernier s’avère être un salaud de la pire espèce (avec une prestation éloquente de Jean Yanne). La violence du propos est avant tout intériorisée. Cette lecture singulière rend le personnage principal tout autant sympathique (on comprend ses motifs) que déstabilisant (on accepte moins son procédé immoral). Le réalisateur maintient habilement cette ambiguïté créant ainsi un thriller psychologique original. Bref, malgré quelques scènes clairement loupées (le journal télévisé par exemple), on ressort lessivé par ce drame intense.
Un enfant se fait tuer par un chauffard. Le père endeuillé se jure de retrouver le coupable et de le tuer. L'histoire est aussi simple que cela mais avec Chabrol aux commandes forcément c'est savoureux. Une montée en puissance, une mise en scène ultra soignée et surtout Jean Yanne magnifique dans le role du chauffard méprisable et détestable. A voir.
De suite on est happé par la tragique histoire d’un père dont le fils est mort renversé par un chauffard qui n’a pas été retrouvé. La narration nous met immédiatement dans le bain, avec le journal rédigé par le père en quête de vengeance. Ce journal est bien écrit et percutant. Il amène du rythme au récit. Il y a quelques scènes cultes notamment la fameuse scène du repas au cours duquel Jean Yanne s’emporte violemment contre sa femme car il n’apprécie pas sa cuisine. Par contre je me demande si ce n’est pas trop simple que ce personnage soit si abject dans tous les aspects de sa personnalité, cela facilite la volonté de vengeance du héros, sans état d’âme. Le rapprochement avec le fils de Jean Yanne est aussi trop idyllique. En outre, la fin du film n’est pas hyper claire. J’ai malgré tout globalement aimé ce film au cours duquel la tension est maintenue tout le long.
Très grand Chabrol qui nous offre une histoire tragique et subtile aidée d'interprètes fabuleux (Yanne en salaud est parfait). La froide et implacable vengeance est mise en scène avec brio où se confrontent de subtils sentiments.
Cette œuvre de Claude Chabrol, l’une de ses plus connues, est aussi l’une de ses plus étranges, tant le cinéaste se plaît à nous plonger dans une histoire peu réaliste, peuplée de personnages volontairement peu nuancés. La figure de Jean Yanne, en être absolument abject incarnant le mal absolu, symbolise a elle seule le parti pris du film. Étonnant et plutôt intéressant.
A la fois fascinant, dérangeant et haletant, le film de Chabrol est un bijou de tragédie. Le réalisateur nous dépeint ici une vengeance tragique et désespérée filmée avec brio et simplicité. Au-delà de raconter l'histoire d'un père rongé par la haine, il dépeint avec férocité et finesse une petite bourgeoisie engoncée et une famille tyrannisée par un personnage profondément dégoutant. La perversité de l'histoire dérange, et les relations entre les personnages sont fascinantes. Le cinéaste excelle dans tous les domaines et parvient à instaurer un suspense insoutenable et une atmosphère qui lui est particulière, laissant au spectateur le soin d'en tirer les leçons qu'il voudra. Pour finir, Duchaussoy est habité par la haine et son désir de vengeance et Jean Yanne est terrifiant de vérité.
Que la bête meure est le chef d'oeuvre de Claude Chabrol, période année 60/70. Magistralement interprété grâce à la rencontre de deux acteurs hors du commun (Michel Duchaussoy, dont la carrière n'est pas à la hauteur de son talent et Jean Yanne en pourri taillé dans la pierre brute), c'est surtout la rencontre entre ces deux personnages qui est exceptionnelle et juste. Au départ, des personnages bien ancrés dans le positif et le négatif, ils deviennent ensuite plus ambigus ; le comportement de vengeur solitaire du père de la victime semble se diriger vers un côté un peu pervers tandis que le garagiste n'est que trop humain. A noter aussi, dans le rôle du policier, un Maurice Pialat étonnant. Caroline Cellier joue merveilleusement un personnage à plusieurs facettes. Le film bénéficie d'une écriture de scénario et des dialogues étonnants d'intelligence et plein de références littéraires (la tragédie grecque) et écologiques (la pollution est un mal mondial). Paul Guégauf a fait un superbe travail et se site même en écrivain du Nouveau roman. Chabrol montre ici aussi son scène de la mise en scène à travers des plans génialement découpés (les scènes dans la demeure du garagiste par exemple ; le modèle sera repris dans une autre réussite en 2000 : Merci pour le chocolat). Le cinéaste privilégie les plans larges. L'émotion submerge ce film brillant, baigné par une musique lancinante. Les scènes d'errances automobiles de l'écrivain dans la campagne bretonne sont totalement maîtrisées. De plus, Que le bête meure n'est pas dénué d'humour noir (voir les scènes de découpage du canard au restaurant quand la télévision apprend la mort du garagiste, les personnages lors de la discussion avec le commissaire ou les discours culturels un peu vain). C'est pour cette raison parmi d'autres que le film n'est pas sans rappeler le maître Alfred Hitchcock et Que la bête meure reste un film majeur de la fin des années soixante.
Une belle réussite que ce thriller très chabrolien, au scénario réglé comme du papier à musique et à la mise en scène d’une précision aussi cruelle que jouissive. Comme la bourgeoisie de province qu’ils dépeignent, les films de Chabrol sont un peu hors du temps et on a du mal à croire que 25 ans sépare celui-ci de La Cérémonie, une autre de ses plus grandes réussites. Dans les deux cas, j’ai été impressionné par la maîtrise du réalisateur, pris par l’intelligence de son récit, sans pouvoir m’empêcher d’être un peu gêné par la photographie terne et cet univers visuel fait de trench-coats, d’abats-jour roses et de vieilles armoires.
Un revisionnage décevant il me restait le souvenir d'un film assez fort, là j'ai trouvé qu'après une première partie correcte Chabrol n'a pas fait dans la dentelle en introduisant sans nuance le personnage de Jean Yanne, on aurait aimé aussi un affrontement plus long et intense entre les 2 acteurs très bons par ailleurs, surtout que la fin s'avère assez faible avec un retournement de situation mollement emmené.
Dès les premières minutes on sent que l'on va voir un très bon film. Mélange de drame sur le deuil et polar sur l'auto-justice filmé avec tact et intelligence. Yanne et Duchaussoy, l'un immonde et l'autre écorché sont magnifiques. Les dialogues très fins et sans excès, lumières typiquement bretonne pluvieux et gris augmente encore l'impression de tristesse et solitude. Un des meilleurs film de Claude Chabrol.
Considéré comme un des meilleurs films de Chabrol, "que la bête meure" est, c'est vrai excellent. En résumé, un père de famille dont le fils a été tué par un chauffard qui a pris la fuite, essaye de le retrouver afin de se venger. Le hasard le met sur la piste d'un garagiste fortuné... J'aime beaucoup les films de Claude Chabrol que je considère avec Rohmer comme les deux meilleurs réalisateurs de la nouvelle vague. Cependant, je dois reconnaître avoir été un tout petit peu moins impacté par "que la bête meure" que par d'autres réalisations de Chabrol. Je pense que le casting y est pour beaucoup. Si jean yanne est excellent , Caroline Cellier, n'a pas et de loin, un charisme comparable à Stéphane Audran. Cellier, fait partie de ses actrices qui se bonifient avec le temps. Quant à Michel Duchaussois , il me semble un peu trop fade à côté de Yanne. Selon moi, un excellent film mais pas un chef-d'oeuvre du niveau de "le boucher" de "la femme infidèle " ni même de "les cousins" pour ne citer que ceux là. Maurice Pialat qui joue un rôle clef à la fin du film, choisira Yanne peu de temps après, pour jouer dans "nous ne vieillirons pas ensemble " à mes yeux chef-d'oeuvre de Pialat. Yanne y montrera alors toute la palette de son talent ,dans ce qui reste selon moi, son plus grand rôle.
Un bon cru de Chabrol, plus étoffé que la moyenne de sa filmo surestimé, hybride de thriller, mélo et drame psychologique. Le propos est comme d'habitude un peu surligné, mais le pitsch percutant bénéficie d'une mise en scène intelligente - et non pas, comme dans "Masques", d'une plate mise en image.