Un très grand film de Chabrol , de sa fameuse « décennie d’or », où il fera tous ses meilleurs films : « Le Boucher » , « les Noces rouges », « les Biches » . .
Une superbe mise en scène, des plans très soignés, une certaine fulgurance et en même temps une pureté , une sobriété presque Bressonienne. Peut- être sa plus belle mise en scène . Ensuite ce scénario machiavélique, avec un personnage horrible, un vrai méchant, un beauf, mais que Jean Yanne arrive à nous faire « aimer » , à le comprendre . Et ce duel avec Michel Duchaussoy, ici excellent, probablement son meilleur rôle au cinéma , qui tient parfaitement dans ce face à face avec Jean Yanne , une confrontation dantesque, pour cet homme ravagé par la douleur face au bourreau. On se demande alors pourquoi il n’a pas fait une plus belle carrière au cinéma.
La toute jeune et très belle Caroline Cellier, qui fera une très belle carrière, . son César pour son superbe rôle dans « l’Année des Méduses » d’une beauté sublime, chic et ultra-sensuelle. L’apparition de Pialat en enquêteur très futé, est aussi un must.
Des scènes absolument culte, comme la scène d’ouverture avec ce découpage/montage au couteau, à étudier dans les écoles de cinéma, proche de la perfection, qui annonce l’accident , accompagné par une musique stressante. La bagarre physique sur le petit voilier, quand les deux personnages dévoilent leur jeu. Inattendu. L’apéritif dans la maison du garagiste, avec des dialogues de haute volée ciselé par Paul Gegauff, avec des bavardages, sur le monde qui se détériore, l’écologie , la corruption, la politique, totalement intemporel et actuel , alors que l’on est en 1969, qui l’on pourrait faire un copié/collé en 2026.
Et bien sûr toujours cette musique originale de Pierre Jansen, formidable, qui rajoute une dimension dramatique et accompagne parfaitement le découpage de la réalisation.
Une œuvre majeure de Chabrol, envoutante du début à la fin,