Pedro Almodovar nous plonge dans ses atmosphères madrilènes avec une histoire qui nous prend bien. Les deux acteurs principaux sont jeunes et plein de vie. Aussi peu réaliste est le film, autant ile nous fait partager un moment distrayant. PLV : un film coloré qui nous plonge...ailleurs
J'ai vu peu de critiques positives, j'attribue cela au fait que soit on aime pas le style Almodovar, soit la traduction française est mauvaise. Il faut voir ce film en VOST, sinon on perd l'essence et tout le piment de l'Espagne. C'est pour moi le meilleur Almodovar avec "En chair et en os". Il est drôle, original sans en faire des tonnes, léger, dramatique. Le syndrome de Stockholm révisé par Almadovar à la sauce érotique. Génial!
Fou amoureux d'une actrice célèbre, Ricki l'enlève et l'attache à son lit pour lui prouver la pureté de son amour et espérer qu'elle aussi chavire. Une histoire d'amour à la sauce Almodovar c'est forcément différent et osé. Séquestrer une femme pour encourager son amour... N'importe qui pourrait se planter avec une histoire pareille, mais Almodovar a suffisamment de folie maîtrisée pour donner au film un aspect conte de fée décalé et déjanté. Les acteurs sont exceptionnels. C'était un autre élément indispensable à la réussite du projet. L'alchimie des deux est flagrantes. Victoria Abril en hystérique sensible, et Antonio Banderas en jeune amoureux excessif. Un classique dans la filmo d'Almodovar.
Les débuts de Banderas. Une Victoria Abril superbe dans un rôle trèe spécial. J'ai pas trouvé ça excellent tout de même. C'est du Almodovar.C'est spécial.
Attache-moi est un film que j'ai pris plaisir à regarder. Le film est assez troublant, on ne sait au final pas trop quoi penser de toute l'histoire. J'ai bien aimé cette façon originale dont Almodovar avait de raconter l'histoire (d'une certaine façon ce film illustre bien le syndrome de Stochkolm). Le duo d'acteur fonctionne bien. Almodovar parvient à la fois à faire un film avec des moments de tensions, et d'autres au contraires plus émouvants. Différentes touches d'humour ponctuent son film ce qui est loin d'être désagréable.
L'histoire est marrante et la façon de filmer d'Almodovar est toujours aussi bien. Pas grand-chose de bien constructif à dire. Les personnages sont assez marquants, et le final intéressant car je ne m'imaginais pas ça du tout. Le scénario fait un tantinet classique mais se tient bien avec justement ce final. Banderas n'est pas spécialement un acteur que j'aime mais là j'avoue que je l'ai trouvé pas trop mal.
Après un début que je trouve en dessous de ce qu'à pu faire Almodovar en général, le film gagne en sensualité, en beauté, en intérêt avec les minutes, pour livrer au final un film juste magnifique, comment ne pas dire que cette fin n'est pas magnifique. C'est certes moins desespéré que la loi du désir par exemple, mais qu'est ce que c'est beau. Le talent des acteurs n'y est pas pour rien. De plus le film accumule les références hitchockiennes pour mieux jouer et tromper le spectateur. Vraiment un très bon film.
histoire d'amour étrange et colorée entre un Antonio Banderas obsessionnel et une Victoria Abril cédant peu à peu à son kidnappeur. Les thèmes de Pedro Almodovar sont présents : passion dévorante, possession, jalousie, violence des rapports amoureux, dévouement..Le film d'abord truculent devient peu à peu baroque et émouvant. Quelques maladresses toutefois, Almodovar affinera son style dans ses films suivants.
Je viens de le voir en français malheureusement mais c'était tout de même très bon. Antonio Banderas qui joue vraiment finement son personnage de "fou mais pas trop quand même", avec une espèce de puissance animale qui ne demande qu'à exploser. L'ambiance est excellente, comme dans beaucoup de film de Pedro où l'on retrouve cette magie particulière qui fait que des personnages étrangers l'un à l'autre deviennent immédiatement proches en un mot ou un geste. Et sans que ça paraisse incongru en plus!
Limite deux étoiles car réelement l'histoire n'est pas extraordinaire, trop convenue. Mais que voulez vous, ce film décousu, déjanté, joyeux, plein de personnages extraordinaires dans une symphonie de couleur nous enchante, et finalement prend sa troisième étoile.
On a connu Pedro Almodovar plus inspiré. Il nous livre une comédie avec le duo Victoria Abril / Antonio Banderas (tout jeune). L'un séquestre l'autre par amour non réciproque dans une ambiance très kitch. Quelques bons gags, mais l'ensemble est très décousu. Bof !
Almodovar fonde son oeuvre sur une hystérie des couleurs et des caractères non sans parfois omettre la vitalité intrinsèque à l’art du cinéma. Dans «Atame !» (Espagne, 1990), une actrice de série B se fait séquestrer chez elle par un ancien client psychotique de l’époque passée où elle était prostitué. Le fait de séquestration, a priori enclin au drame, est dévoyé sous le regard d’Almodovar pour devenir caustique voire romantique. Les coups portés au corps, les mains liées au fer, les visages tuméfiés par la violence ne sont pas des objets du drame mais plutôt des respirations placées entre des relations ironiques. La victime voit progresser ses sentiments à l’égard de son bourreau de façon grossière. A l’instar des couleurs criardes qui occupent les lieux et colorent les tenues, la psychologie des personnages est aussi épaisse. C’est là que réside le principal défaut des œuvres d’Almodovar, dans le débordement outrancier de l’esthétique et des sentiments. Cris stridents, débits de paroles accélérés, vulgarités banals, murs aux couleurs fluo. Almodovar cultive un goût pour la profusion, Fellini fît de même. A la différence que le cinéaste italien, pour traduire ces excès utilisaient les multiples dispositions offertes par le cinéma. Almodovar, à quelques brèves exceptions, s’en tient à une frontalité directe qui renvoie immédiatement à l’inclination du spectateur au théâtre. Pourtant le soin évident avec lequel Almodovar arrange le monde qu’il filme prouve qu’«Atame !» n’est pas exempt de mise en scène. Il n’empêche que sa caméra semble condamner à ne capter les visages et les actions que de face. Cette tendance trouve sa source dans la fascination que le cinéaste voue aux icônes et à leur frontalité. L’indice est laissé dès l’introduction lorsqu’un travelling arrière révèle une série d’icônes de Jésus et Marie. «Attache-moi !» pourrait être l’injonction qu’Almodovar semble entendre du réel, lui qui fait du cinéma comme une aliénation.