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Matthieu F.
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3,5
Publiée le 21 mars 2015
En visionnant "L'Ange Bleu", je n'ai pas pu m'empêcher de faire le rapprochement entre Lola Lola (Marlène Dietrich) et Nana, du célèbre roman éponyme d'Emile Zola : l'histoire d'une femme naturellement fatale, désirée par les hommes et s'en lassant après plusieurs années. Toutefois, une grande différence existe entre ces deux personnages : Lola Lola semble réellement attachée au maladroit Professeur Rat. Cette première collaboration entre le réalisateur Josef von Sternberg et Marlene Dietrich fera de cette dernière une grande star hollywoodienne ; cette dernière "crève" d'ailleurs l'écran, femme sulfureuse au talent exceptionnel. De manière anecdotique, il semblerait que ce film soit également le premier film parlant tourné en Allemagne ! Pour ces deux raisons, "L'Ange Bleu" est un film culte à ne pas rater !
Von Sternberg nous montre comment l'homme peut se détruire pour une femme dans ce film superbe qui commence par des accents de comédie et finit par le pathétique lorsque le Professeur (interprété par l'immense Emil Jannings) est forcé à faire un numéro de clown sur scène devant ses anciens collègues et élèves qu'il a quitté pour Lola Lola (Marlene Dietrich, plus sensuelle que jamais), chanteuse de cabaret aguicheuse. Le drame vient du fait que c'est le Professeur qui a foutu sa vie en l'air tout seul pour une de ces filles comme on en croise dans tous les cabarets. Si la gestuelle des acteurs a pris un coup de vieux (le parlant n'était qu'à ses balbutiements), le film en profite pour en tirer également sa force.
Une bizarre représentation de ce qui devait être la vie à l'époque, et qu'on ne peut plus voir aujourd'hui, hélas, que comme une fiction particulièrement déprimante. Étonnant que le film ait marché en son temps, car il ne respecte pas les critères bon enfant et musical des œuvres de cette âge. Musicalement parlant, le film est d'ailleurs très pauvre. Du gâchis à l'inauguration du parlant.
Un classique, bien sûr, et à juste titre. La mise en scène de Josef von Sternberg, emblématique de lécole expressionniste, est entrée dans la légende par sa densité, sa perfection formelle, son art de la composition des plans et sa maîtrise incomparable de la lumière. La lumière: voilà un domaine où les maîtres allemands de la première moitié du siècle (les Murnau, Pabst, Lang, Lubitsch, von Sternberg...) nont jamais, mais alors jamais été égalés. Cette perfection de joaillier ne doit pas masquer la noirceur du propos et lintensité du drame. Quelle déchéance que celle de ce professeur de lycée attiré par le miroir aux alouettes dune jolie actrice de cabaret, qui renonce à tout pour elle et, ruiné et ridiculisé, reviendra dans un dernier sursaut mourir dans son ancienne classe! Il fallait un acteur de la trempe dEmil Jannings pour incarner tout à la fois, et avec autant de conviction, le pédagogue sévère, lamoureux transi et le clown pitoyable broyé par son humiliation. Marlene Dietrich est parfaite : grande actrice et aussi grande chanteuse, dominant de sa gouaille et de son déhanché lunivers bariolé dune troupe où étudiants en goguette, danseuses grassouillettes (cest la norme de lépoque), spectateurs lubriques et directeur magicien se croisent et sentrecroisent bruyamment. Une telle vie, un tel théâtre nont plus cours de nos jours au cinéma. Il nous reste des films comme "Lange bleu" pour comprendre ce qua été cet âge dor et espérer quun jour...
En incarnant le personnage de Lola Lola, une chanteuse de cabaret qui entraîne dans la déchéance un respectable professeur de lycée, Marlène Dietrich qui était alors une débutante vola la vedette à la star allemande de l’époque Emil Jannings pourtant excellent dans le personnage du Professeur Rath, le héros malheureux du roman de Heinrich Mann (frère de Tomas Mann) dont le film s’inspire. Par la suite, Marlène Dietrich grâce à ce rôle dans ce film incontournable de l’histoire du cinéma deviendra un mythe tandis qu’Emil Jannings fera allégeance à Hitler en devenant un grand acteur du cinéma nazi dans des films de propagande. L'Ange bleu est le nom de la boîte de nuit où s’exhibe la chanteuse Lola Lola, et dont le professeur puritain est venu prendre en flagrant délit de débauche ses élèves mais au lieu de cela, il succombe aux charmes de la belle à en devenir fou amoureux d’elle, ce qui entraîna par la suite pour lui une lente descente aux enfers. Même si les personnages sont a la limite de la caricature, ce film cruel mais poignant peut se voir comme comme une fable universelle illustrant à la fois un pouvoir de séduction, le désir et la passion destructrice touchant un professeur, victime de ses propres désirs, apparaissant si autoritaire au lycée et semblant en même temps être déconnecté de la vie. Car face à celle-ci, il se retrouve totalement désarmé face à une femme d'un style nouveau pour lui, belle et enjouée, qui a compris qu'elle pourrait faire ce qu'elle voudrait de cet homme, tant qu’il serait dans l’admiration. Ainsi le professeur à travers cette relation de dominance découvre les sentiments contradictoires d’amour et de haine et dans sa chute finit par être marginalisé aux yeux de la société. A noter également que cette satire des mœurs fut un des premiers grands succès du cinéma parlant en Allemagne.
Malgré une première partie plutôt fatigante, l'oeuvre de J.von Sternberg décolle dès lors qu'elle laisse de l'espace à l'impressionnant E.Jannings. Un film à l'apogée superbe.
Remarquable mise en scène de Josef von Sternberg pour un film qui, dans l'histoire du Cinema, n'a rarement était aussi loin dans la retranscription de la déchéance humaine. La manière dont on voit le destin de ce professeur cultivé et autoritaire devenir une sorte de loque vivante et une bête de foire est saisissante et nous prend réellement aux tripes (notamment lors de la scène finale où il se retrouve face à ses élèves ! Quelle cruauté !). Marlène Dietrich, pour son 1er grand rôle au Cinema, est incroyable dans son interprétation de femme fatale. Dans une des scènes les plus marquantes du film, elle en vient même à tromper son mari quasiment devant ses yeux... La férocité de Dietrich et la justesse de Jannings font de cette oeuvre l'une des plus accomplies de cette période (début du parlant notamment).
D'un côté Marlène Dietrich, une bien jolie vache déguisée en fleur. De l'autre Emil Jannings, un professeur émérite qui - à force d'encaisser les coups de l'humiliation - se transforme en boulet de canon imprévisible. Entre ces deux personnages : L'Ange Bleu, microcosme social au sein duquel foisonnent les quolibets et autres moqueries du peuple. Avant toute chose, il est important de resituer le film dans son contexte historique : nous sommes en 1929, à l'aube du parlant, et l'Allemagne est en crise. Même si Hitler ne sera élu chancelier que quatre années après le film de Joseph Von Sternberg, on sent déjà un profond malaise social évoquant la discrimination raciale ( difficile de ne pas y penser face à la déshumanisation du professeur, traité de mal en pis au fil du long métrage ). En parallèle à ce contexte, on retrouve dans L'Ange Bleu l'héritage de l'expressionnisme allemand : la distorsion des décors et les éclairages contrastés en sont la preuve. L'oeuvre de Von Sternberg jongle en permanence entre cet héritage et la prescience d'un avenir totalitaire. En cela, L'Ange Bleu est un film charnière, définitivement daté, mais d'une noirceur émouvante. Même si le cinéaste allemand aurait pu davantage approfondir l'épaisseur de ses personnages ( le plus souvent réduits à la caricature ), il signe là une mise en scène délectable en termes de détails. Un très bon film, à voir absolument : un classique.
Porté par une Marlene Dietrich divine, le mythique L'ange bleu est une tragédie - même si la première partie contient de nombreux éléments comiques - racontant l'histoire d'un professeur respectable qui va tomber amoureux d'une danseuse de cabaret, et se laisser entraîner dans un terrible cycle de déchéance. Première collaboration de von Sternberg avec Dietrich, premier rôle majeur de cette dernière, premier film parlant allemand : ce long-métrage puissant a clairement fait date dans l'histoire du cinéma. Interprétée dans une séquence culte, la chanson "Ich bin von Kopf bis Fuss auf Liebe eingestellt" est d'une sensualité folle et reste en mémoire durablement. Un chef-d'œuvre.
Somptueuse adaptation de l'ouvrage écrit par Heinrich Mann, Professeur Unrat, Der Blaue Engel reste un chef d'oeuvre du septième art. Il est aussi le premier film allemand parlant de son histoire, avec à l'affiche la merveilleuse Marlene Dietrich et le talentueux Emil Jannings. Renversant, il interprète un professeur des écoles au caractère complexe, dissimulant, tout en nous déverrouillant petit à petit, les divers cadenas d'une exploration psychologique dérangeante, dans lequel il est l'étude par le réalisateur, priorité du spectateur. Au tout début, il nous donne l'apparence d'être un homme comme un autre, bien qu'autoritaire et froid, représentant ce qui peut sembler conforme à l'attitude d'un tel invididu. Ses élèves le méprise, c'est un être solitaire. Un jour, il découvrira par l'intermédiaire du souffre douleur de sa classe qu'une partie d'entre eux se rendent à l'Ange Bleu, cabaret en total opposition avec les principes moraux de ce maître de l'éducation. Il s'y rend, tombe malencontreusement sous le charme de sa vedette de spectacle, Lola Lola. Il est important de souligner que le rôle de Marlene Dietrich a fait polémique à l'époque, notamment pour la scène où elle se pose sur un tonneau en chantant. Comble intellectuel absolu, Immanuel Rath se marie avec ce monstre de l'exhibition. Ce changement psychique brutal explose les principes rigoureux de cette victime de l'amour. Le drame est fatal. En outre, cette relation amoureuse reste ambigue. Au début heureux, la liaison perdure dans le temps, s'essouffle, se meurt. Devenu clown, le contraire de ce qu'il était avant, c'est-à-dire sérieux, pour devenir vulgaire, de ce personnage détruit par le piège de l'amour. Lorsqu'il reviendra pour jouer dans son village où il enseignait jadis, humilié par la population et rejeté par sa femme, il meurt, symboliquement, sur le bureau de son ancienne classe. De l'Expressionnisme parlant, rayonnant, éblouissant, pour une peinture de la tragédie amoureuse inoubliable.
C'est incroyablement démodé et mal fait. Il n'y a pas grand chose à tirer de ce mélodrame tire-larmes même pas émouvant. L'histoire pourrait être belle, mais elle est traitée avec tant de simplicité qu'elle en devient risible. Tous les clichés sont là, l'acteur principal est franchement mauvais tant son jeu est outré et à lui seul, il donne envie de tout stopper! La mise en scène est très laide, servie par une photographie qui l'est encore plus. Quand aux longues séquences où il ne se passe rien, ça va deux minutes. Je mets 1 étoile parce que Marlene est là et qu'elle parvient à sauver quelques scènes du riducule. C'est tout.
Réussir l'un des plus grands chef-d’œuvre du Cinéma Allemand en marquant la première incursion du pays vers le Cinéma Parlant, cela relève du génie et l'on attend rien de moins venant du géant Josef Von Sternberg. Ayant encore en mains ses facultés de la période du muet, il exploite à merveille l'expressivité de ses personnages et de ses décors nourris de l’Expressionnisme Allemand qui prennent une tournure irréelle et hypnotique. Emil Jannings et la révélation Marlène Dietrich (magnificence à souligner) se rencontrent pour plonger l'histoire jusque-là comédie vers une virée d'un extrême à l'autre, de l’allégresse à l'horreur perturbante la plus pure (le retour dans le cabaret) vite alternés par des ellipses frontales nous jouissant sans pitié de la misère du professeur. La dernière demi-heure est un bijou de dramaturgie, le sens devient douloureux quand on se rappelle comment tout cela a pu commencer. Du grand cinéma.
Un film tout simplement magnifique sur la passion amoureuse et le monde du spectacle. L'ange bleu est le premier film parlant du cinéma allemand et a révélé Marlene Dietrich au grand public. Travail très intéressant sur la musique du film entièrement intradiégétique, une grande mise en scène de Josef von Sternberg, un Emil Jannings formidable, star sûre du cinéma allemand de l'époque depuis son interprétation dans Le Dernier des Hommes de Murnau et dont la carrière a périclité après L'Ange Bleu. Le film montre un professeur (Emil Jannings) qui va tomber follement amoureux de la chanteuse de cabaret Lola Lola (Marlene Dietrich) et qui va se dégrader jusqu'à sombrer dans la folie la plus totale. Un chef d'oeuvre.
Le nom de l'Ange bleu revient souvent dans les innombrables listes des chefs-d'oeuvre du cinéma. Situé à la frontière entre le cinéma muet et le cinéma parlant, on peut percevoir une certaine esthétique expressionniste, des décors jusqu'aux éclairages en passant par les acteurs, qui semblent avoir conservé leurs mimiques d'antan. Une configuration paraît maintenant plutôt vieille, ne sachant pas réellement où se situer. Si la déchéance de ce professeur (Emil Jannings, brillant) se révèle répétitive et parfois même ennuyeuse à la longue, elle atteint cependant des sommets de fulgurance lors d'une dernière demie-heure cruelle et superbe à la fois, à l'instar de l'aguicheuse Lola Lola, interprétée par la ravissante Marlene Dietrich. En bref, Josef von Sternberg réalise une fable émouvante et très belle qui ne déçoit essentiellement que par ses longueurs et son manque de rythme.
Un professeur de lycée, Emmanuel Rath (Emil Jannings), qui subit les railleries de ses élèves, va rencontrer dans un carabet miteux Lola Lola (Sublime Marlene Dietrich), la star de "L'Ange Bleu", dont les éleves de sa classe raffollent aussi. Alors qu'il cherchait juste ces chenapans, il va rapidement tomber sous le charme de Lola... Ce fait va lui redonner confiance, et lui faire totalement oublier les mondes sombres du Lycée et du celibat ou il etait plongé auparavant. Tout ça pour finalement le mener a sa perte. Fallait-il faire confiance a l'amour ? Tout ca c'est le programme de ce premier film allemand parlant; porté par une interpretation exceptionnelle et une magnifique mise en scène... Mais on peux reprocher la certaine longueur du film, qui s'installe vers le millieu du film, pour enfin s'arreter a la fin, aqui se révele plutôt incroyable et imprévisible.