Ce film relativement mineur dans la carrière de John Huston est néanmoins un excellent film d'espionnage au rythme trépidant et excellemment interprété par Newman, dont on pourra juste regretter cette longue et inutile scène de poursuite automobile. Loin du stéréotype de 'l'espion propre", Huston dépeint un espion certes super entraîné, désinvolte, mais sans respect pour la vie humaine spoiler: (il propose un moment à sa collègue de supprimer quelqu'un en l'étouffant avec un oreiller) et finalement désabusé, quant à sa collègue, elle ne vaut guère mieux spoiler: abattant froidement dans le dos deux hommes désarmés. Passionnant et inquiétant.
Pendant les deux premiers tiers, c'est du pur John Huston avec ce que cela implique : incisif, inspiré, diablement intelligent et bien amené pour nous prendre dans le sens du poil et nous captiver au plus haut point par les aventures du héros impeccablement interprété par Paul Newman. Dommage alors que sur la fin le film piétine quelque peu, devenant de plus en plus ténébreux dans ses intentions et son scénario, jouant à fond la carte de la paranoïa chère à son réalisateur mais de façon nettement plus maîtrisée dans d'autres de ses œuvres. Et Dominique Sanda n'a clairement pas la carrure face à des pointures telles que James Mason ou Harry Andrews, regrettable pour le seul rôle féminin important de l'œuvre. Le film nous laisse ainsi sur une impression mitigée, et c'est donc vraiment regrettable car avant ce dénouement moyen, ce « Piège » avait vraiment su nous séduire tant Huston est l'un des rares réalisateurs capables d'être aussi virtuose avec un scénario qui serait apparu insipide chez tant d'autres. Cela reste quand même très fréquentable.
On pourrait croire que "The MacKintosh man" lorgne parfois vers "James Bond" mais avec beaucoup moins de bonheur. Heureusement, il reste Paul Newman...
Prenant, violent, vibrant, impitoyable, le film de John Huston réunit trois grands acteurs qui jouent à la perfection leurs rôles, Paul Newman excellent en espion qui en prend plein la figure, Dominique Sanda en espionne intraitable et James Mason dans le rôle d'un homme puissant et corrompu. Le scénario est vraiment très complexe, très bien exploité, très bien traité, propose un rythme rapide et choisit de montrer la violence extrême, le point culminant des espions, ceux qui ne craignent rien, ceux qui se sentent prêts à prendre tous les risques, ceux qui sont insensibles à la douleur. Dans ce monde sans pitié et à la limite du sadisme, les protagonistes sont tour à tour confrontés aux rebondissements multiples qui leur permettent de se sauver ou de se retrouver en mauvaise position. Toujours est-il que ce film montre que les espions sont très cruels entre eux, ce ne sont pas des vertueux, ils ne représentent pas l'ordre ni la loi, ils ne cherchent qu'à atteindre leurs objectifs, ils tuent quand c'est nécessaire, peu importent les moyens mis en oeuvre du moment qu'ils s'en sortent et qu'ils accomplissent leur mission. Les hommes et les femmes de ce milieu ne respectent donc aucune morale, le réalisateur montre qu'il s'agit de personnes sans foi ni loi, ils n'obéissent qu'à leur instinct de survie et leur désir de tuer. John Huston réalise un immense film d'espionnage à mille lieues de la franchise "James Bond". Pourquoi? Parce que le long-métrage utilise des dialogues réalistes, l'humour noir est présent seulement pour la provocation, pas de petites phrases qui ne servent à rien, tout est maîtrisé du début à la fin, le film use de tous les moyens politiques, de toutes les pressions, de toute l'ingéniosité, des psychologies de tous les personnages, le but consistant à mettre à mal le système actuel de la justice. La justice est ici jugée, elle est maltraitée, critiquée, descendue par John Huston qui veut prouver que certains hommes de ce milieu emploient leurs influences pour commettre des crimes impunis et étouffés par tout le système. Il faut noter que c'est la première fois qu'une femme espion est mise en valeur de cette façon, Dominique Sanda est dans le registre des incorruptibles et des intraitables, elle refuse tout compromis. Cette histoire est un mélange d'espionnage et de vengeance personnelle ce qui provoque la flambée de la violence. John Huston réalise un film riche en profondeur en mettant en valeur la femme désirant montrer qu'elle seule est capable de résister et de vaincre. Un long-métrage brillant, puissant, sans temps mort, un grand moment de cinéma!
Un bon film d'espionnage au scénario complexe, porté la présence de Paul Newman, toujours aussi charismatique. Derrière lui, on peut dire que Dominique Sanda est à des années lumières de son niveau, le jeu bien terne de l'actrice est surprenant, elle est pourtant aux cotés de deux grands acteurs, mais ça n'aura pas suffi à la transcender. James Mason, dans un rôle intéressant complète le trio principal du casting. La réalisation de John Huston n'est pas irréprochable, comme les scènes de bagarres, pas spécialement convaincantes, par contre celle de la course poursuite est réussi. Quant à la musique de Maurice Jarre, c'est loin d'être la meilleure de ce célèbre compositeur. Au final on peut dire que pour tout ce beau monde, c'est un film mineur, mais qui se laisse regarder et apprécier.
The Mackintosh Man n'est pas le meilleur John Huston, loin de là (il ne possède pas la puissance par exemple d'un "Quand La ville dort"), mais pour le spectateur ne possédant aucune attente particulière ça reste un honnête petit thriller pas désagréable à visionner. Pour les autres la déception peut évidement se faire sentir. A noter que la présence de Paul Newman n'est pas pour déplaire.
Un film d'espionnage qui se laisse bien regarder, assez prenant, qui tient surtout de l'interprétation magistrale (comme toujours) de l'immense Paul Newman. L'histoire du vol de diamants, de l'accusation à 20 ans de réclusion pour Rearden (Paul Newman), du plan de l'évasion organisé par les Scarperers tinet bienla route. Etant pour l'instant le seul film de John Huston que j'ai vu (du moins en étant conscient que c'était de lui), je ne peux pas comparer avec le reste de son oeuvre, mais je sais que ce n'est pas son plus réputé : et cela dit, ça ne me choque, même si j'ai bien aimé ce n'est pas le film le plus poignant de 1963 (Les Oiseaux et surtout Les Tontons Flingueurs sont à mes yeux meilleurs, et beaucoup d'autres chefs d'oeuvres sont sortis cette année), mais il reste intéressant, sans pour autant figurer parmi les plus prestigieux films d'espionnage du cinéma. A voir pour Paul Newman, si vous aimez John Huston, si vous aimez bien l'espionnage, ou tout simplement si il vous intéresse, bien-sûr !!! Un bon moment à passer tout de même.
ça manque réellement de conviction, heureusement pour Houston que newman assure un minimum dans certaines scènes notamment d'actions car si l'intrigue de départ n'est pas mauvaise le résultat est dès plus quelconque.
Le piège, de John Huston avec Paul Newman, est un film d'espionnage classique basé sur un scénario solide. Le suspens est plutôt bien mené, d'abord appuyé sur l'idée de "qui fait quoi?" pour s'orienter à la fin vers le "pourquoi? pour qui?". Assez classique mais suffisamment dense pour maintenir le spectateur dans l'histoire. Paul Newman et James Mason assurent, mais Dominique Sanda est carrément mauvaise pour moi. Elle et une réalisation étrangement plate de John Huston (sauf la poursuite en voitures) nuisent au rendu final. Un film tout à fait correct, mais qui ne laissera pas un souvenir impérissable. Il y a mieux dans la filmo du grand John Huston.
Une bonne idée de ces dossiers occultes des dictatures de l'Est, & un bon rapport sur l'extrême variation des techniques d’humilation et d'exploitation des forces vives sévissant sous ces régimes, bien souvent passés sous silence: les 2 protagonistes deviennent, peu à peu, des éléments isolés à leur propre système sinon à leur pays; tout cela pendant que la révolution est en marche, et enfin tandis que les postes à responsabilité ne sont offerts que - bien entendu - aux fils & filles des dignitaires du régime.
Le Piège (The Mackintosh Man), 1973, de John Huston, avec Paul Newman, Dominique Sanda et James Mason. Belle musique de Maurice Jarre. Qui dit espionnage dit contre espionnage et qui dit espion dit agent double, voire plus : je suis donc très vite larguée, incapable de décrypter les vrais enjeux des missions ! Il est donc possible que ce soit un bon film. Disons que Newman, qui accepte de voler un petit colis postal bourré de diamants, est délicieusement charmant pendant que Dominique Sanda ballade sa froideur inexpressive, peut-être pour mieux cacher son jeu, ou son double jeu. Mais alors, elle le cache bien ! Les bagarres ne sont pas trop violentes, la prison est le dernier salon où se faire des amis, et les protagonistes de l’affaire qui s’en échappent se retrouvent enfermés (décidément !) dans une jolie maison irlandaise qu’ils ont, aussi, hâte de fuir : on les comprend, la campagne alentours est si belle que se faire la belle (pas Dominique Sanda !) est tentant. En plus, on est tout près de la mer, un petit port charmant avec un bateau qui appartient à un méchant politicien, voire même, espion. Mais que fait la police !!!!
Tout les ingrédients pour faire un bon film d'espionnage sont ici réunis, c'est à dire, scénario ingénieux, acteur principal charismatique et quelques scènes d'action.C'est du classique mais ça fonctionne diablement bien et si on est dans le noir complet pendant les trois premiers quarts d'heure, le film, par la suite, dévoile toute son inventivité dans une histoire vraiment bien tournée et très intéressante.Paul Newman incarne le parfait agent secret avec son charme et son humour dévastateur mais Dominique Sanda est trop limité dans son jeu pour que les deux acteurs forment un couple glamour qui puisse éblouir le spectateur.Les scènes d'action sont bien là par contre, certaines un peu molles(surtout les scènes de combats) mais d'autres sont beaucoup mieux réussies(la poursuite en voiture dans la campagne).Intriguant du début à la fin et se terminant sur un final saisissant qui laisse pantois, "Le Piège" est un film d'espionnage pur et dur qui exploite les ficelles du genre à merveille.Cependant, John Huston s'est contenté de reprendre une recette qui marche sans apporter de nouveaux ingrédients.