Une oeuvre très longue mais qui retranscrit bien l'ambiance anglaise de l'époque, bien que le film ait été tourné en France. J'ai trouvé le jeu de la belle N.Kinski trop fade, mais cela colle toutefois au personnage mélancolique. L'esthétique brute et authentique du film me hantera pour un moment je pense.
"Tess" dresse le portrait d'une femme avec intérêt, notamment avec cette sensation de vie sentimentale bouleversée et ces rêves de femme anéantis, des sujets qui ne seraient pas loin de refléter l'état d'esprit de son metteur en scène à cette période, "Tess" étant le premier film que Roman Polanski réalisa après le drame de sa vie, à savoir l'assassinat de sa femme. Le réalisateur nous fait part d'un belle romance dramatique, toutefois un peu longue, laissant place à certaines lenteurs.
Sauf exception (?) lorsqu'on voit ensemble "Angleterre" et "19ème siècle", on peut s'attendre à piquer un roupillon tout du long... ce qui se confirme ici malgré la présence de l'adorable Nastassja Kinski dont le visage poupin a tendance à nous bercer d'une langueur monotone.
La mise en scène certes soignée mais lente et apathique de Roman Polanski contribue elle aussi à nous plonger dans les bras de Morphée, elle déroule mollement une petite histoire mièvre et misérabiliste qui s'étend inutilement sur des heures entières, nous précipitant encore davantage dans les limbes du sommeil du juste, juste avant de mourir d'ennui.
En conclusion, voilà certainement l'un des meilleurs somnifères que j'ai jamais vus.
LADY D'UBERVILLE. La féline Nastassja Kinski envoûte la caméra de son bourreau Polanski. Un ange gardien pour Tess sur une oeuvre de la littérature anglaise un peu trop longue.
Réalisé en hommage à Sharon Tate et porté par une Natassja Kinski plus belle que jamais, Tess est un film au classicisme assumé et aux nombreuses et indiscutables qualités : décors, costumes, lumières et mise en scène sont superbes. Adaptée de l’écrivain britannique Thomas Hardy, cette histoire de magnifique paysanne poursuivie par un sombre destin et le poids des réalités est simplement éblouissante.
Film que je voulais voir depuis très longtemps et je suis content d'avoir enfin franchi le pas. La première partie est très prenante mais je dois dire qu'à partir du milieu j'ai ressenti quelques longueurs et la fin est un peu laborieuse (le jeu un peu plat des acteurs y fait pour beaucoup !) mais ce qui est fabuleux dans ce film c'est le travail de Polanski sur la reconstitution de l'époque. C'est saisissant et remarquable et plusieurs scènes ressemblent à de vrais tableaux tant la réalisation est parfaite. A voir car il fait partie des classiques mais j'espérais m'emballer un peu plus !!
Polanski a aussi son Barry Lyndon, c'est "Tess". Sublime chronique villageoise de cette jeune fille amoureuse qui croit rencontrer l'amour et qui porte toute sa confiance à son mari en lui confiant ses secrets. C'est douloureux et magnifique. Les regards et les tristes langueurs des amants qui se quittent et se retrouvent. Sensible et mélancolique.
Peu importe que le style de Polanski soit difficilement reconnaissable dans "Tess", tant le film est avant tout une fresque intime passionnante de bout en bout, montant en puissance au fil des minutes. De ces trois heures, qui auraient pu être plombantes si cette histoire avait été racontée par un réalisateur banal, on retient un souffle romanesque vibrant, rendu possible par un sens aigu de l'ellipse et par des changements de focalisation surprenants, notamment dans la dernière heure avec le personnage d'Angel (Peter Firth bouleversant), qui nourrissent le hors-champ. Le drame prend donc une ampleur étonnante grâce à la sophistication de sa narration mais aussi par l'interprétation inoubliable de la sublime Nastassja Kinski, déchirante dans la peau de ce personnage chrétien devenant au fur et à mesure une véritable figure christique, prête à mourir pour essuyer son péché. Il est d'ailleurs très étonnant de voir le changement de regard de Polanski par rapport à la Religion en comparant le fantastique diabolique de "Rosemary's Baby" à une croyance totale envers son personnage dans "Tess". C'est parce que le cinéaste décide coûte que coûte d'épouser les convictions de son "héroïne" (un terme ici plus à prendre comme une convention tant ses actions n'ont pas grand chose d’héroïque), tout à tour absurdes et courageuses, déraisonnées et logiques, que le film gagne en sensibilité et échappe à la froideur glaciale. Visuellement époustouflant, "Tess" est sans aucun doute une pièce majeure dans l'oeuvre de Roman Polanski.
Histoire mélodramatique d'une jeune fille puis d'une jeune femme qui aurait pu faire l'objet d'une mini-série tant elle est longue et complexe. C'est cependant un peu dommage que Nastassja Kinsky adopte un ton continuellement monocorde.
Voulez vous une tasse de tess ! Trois heures éprouvantes pour la copie presque conforme de Barry Lindon, l'émotion, la beauté et l'intérêt en moins. Tess qu'il est. Ce film assez réputé pour être un chef d'oeuvre de Roman Polanski s'amuse plutôt à flirter avec son obsession pour l'innocence des jeunes filles qu'il aime apparemment maltraité dans de nombreux de ses films. Si ce n'est le néant abyssale, la non volonté des acteurs ou bien l'absence véritable d'un scénario intéressant. Tess dispo tout de même d'un décor naturel irréprochable et d'un esthétisme non négligeable dans la variété des scènes se passant en extérieur. Pour le reste...
Tess est une histoire à mi-chemin entre Madame Bovary et un roman de Jane Austen. Le scénario reprend les thèmes de l'ascension sociale et des mésaventures amoureuses. En résulte un récit un peu trop classique mais pas dénué d'intérêt. La plus belle réussite du film est sans doute la révélation de Nastassja Kinski. Non seulement elle possède un jeu d'acteur nuancé et tout en retenue à à peine 18 ans, mais en plus Roman Polanski a capté tout son charme naturel. Cela donne lieu à des scènes toutes simples mais très belles, comme le fameux passage des fraises. Tess fait partie de ces films où on peut dire "Ah, l'actrice est belle dans ce film !". L'autre point majeur du film est la retranscription magnifique de la campagne anglaise, ce qui est d'autant plus drôle quand on sait que le tournage a eu lieu en France. Le film bénéficie d'un soin tout particulier au niveau des couleurs et de l'éclairage, ce qui transcrit à l'écran toute la mélancolie du personnage principal. Certains plans font même écho à de célèbres peintures, en particulier lors des scènes de moisson. On regrettera quand même les errances de Tess qui donnent l'impression que le film n'a pas de réel fil conducteur et qui créent quelques longueurs (j'y étais un peu préparé, le film faisant quand même 2H45). Je trouve également les motivations du personnage d'Angel assez floues et pas très cohérentes. Sans rentrer dans les détails, il y a deux moments où il sa réaction est décisive pour la suite de l'histoire, et c'est tour à tour disproportionné est impromptu. Difficile de voir où il veut en venir. Tess propose quelque chose qui se rapproche du récit d'apprentissage, le déroulement est balisé mais la réalisation tient la route et Nastassja Kinski crève l'écran.
Tiré d'un roman que Sharon Tate avait conseillé à Roman Polanski (d'où la dédicace "To Sharon"), Tess est une belle retranscription de la campagne anglaise du XIXème siècle. Malgré une vision un peu froide (mais volontaire) de la part du réalisateur sur ses personnages et un aspect peut-être un peu trop bavard, il est difficile de ne pas reconnaître la beauté des cadres de Polanski et son travail de reconstitution. De plus, même si on peut avoir un peu de mal à rentrer dans le film au début, Polanski arrive petit à petit à éveiller l'intérêt du spectateur pour le destin exceptionnel de cette femme et pour la description de la condition féminine à cette époque (cela est un peu ironique, notamment pour la séquence de viol, quand on sait que l'affaire Samantha Gailey, futur épouse Geimer, avait éclaté deux ans auparavant). Ainsi, bien que l'aspect posé du film peut un peu rebuter, Tess reste une très belle vision de l'époque victorienne.
Merci à UGC de m'avoir permis de découvrir « Tess » au cinéma, car malgré des critiques relativement mitigées, j'avoue avoir apprécié cette belle histoire tragique, certes « classique », mais un classicisme au sens noble. Élégant, raffiné, parfois puissant et capable de nous offrir plusieurs scènes marquantes, le tout superbement photographié et réalisé par un Polanski certes très « propre sur lui », mais avec suffisamment d'application et de talent pour que cela soit une réussite. Après, c'est vrai que les trois grosses heures se font légèrement ressentir et que nous n'en sortons pas non plus bouleversés : tant pis. La remarquable prestation de Nastassja Kinski dans un rôle particulièrement intense et la qualité du matériau d'origine (LE roman de Thomas Hardy, quand même!) suffisent à porter cette œuvre qui, certes, n'atteint peut-être pas le niveau des plus grands mélos, mais n'en reste pas moins une belle découverte, surtout au cinéma.
" Tess " est avant tout un pur plaisir pour les yeux de chaque cinéphile : la beauté de son héroïne principale, jouée par la charmante N. Kinski, est d'autant plus forte que la photographie du film est somptueuse. On se voit rêver de voguer à côté, les cheveux aux vents dans ces beaux paysages aux teintes chaudes (nuances d'orange et de jaune principalement) et suaves. Ceci renforce d'autant plus l'intensité d'une histoire larmoyante au possible, quelque peu prévisible et un tantinet trop longue mais surtout forte et mise en scène avec talent par le grand Polanski qui, au passage, étonne tout son beau monde en changeant radicalement de registre. C'est plaisant et agréable à regarder : merci Mr Polanski !