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Un visiteur
5,0
Publiée le 19 novembre 2007
Avec l'année dernière à Marienbad, Alain Resnais invente un nouveau genre: le film rêve. Son long métrage a tout d'un songe, une trame labyrinthique, un espace temps recomposé. Le lieu, un splendide chateau, semble n'avoir pas d'encrage dans la réalité, on est hors du temps et de l'espace. La supposé rencontre entre l'homme et la femme à Marienbad l'année d'avant semble n'être que le fantasme du protagoniste, un prétexte pou le réalisateur. Un prétexte pour jouer, avec les codes du cinéma comme dans ses scènes où les paroles ne correspondent pas ux personnes présentes à l'écran, avec les situations car le rêve s'entremêle avec la réalité.Au côté des acteurs on se perd dans les méandres d'un scénario ubuesque, et on émerge du film comme d'un autre royaume, presque déçu que l'envoutement prenne fin.
"L'Année dernière à Marienbad"( 1961) traite comme la plupart des films d'Alain Resnais du problème du temps et de la mémoire, du réel et de l'imaginaire, ouvrant un puzzle captivant et un labyrinthe à mi-chemin des Surréalistes et de Julien Gracq. Avec ses indices subtils, ses rêves hallucinatoires, ses descriptions oniriques, il revêt les allures d'un policier. Ce monde clos, presque étouffant, ces personnages silencieux, cette action comme suspendue, ce décor luxueux et savamment ordonné, déroutent et ensorcellent. On dirait que la pellicule dégage une sorte de magnétisme et cette impression ne fera que s'amplifier au fur et à mesure des séquences courtes et allusives où les personnages se croisent et se figent. On a le sentiment de voir s'animer un monde fantomatique, cela dans une splendeur esthétique où aucun détail n'est laissé au hasard. Hostile aux compromissions commerciales, se tenant à l'écart des engouements passagers, Resnais est un créateur intransigeant qui assura en son temps la transition entre la conception classique d'un Renoir et une avancée résolue vers une structure rénovée du cinéma contemporain. Il est surtout l'héritier du réalisme poétique et l'initiateur d'un courant qui croit dans les forces du rêve et de l'imaginaire. Ce film étrange et magnifique est l'un des plus réussis d'une filmographie particulièrement brillante et se laisse redécouvrir avec le même pouvoir de fascination. Une réussite.
Voir critique complète dans mon blog: dossier sur la Nouvelle Vague.
Une œuvre psychologique essentielle sur la contamination mentale et le pouvoir de l'imagination, dont les dédales complexes, obscurs, intrigants et finalement déconcertants révèlent un brillant manifeste pour la liberté d'interprétation. Ineffaçable film d'atmosphère qui vous hantera longtemps, Marienbad et son immense hôtel de glace et de marbre est sans nul doute l'inspiration inavouée du mythique Shining de Kubrick.
L’année dernière à Marienbad fut un immense choc cinématographique. Il révolutionna le langage, brisa les codes établis depuis le muet, inventa une nouvelle forme d’expression, modifiant notre perception du son et de l’image. En 2011 Marienbad demeure encore en avance sur son temps. Ce film s’inscrit dans le cadre des recherches menées par Resnais sur « une représentation de l’inconscient », thème qu’il explorera plusieurs fois par la suite, notamment dans Je t’aime, je t’aime (il prend comme point de départ le voyage dans le temps), et surtout dans Mon oncle d’Amérique, véritable œuvre scientifique réussissant à mettre en scène le processus des émotions humaines à partir de différentes études menées sur le cerveau. L’année dernière à Marienbad est l’un des rares films où, comme 2001 l’odyssée de l’espace on n’a jamais fini d’en faire le tour, chaque vision devenant plus hypnotisante que la précédente. Stanley Kubrick disait que nous ne devons pas essayer d’expliquer, de trouver des explications claires à ce qui arrive, parce que le sens de toute entreprise est de produire un sentiment d’étrangeté parmi le public. On pourrait appliquer cette réflexion à ce qui est indéniablement le film le plus étrange que je connaisse. Marienbad se situe au royaume des ombres, entre un souvenir dont on n’est pas sûr qu’il ait eu lieu, peut-être n’est-ce qu’un fantasme ou un rêve, mais auquel le personnage central se raccroche désespérément pour continuer de faire vivre son amour fou envers la femme incarnée par Delphine Seyrig. Freud n’a-t-il pas dit également « L’étrangeté est la seule émotion qui est exprimée avec plus de puissance dans l’art que dans la vie » (Essai sur L’inquiétante étrangeté.)
J'ai du mal avec les début de Resnais dans le long-métrage. Continuant dans la lignée d'Hiroshima, mon amour de par sa prétention et son ennui chronique, ce film repose sur une intrigue toute con : Est-ce que les deux personnages étaient à Marienbad l'année d'avant ? On aura jamais la réponse et on s'en fout. L'année dernière à Marienbad ressemble à un cauchemar, c'en est l'idée même à la fois pour les personnages et malheureusement pour le spectateur également. Il reste une mise en scène impeccable et un très beau décor mais qui ne sauve pas le film d'un ennui putride pour citer mon prof de documentaire.
Comment peut-on être étudiant en cinéma et critiquer ce film parce qu'il n'aurait pas d'action ? Cela laisse songeur sur l'enseignement universitaire. C'est l'une des oeuvres les plus captivantes par son exploration d'un univers mental. Les travellings, le montage, le rythme sont ceux d'un génie du 7e art. Remarquable décor de Bernard Evein et interprétation légendaire de la divine Delphine Seyrig.
Comment ne pas être hanté par ce film ? Par la permanence des images, des jeux de lumière, d'une recherche esthétique éperdue. Et par cette intrigue si puissante parce qu'intime, profondément intime. Le spectateur est figé dans l'immobilisme glacé de personnages représentant une société si lisse, si inintéressante, où les conversations s'apparentent davantage à des chuchotements. Pourtant, un simple cri génère la consternation. Justement parce que les deux personnages principaux trament une révolution, que l'un revendique, alors que l'autre n'ose y croire. Comme l'héroïne, le spectateur est englué dans une torpeur attentiste et mortifère. Et jusqu'à la fin, le destin est en balance. C'est tout simplement magnifique.
Beau voir très beau par à-coups mais long, très très très long (1h30 de film pourtant ...). L'histoire est passionnante (sur le papier) pour ceux qui aiment ce genre de délire comme moi mais là clairement je le déconseille. Après le magnifique "Hiroshima mon amour", Alain Resnais s'essouffle un peu dans son style. Autant dans Hiroshima mon amour, les dialogues eux aussi, sont chiant a mourir parfois mais la réalisation est tout autre et la voix off accompagné d'images d'archives fait frissonner. Ici ce n'est clairement pas le cas !
Je dois avouer que le film m’effrayait quelque peu avant de le voir. Le fait que Resnais ait voulu réaliser un film volontairement ennuyeux (selon ses dires) pour emmerder la critique de l’époque me laissait sceptique. Bon au moins il avait eu le mérite de le dire mais je demandais comment on pouvait avoir cette envie de créer un film chiant. Surtout que pour ma part, Resnais a raté son coup puisque je ne me suis pas ennuyé une seule seconde tant j’ai trouvé ce film envoûtant et hypnotique. A croire que j’ai adoré le film pour les mauvaises raisons… Mais tout de même, une œuvre qui enchaîne autant d’idées de cinéma à la minute ne peut définitivement pas être chiante ou conçue pour l’être. Ce n’est pas possible ! Quelle claque visuelle nom de dieu, la forme est plus que somptueuse. Il y a quelque chose de véritablement prenant je trouve dans ces lancinants mouvements de caméra qui capturent des séquences qui renferment toutes une part d’insaisissable.
Et j’ai trouvé l’Année Dernière à Marienbad vraiment énigmatique avec la fascination de cet homme pour cette femme avec qui il aurait eu une relation mais qu’elle ne reconnaît pas. Il y a un véritable mystère qui se dégage de cette relation atypique, j’étais comme plongé dans cette quête de vérité qui ne semble pourtant être qu’illusoire. On a d’ailleurs l’impression que tous les personnages de ce château sont des pantins, une aristocratie qui vit dans le luxe, sans but réel, sans aucun sens. On se croirait dans un rêve éveillé. Ça accentue cette sensation de perte que l’on peut éprouver en navigant dans ce lieu, entraîné par la caméra de Resnais sans savoir où l’on va atterrir. Je peux toutefois comprendre volontiers le fait que l’on puisse détester ce film au vu de son côté très hermétique et conceptuel à première vue. Pour ma part, une fois plongé dedans, j’ai eu du mal à décrocher.
Finalement ce film rejoint un peu cette idée que je me faisais de la narration par l’image. Les dialogues et l’intrigue sont minimalistes mais il y a du sens derrière. Sur cette communication impossible, sur ces rapports humains qui peuvent virer dans l’absurdité la plus totale, sur ces personnages qui vivent renfermés dans leur bulle microscopique, véritable désincarnation de la réalité. Cette confusion entre la réalité d’ailleurs et l’onirisme est vraiment troublante, j’ai aimé être perdu sur cette frontière mince sans savoir où me placer. Et il fallait un grand travail de mise en scène pour parvenir à ce résultat-là, Resnais a réalisé un véritable tour de force. Le travail sur l’ambiance et notamment le son contribuent fortement à l’atmosphère très envoûtante du film. La beauté des dialogues fait le reste et l’interprétation du texte est carrément hypnotique, sublimée par cet accent qui renforce la beauté des sonorités de la langue française. En clair c’est un grand film, juste fascinant et sidérant de beauté.
De la rencontre entre Alain Resnais et Robbe-Grillet est né un film forcément avant-gardiste, élitiste, incontestablement original mais, pour qui ne parle pas le langage des auteurs, inévitablement hermétique. Sur le fond comme sur la forme, le film déconcerte et déroute, agace et ennuie en vertu d'un mode de narration, d'un formalisme et d'une direction d'acteurs très singuliers pour ne pas dire inintelligibles. Pour ma part, passé la curiosité initiale, je suis resté à la porte.
Dans un château et son parc, aux contours géométriques, des personnages, comme des ectoplasmes en tenue de soirée, figés et indéfinis, semblent eux aussi faire partie du décor, décor unique dans lequel un inconnu poursuit une femme de ses souvenirs. C'est le plus souvent par de longs monologues que l'inconnu tente de convaincre Delphine Seyrig qu'ils se sont rencontrés l'année précédente à Marienbad. Elle ne se souvient pas, lui se trompe peut-être et tous les deux errent dans les couloirs luxueux du château, fantômatiques et étrangement compassés. Dans cet univers mondain et hiératique qui constitue la base de l'esthétique baroque du film, le propos m'a échappé complètement, trop complexe, et cette forme d'intellectualité et de mystère ne m'a pas séduit.
Ce film me crée un embêtement (je me suis pas ennuyé même si j'ai parfois un peu décroché mais cette oeuvre m'a pas transporté!!!) parce que trois des allocinéens pour lesquels j'ai le plus d'estime, que je sais incapable, contrairement à beaucoup d'autres, de descendre un film juste parce qu'en plus d'être intelligent il a eu "l'outrecuidance" d'être divertissant (oh, juste parce que tu as osé par exemple me faire rire je t'enlève une étoile, sale film!!!), et que je sais incapable aussi, contrairement à beaucoup d'autres (les mêmes!!!), de lécher les bottes hypocritement à un film d'auteur qui les a ennuyé juste pour se mettre au-dessus de la mêlée et que si ils encensent un film réputé difficile d'accès, c'est qu'ils ont de légitimes et véritables bonnes raisons de le faire (petit indice puisqu'on joue avec les lettres avec ce film, les initiales de leur pseudo respectif sont B, I et C (ça fait BIC, quel rapport ??? aucun!!!)!!!). Donc j'en conclus que je n'ai pas su apprécier ou aborder cette oeuvre que je savais bien avant la vision "difficile" comme la plupart des oeuvres de Resnais. La raison en est peut-être le fait que j'ai essayé dès le début de donner une logique à l'histoire alors que j'aurais dû m'y plonger sans réfléchir (j'ai juste saisi qu'un type aurait été atteint de dskoïte aïgue envers le personnage de Delphine Seyrig!!!). Peut-être qu'une seconde vision ou un déclic (connaissant la fulgurante rapidité de mon cerveau il peut ne pas venir avant plusieurs années!!!) me donnera une autre vision de cette oeuvre inclassable. Bon pour l'instant, je vais me contenter de mettre lâchement d'indécision la moyenne et de dire des banalités, que certains cadrages sont admirables par leur audace et que Delphine Seyrig en brune est aussi envoûtante et encore plus mystérieuse que Delphine Seyrig en blonde, et aussi qu'elles portent merveilleusement de superbes costumes (pléonasme les costumes de Coco Chanel étaient forcément superbes!!!) de Coco Chanel. A mettre en mode pause pour l'instant et en m'excusant de cette critique mal argumentée.
Un film parfait pour les pédants! Certes "L'année dernière à Marienbad" est un classique français. Certes Alain Resnais est un excellent réalisateur. Pourtant l'ambiance m'a rebuté et j'ai trouvé les dialogues et le scénario très lent et sans évolution (même s'il y a de nombreux flash-back, ellipses, etc): je me suis ennuyé. Mais ce film d'Alain Resnais n'est tout de même pas mauvais selon moi, donc je lui mets tout de même deux étoiles. Je me demande parfois comment les gens notent les films, si cette note est influencée par les critiques qui fichent comme "classique" certains films, ou si c'est moi qui manque le coche...
Pour ceux qui ne s'intéressent qu'à une histoire simple dans les films, celui-ci n'est pas fait pour vour ! Car Alain Resnais et son scénariste (prétentieux) Alain Robbe-Grillet ont mis au point un scénario très complexe, dérengeant et labyrinthique, aussi tortueux que la mémoire. Même si ce scénario m'a paru bien trop compliqué pour moi, la réalisation de Resnais a rapporté mon intérêt : L'ANNEE DERNIERE A MARIENBAD contient une multitude de plans superbement composés, de mouvements de caméra envoûtants et d'une lumière contrastée tout simplement magistrale, éparpillés dans un montage intrigant. Alain Resnais n'a plus à prouver ses grands talents de réalisateur décidément à part !
Dans un décor écrasant, des âmes errantes ne se souviennent plus très bien de l'année dernière à Marienbad ou ailleurs... Ce film au combien vain et prétentieux, finit par faire sourire quand il n'agace pas. C'est en tout cas devenu une curiosité historique, car le temps des aventures formelles est un peu disparue (fort heureusement). Cette œuvre qui finit par briser toute possibilité de narration aurait bien pu enterré le cinéma définitivement. Reste ici et là le charme désuet et baroque de l'esthétisme, de simple sensations photogéniques. "Toujours des murs toujours des couloirs toujours des portes"... et toujours le maniérisme de Resnais qui atteint le paroxysme du ridicule dans le déhanchement sophistiqué de Delphine Seyrig. Contrairement aux personnages de ce cauchemar schizoïde nous ferions peut-être mieux d'oublier ce film et une grande partie de l'œuvre inutile d'Alain Resnais et de son comparse Robbe Grillet