Un film qui laisse le spectateur libre d’interprétation : s’agit-il d’une histoire rêvée, vécue, refusée ? Le baratin insistant et persuasif aura-t-il raison de l’emprise d’un mari qui gagne toujours ? Ou refus d’un passé trop engageant ? Un film hermétique, énigmatique qui laisse le spectateur perplexe. L’univers singulier du texte d’Alain Robbe-Grillet tourné en Bavière, au château de Nymphembourg. Lion d’Or à Venise en 62.
Alain Resnais est un cinéaste novateur qui ouvre une nouvelle voie hors des sentiers battus avec ce film. Une poésie cinématographique sur le thème d'une histoire onirique. Avec une intrigue assez forte qui nous pose la question de savoir qui est en train de vivre un rêve, l'homme ou la femme. Vraiment tous les éléments pour faire un chef-d'œuvre du cinéma sont en place. Malheureusemnt la réalisation ne permet pas d'atteindre le but recherché. Pourtant j'ai l'esprit ouvert à la diversité des créations artistiques. A aucun moment je je suis senti entrer dans un rêve.
Je ne donnerais qu'un seul exemple. La musique entêtante et répétitive (voulue par le metteur en scène), devient soulante et contrarie l'adhésion à l'histoire. D'accord, le but est d'entrer dans un cauchemar envahissant. Mais pour la plupart des spectateurs ces éléments cauchemardesques déclenchent plutôt un réflexe de rejet, d'où l'ennui, la monotonie, la lassitude et l'embarras. Etonnement, après le mot fin, le générique (sans texte) s'accompagne d'une mélodie autrement intéressante pour bien vous informer qu'on est sorti du cauchemar.
Il n'y a pas assez d'effort, de recherche et de subtilité de la part de Resnais pour permettre à tout un chacun de s'approprier cette histoire ésotérique ou tout au moins de la ressentir. Resnais a le mérite d'être à contre courant de la nouvelle vague des années 60, et c'est pour cela qu'on le vénère. Mais quand on compare dans les mêmes années, ce film à la puissance novatrice des films de cinéaste comme par exemple Stanley Kubrick, on comprend que Resnais est passé à côté de son film.
Un film envoutant,mysterieux et sublime. Beaute des images,noir et blanc parfait,interpretation tres bonne, musique entetante,et une odeur de mystere qui plane. Un des meilleurs films d'Alain Resnais.
chef d'œuvre tout simplement. Vraiment l'un des plus beaux film que j'ai pu voir. D'une beauté formelle assez rare, on comprend qu'on est devant un grand film dès la sublime scène d'introduction passant arpentant les pièces de ce châteaux avec la voix et la musique lancinante. Musique absolument géniale et ce choix de n'avoir aucune musique intra diégétique est excellent. Tout est réussi dans ce long métrage. Ce subtil melange entre rêve, fiction, souvenir et réalité qui nous perd c'est absolument fascinant. Un de mes éléments préféré est sûrement le fait que le mari gagne toujours au jeu des allumettes contre l'amant mais c'est celui-ci qui finit par "gagner" son épouse en partant avec elle et on sent qu'il le sait, c'est d'une ironie tragique absolument parfaite. En bref une œuvre magistrale à voir absolument.
Ce film a été sélectionné aux Oscar pour le meilleur scénario et au BAFTA Film Award. Cela est remarquable et, en ce qui me concerne, totalement incompréhensible. Ma note correspond à mon ennui phénoménal durant le visionnage de ce pseudo chef-d'oeuvre. Grâce à Chapgpt, j'ai un peu mieux compris que le cinéaste utilisait l'espace comme la structure de la mémoire ou de l'impossible mémoire, ou même du temps lui-même. Le scénario abscons d'Alain Robbe-Grillet consiste à peu près en la répétition de la même question. Il ne se passe rien. C'est lent. Les quelques personnages ressemblent à des fantômes. J'espère qu'Alain Resnais a été content d'expérimenter de nouvelles formes cinématographiques. C'est un anti-film populaire, opaque à la compréhension commune. J'imagine qu'on peut probablement se laisser bercer par ces images et ces bribes de dialogue répétitives et en éprouver un trouble plaisir.
Film magnifique, hypnotisant et déroutant. Je n'ai pas compris à quoi j'assistais avec la tête mais avec les tripes. Les thématiques (le souvenir, l'absence, la peur de l'inconnu ou encore la persévérance) m'ont traversé grâce à une mise en scène magistrale. Les plans sont d'une fluidité incroyable et d'une beauté folle (m'ayant fait penser au plans séquences et lents travellings de Shining). Le montage permet de nous perdre dans les temporalités, voire nous fair douter du réel, pour créer un climat onirique et le tout en impressionnant par l'ingéniosité des méthodes utilisées. Le scénario est maigre voire inexistant mais c'est secondaire lorsqu'autant d'émotions peuvent émerger par la réalisation. C'est une expérience de cinéma, à n'en pas douter un très grand film.
Labyrinthe mental d’une élégance glacée, L'Année dernière à Marienbad dissout le temps et la mémoire dans une répétition hypnotique. Avec une rigueur formelle fascinante, Alain Resnais transforme les décors baroques en espace mental, où chaque couloir semble mener à une autre version du récit. Les personnages, presque désincarnés, évoluent comme des figures dans un rêve, prisonniers d’une narration qui se recompose sans cesse. Le texte, scandé comme une incantation, participe à cette sensation d’éternel retour et d’indécision. De cette abstraction naît une œuvre envoûtante, dont le mystère n’appelle pas de résolution mais une immersion totale.
Le temps et la mémoire. J'ai vu l'Année dernière à Marienbad quatre fois à sa sortie (une fois même deux fois de suite en restant dans la salle), et je l'ai revu deux fois récemment. Je viens de lire avec amusement les critiques qui lui ont mis zéro. Je n'ai qu'un regret, c'est que Proust n'ait pas vu ce film. Comme j'aurais aimé connaître sa réaction et ses commentaires. L'homme revisite son passé avec la même intensité que le narrateur de la recherche, et c'est cette intensité et l'art de Resnais qui lui permet de revivre... et d'emporter finalement sa sublime proie. Va-t-elle ressusciter dans ses bras ?
Transformer le temps en labyrinthe mental où passé, présent et imagination s’entrelacent sans repères. Le film se déploie comme une énigme élégante, portée par des dialogues qui semblent tourner sur eux-mêmes. Alain Robbe-Grillet insuffle une écriture répétitive et troublante, qui renforce l’impression d’un souvenir incertain. Cette abstraction radicale fascine autant qu’elle déroute, refusant toute vérité stable. Une œuvre hypnotique qui flotte entre rêve et mémoire, sans jamais se laisser saisir.
Ce film m’a laissé une impression étrange et fascinante, comme un rêve dont on ne veut pas sortir. J’ai adoré sa manière de jouer avec la mémoire et le doute, sans jamais donner de réponse claire. Les images sont d’une beauté presque hypnotique, chaque plan semble figé hors du temps. J’y ai trouvé une poésie froide mais captivante, qui m’a poussé à ressentir plus qu’à comprendre. C’est une expérience déroutante, mais profondément marquante.