Les Contes de la lune vague après la pluie
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QuelquesFilms.fr

354 abonnés 1 759 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 mai 2015
Un an après avoir obtenu une reconnaissance internationale en étant couronné à Venise pour La Vie d'Oharu femme galante (1952), Kenji Mizoguchi confirmait dans ce même festival en décrochant un Lion d'argent pour Les Contes de la lune vague après la pluie. Voilà qui permit de consacrer, en Europe, le talent du cinéaste. Un peu tardivement hélas : Mizoguchi décédera peu de temps après, en 1956, laissant derrière lui pas moins de 85 films (!), en partie disparus aujourd'hui. Cette reconnaissance permit aussi de faire découvrir de nouveaux pans d'un cinéma asiatique fécond, alors bien mal connu.
Les Contes de la lune vague après la pluie demeurent l'oeuvre la plus célèbre de Mizoguchi en "Occident", souvent citée parmi les meilleurs films de l'histoire du cinéma. Le scénario est né d'un curieux croisement de deux oeuvres littéraires : celle d'Ueda Akinari et celle de Guy de Maupassant. Féru de littérature (et ayant eu accès dès son enfance à des romans étrangers), le cinéaste et ses deux scénaristes (Yoshikata Yoda, Matsutarô Kawaguchi) se sont inspirés de plusieurs contes de ces deux auteurs pour donner naissance à cette fable morale qui développe la thématique de l'illusion et de la désillusion, entre réalisme et fantastique. Sujets aux illusions de toutes sortes (rêves de gloires, amours fantômes, etc.), les hommes en prennent ici pour leur grade : ils sont belliqueux, cupides, orgueilleux, égoïstes... Leurs folies et leurs faiblesses sont destructrices. À l'inverse, la gent féminine est célébrée (comme toujours dans l'oeuvre du cinéaste) pour sa lucidité, son courage, son amour, ses sacrifices. Les femmes apparaissent à la fois comme les victimes et les vecteurs de rédemption d'une humanité perdue. Cette opposition confère au film une tonalité unique, mélange de violence et de douceur, de trouble et de sérénité, entre cruauté et pardon. Tout cela s'exprime à l'écran dans un noir et blanc superbement contrasté, esthétique propice à la confusion fantastique entre deux mondes, à la frontière indistincte de la lumière et de l'ombre, du visible et de l'invisible, des vivants et des morts. La réalisation et le cadrage, rigoureux et "carrés", laissent s'infiltrer naturellement le mystère. Cela donne quelques grands moments de poésie sombre (la scène nocturne et brumeuse à bord d'une barque) ou d'amour magique (la scène de pique-nique entre la princesse et le potier). La séquence finale est également nimbée d'une émouvante beauté mystérieuse. Mizoguchi avait initialement envisagé un dénouement moins moral, plus noir, sans retour ni repentance. Aurait-il été plus beau ?
Santu2b

309 abonnés 1 808 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 avril 2016
Sorti en 1953 et sacré à Venise, "Les Contes de la lune vague après la pluie" constitue le chef-d'oeuvre de Kenji Mizoguchi, classique du cinéma japonais. Classique du cinéma mondial devrait-on dire plutôt, résumant à lui seul la sagesse de la philosophie nippone. Sur le plan formel, l'œuvre délivre un véritable festival de virtuosité. Au cœur d'une reconstitution impeccable du Japon du XVIe siècle, le cinéaste étale ses multiples fondus et ses plans parfois inoubliables. Et que dire de cette lumière fabuleuse et même spirituelle, faisant scintiller la brume sur la mer. Lorgnant même vers le fantastique, "Les Contes de la lune vague après la pluie" propose une réflexion intense et parfois émouvante sur le destin et la question du choix humain. Une perle d'inventivité et de poésie.
Acidus

872 abonnés 3 937 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 avril 2014
Moi qui suis fan du cinéma nippon, je dois admettre ma déception et mon manque d'enthousiasme à la fin de ce classique "made in Japan". Parmi les points positifs, on peut relever cette photographie sublime qui valorise chacune des scènes. La structure narrative est également bien pensée avec une histoire principale se divisant en quatre petites dont chacune reprend une nouvelle soit de Maupassant, soit d' Akinari Ueda. En revanche, la déception vient de l'absence d'intensité émotionnelle qui aurait permis de contrebalancer une histoire trop classique dont le cinéma japonais de l'époque nous avait déjà amplement habitué: histoires de samourais, de kamis, d'élévation sociale,.... "Les Contes de la lune vague après la pluie" ne m'a pas transporté même si j'en ai apprécié les qualités certaines.
Grouchy
Grouchy

140 abonnés 1 033 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 avril 2014
La société japonaise au Moyen-Âge est la principale source d'inspiration cinématographique au pays du Soleil Levant. Les réalisateurs y interprètent la confrontation entre les paysans et les nobles, décrivant les étapes de l'évolution difficile de l'homme. Le cinéaste Mizoguchi insère une note moralisatrice dans ce film, racontant l'histoire de deux paysans ambitieux et rêvant d'être riches et puissants. L'histoire se transforme peu à peu en conte fantastique, où la vision et l'hallucination sont les sources du conflit : les signes maléfiques commencent à la séquence de la traversée du lac, où brouillard et eau forment un décor malsain, ressemblant à la traversée des Enfers. La chute complète des deux paysans éclate lors de l'apparition de la jeune noble fantôme et de l'armée de samouraïs : ces visions sont en réalité des pièges où les personnages n'y trouveront que miséricorde. Et pour profiter de ce monde magique mais dangereux, ils mentiront pour arriver à leurs fins ( l'un dit qu'il n'est pas marié et l'autre n'est pas le vrai vainqueur de la bataille ). Ce sont des évènements brutaux qui les ramèneront à la réalité : la femme devenue geisha et le vieux sage, mais sans revenir totalement sains. Le film de Mizoguchi est une peinture de l'ascension et de la décrépitude des pauvres en société, prêt à tout pour sortir de leur misère. Le spectateur notera le choix du cadre qui change le film en recueil de tableaux, ainsi que le ton du film qui est sans doute un conte qui ne fait pas rêver mais qui montre la vraie et fausse réalité qui conduit l'homme à faire fausse route.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 27 janvier 2014
L'un des grands films du cinéma, évidemment, au titre mystérieux à l'image du récit. Si les histoires s'entrelacent il en est une qui domine tout : celle de Genjuro, potier japonais parti à la ville faire fortune et conquis au passage par Dame Wakasa, fantôme remonté d'outre-tombe afin de maintenir Genjuro dans son antre. Un peu comme George O'brien dans l'Aurore de Murnau,le héros expérimente la tromperie, le repentir et le retour à la norme et à la terre à la mort de sa femme. Et pourtant, s'il est construit comme un mélo, c'est tout le film qui sinue aux confins du fantastique à mesure que Genjuro tournoie dans les délires du désir. A ce titre l'Eden erotique de Dame Wakasa est somptueux à l'image. C'est un horizon évidé qui contraste avec la profusion étouffée des corps dans les scènes réalistes. Tout le film repose du coup sur cette tension masturbatoire du mélo et de l'éros qui anime Genjuro : La misère d'un côté et la magie branlée de l'autre. Mais en même temps, c'est à tel point fluidifié au montage qu' on y oublie tout mode de pensée binaire. Comme chez Tarkovski, on entre avec "Les contes de la lune" dans l'essence sous-marine de l'art, du rêve et du kif.
brunocinoche
brunocinoche

137 abonnés 1 227 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 janvier 2014
Reprise d'un très grand classique du cinéma japonais, un film subtil, intelligent et envoutant.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 8 janvier 2014
C'est presque un chef d'oeuvre !
Magnifique où le rêve et la réalité se mêlent, pour le plus grand bonheur du spectateur.
Le Japon très réelle pour autant.
À voir :))
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 8 janvier 2014
Merci de nous proposer enfin ce film culte sur grand écran. J'y cours, j'y vole !
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 8 janvier 2014
Magnifique adaptation d'un recueil de nouvelles... tout aussi magnifique.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 9 mai 2014
La 8e merveille du monde
Magique, tout les cinémas sont dans ce film. Action, poésie, fantastique

La 8e merveille du monde
Magique, tout les cinémas sont dans ce film. Action, poésie, fantastique
cylon86

2 834 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 mars 2013
Il y a des films comme ça qui ont l'ambition de raconter une histoire de manière universelle afin de toucher au plus près du genre humain. "Les contes de la lune vague après la pluie" est de ces films-là. En parlant de la guerre, de la bêtise qu'elle entraîne et des victimes qu'elle laisse derrière son sillage, Mizoguchi montre l'être humain dans toute sa vérité, capable du pire comme du meilleur. L'homme peut bafouer la femme qu'il aime, la quitter pour rejoindre l'armée, la femme peut se prostituer pour gagner sa vie mais ils sont aussi capables d'aimer et de pardonner. L'histoire est non seulement passionnante mais elle est aussi universelle et mise en scène avec un talent qui n'est pas à démentir (certaines scènes sont magnifiques). Et si le film a pris un léger coup de vieux, il n'en reste pas moins superbe.
Appeal
Appeal

180 abonnés 569 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 mars 2013
Je ne peux parler du cinéma de Mizoguchi, c'est mon premier film de ce réalisateur (et probablement pas le dernier, puisque l'expérience est concluante), ni du théâtre Kabuki dont je ne connais rien, ni même des sources d'inspirations du réalisateur, apparemment il y a du Maupassant pas loin, dont je n'ai pas connaissance. Je me limiterai à mon ressenti, à ce que j'en ai tiré, simplement, sans préalable.

Les contes de la lune vague après la pluie (remarquez tout d'abord ce magnifique titre) n'est pas un film facile d'accès. Peut-être comme un premier Kurosawa où le jeu de Toshiro Mifune peut surprendre, il en va de même pour ce film où l'on ne décèle, pour le coup, absolument rien d'occidental. Difficile d'entrer en immersion totale dans cette culture, dans ces jeux d'acteurs, dans ces histoires -puisqu'elles sont au nombre de trois- qui nous parlent de fantômes, d'ombres, de samouraïs. Je pense de ce fait que ce film de Mizoguchi nécessite un "entrainement", qui passe par la case Kurosawa par exemple, plus soft pour s'habituer au cinéma japonnais, qui est ici, je pense, dans toute son expression singulière.

C'est donc deux histoires qui se déroulent simultanément, ou plutôt on suit trois personnages différends, tout d'abord réunis ensemble, puis séparés; deux hommes et leurs deux femmes, mais le récit se concentre principalement sur l'histoire des deux hommes. Chacun est motivé par un désir finalement proche, l'argent ou le pouvoir (militaire en l'occurence), et chacun va trahir ses valeurs morales pour atteindre son objectif. Les deux hommes vont réussir à combler leurs désirs, mais dans une illusion, une sorte de rêve réel bancal, qui ne tient pas, et qui comme un château de carte s'effondre à la moindre brise venue. Retrouvant la vue, après la cécité du fantasme, les deux hommes constatent, impuissant, tout le mal qu'ils ont produit et tout ce qu'ils ont perdus.

Il y a plusieurs éléments intéressants dans ce film, qui dépassent largement le simple topo du "prenez garde à vos désirs". Il faut situer le film dans son pays d'origine, le Japon, à la moralité si particulière. Tout d'abord, comme pour Le Chateau de l'Araignée ou Rashomon chez Kurosawa, Mizoguchi trifouille la question de l'honneur. Mizoguchi critique l'utilisation faite de l'honneur : valeur vite oubliée quand il s'agis d'assouvir ses désirs, mais aussi instrument d'humiliation, plus particulièrement pour les femmes, déshonorées pour rendre service aux hommes. Mizoguchi s'inscrit dans cette lignée que l'honneur ne doit être rien d'autre que l'honneur du juste, qu'on ne peut trafiquer celui-ci pour ses intérêts, qu'on doit toujours s'y soumettre au nom justement de cette fameuse justice. Outre cela, les femmes jouent également un rôle important dans le film, où elles sont finalement les plus raisonnée, les plus mesurées, face à des hommes qui se trahissent eux mêmes et font le mal autour d'eux; mais tout autant, celles-ci peuvent être des motrices, ou plutôt des étincelles qui peuvent bercer l'homme d'illusion : l'homme comme la femme se doivent de prendre garde. Enfin, d'autres critiques peuvent être décelés, comme l'hypocrisie de l'armée miltaire, les crises que la guerre provoque inutilement, l'individualisme forcené contre une nouvelle fois tout esprit de justice ou plus simplement d'humanité, etc.

Un film très complet en sommes, aux portraits touchants, auxquels s'ajoutent une très belle technique, de beaux plans, et une véritable japan touch de l'absurde et de la folie. Difficile d'accès cependant, il me faudra le voir une seconde fois, et je ne le conseil pas comme premier film japonnais, en dépit des commentaires élogieux de la presse, qui le considère comme le meilleur film de l'archipel avec le Voyage à Tokyo d'Ozu.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 20 février 2013
Les films japonais des années ont vraiment une aura bien à eux: pour commencer on retrouve les thèmes de l'après seconde guerre mondiale, tout ce qu'elle a engendré placé ici dans le monde féodal, pendant une guerre civile. On retrouve quatre personnages principaux (Teibo, Mikiyashi, et deux autres) qui vont se séparer soit par pure envie égoïste ou alors par choix et obligation. Ils vont se perdre et choisir des routes bien différentes: prostituée, martyrs, samouraï ou encore prince fou tous deviennent des fantômes de leur passé. Et les transitions nous montrant des ombres sur le mur du Manoir de Katikio ne sont pas la pour contredire. La musique change aussi de style durant l'aventure. Tranquille et douce au début, elle devient de plus en plus dure et effrayante, jusqu'à atteindre un certain point. Ce chef-d'oeuvre mériterait une ressortir DVD, car il est magnifique et bien plus explicatif que la plupart des récits récents. Et toute les coutumes japonaises, avec ses geishas, palais, traditions, bref respect total de la tradition.
real-disciple
real-disciple

114 abonnés 1 024 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 décembre 2012
Le premier Mizogushi que je vois m'a permit de voir une autre facette du cinéma japonais, à la fois réalisme social et fantastique. Il met en oeuvre l'illusion du désir recherché qui ne correspond pas à la réalité d'où les dangers qui se profilent à l'horizon. On a l'influence du théâtre du Nô avec des visages particuliers, le mélange réalité/fantastique et l'utilisation du son. Quelques petits bémols : un peu de longueur et que la fin ne soit pas celle voulue par le réalisateur mais cette oeuvre d'une certaine beauté est à voir pour tout cinéphile qui se respecte.
Plume231

4 406 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 février 2012
Une oeuvre fascinante, il faut bien le dire. Et Kenji Mizoguchi fait tout pour cela. D'abord par l'aspect technique, la photographie est impeccable, les plans très soigneusement composés et les mouvements de caméra longs et très discrets. Ensuite par l'histoire car le réalisateur donne à celle-ci un côté fantastique très surprenant car souvent on ne se rend compte qu'après coup de l'aspect surnaturel d'une séquence. Que dire de plus ??? Ah oui, qu'on a le droit à une belle tension lors de la scène de l'envahissement du village. Bon je suis très loin d'avoir vu les près de cent oeuvres du cinéaste mais il est certain qu'on a affaire à un des sommets de sa carrière.
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