Val Abraham
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Pascal
Pascal

253 abonnés 2 400 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 juillet 2024
Ressortie en version allongée de quinze minutes, " val Abraham" est sans doute un des meilleurs titres de Manoel de Oliveira.

Le cinéaste aborde à sa manière " Mme Bovary", les dialogues sont écrits dans un style littéraire soutenu.

Portrait d'une femme qui résiste aux hommes qui ne voient dans le monde qu'un enjeu de pouvoir.

C'est ( de mon point de vue) du très grand cinéma.
Jrk N
Jrk N

48 abonnés 245 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 mars 2025
Sur la trame de Madame Bovary (Flaubert 1856), à la fois distanciée, simplifiée, développée et approfondie par la grande romancière Augusta Bessa-Luis (1922-2019), Oliveira, avec sa sobriété et sa hauteur de vue habituelles, (qui l'a fait rapprocher de Bresson, bien qu'il ne partage pas de point de vue moral) construit une ode à la splendide vallée du Douro, à la beauté de Leonor Silvera qui joue Ema (avec un seul m) avec un ascétisme souverain et au désir féminin qu'elle incarne dans ce personnage à la fois entier, puissant, malhabile et désespéré, sans doute plus profond que cette Emma que Flaubert a décrit avec une dérision qui m'a toujours parue trop appuyée.
Au contraire, reprenant les développements littéraires de Bessa-Luis, Oliveira laisse les actes d'Ema se développer sans évoquer d'autres motivations que sa sensualité et sa volonté de conquérir une place de femme.
La perspicacité et l'empathie de Bergman et la distance d'Antonioni sont proches de cette démarche respectueuse, d'autant que le jeu de Leonor Silvera fait penser à Liv Ullman.
Au moment où le cinéma électronique à-la-va-vite nous inonde d'histoire bancales, de mouvements de caméras erratiques, de plans médiocres et de couleurs acides, surfaites et mal photographiées, les trois heures de Val Abraham font se succéder des plans fixes plus beaux et plus maîtrisés les uns que les autres, un montage sévère, des séquences fermement charpentées aboutissant à une histoire cohérente aux résonances profondes où le Temps est un acteur majeur.
On voit là ce qu'est vraiment le "Cinématographe" avec un grand C comme l'écrivait Bresson (*).
Le texte, chez Oliveira, est l'élément narratif principal. Ici c'est une voix off qui est au premier plan, laissant l'image illustrer parfois d'autres aspects, souvent en contrepoint, les dialogues se calant toujours sur le texte off.
Oliveira est un cinéaste à part : sa carrière a vraiment commencé dans les années 70, il avait plus de 60 ans. C'est essentiellement la dictature salazariste qui a retardé son apparition comme artiste. Cela ne l'a pas empêché de tourner 35 films jusqu'à l'année de sa disparition à 107 ans !!
A mon avis, Val Abraham, tout en illustrant son art intériorisé, subtil et puissant, rejoint la grandeur de Amour de Perdition (4h20), son autre plus grand film d'après le roman-culte homonyme des Portugais écrit par l'étonnant Camillo Castello Branco (1825-1890) (une sorte de mix entre Balzac, Stendhal et Wilkie Collins).
Distilla
Distilla

1 abonné 12 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 11 juillet 2024
Il n'y a rien à retenir si ce n'est les costumes
Ce film est d'une misogynie heurtante.
3h25 de conversations d'hommes qui décrivent les femmes comme leur étant soumises, l'héroïne est décrite à 14 ans comme une allumeuse ardente.

"Les femmes ne sont pas les égales des hommes, perdues il ne leur reste que le végétal ou le chien. Refusant l'un et et l'autre, elles finissent par imiter les hommes" le genre de réplique que l'on entend mais tout le film est un cours magistral sur ce qu'est la misogynie, le sexisme, le patriarcat, la sexualisation des femmes.

Les homosexuels ne sont pas épargnés.

Si vous avez envie d'être meurtries, heurtées ou de mieux comprendre ce que les "artistes" pensent des femmes, les 30 premières minutes suffisent largement.

Mise en scène douloureuse (des plans contemplatifs interminables et ridicules, une actrice qui fait du mieux qu'elle peut, elle avait 18 ans sur le tournage on a de la peine pour elle).

Les paysages sont mal cadrés, jamais vu un vignoble aussi laid.

Le film est gras, verbeux, prétentieux, insultant, choquant et heurtant pour la moitié de l'humanité.


A fuir
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 8 mai 2014
Vouloir "imiter une belle vie", pour cela se défaire du quotidien, de l'errance, de la perdition matérielle. C'est un mensonge: l'histoire est là, est écrite, on la connait, tout le monde la connait, Flaubert l'avait si bien racontée. Pourtant l'on en joue, l'on en s'amuse, à la fois les personnages qui s'en délectent, ne cessant de se rappeler entre eux les coïncidences entre l'histoire vécue et l'histoire racontée, mais la réalisation elle-même, il faudra que la demoiselle s'appelle Ema, qu'elle épouse un médecin, que le fameux "bal" ait lieu, qu'elle connaisse des amants qu'au fond elle n'aimera pas, enfin que la liberté se ressente prisonnière de la voix du narrateur, d'une muette qui "sait tout", puis que le suicide soit parodié, rejoué, tandis qu'il avait déjà été annoncé. Rarement un film n'aura aussi bien montré que ce qui fait l'artiste n'est pas l'histoire que qu'il raconte, mais la manière dont il la raconte, cette dernière demeurant comme un idéal, un rêve, que l'on rejoue sans cesse, pour le simple plaisir de l'entendre de nouveau, pour le simple plaisir de la redécouvrir; pour le grand plaisir de notre vie humaine.
Clntra
Clntra

40 abonnés 270 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 novembre 2024
Magnifique portait d'une femme affirmant sa personnalité et refusant d'être manipulée par les hommes. Dialogues ciselé, très littéraires. Je conseille au moins une seconde vision de ce film et une lecture (relecture) de Madame Bovary.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 30 octobre 2012
Après Renoir, Minnelli et Chabrol entre autres, c’est au tour de Manoel de Oliveira de proposer sa vision du plus célèbre roman de Flaubert, Madame Bovary. Passées entre les mains d’Agustina Bessa-Luis, romancière proche du cinéaste, les aventures extra-conjugales d’Emma Bovary ont été transposées dans le Portugal du début des années 1990. Relecture très libre et très moderne de sa mère littéraire, le Val Abraham efface complètement l’aspect pécuniaire omniprésent chez Flaubert et qui, rappelons-le, amenait Emma à sa perte. Ici, Oliveira porte une réflexion quasi-métaphysique sur le « qui suis-je? » quand on ne vit qu’au travers des regards d’autrui

Lire la suite sur ce lien: http://quaiducinema.wordpress.com/2012/08/07/son-nom-est-ema-ema-paiva-val-abraham-manoel-de-oliveira-1993/
Corinne76100
Corinne76100

86 abonnés 631 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 juillet 2024
Une très belle fresque de la bourgeoisie portugaise. Dommage, la longueur du film: la durée est beaucoup trop longue par rapport à la richesse des dialogues. Il est quasiment impossible de rester concentré tout ce temps. De plus, les paysages sont magnifiques également. Trop de choses à apprécier simultanément sur un temps de projection trop long
Orno13
Orno13

26 abonnés 1 053 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 3 septembre 2025
Pourtant admirateur des films de manoel de oliveira, val abraham m a beaucoup déçu.
Calque sur le roman de flauber, Mme de bovary, mais dans le douro région magnifique portugaise.
Le film est beaucoup trop long et la voix off qui fonctionne bien habituellement dans les procédés narratifs des films de manoel de oliveraie mais la pour moi ça ne fonctionne pas.
Les cadres sont beaux, grâce aux paysages, mais devien vite lenifiant, c est dommage pour leonor silveira son actrice fétiche qui est merveilleuse.
chrischambers86

16 164 abonnés 13 119 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 mai 2016
A 85 ans ,Manoel de Oliveira, cèlèbre rèalisateur portugais, propose une relecture très libre et très modernisèe de "Madame Bovary" dans le contexte du Portugal actuel! En de longs plans fixes et de lents travellings, il raconte les tristes amours de la belle et riche Ema incarnèe par la troublante beautè de Leonor Silveira! Plus que le portrait d'une bourgeoise romantique et suicidaire, le cinèaste brosse une vaste fresque de trois heures où la splendeur des dècors naturels vient sublimer le tragique du quotidien! Tout concourt ici à l'harmonie supèrieure d'une oeuvre sans faille, signe de jeunesse pour ce centenaire qui continue toujours de tourner et qui signe là peut-être son plus beau film...
casablanca
casablanca

7 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 octobre 2025
Adapté de Madame Bovary est une ouverte qui ne laisse pas indifférente. Ce n’est pas un chef d’oeuvre car il manque une vrai naration dans la deuxième partie. Et c’est la que le pas baisse. On a un film qui démarre très bien puis on tombe un peu dans l’ennui comme l’héroïne de cette histoire. C’est peut être le meilleurs film de Oliveira car ces autres film qui dure moins longtemps sont encore plus ennuyeux.
Réalisation sobre avec de beau cadre mais on sent que le film est un peu fauché et que le réalisateur a fait avec ce qu’il pouvait avec son budget limité.
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