OK. Hercule, c'est top : le scénario est cool, les personnages (surtout Mégara) sont attachants et on a plaisir à suivre la progression du héros. Hadès est un antagoniste de très haut calibre : son animation est superbe, et on ressent toute la menace du méchant malin et charismatique, qui tire les ficelles. Ce méchant ne devait pas être fort, il devait être malin, et Disney a réussi son pari : Hadès est un de leurs meilleurs méchants tous Disney confondus.
Ce qui est très bien trouvé, c'est le côté anachronique et le parallèle entre l'héroïsme, la célébrité et la richesse. Hercule est un héros comme pourrait l'être un chanteur de K-Pop : il a exactement le même parcours qu'un artiste. D'ailleurs, le combat qui le rend célèbre se déroule dans une véritable arène avec des gradins. Disney a l'intelligence de mettre en scène sa comédie grecque comme du théâtre. Et Hercule n'est pas un personnage angélique comme on nous le laisse entendre avec son attitude :
il devient un héros mais malgré tout ça ne lui suffit pas, il veut plus, il veut être un Dieu. Il a une soif d'ambition qui le rend plus complexe et nous laisse entendre que ce qu'il fait pour les autres, il le fait en fait uniquement pour lui. Encore une fois on fait le parallèle avec notre chanteur de K-Pop : veut-il devenir célèbre pour niquer des gonzesses ou a-t-il simplement envie que sa musique soit partagée et donne du plaisir aux gens qui l'écoutent ?
L'acte final est véritablement audacieux et mémorable. J'ai parfois des flashs me remémorant le Cyclope sur Playstation, quel enfer ! D'ailleurs en parlant de monstres, l'alliance entre 3D et 2D sur l'hydre marche étonnamment bien. Ça fait un peu bizarre pour les yeux, mais ce n'est pas désagréable tant ça crée un dynamisme visuel intéressant. Ce combat est d'ailleurs épique et rentre facilement dans mon top des scènes d'action dans les films Disney.
Concernant la musique, puisque Hercule est dans la tradition des métrages musicaux de Disney, eh bien, ce n'est pas parfait. Il y a bien sûr des bangers "De zéro en héros" ou "Jamais je n'avouerai" mais j'ai beaucoup plus de mal avec "Gospel Pur" et "Il me reste un espoir".
Niveau VF... Petite anecdote : la première fois que j'ai vue Philoctète, je me suis dit "Haha, on dirait Patrick Timsit physiquement !" Et après j'ai entendu sa voix. C'ÉTAIT Patrick Timsit... Alors quoi ? On a vraiment choisi un acteur parce qu'il ressemblait au personnage ?! Et bien sûr, on reconnait ce cher Anakin Skywalker pour Hercule. Et une fois qu'on s'en rend compte, ça ne nous quitte plus du début à la fin.
Alors bon, que peut-on reprocher au final à ce Hercule ? Eh bien, même si on sent l'évolution des personnages, que le scénario se tisse intelligemment, il y a parfois des moments d'agacement. Perso, je n'arrive toujours pas à comprendre tout ce qui se passe avec le jeune Hercule. OK on a compris il est maladroit, mais genre les jeunes de son âge ne veulent pas être potes avec lui parce qu'il est... Trop fort ? Ils le traitent même de nul alors qu'il peut les mettre dans le coma en une pichenette ? J'ai du mal à le concevoir, et ça renforce juste ma théorie sur le fait qu'Hercule traite plus des artistes que des sportifs. Soyons sérieux : au collège, les gens ont plus les yeux rivés sur les costauds plutôt que sur ceux qui griffonnent des trucs sur leurs cahiers.
Et je trouve également les scènes d'animation avec les muses parfois flippantes. Je ne sais pas si c'est leur manière de me regarder pendant qu'elles chantent avec un immense sourire ou si c'est l'ambiance boîte de nuit qui se déchaîne derrière elles, mais je me sens gênée devant ces scènes. Pareillement, si j'aime globalement l'humour du film, Peine et Panique m'agacent un peu tant ils font pouet pouet tout le temps dans tous les sens.
Au final, le film est tellement intense tout le temps, la musique si volontaire, que même les moments de drame semblent dynamiques.
Là où le film se perd dans ce défaut, c'est avec son début comédie musicale, quand Hercule part à l'aventure, et que sa rencontre divine s'effectue en plein milieu d'une chanson. On a une sensation de rush au service d'un rythme de chanson. Pareil, durant la chanson de phoiloctète : on a un avant/après du héros, quelques scènes de son entraînement, mais pas une évolution progressive de la musculature du personnage, ce qui est dommage, il est nul puis il est fort alors que c'était par exemple une des forces du Roi Lion de le voir grandir, d'avoir un stade intermédiaire tel le bon Pokémon qu'il était. Ainsi, on a la sensation d'être dans le Space Mountain : ça va toujours très vite, limite on a pas le temps de comprendre ce qui se passe et quand ça freine, c'est juste pour engager une nouvelle phase de l'attraction.
Mais bon, c'est vraiment chipoter, Hercule c'est très bien et fait partie des très bons Disney, il lui manque sans doute pas grand chose pour manger à la table des plus grandes réussites du Studio.