Le bon temps des films d’espionnage des années 60 marqué par la série des divers, « Fauve », « Gorille » ou « Tigre » est tout à fait à l’honneur avec ce métrage roboratif de Maurice Labro. Le potentiel comique de Ventura est déjà visible dans « Le Fauve est lâché » et il n’est pas surprenant que Lautner ait pensé à lui pour ses « Tontons flingueurs ». Si Ventura dégage la même massivité que Gabin avec en sus l’animalité, il est clair que sa façon bien particulière d’envoyer ses répliques détone par rapport à la violence contenue de son aîné. On ne s’ennuie donc pas une seconde dans cette petite série B où toutes les tronches sympathiques de l’époque défilent sous nos yeux , du drolatique Jess Hahn à l’inquiétant François Chaumette. La bande annonce du film est très évocatrice de la teneur de ce film précurseur des chefs d’œuvre à venir du tandem Audiard/ Lautner.
Film classique tant au niveau de l'écriture que de la mise en scène malgré la collaboration de Claude Sautet mais surtout de génial Frédéric Dard. Mais ce réalisateur peu connu accouche de son meilleur film notamment grâce à l'excellent Lino et de ses compères.
Ancien truand et ancien des services secrets, Le restaurateur Lamiani est contraint par la DST de reprendre du service pour piéger un de ses vieux amis. Le fauve est lâché mais il n'a pas l'air, pour paraphraser Audiard, de travailler en férocité ou en bourre-pif. A moins qu'à la fin... Les dialogues ne sont pas d'Audiard mais de Frédéric Dard, et ils sont plutôt bons, entre sobriété et sens de l'image. Le film de Maurice Labro est d'ailleurs plutôt meilleur qu'attendu de la part de ce réalisateur généralement médiocre. A cheval entre espionnage et série B de gangsters, le sujet ne révolutionne pas le film de genre mais il a pour lui que les personnages et les comédiens sont bien dirigés. Ce n'est pas si fréquent dans ce registre. En revoyant le film, j'ai trouvé que Lino Ventura, déjà plus un débutant à cette époque, n'a pas seulement de la carrure et de la présence, mais un vrai talent de comédien. Il porte le film sur les épaules sans avoir à jouer les déménageurs et il a toujours le ton juste. Sa présence offre une vraie valeur ajoutée à une intrigue commune.
Petit film noir à la Française, avec le grand Lino Ventura au mieux de sa forme façon gorille ! A voir pour les 15 dernières minutes d'anthologie ou Lino fait le spectacle à coups de poings et de gueule ! Un grand moment !
Que voilà un bon petit film noir bien typiquement de chez nous comme nous les aimions et comme nous savions les faire. Jusqu'à ce que de soi-disant grands penseurs et convaincus qu'ils savaient tout mieux que tout le monde décidèrent que ce genre de cinéma ne devait plus exister. Bon, ne cherchez pas dans ce "Fauve est lâché" quelque ambition de vouloir renouveler le genre. Ce n'est pas le but. Labrol a seulement pour dessein de nous ficeler un truc avec une histoire suffisamment solide. Un truc carré et efficace. Un truc pro quoi. Et pas de lézards, il fait le boulot proprement. Et il peut compter sur une équipe d'acteurs parfaitement dans son élément. Il y a des jours, s'il en reste encore, j'aimerais bien la tête de ces pourfendeurs du cinéma populaire d'alors quand ils voient et entendent que, près de 40 ans après sa disparition, on aime Lino Ventura comme au premier jour.
Dans l'esprit de Touchez pas au grisbi, un film policier avec de bons dialogues (F. Dard) mais des scènes de fusillades très datées et des baisses de rythme dans l'action. Mais il y a Lino Ventura et la France de 1959, alors on prend un certain plaisir.
Tout est dit dans le titre : il ne faut pas faire chier Lino Ventura qui joue ici le rôle de Paul. Ancien truand reconverti, il se voit obligé de retrouver un de ses anciens amis en possession de certains documents pour le compte de la DST. Manipulé, énervé, cible de personnes dangereuses, Paul va devoir se battre pour sauver sa peau et celle de sa famille. Ce n'est clairement pas original et ça manque de rythme mais le scénario (auquel Claude Sautet a participé) bénéficie de dialogues assez sympathiques et de situations suffisamment périlleuses pour maintenir notre attention. Et puis il y a Lino Ventura, irrésistible quand il se met en colère.
Suite à un vol de documents confidentiels, les services secrets forcent Paul Damiani (Lino Ventura) à reprendre du service, mais le voleur semble être Raymond (Paul Frankeur), son meilleur ami. Sur un scénario suffisamment élaboré, Labro réalise un film d’espionnage classique, avec conflit entre amitié et devoir, trahisons, etc. La photo est parfois recherchée, certaines scènes sont très convaincantes, telle la poursuite dans les galeries de la falaise d’Etretat. Trois bons acteurs : Ventura, en pleine forme, dans un rôle qu’on croirait écrit pour lui ; son officier traitant Paulan (François Chaumette), à la fois cynique et compréhensif ; Donan, le chef des traitres (Jess Hahn), qui a le physique et les mœurs de l’emploi. Frankeur, lui, cabotine outrageusement. Comme pour tous les films policiers de l’époque, le rythme est lent, beaucoup d’acteurs sur-jouent, et les voix sonnent souvent faux, retirant de l’effet à des dialogues quelquefois bien sentis (Je sais ce que tu penses… Ben ça doit vous faire drôle !). Musique un peu niaise. Malgré ces travers du cinéma standard des années soixante, Labro parvient à créer un climat, et l’on regarde sans ennui ces errances en 403, ces bagarres « pour de faux », ces engueulades mémorables, jusqu’à la scène finale tournée dans le décor champêtre d’un canal. La nostalgie peut être toujours ce qu’elle était.
Rien qu'à voir Frédéric Dard au générique cela me met l'eau à la bouche, j'en suis un fan invétéré. Superbe musique du grand Georges van Parys, Magali Noël qui chante. De belles images (au début chez le patron de la DST, avec l'orage et les lumières qui lâchent). Parfait dans son rôle de gros dur, un Ventura comme je l'aime (un peu conventionnel comme histoire mais ça se regarde avec plaisir)....
Un film de suspens espionnage qui n aurait pas un grand intérêt s il n avait pas Lino Ventura en tête d affiche. La caméra est fixe, les décors en carton, les rebondissements trop évidents. Bref un film trop figé et académique pour réellement susciter l intérêt.