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La Trilogie Marseillaise de Marcel Pagnol : Fanny
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CrystalEagle
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4,0
Publiée le 25 mai 2026
Fanny prolonge la trilogie marseillaise en changeant de ton : on quitte la légèreté solaire de Marius pour quelque chose de plus grave, de presque tragique. Le film est celui de l'absence de Marius, et ce vide qui irradie chaque scène, entraînant tout le monde dans un engrenage implacable de grossesse, de déshonneur et d'apparences à sauver. AAu fond, une question traverse le film et dépasse largement son époque : qu'est-ce qu'un père, celui qui donne la vie puis s'en va, ou celui qui reste, et qui aime ? Marcel Pagnol écrit ses dialogues comme on compose une partition, chaque réplique a son rythme et son poids, et l'accent marseillais leur donne une musicalité jouissive. Raimu, encore une fois immense, est capable de truculence comique et d'émotion brute dans le même souffle, avec une présence qui remplit l'écran. Charpin en Panisse prend une autre dimension, touchant dans sa fierté de père tardif, un peu ridicule et profondément émouvant à la fois. Le dernier quart d'heure, quand les quatre protagonistes se retrouvent face à face, est un moment de tension et d'émotion déchirante où tout explose. Ce qui frappe aussi, c'est la dimension presque documentaire du film : les décors, les enseignes, les paysages, une plongée dans un monde disparu qui fascine. Un film de 1932 qui parle encore à n'importe qui a connu une famille recomposée ou un père absent, et c'est peut-être ça le plus troublant.
Le second opus de la trilogie marseillaise repose davantage sur un ressort dramatique. L'équilibre est précaire entre comédie humaine et mélodrame. C'est souvent bouleversant. Les enjeux sociaux complètement archaiques sont ici touchants et participent pleinement au drame qui se joue. Le simplicité du scénario n'a d'égal que le talent de Pagnol à construire une belle mécanique fluide. Allegret montre davantage d'habileté dans sa mise en scène que son prédécesseur Alexander Korda. Fanny n'a néanmoins pas la même aura que Marius. Mais on suit avec un immense plaisir les tribulations de ces marseillais gouailleurs.
Suite directe du sublime Marius, Fanny prolonge avec émotion et justesse la saga marseillaise de Marcel Pagnol. On y suit davantage le destin de Fanny, jeune femme courageuse confrontée à la lourde responsabilité d’élever l’enfant de Marius, parti en mer. On quitte un peu la légèreté du premier film pour plonger dans une tragédie aux accents presque grecs, où l’honneur, la famille et le devoir moral se heurtent aux élans du cœur.
La bande des amis de César se fait plus discrète, et l’humour s’efface au profit du drame, ce qui donne un ton plus grave, mais toujours profondément humain. Les dialogues restent savoureux, pleins de vérité et de sagesse populaire, fidèles à la plume inimitable de Pagnol. Orane Demazis, parfois un peu excessive, incarne néanmoins avec sincérité la douleur et la dignité de Fanny.
Un superbe film, poignant et authentique, qui poursuit avec brio la fresque familiale et morale amorcée dans Marius.
Marius parti, ce second volet se concentre sur ceux qui sont restés sur le Vieux-Port : César, Panisse et, surtout, Fanny. Un épisode réalisé avec un peu plus de maîtrise que le précédent par Mac Allégret qui, même s’il n’oublie pas d’être souvent très drôle, est le plus touchant et le plus dramatique de la trilogie. Dans le rôle-titre, Orane Demazis, magnifique de fragilité, augmente la qualité de son jeu pendant que Fernand Charpin se montre particulièrement attachant et que Raimu reste le plus pittoresque de tous.
Il s’agit du 2e volet cinématographique de la célèbre trilogie théâtrale (1931), centrée sur Fanny (Orane Demazis, 38 ans), écartelée entre son amour pour Marius Ollivier (Pierre Fresnay, 35 ans), parti 5 ans à bord du navire océanographique « La Malaisie » et la bienveillance (certes intéressée) d’Honoré Panisse (Charpin, 45 ans), maître-voilier à Marseille. Le film, plus mélodramatique que le 1er opus, est long (2h20) et a un peu vieilli avec le sujet des filles-mères et leur honneur perdu (l’annonce de sa grossesse par Fanny à sa mère Honorine, est grotesque), même si le vrai sujet est celui de la paternité, biologique ou adoptive, de Marius (égoïste, pensant avoir des droits sur son enfant) et de Panisse (émouvant). Malgré l’ajout de scènes en extérieur (au côté documentaire), la mise en scène de Marc Allégret reste en deçà de celle d’Alexandre Korda. On y retrouve l’alternance de sketches spoiler: tels que celui de la partie de pétanque qui bloque le tramway, le chavirage du bateau Pitalugue, acheté par Aldebert Brun (Robert Vattier, 26 ans) qui ne sait pas nager et la démonstration de l’innocuité hépatique des plantes dans les apéritifs par César.
Marc Allégret (1900/1973), ne fut pas épargné par la nouvelle vague, comme d'autres cinéastes de sa génération.
Connu pour sa liaison avec André Gide, il réalisa notamment la deuxième partie de la trilogie marseillaise de Pagnol qui fait l'objet d'une ressortie en salle.
Le scénario ne propose pas beaucoup de péripéties ( Fanny enceinte de Marius parti autour du monde, accepte le mariage avec Panisse).
C'est ( de mon point de vue) la dernière demi-heure qui offre les meilleurs moments du film. Retrouvailles et confrontations entre tous les personnages principaux, elle permet à tous les acteurs de grandes envolées.
La mise en scène est sans doute trop statique ( les deux autres volets de la trilogie ne le seront pas beaucoup moins) et cette partie est beaucoup moins restée célèbre que la première.
Toutefois malgré sa mise en scène assez plate, la trilogie vaut toujours le coup d'oeil. Ses dialogues sentent bon le midi, fleuris par le vocabulaire populaire de l'époque et par le bon sens commun.
Incroyable, la dextérité et la richesse des dialogues et la quantité de “maximes” provençales qui rendent léger le format de + 2 heures des films de cette trilogie ! Et quel immense amour de l’humain, qui transperce toujours la “violence” verbale des incessantes“ “battles” qui opposent les personnages! Et ta tante Zoé, celle qui oubliait trop souvent de relever son pantalon !
Revu à l Utopia dans cysle marcelpagnol.film ….de son époque avec un scénario lié aux mœurs de époque.mais que ça fait du bien des dialogues incisifs, des decors de l epoque( le marché aux poissons,un pittoresque!). Raimu grand interprète grand acteur.j ai adoré Pierre Fresnay même si son personnage apparaît peu mais oh combien important. Et en fin il y a le port de Marseille dans les années 30 , si pittoresque.une fresque ce film. A voir.
Deuxième volet de la trilogie Marseillaise de Marcel Pagnol, ce « Fanny » est bien supérieur à « Marius ». Alors que ce dernier se limitait à une intrigue pauvre et à la saveur du « folklore » Marseillais, dans « Fanny » fait l’irruption du drame, avec son lot d’humanité et de questions morales et éthiques qui touchent à l’universalité (même si les scènes comiques ont encore leur place). Plusieurs moments ont une intensité remarquable, et sont inoubliables ; Raimu étant absolument monumental.
Le départ soudain de Marius sur le "Malaisie" laisse son père César dans la tristesse et son amoureuse Fanny avec une enfant à naître. Cette deuxième partie de la trilogie de Pagnol reproduit le thème récurrent de l'auteur, l'enfant bâtard objet de honte et de scandale. César, plus irrascible et excessif que jamais depuis que Marius est parti vivre son rêve, Fanny, affligée par sa future condition de fille-mère, et Panisse, qui sauvera la jeune femme du déshonneur en l'épousant et en donnant son nom à l'enfant, sont, en l'absence de Marius, les trois personnages principaux de ce drame sentimental et moral d'un autre temps, au demeurant -et heureusement!- transcendé par la personnalité comique de la plupart de protagonistes. César et Panisse, Raimu et Charpin, font un véritable récital dans la truculence et l'exubérance, dans la verve et les inventions dialectiques du Marseillais vu par Pagnol. Dialogues riches et interprétations exceptionnelles garantissent des séquences de comédie irrésistibles à l'accent décidément savoureux. Car, si Fanny, spoiler: puis à la fin le retour de Marius spoiler: revendiquant, pas gêné, la femme et l'enfant de Panisse, entretiennent la flamme dramatique du film, les joutes verbales entre Panisse et César, notamment sur la légitimité du premier à convoiter Fanny, constituent des scènes épiques et drôles que dissimulent à peine, derrière les exagérations et les figures rhétoriques méridionales, la bonté et la sensibilité de l'un et de l'autre.
Fanny, le deuxième volet de la trilogie constitue une excellente suite, cependant il demeure pour moi un ton en-dessous de Marius. L'aspect dramatique prend à présent clairement le dessus sur l'aspect comique. Les scènes qui opposent Raimu et Charpin restent extraordinaires.
Voilà une MAGISTRALE leçon de cinéma! Partir d'un scénario qui pourrait passer pour anodin, qui tiendrait sur un timbre poste et en faire une fresque digne de Michel-Ange relève du miracle. Les dialogues sont tous admirablement construits, l'accent de Marseille les font chanter et les acteurs sont tous formidables (Peut-être Orane Demazis surjoue-t'elle un peu parfois). On passe du rire au sourire aux larmes, puis on revient au rire. C'est formidable. Un monument du cinéma français. Ce film nous permet d'observer que spoiler: le statut de fille-mère a considérablement changé en 90 ans . A voir par tous, sans exception, et à revoir
Chef-d'oeuvre pagnolesque évidemment dont la fameuse scène du jeu de cartes est devenue culte. Tout comme la célèbre réplique "Tu sais ce qu'elle te dit la marine française ?"
La deuxième partie de la Trilogie marseillaise (« Marius », « Fanny » et « César ») sort en 1932. Cette fois-ci, Marcel Pagnol confie la réalisation à Marc Allégret. Le caractère dramatique et nettement moins comique que le premier volet, donne à ce film une profondeur bouleversante. Le thème des filles-mères et la critiques des mœurs de l’époque sont abordés avec une grande sensibilité. Les différents personnages, grâce à la magnifique interprétation de Raimu, Fernand Charpin et Pierre Fresnay notamment, deviennent encore plus attachants. Bref, certainement le meilleur épisode de la saga du Vieux-Port de Marseille.
Certes on ne voit plus beaucoup Marius (P Fresnay) un personnage un peu absent de la pièce et aussi du film où Raimu s'impose comme un très grand acteur avec un talent remarque qui le fait aimer des Américains et aussi mon grand père maternel parmi les français qui le connaissent ou plutôt le connaissaient. Claudine tante de Fanny fait sa première apparition. La nièce Fanny, enceinte, et privé du père de l'enfant, se marie avec Honoré Panisse (Fernand Charpin) pour redresser la situation d'une famille