B. Wilder signe ici une fable noire, amère et sans concession sur un monde des médias qu'il réprouve et exprime avec beaucoup de violence son dégoût d'une certaine facette de l'humanité. Pour cela, il trousse une histoire assez crédible puisque s'appuyant sur plusieurs faits divers et pousse le curseur un peu plus loin en nous faisant suivre le parcours d'un journaliste désireux de retrouver sa place dans le gratin de la profession et qui ira loin, très loin pour ça. Peinture peu reluisante d'une société dominée par les médias et l'image (pas l'image physique mais celle que l'on donne de soi), il critique les fondements de la démocratie à l'américaine et les manipulations politiques qui la sous-tende, le manque de probité de ses élus et surtout de ceux qui les font et les défont. Cette presse prête à flatter les bas instincts de l'Homme (une bonne nouvelle n'est pas une nouvelle dit l'un des protagonistes) le répugne tout autant que ceux qui viennent de repaître de ce triste spectacle sans oublier ceux qui en profitent. C'est mordant, acide, amer et d'une rare lucidité, le tout étant appuyé par une mise en scène impeccable, des acteurs impliqués (avec un K. Douglas impeccable notamment) et un scénario qui tient en haleine. Classique qui connut bien évidemment un lourd échec à sa sortie et que Wilder paya de sa poche (le succès de "Stalag 17" juste après lui permit d'éviter de trop lourdes dettes). D'autres critiques sur
Le sujet est excellent. Terrible dérive du journalisme. "La montagne est là et il est encore dessous". C'est glaçant et encore tellement vrai: "les bonnes nouvelles, ce n'est pas de l'information". "Je sais ce qui plait aux gens". Un film vraiment superbe avec en plus la problématique de la femme, dont je ne peux parler ici, mais qui rajoute encore du sinistre a cette histoire formidablement filmée. Film considéré par Woody Allen comme étant un chef d'œuvre; Ce n'est pas rien comme conseil!!!!
Ça y est enfin ! Grâce à la cinémathèque de Tours, ce film que j'attendais tant vient à moi ! Le plus dingue est peut être de voir a quel point ce film a peu vieillit et que la société de l'époque ressemble à la notre dans ce qu'elle fait de pire. Et au milieu de ça l'emblématique Kirk Douglas encore de ce monde aura vu cette relative évolution, respect ! Le plus noir des films de Wilder, aucunement de place pour l'optimisme ici, s'en est même choquant pour un film de cette époque d'Hollywood plus habitué aux "Happy end". Wilder excellent, Douglas diabolique, " Ace un the hole" un classique évident. 4/5
Kirk Douglas en journaliste sans scrupules. Il trouve un job, cherche l'article le plus croustillant et il va le trouver. Alors qu'on l'envoi vers la direction d'une histoire de crotale, sur le chemin il apprend et assiste un homme qui ne pleut plus bouger, coincer à l'intérieur d'une grotte, le journaliste tient son article de feu. Il va même pousser cette histoire par le vice, simplement en retardant la démarche des travaux de sauvetage. Première partie pas mal, l'autre partie par contre on tombe dans un gouffre de répétitions. Très embêtant, l'ensemble pouvait être prenant.
Le film débute bien avec un Kirk Douglas en journaliste frustré en quête du papier qui relancera sa carrière, le sauvetage de cet homme coincé dans une grotte apparait alors comme le sujet idéal, sauvetage que Tatum va d'ailleurs chercher à faire trainer pour son propre besoin. Cette situation montre bien les travers de l'être humain, ici décrit comme sans scrupules, froid, opportuniste, et met en lumière le pouvoir des médias. Malheureusement, l'intrigue s’essouffle au fur et à mesure que les minutes défilent, la mécanique devient un peu trop répétitive et l'histoire finit carrément par tourner en rond dans la dernière demi-heure qui parait vraiment longue. Dommage car cette critique cynique, pessimiste, était totalement visionnaire pour l'époque et reste toujours pertinente aujourd'hui.
Un film précurseur sur les affres de la téléréalité et de l'univers tout info, ou Kirk Douglas excelle en salaud notoire prêt à tout pour la gloire et la fortune ! Réalisé avec brio par un Billy Wilder au sommet de sa carrière, malgré une mise en route un poil longuette...un quasi chef d’œuvre !!!
Dixième film de Billy Wilder, « Ace un the Hole » est aussi celui qu’il préférait parmi tous ses films. Il nous fait suivre Charles Tatum, un journaliste sans scrupule qui va tout faire pour exploiter un scoop, celui d’un homme coincé au fond d’une galerie effondrée.
Cela ne surprend pas de voir Billy Wilder s’attaquer à ce drame très noir tant il est capable d’explorer tous les genres, du drame à la comédie en passant par le film noir. Ici c’est l’un de ses films les plus sombres, il y dénonce le cirque médiatique, l’exploitation de la souffrance humaine, les méthodes des journalistes, la corruption, la foule attirée par le moindre scoop mais surtout la nature humaine et sa noirceur.
C’est notamment à travers le personnage principal qu’il le fait, un journaliste que l’on découvre d’abord alcoolique et sans le sou mais toujours sûr de lui, allant chercher un boulot dans un petit journal. Puis quand vient le scoop, on le voit tout faire pour exploiter au mieux le malheur de l’homme coincé dans la galerie, alors que ce dernier voit sa santé se dégrader. Tel un metteur en scène, il dirige tout pour parvenir à ces fins , il manipule et est même prêt à retarder de 5/6 jours l’extraction de l’homme, tout en se faisant passer par son ami. Mais Wilder arrive aussi à l’humaniser à certains moments.
Mais dans cette galerie de personnages sombres, il n’y a pas que lui, Billy Wilder y dépeint aussi la foule qui s’amène en masse, l’arrivé de camions sandwich ou d’une fête foraine ( !) et surtout l’entourage, que ce soit la femme de l’homme à sauver, le chef de sentiers peureux, le sheriff, qui va être aux ordres de Tatum avec comme unique but que l’on parle de lui et qu’il soit réélu ou même de simples apparitions tels que cet assureur proposant dès qu’il peut des cartes de visites.
L’une des forces du film, c’est que les propos que Wilder résonnent toujours forts et justes aujourd’hui et il les traite sans concessions et avec intelligence. Il donne une vraie puissance à son film en ne tombant jamais dans la facilité et en faisant preuve d’un réalisme fort. Les scènes dures et révélatrices ne manquent pas, que ce soit les faces à faces entre Tatum et la femme ou encore la scène finale…
Kirk Douglas incarne avec force et charisme l’égoïsme de cet homme antipathique et arriviste mais en nous faisant aussi comprendre ses motivations, il livre l’une de ses meilleurs compositions. En face de lui, Jan Sterling, Robert Arthur dans le rôle de l’assistant/photographe ou encore Ray Teal dans celui du sheriff, sont impeccable.
Ce n’est ni le premier, ni le dernier chef d’œuvre de Billy Wilder mais surement son film le plus sombre et le plus noir. Il traite intelligemment et efficacement les thèmes qu’il aborde et est servi par un grand Kirk Douglas. On notera aussi qu’il s’en prendra au monde journalistique un peu moins de 30 ans après « Ace in the Hole » dans « Speciale Première » avec Jack Lemmon et Walter Matthau mais sur un ton bien plus léger et humoristique (mais quand même réussi !).
Pour ma part, c’était mon dernier Billy Wilder qu’il me restait à voir et je ne suis pas déçu en terminant par celui-là. Et je voulais tout simplement die un simple merci à celui qui m’aura offert de nombreuses expériences cinéma marquantes et qui est à ce jour l’un voire mon cinéaste fétiche, je prendrais toujours autant de plaisir à revoir ses chefs d’œuvres (Boulevard du Crépuscule, La Garconnière…), ses très bons voire excellents films que je trouve sous-évalué (Stalag 17, Fedora, Avanti…) ou donner une seconde chance à ceux qui m’ont (un peu) déçu (Sept ans de réflexions et Irma La douce). Merci.
Si Billy Wilder est efficace dans la comédie il l'est encore bien plus dans le drame, ace in the hole est assurément son meilleur film. Ce film est d'une noirceur et d'un cynisme rare,Willder va jusqu'au bout de ses personnages,pas d'happy end ici. Il met le personnage de Kirk Douglas face à ses actes et à ces conséquences. Dans cette perle de film noir qui en fait l'un des meilleurs du genre,une perfection d'un bout à l'autre,aucune longueur comme c'est souvent le cas chez Wilder.
Voilà un film injustement méconnu du maestro Billy Wilder. Un journaliste sans scrupule, magistralement incarné par Kirk Douglas, cherche à profiter d'une catastrophe - un homme enseveli vivant dans une grotte - pour se refaire une notoriété. Il convainc l'épouse de jouer la veuve éplorée et le shérif de lui réserver l'exclusivité de l'information.
Billy Wilder est beaucoup moins caustique que dans les chefs d'œuvre qui ont fait sa célébrité : "Sept ans de réflexion", "Certains l'aiment chaud", "Irma la douce" Sa critique du journalisme est sans concession et n'a rien perdu de son actualité : un journalisme si avide de sensations qu'il va même jusqu'à l'organiser comme Chuck Tatum qui retarde l'organisation des sauvetages au risque de compromettre la vie de la victime pour "laisser la sauce monter".
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4,0
Publiée le 22 novembre 2020
Le rôle nèfaste de la presse à scandale a fourni à Billy Wilder le thème du très dur et très noir "Ace in the Hole". Plus de soixante ans après sa sortie, cette satire de la grande presse et de ses moeurs fait toujours aussi froid dans le dos! Personne n'oubliera cette « malèdiction de la montagne des sept vautours » . Non personne! Et encore moins la composition extraordinaire de Kirk Douglas qui rèussit à nous dègoûter, à nous faire frèmir et même à nous èmouvoir! On est d'ailleurs èpuisè de couvrir cet acteur de louanges! Son Chuck Tatum, cynique et sans scrupules, est inoubliable! Aujourd'hui considèrè comme une oeuvre essentielle du cinèma amèricain, "Ace in the Hole" fut loin de faire l'unanimitè à sa sortie! En effet, le film fut un èchec financier et artistique complet pour le metteur en scène du mythique "Some Like it Hot". Qu'importe, devant tant de vèritè, de cruautè et de modernitè on reste pantois! Chuck Tatum est un personnage complexe, Wilder en a fait un arriviste dont l'heure de gloire ne sonnera jamais! L'èmotion, comme le malaise, nous submergent à tout jamais...
Capable de passer sans perdre en qualité des comédies légères à des drames fatalistes, Billy Wilder déclara que ce Gouffre aux chimères, appartenant à la seconde catégorie, fut celui de ses films qu’il préférait. C’est une approche terriblement cynique du métier de journaliste, un état de fait toujours autant d’actualité plus de soixante ans plus tard, que nous apporte ce scénario dont la noirceur et l’intensité ne connaissent aucune baisse de régime. Campé par un Kirk Douglas en pleine forme, le journaliste opportuniste et manipulateur est une incarnation effrayante de la quête de sensationnalisme au détriment d’un quelconque altruisme qui conditionne son métier. Mais son public est lui-aussi dépeint avec cruauté comme un troupeau à la curiosité morbide, faisant du film une critique aussi bien du pouvoir médiatique que des effets de masse. Très en avance sur son temps (d’où son échec commercial à sa sortie), ce film noir est aujourd’hui toujours aussi pertinent et captivant.
Un exemple frappant de film qui ne vieillira jamais.Tout simplement car ses thématiques sont résolument contemporaines,en présentant un monde cynique et opportuniste,peuplé de personnes mal intentionnées derrière leur façade avenante."Le Gouffre aux chimères"(1951)fut un échec critique et commercial abyssal,car trop avant-gardiste pour cette époque où l'on se voilait la face,surtout en Amérique.Billy Wilder commettait un sacrilège en présentant le journaliste de terrain,non pas comme un héros pourfendeur de tous les maux,mais comme un arriviste exploitant à son avantage toutes les situations.Kirk Douglas,déjà détenteur d'une image ambigüe,s'efforça de ne pas le rendre trop détestable,en exploitant ses tiraillements et sa honte.C'est un personnage qui transforme un fait-divers local(un homme coince dans une grotte,suite à un éboulement),en grand carnaval.Les badauds viennent contempler le spectacle,les médias font le pied de grue,les forces de l'ordre font tout pour retarder le sauvetage.A force de jouer avec le feu,on se brûle les ailes.Tous sont renvoyés dos à dos.Une critique très virulente du sensationnalisme et du spectacle à tout prix.
Une charge virulente contre la dérive démagogique des médias, prêt à tout pour vendre y compris manipuler la réalité, plus que jamais d’actualité aujourd’hui. La noirceur du ton, unique dans la filmographie de Wilder, surprend encore. Puissamment interprété par un Kirk Douglas transfiguré en victime expiatoire de son propre cynisme, le film est tendu comme un thriller et ne laisse pas une seconde de répit au spectateur. Du grand art !
Moderne avant l'heure, Ace In The Hole est plus qu'une charge percutante contre les dérives de la presse : une réflexion sur la fabrique du réel faisant référence aux mises en scène nazi que Billy Wilder a fui dans les années 30, un regard acide sur les tréfonds de l'âme humaine intelligemment mis en scène. Plus de blabla sur idiotheque, http://idiotheque.over-blog.net/article-ace-in-the-hole-antisocial-network-111915736.html