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Matis H.
40 abonnés
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4,5
Publiée le 3 août 2016
Second film de Herzog que je vois, après Rescue Dawn, et je dois être honnête, j'attendais beaucoup de Aguirre. Parce que ça avait l'air ambitieux, complètement fou et que 1h30 de Herzog qui filme la nature ça paraissait unique. Parce que c'est ça qui m'avait justement laissé sur ma faim avec Rescue Dawn, que le film ne soit pas juste Bale mis en scène par Herzog en pleine forêt tout du long. Et c'est exactement ce que propose Aguirre, la colère de Dieu. Et comme je m'en doutais, c'est fascinant.
Fascinant déjà rien que pour Aguirre en lui-même, cet homme qui met au défi Dieu, c'est fou. La performance de Kinski, complètement halluciné, joue aussi sur ce sentiment de folie qui émane du personnage, son projet est aussi dément que lui.
Puis bien sûr, la mise en scène de Herzog à elle seule mérite le visionnage. Cette manière de capter les instants de vie au milieu du chaos, c'est d'un sublime. Je me souviendrais surtout de ce plan-séquence dans le village. La nature aura rarement été aussi bien filmé (peut-être chez Malick) que dans ce métrage, elle est hostile et pourtant tellement magnifique, Herzog la fait vivre. Mais ce qu'il filme c'est aussi la confrontation.
Confrontation qui est d'ailleurs double, l'homme face à la nature, et face à lui-même. Le cinéaste fait comprendre visuellement les jeux de pouvoir et leurs évolutions, l'Homme se déchire au milieu d'une nature qui n'est guère plus accueillante à leur égard. Cette dernière ne semble vouloir que leur fin. Tout cela par la faute d'Aguirre, qui à vouloir défier Dieu c'est attiré sa colère.
Si il fallait trouver à redire, les tentatives d'humour sont autant inattendus qu'elles sont maladroites, la tête décapitée qui continue de parler, ou cet homme qui se permet une blague après s'être prit une flèche. Mais aussi un rapport à la contemplation parfois assez mal maîtrisé sur la durée.
Aguirre est donc un une oeuvre riche, dense et incroyablement mise en scène. Herzog capture la vie avec une grande beauté, et montre l'humanité s'entre déchirer au milieu d'une nature aussi grandiose qu'elle semble hostile. Le film se caractérise comme son personnage principal : doté d'une ambition sans limite et une démence qui transparait à l'écran. Magnifique.
un chef d'oeuvre!!une prouesse visuelle,une expérience extraordinaire et un kinski dans son meilleur rôle totalement habité.C'est l'histoire de la folie d'un homme aguirre"je suis la colère de dieu" dit il les yeux exorbités
Un véritable chef d'oeuvre de Herzog. Musique transcendante, paysages ahurissants, voix-off historique, et personnages effrayants. Cette quête perdue de L'eldorado aux allures de tragédie épique est passionante, dotée d'une mise en scène troublante et toujours très proche des protagonistes. Klaus Kinski interprète à nouveau avec brio un anti héros, personnage ambitieux et perfide. Montrer la folie qui gagne tout l'équipage dans cette quête vaine, tel est le but de Herzog dans cette incroyable reconstituion d'une page sombre de l'histoire des conquistador. La menace se fait invisible et terrfiante et s'exprime seulement par des flèches mortelles. Mais l'aliénation est encore plus dangereuse, avec la répétition incessante d'airs chantonnés par des esclaves fous ou des airs de flûtes péruviennes atroces. Reste une scène finale poignante où on ne perd pas de vue ce personnage à la dérive, victime de son ambition démesurée et de sa volonté de pouvoir.
Aguirre est un film ambitieux qui souffre néanmoins de gros défauts ce qui nuit un peu à son visionnage. Déjà je ne suis pas fan du scénario un peu simple ou l'on ne sait pas ou il va, le rythme est assez mal géré ( désolé mais les 50 premières minutes sont ennuyeuses) , ensuite le film devient intéressant heureusement. De plus, j'ai du mal à voir la colère en Aguirre avant les 20,30 dernières minutes. Cependant, le film est absolument magnifique, IL A TROP DE LA GUEULE, les acteurs sont corrects mis à part Kinski qui est tellement charismatique (même si il est parfois mis au second plan). La musique est incroyable et sa plus grande qualité est de décrire fidèlement les colons dans un contexte de film peu évoqué. spoiler: Ce que je veux dire c'est de les décrire antipathiques, immondes avec les indiens et les animaux et bien sûr de convertir tout ce qui bouge au christianisme tout en prêchant la bonne parole en clamant haut et fort tuer des indiens (sauvages) pour leur dieu.
La personnalité des colons est géniale.
Au final Aguirre est un film culte ayant vieilli (normal le film à 46 ans et il a été fait avec un tout petit budget) mais restant intéressant à regarder pour les cinéphiles curieux. Il n'est pas vraiment à conseiller à tout le monde au risque d'entendre "c'est tout pourri" et ce serai dommage parce que c'est pas le cas.
Werner Herzog dirige un Klaus Kinski extrêmement grave qui sert une intrigue tout aussi profonde, caractérisée par un tournage chaotique. La quête de l'El Dorado par une poignée de Conquistadors va s'achever dans l'élégie, et la transcendance. Un film d'Herzog aux teintes langiennes.
En 1560, une troupe de conquistadors descend de la montagne à la recherche de l'Eldorado. Mais l'équipée s'enlise dans les marais. Une plus petite expédition est alors constituée, placée sous la conduite de Pedro de Ursua et de son second, Lope de Aguirre (Klaus Kinski), qui devra reconnaître l'aval du fleuve sur des radeaux. Aguirre, aventurier ambitieux et brutal, manœuvre habilement pour proposer à ses compagnons un nouveau chef, le falot Fernando de Guzman, promu solennellement "empereur du Pérou et de l'Eldorado"..."Aguirre, la colère de Dieu" marque la première collaboration entre le cinéaste allemand Werner Herzog et l'écorché vif Klaus Kinski. En alliant son et image, le réalisateur nous plonge dans l'esprit d'un personnage fascinant pris au cœur d'un trip hypnotisant générée par sa propre volonté de puissance. La remarquable prestation de l'incandescent Klaus Kinski porte littéralement le film jusqu'à la céleste et prestigieuse voûte qu'est le cinéma expérimental. Plus qu'une Odyssée initiatique à travers terres et eaux sauvages d'Amazonie, "Aguirre, der Zorn Gottes", se construit tel un poème noir et compulsif quand à la dérive envoûtante des quelques carcasses humaines sur la chemin de la mort. La réalisation du cinéaste allemand atteint des cimes intemporelles ; deux perspectives temporelles se croisent dans le film : un temps linéaire et un temps cyclique. Mélanger les deux permet de rendre de façon sous-jacente l'absurdité de l'entreprise d'Aguirre. Le mouvement des eaux illustre la perception du temps : le fleuve est tumultueux quand les esprits sont échauffés par les mutineries et l'attrait de la gloire, il est quasiment immobile alors que l'espoir a quitté les survivants qui voient chaque jour comme une souffrance supplémentaire. Ni plus ni moins un croisement brillant entre la névrose métaphysique et l'immersion sensorielle, fiévreuse et lancinante dans un univers à la lisière de la mort. Un des plus grands chefs-d’œuvre du cinéma contemporain.
Un chef d'oeuvre : les costumes, la réalisation, l'interprétation, les lieux et conditions de tournages, une fin on ne peut plus troublante et très stylée. La seule chose que l'on pourrait reprocher à ce magnifique film, c'est que les conquistadores espagnols parlent allemand ! Mais ça ne lui enlève en rien sa puissance cinématographique. Un témoignage d'une réalité poignante et peu commune servie par un Kinski irréprochable et alimentée par des séquences superbes du fleuve.
Werner Herzog explore avec brio la folie d'un conquistador mégalomane espagnol tourné comme un documentaire, caméra à l'épaule. Sur le plan esthétique, le film est d'une beauté totale comme en témoigne de nombreuses séquences dont celle d'entrée, un plan vertigineux sur la descente embrumée de conquistadores et d'indiens dans les Andes. En plus de superbes images naturelles, Herzog instaure un second degré dans son récit à deux reprises, très étonnant. Mais ce qui est aussi principalement à retenir c'est l'interprétation magistrale de Klaus Kinski , dans son rôle d'illuminé impitoyable , ses deux visions sont absolument bouleversantes dans l'aliénation, sa recherche obstinée d'écrire l'Histoire en colonisant l'Eldorado et assurer sa descendance en voulant procréer avec sa fille, tous deux synonymes d'éternité symbolique qui se révéleront deux défis mortifères. Un bateau accroché à un arbre, un cheval qui s'éloigne lentement dans la jungle, mais surtout le monologue d'Aguirre dans une scène finale exceptionnelle, constituent à l'ensemble une Colère de Dieu splendide. Bravo, Mr Herzog qui a bien dû galérer à tourner ce film historique divin.
Depardieu a dit "Je suis un effet spécial à moi tout seul." Kinski, personnage fou, halluciné et sauvage est une multitude d'effets spéciaux à lui tout seul, qui confèrent à ce chef d'oeuvre épique, hanté par une musique lugubre, une puissance évocatrice au-delà du raisonnable.
Pour du bon contemplatif c’est du très bon contemplatif voire de l’excellent contemplatif. Je n’avais pas vraiment cette idée du film avant de le voir mais qu’est-ce que Klaus Kinsky est bon même s’il n’a pas du avoir trop de mal à jouer son personnage ! On a vraiment de très beaux plans. La photographie du film assez ancienne et la façon de réaliser m’ont un peu perturbée au début mais dans l’ensemble je pense que ce film fait partie de ceus qui doivent être vus.
Un film exceptionnel, qui nous conduit au coeur de la folie humaine, au fil de l'Amazone. Werner Herzog est ici au sommet de son art. La qualité de la reconstitution est oubliée au profit de la beauté des décors naturels. Quant a Klaus Kinski, il est tout simplement fabuleux. Cet acteur au talent inexploité, donc la filmographie est constituée d'un grand nombre de navets, a trouvé ici le rôle de sa carriére, qui lui permet de faire montre d'un exceptionnel talent, crevant véritablement l'écran. Il faut dire que le personnage d'Aguirre est une vraie aubaine pour l'acteur, avec cet obstination, qui devient peu a peu aveuglement, puis folie. En somme, Aguirre: la colère de Dieu est un chef d'œuvre qui, au même titre que "Duel" de Steven Spielberg ou "Délivrance" de John Boorman, fait partie de ces films tout simplement fabuleux qui ont, au début des années 70, fait entrer le cinéma dans une nouvelle ère...
Film en dehors des sentiers battus, avec peu de dialogue mais très prenant. On est hypnotisé par ce rythme lent, ce style épuré et Kinski. A ne pas mettre entre toute les mains. Et peut être même a regarder seul.
A un moment, le moine proclame "L'Eglise est toujours du côté des puissants". J'ai envie de faire de même, quitte à passer pour lâche ; je suis du côté d'AGUIRRE, film ô combien puissant.
Ou comment faire du cinéma sans aucun effet spécial... "Aguirre" est un film magnifique. Le long du fleuve qui les remonte aux orgines de l'homme et qui épouse leurs humeurs (tumultueux lorsqu'ils sont conquérants, calmes lorsqu'ils sont résolus à mourir), les protagonistes nous offrent 1h28 de pure sublime. Comment oublier la dernière scène ou Klaus Kinski, revenu à son état animal, marche la long du radeau à la poursuite des singes, son nouvel équipage ? Et la musique que Popol Vuh ne gâche rien.