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Un visiteur
5,0
Publiée le 28 janvier 2014
Des mythes sur l'El Dorado, on en a tous entendu parler, cette mystérieuse cité d'or renfermant des trésors vastes et somptueux, source de nombreuses quêtes par les conquistadors pour la trouver. Disons qu'en soit, le mythe de l'El Dorado me branche pas mal, même si je n'ai pas encore pris le temps de me pencher entièrement sur son cas. Puis, je suis tombé un peu par hasard sur ce "Aguirre" dont j'en avais entendu les mérites. J'ai donc regardé le film sans trop avoir de connaissances sur l'El Dorado, en espérant ne pas être pénalisé par mon manque de culture. Verdict: Werner Herzog a signé un chef d'oeuvre. Un chef d'oeuvre esthétique, ou la mise en scène est travaillée, ou les images sont d'une beauté rare, et ou le réalisateur nous plonge dans une Amérique du Sud que l'on pourrait croire onirique tant on a l'impression qu'elle sort de contes et d'autres légendes. Aussi, je fus soulagé de ne point être largué concernant l'El Dorado. Finalement, Herzog n'a pas signé un film sur la légendaire cité, mais plutôt sur la folie de l'Homme, en particulier d'un, à savoir Don Lope de Aguirre, interprété par le ô combien charismatique Klaus Kinski, être amoral, violent, cruel, bref, complètement cinglé. Herzog nous propose en plus d'une plongée dans les décors somptueux de l'Amérique du Sud (en particulier au Pérou ou a été tourné le film) un véritable voyage dans la psyché humaine, avec la mort qui rôde, tandis que la folie des Hommes s'exécute sur le groupe de conquistadors. Avec "Aguirre, la colère de Dieu", Werner Herzog nous propose une expérience sensorielle extrêmement bien menée, à la limite de l'expérimental, tandis que la mégalomanie et la dramatique aventure de ces chercheurs de l'El Dorado se joue devant nos yeux. Un ovni cinématographique et, je le répète, un chef d'oeuvre dans lequel personne n'en ressort indemne.
Histoire véridique d'un groupe de conquistadors à la conquêtes d'un hypothétique Eldorado en Amazonie. Mais centrons-nous également sur un personnage hors du commun/interprète hors du commun, Kinski qui joue Aguirre dit aussi "El loco", en somme je traduis, "le fou". Je m'attendais justement à un peu plus de folie, mais bon, Kinski assure tout de même. La réalisation est sous Herzog, tout comme pour un de ses films, "Fitzcarraldo", ici aussi, le paysage est somptueux (Malickien). Tourné très loin (au Pérou), sans trucages et ça se remarque. Sinon, sachez que l'action est peu présente. Le malaise qui me vient à l'esprit est que l'émotion ressort peu des personnages, je pense que de toute façon même dans la réalité ils devaient être froid.
Aguirre, la Colère de Dieu, film flamboyant sur la volonté de puissance et le chaos engendré par les chefs, marque la première collaboration entre Werner Herzog et Klaus Kinski. Même si ce dernier n'atteint pas les sommets de Woyzeck ou de Fitzcarraldo, sa prestation est remarquable : le visage marqué , le regard mauvais, la bouche généreuse mais agressive cachant une étrange dentition, l'acteur est effroyable de cruauté ( aussi bien dans la peau d'Aguirre que sur le plateau : rappelons que Herzog et Kinski sont d'intimes ennemis...). Sur le plan visuel, le film est une splendeur : les premières images sont saisissantes de beauté ( on sent déjà que le réalisateur allemand sait s'adapter à son décor ) et la scène du radeau et des singes est pour le moins marquante. Bref, un film brillant et magnifique, accompagné de la musique écrasante de Popol Vuh. Il serait bon de redécouvrir l'intégralité de la filmographie de ce cinéaste qu'est Werner Herzog. A voir sur grand écran de préférence. Puissant et viscéral, à l'image de Klaus Kinski.
Je n'aime pas ou plus les films d'aventures épiques avec musique tonitruante, milliers de figurants, spectaculaire incessant et longueurs inhumaines... Cela ne s'applique pas tellement au dépaysement du récit, chose que je trouve toujours fascinante mais bel et bien à la façon ridicule dont sont mises en scène ces histoires grandioses et mégalomanes. En toute logique, "Aguirre, la colère de Dieu" trouva dès le début grâce à mes yeux. Les plans sont tenus, les décors extrêmement bien utilisés (notamment la manière dont ils symbolisent l'enfermement des Colons et leur escapade vers la folie), le montage n'obéit pas à ces idiotes conventions pseudo-rythmiques... Bref, esthétiquement, ce long-métrage est évidemment regardable (et même plus encore). Cette chronique sombre et percutante (grâce à la suppression de tous les éléments utiles chronologiquement mais artistiquement dispensables) se permet même de brillantes montées d'intensité, basculant assez tôt vers le drame psychologique teinté d'horreur avec un brio indéniable. Le crescendo est effrayant, le final magistral. Si Werner Herzog s'est ici montré assez inspiré, "Aguirre" doit également beaucoup à la performance comme souvent stupéfiante de Klaus Kinski, "bouffant" littéralement le reste du casting pourtant pas à la peine ! Malgré d'indéniables qualités et une bonne impression générale, je n'ai pas non plus été transcendé par "Aguirre", la faute à un cheminement d'intrigue classique, des rebondissements prévisibles et une description de la peur peut-être un brin attendue. Dès lors que l'on a compris où Herzog voulait en venir (autrement dit relativement tôt), le suspense s'estompe, les personnages paraissent moins imposants et le propos peu surprenant. Ce classique du cinéma Ouest-Allemand est donc une descente aux enfers tout à fait prenante, que l'on pourra considérer comme réussie mais souffrant d'un côté trop prévisible et pas assez détaché des codes établis au début des seventies. Je reste sur ma faim.
Il existe une façon simple pour savoir si les gens sont des bovins attardés atteints de la maladie de Kreustfel-Jacob, c'est simple, il suffit simplement de les mettre devant un véritable chef-d'œuvre homérique du cinéma mondial comme par exemple "Aguirre, la colère de Dieu". Si il trouve que c'est nul à chier, alors on peut autoriser une euthanasie filmique pour ces personnes.
Oh la la... Ce film est une bombe !!! Il ne se passe pas grand chose quand on y regarde de près, mais que c'est prenant !!! Les acteurs sont époustouflants, chaque personnage est très travaillé, la mise en scène est impeccable, la musique envoutante, les prises de vue ahurissantes pour l'époque. On est mais carrément impliqué dans cette histoire mystique, la détresse de ces hommes est palpable, on ressent vraiment leur lente agonie !!! Et que dire de la portée philosophique de cette oeuvre, y aurait tant à développer tellement c'est profond, et encore je n'ai pas relevé toute la subtilité de ce long métrage dantesque. Bref, un véritable choc artistique pour moi qui découvre encore et encore de véritables perles du cinéma et par pur hasard souvent, génial !!!!
Comme le film est très lent on a le temps de se poser des questions. L'une des premières qui vient à l'esprit c'est pourquoi d'un côté pousser si loin le réalisme avec ce tournage en pleine jungle au milieu d'un fleuve déchaîné, et d'un autre côté laisser passer des incongruités manifestes : Les nanas qui ne salissent jamais leur jolies fringues et qui ont toujours les cheveux propres et bien coiffés, ces soldats qui au bout d'un mois dans la jungle ont de la barbe mais pas partout, le canon d'un modèle spécial qui lance des boulets explosifs. Et alors que le film n'a rien de comique, Herzog qui est un joyeux boute en train s'amuse comme un petit fou avec la tête décapitée qui continue de parler ou le gars transpercé par un flèche et qui meurt en faisant un bon mot. Tout ça fait un peu tâche. Ce film sur la folie sur fond de colonialisme est souvent lourd dans son propos, (cf les propos péremptoires du moine ou la ridicule scène de conversion) accumulant les ellipses, les longueurs, les scènes gratuites et les outrances (le dîner du roi). Mais sinon c'est vrai qu'il y a des belles images, quant à Kinski il campe un illuminé plutôt crédible mais il n'y a pas non plus de quoi crier au miracle. Bref, on est loin du chef d'œuvre, très loin ! Peut se regarder en grignotant des chips.
Un groupe de conquistadors parcourt la jungle péruvienne pour y chercher El Dorado, mais sombrera dans la folie et la déchéance. Malgré sa réalisation très simple, proche d'un style documentaire, ou des dialogues et de l'action minimalistes, "Aguirre, der Zorn Gottes" s'avère pourtant être un film envoûtant. La BO lancinante et les décors naturels provoque en partie cet effet, mais c'est surtout la prestation hypnotique de Klaus Kinski, en leader fou, qui confère une dimension hypnotique à cette descente aux enfers. Célèbre pour son tempérament explosif, l'acteur eut de nombreux accrochages avec Werner Herzog lors du tournage, ce qui ne les empêchera pas d'être révélés par le film, et de collaborer sur d'autres projets. Finalement, cette fable sur la fièvre de l'or et du pouvoir, sur la bêtise des conquérants, remporte notre adhésion. Coppola s'en inspirera d'ailleurs pour "Apocalypse Now".
Pour la première collaboration entre Werner Herzog et Klaus Kinski, «Aguirre, der Zone Gottes» (RFA, 1973) situe la démence humaine dans l’étendue infinie de l’Amérique du Sud où le point d’arrivée se perd sur la ligne d’horizon. A l’époque des Conquistadors, lorsque la péninsule ibérique, en masse, envahit les territoires verres de l’Amazonie en quête d’un pays idyllique : l’Eldorado, une troupe de soldats se lancent à la conquête de ce pays mystérieux, le long des flancs escarpés des montagnes monstrueuses. Environnés d’une nature étouffante ou libérés dans l’immensité d’un fleuve abondant, les soldats hispaniques se perdent dans les rhizomes incontrôlables de la nature et dans les sentiers impénétrables de l’ambition humaine. Le fabuleux prodige accomplit par le film est de diffuser l’ambiance d’une perdition, la lente et contemplative déliquescence de la civilisation humaine au son des musiques-trip de Popol Vuh et des corps vulgaires et ballant, tantôt perdus dans l’imposante dimension de la forêt tantôt hagards sur des radeaux flottants. Le film enchaîne, dans un flux hallucinatoire, les images de délire. Un cheval sur un radeau jeté à l’eau, un navire de fortune naufrageant où gît debout Aguirre tandis qu’une horde de ouistitis l’envahit, le meurtre d’un chef aux abords d’un toilette friable. Herzog, comme la géniale vague de cinéaste allemand des années 70 auquel il appartient, soumet l’apparente quiétude du monde et de sa nature au délire des hommes qui l’habitent ou l’assiègent. La même année Wenders réalise «Alice in den Städten» où les femmes se perdent dans les couloirs directifs des villes tandis que l’année suivante, Fassbinder réalise «Angst essen seele auf» où deux exclus de la société allemande (une vieille femme et un noir) partagent l’amour dans un déni aveugles de ce que leur environnement social leur somme d’être. Avec ce film en couleur –il fallait ça pour traiter l’explosion fantastique des esprits- le manifeste du film sauvage est dressé.
Un classique du cinéma, Aguirre, la colère de Dieu, film allemand réalisé par Werner Herzogi en 1972, avec un Klaus Kinski démoniaque. Aguirre est un film sur la folie et le pouvoir. Une scène d'ouverture qui donne le ton, Aguirre c'est avant tout une ambiance, un climat, un film historique aux allures de documentaire, simple, lent, à la fois naturaliste et aussi distancié. Laissez-vous embarquer. C'est un film à voir.
Le tournage est une aventure à lui seul et nourrira aussi la mythologie autour du film. Le film débute avec un défilé vertigineux comme un sillon creusé dans les Andes enveloppées d'un écrin de brume. Les décors reposent essentiellement sur les paysages des fleuves, affluents de l'Amazone, tandis que les costumes ont une réelle force d'authenticité pour une reconstitution historique qui participe à la sensation d'être dans un quasi docu-fiction. On peut trouver dommage que historiquement ce soit un peu faussé, alors que l'histoire vraie de Aguirre comme de Ursua valent bien un film. Néanmoins, Herzog signe un scénario tout à fait vraisemblable et cohérent, et instaure une atmosphère et un climax qui ne l'est pas moins, les relations entre les personnages sonnent justes, mais ce sont la folie qui s'impose insidieuse et angoissante et cette présence des indigènes comme des fantômes invisibles qui font aussi l'intérêt du récit avec, en prime, la performance hallucinée et habitée de Klaus Kinski en mégalo illuminé. Envoûtant et hypnotique le film nous plonge dans un pan d'Histoire avec des images démentes (le bateau dans la canopée) où même la foi est ébranlée. Werner Herzog signe un grand film, un chef d'oeuvre à voir absolument. Site : Selenie.fr
Film extraordinaire et incroyable . Chef d'oeuvre. peu à dire sinon de le voir ! Evidemment il y a des gens pour ne pas aimer ce travail profond : Manque d'effets spéciaux ? Impressionnant ! Folie des hommes, déraison et beauté des passions, tout y est.
Une notoriété et une côte d'amour qui me resteront à jamais incompréhensibles. "Aguirre" restera pour moi "ce film qui parle du pouvoir" (oui, étudié en cours). Parce qu'il y a bien un fond à ce film, pas aussi poussé que l'on veut bien le dire mais tout de même, ce film parle de pouvoir, par le biais de métaphores aussi subtiles qu'une fable de La Fontaine certes, mais il le fait. En revanche sur la forme ce film est d'un amateurisme que n'excuse même pas son budget bien en dessous du million. Déjà d'une lenteur assommante, affublé de thèmes musicaux agréables mais bien trop peu présents, ce n'est pas l'idée saugrenue du réalisateur de redoubler la totalité du film en Allemand (c'est aussi subtil que ça en a l'air) qui fera mieux passer la pilule, la synchronisation labiale étant digne du nanar que tout le monde se refuse à voir en ce film. D'autant que les doubleurs ne laissent pas vraiment l'impression d'y mettre du cœur, finalement seul Klaus Kinski sort son épingle du jeu, épargné par la mauvaise qualité du redoublage puisqu'il joue directement en Allemand et étant le seul à croire réellement à son personnage. Dément, c'est le mot qui lui conviendrait le mieux. Sa performance est la seule chose qui pourrait à l'extrême limite justifier le visionnage de ce film. Pour le reste, l'action n'est déjà pas aidée par le budget au ras des pâquerettes mais le réalisateur trouve en plus de bon ton de la tourner presque constamment au ridicule. Parfois, on jurerait regarder "Sacré Graal", à l'image de cette scène de décapitation lors de laquelle la tête coupée continue de parler, ou des personnages qui mettent un point d'honneur à mourir sur un trait d'humour: "Ce n'est pas une lance" ou encore "Tiens, je ne savais pas que la mode était aux flèches longues". Personnellement pour aller au bout du délire, j'aurais rajouté des rires enregistrés par-dessus, et le jingle de "Big Bang Theory". On jurerait que le réalisateur est devenu subitement marteau sur le tournage, il y a probablement une part de vrai là-dedans d'ailleurs. Certains y trouveront sans doute un sens profond comme toujours, en ce qui me concerne je n'ai pas trop su s'il fallait en rire ou en pleurer, alors ce fut un peu des deux. Je laisserais au moins tout ce qui touche à la réalité historique au placard, on ne va pas non plus tirer sur le radeau. Herzog aura au moins le mérite d'avoir sué sang et eau pour tourner de tels travellings rotatifs au milieu d'une rivière et de construire de véritables villages au milieu de nulle part avec moins d'un million de budget. D'ailleurs plus que le film, ce sont les anecdotes de tournages qui valent réellement le coup d’œil, telles que le réalisateur pointant une arme le plus sérieusement du monde vers l'acteur principal pour le forcer à terminer le film, après que des figurants lui aient carrément suggéré de tuer l'acteur. Il y a des signes qui ne trompent pas...Un réalisateur névrotique, un acteur principal qui cherche à quitter le navire, un tournage chaotique, et pour quel résultat ? En vérité ce film me console presque que le "Don Quichotte" de Terry Gilliam n'ai jamais vu le jour.
un classique, pas grand chose à ajouter. dommage que j'aie vu apocalypse now avant, car j'ai l'impression que coppola a presque plagié herzog. cependant, ce n'est pas du tout la même façon de filmer, aguirre est filmé si sobrement qu'on dirait qu'on y est, comme un documentaire
Classique aussi connu pour sa fiction que pour la manière dont celle-ci a été touchée par les conditions de tournage (la relation extrêmement tumultueuse entre Werner Herzog et Klaus Kinski), "Aguirre, la colère de Dieu" frappe par une entrée en matière mystique : on y voit des conquistadors serpentant dans une montagne à la pente vertigineuse avec en fond une musique envoûtante. Le film éclabousse d'emblée par sa puissance formelle et, en posant un regard rétrospectif, c'est peut-être son tort de livrer très vite toutes ses clés. Car "Aguirre" peine à monter en puissance, du moins à évoluer : le principal problème provient de ses personnages principaux, qui sont très vite décrits comme des hommes avides de pouvoir et deviennent du même coup des figures interchangeables auxquelles on porte peu d'intérêt; ces soldats sont beaucoup trop schématiques parce que l'écriture se révèle globalement inégale : autant certaines scènes dans la forêt sont très réussies, autant la plupart des moments sur le bateau deviennent redondants et ennuyeux. Pour un film réputé pour sa folie, il est étrange de se retrouver dans une zone finalement pas si inconfortable, à l'exception de quelques plans assez sidérants, notamment une décapitation aussi glaçante que grotesque. Le film tient sur sa seule mise en scène, souvent inspirée, mais celle-ci ne peut donner sa pleine mesure à cause d'une écriture manquant de densité; il faut en fait attendre les dernières minutes qui enfin s'aventurent sur la frontière entre réalisme et fantastique pour qu'une véritable vision chaotique émerge. Elle ne suffit cependant pas à dissiper le sentiment très mitigé d'un film certes singulier mais loin d'être à la hauteur de sa réputation.