Aguirre, est un film à la fois démesuré (par ses décors notamment) et en même temps minimaliste (par ses dialogues et même son histoire). Une oeuvre à part, chargé et à voir.
La scène d'ouverture dévoile des hommes que l'on voit à peine, en train de descendre la cordillère des Andes, signes annonciateurs d'une nature écrasante et d'une entreprise vouée à l'échec. À l'instar de "Apocalypse Now", "Aguirre, la colère de Dieu" est de ces films qui proposent un voyage au bout de la folie. Au détail près que celui-là est authentique et conte la destinée stupéfiante de Aguirre "El loco", conquistador qui fonda un royaume indépendant au coeur du Pérou avant se sombrer dans une folie meurtrière. Un tournage fait dans des conditions extrêmes, une interprétation hallucinante et hallucinée de Klaus Kinski... tous ces aspects sont autant de raisons pour découvrir "Aguirre", sans doute le film le plus connu de Werner Herzog. Est-il le meilleur ? C'est plus discutable, car le rythme est assez lent. Mais il est malgré tout l'expression d'un cinéma de plus en plus rare à l'heure actuelle.
Un film de fou sur la folie que peut engendrer la cupidité, la soif de pouvoir et de gloire de l'homme occidental. Aguirre c'est une descente au cœur de la jungle à la recherche d'un trésor qui n'existe pas et d'hommes qui se disent pieux mais qui ne respectent rien et ne souhaitent qu'une chose se prendre pour des dieux. J'ai adoré les premières scènes où on est vraiment au cœur de la jungle, où on a une sensation de moiteur et d'étouffement qui agit déjà sur les organismes et les esprits de ces conquistadores aveuglés par leur quête. J'ai adoré le personnage du noble nommé "empereur de l'Eldorado" qui symbolise parfaitement la bêtise et cet aveuglement de ces hommes persuadés d'être supérieurs. À noter bien sûr la prestation de Klauss Kinski au regard de dément. Même s'il souffre de chute de rythme vraiment préjudiciable Aguirre a tout du projet fou (les premières scènes sur les radeaux sont hallucinantes) qui ne perd pas de vue son but et se termine par un final à la hauteur de son ambition.
Il y a du Apocalypse Now, du Bateau Ivre, du Radeau de la Méduse, dans cette dérive hallucinée et crescendo d'un homme au bout du monde et au bout de lui même. C'est fou la portée symbolique d'un fleuve. Kinski est colossal. Herzog tient là un chef d'oeuvre.
Au XVIème siècle, une expédition de conquistadors espagnols quitte les montagnes péruviennes pour s'enfoncer dans la jungle à la recherche de l'eldorado...
C'est au cœur de la jungle et de ses magnifiques paysages qu'Herzog étudie l'humain, sa soif de gloire, d'argent et de pouvoir et la façon dont une nouvelle société hiérarchisée va être mise en place dans ce groupe d'expédition. Longue descente aux enfers, c'est un combat perdu d'avance face à la nature qu'il met en scène, un combat dantesque au cœur d'une jungle qui les verront s'approcher de la folie et se montrer extrêmement violent et barbare.
Herzog réussi là où beaucoup ont déjà échoué, à savoir retranscrire toute la fascination et l'attrait que l'on peut avoir pour cette époque. Parfois proche d'un style documentaire, il met une place une atmosphère complètement mystique et folle, souvent hypnotique et fiévreuse voire violente et angoissante. Parfois caméra à l'épaule, il nous immerge au cœur de cette jungle au plus près de protagoniste et c'est avec le sentiment d'être à leurs côtés que l'on ressent cette soif de pouvoir et de l'humain qui se croit invincible face à la nature et aux indiens.
Les images sont magnifiques, Herzog retranscrit de belle manière toute la beauté des paysages et la bande originale planante, tout comme les éléments sonores naturels, fait corps avec les images. Bénéficiant d'une impeccable reconstitution, il nous permet d'y croire totalement et de mieux nous immerger au cœur de cette quête de l'eldorado. Au milieu de cette horreur, il arrive à en faire ressortir de vrais moments lyriques et livre des scènes marquantes, à l'image du final ou de la disparition du cheval. Klaus Kinski livre une prestation totalement habité, capable de passer du calme à la colère et contenir une folie qui va peu à peu ressortir et s'extérioriser.
Longue descente aux enfers pour la quête de l'or et du pouvoir, Aguirre, la colère de Dieu retranscrit de manière folle, hypnotique et mystique cette expédition, emmené par un hallucinant Klaus Kinski. Remarquable.
Un film au sujet intéressant mais traité de manière bien trop ennuyante à mon goût : les paysages sont certes somptueux mais il n'y a quasiment aucun dialogue et la musique en fond est très lourde, ainsi le film semble durer une éternité...
L'impression que l'on assiste par qu'à une simple fiction mais que l'on prend part à l'histoire prend le dessus sur tous le reste. Werner Herzog et Klaus Kinski fait à nouveau des étincelles. La photographie est somptueuse, l'atmosphère enivrante et le fond sonore se minimalise au maximum pour laisser la nature s'exprimer. Un très grand film qui restera graver dans les mémoires.
Surement pas le chef d'oeuvre que tout le monde semble honnorer parceque derrière Klaus Kinski il n'y à personne mais le film vaut franchement le detour pour la performance de Klaus Kinski justement. Kinski est juste hallucinant, tellement habité par le personnage que l'on dirait qu'on a filmer la vraie expedition et que l'on a sous les yeux le vrai Lope de Aguirre. Un très bon film qui jusqu'ou la folie d'un homme peut conduire.
Avant tout, "Aguirre" est un film d'une beauté sensationnelle sur le plan esthétique, mais il s'agit aussi d'une oeuvre poétique. La caméra embarquée renforce l'intensité de chaque scène, jusqu'à un final éblouissant. Chaque plan est magnifique, et on suit avec une certaine extase le parcours fluvial de cette petite communauté rebelle. L'atmosphère étrange et le rythme volontairement lent du récit donnent au film une force particulière. Tout a été dit dans les commentaires précédents sur la prestation de Klaus Kinski, dont le personnage (seulement ?) bascule dans la folie la plus pure. Un classique, un chef-d'oeuvre.
un film sur la folie, la betise et la cruauté de l'homme, tout ça magnifiquement filmé dans la jungle et un fleuve hostile, de superbe image, et l'interpretation de klaus kinski qui ressemble a un pantin désarticulé et offre une performance incroyable, un grand chef d'oeuvre du cinéma, malgré quelques défaut et parfois dans le récit il y a quelques facilité
Beaucoup de mal quand même à accrocher à ce film, qui prend par moments des allures de one-man-show de Klaus Kinski (que j'aime bien par ailleurs). En un sens, c'est une épreuve également pour le spectateur, amené à suivre une expédition impossible, laquelle est filmée au plus près avec une sobriété et une absence de clinquant, des hommes écorchés que l'on regarde partir en vrille vers une fin qui semble inéluctable, et où tout sombre dans la folie. Les décors d'Amazonie, loin d'être mythifiés, paraissent malsains devant la caméra de Werner Herzog, d'une précision maniaque. Un film étouffant, sans doute un peu trop daté, qui n'a pas pleinement résisté à mon sens à l'épreuve du temps. A voir malgré tout pour cette brutalité qui transpire de chaque plan, sans artifice.
Ce film peut être perçu comme la longue chute d'un homme mégalomane et fanatique que ses ambitions finiront par user. C'est en 1560 que le conquistador Aguirre part à la recherche de l'eldorado. D'abord simple soldat, il parvient à fomenter une conspiration contre les supérieurs à dessein qu'il puisse menr l'expédition. Rejetant la couronne d'Espagne, ce groupement de 40 hommes vont travailler pour leur propre compte. C'est avec joie que nous retrouvons le duo Herzog-Kinski qui ne cesse d'être à l'origine de chef-d'oeuvre du cinéma. La quête illusoire dans laquelle tous ces hommes entrent, étant fondamentalement voué à l'échec, ne peut nous laisser indifférent. Les affres multiples qui vont assaillir cette troupe est rendu avec un inexorable réalisme qui nous laissera haletant durant l'intégralité du film. Aguirre la colère de Dieu est, certes, dominé par la tonalité tragique. Cependant, les questions qu'il soulève dépasse largement ce cadre réducteur et va même jusqu'à pousser aux extrêmes les forces vitales de l'individu. Le dénouement vient en apothéose nous montrer Kinski sujet à une folie irréversible, seul sur sn radeau et qui s'imagine fonder une race pure avec sa fille défunte. Bouleversant !
"Aguirre, la colère de Dieu" est typiquement dans la lignée de ce que peut réaliser Werner Herzog. Si vous chercher un scénario bien ficelé, avec des rebondissements et du suspense, passez votre chemin. Sinon, on peut choisir de passer outre, et de se laisser bercer par l'atmosphère qui retranscrit bien (en tout cas je l'imagine) l'ambiance qu'il pouvait y avoir à l'époque des conquistadores.
Le sujet est intéressant et Klaus Kinski a une "gueule" impressionnante et est habité par le personnage, mais le film traité de manière trop hautaine ; on s'ennuie, c'est long, long, long, heureusement qu'il ne dure que 1h30 car on a l'impression que cela dure le double de temps. Je ne comprends pas que l'on puisse le considéré comme un chef d’œuvre