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Thibault F.
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1,5
Publiée le 12 avril 2016
J'aimerais faire une parenthèse avant de débuter la critique de ce film "Aguirre, la colère de Dieu". Film ovni au lourd passé notamment avec son mythe du pistolet (relation plus que tendue entre Herzog et Kinski), il reste dans le cœur de beaucoup de spectateur, un petit bijoux du 7ème art. Pourtant, à voir de plus près, le film ne brille pas par son scénario ou sa composition des acteurs. Finalement, le film dispose d'une montagne de défaut plutôt que de points positifs. A commencer par la réalisation qui dispose de quelques magnifiques plans (la scène de la descente de montagne, les plans sur le fleuve en furie, la scène du bateau accroché en haut d'un arbre...) mais surtout de nombreuses maladresses. En effet, pourquoi s'obstiner à faire un plan en se rapprochant des casques de conquistadors qui grâce à son reflet expose l'équipe de tournage alors que cela ne change absolument rien au plan esthétique ou scénaristique? Parfois, cette logique m'échappe considérablement. Autre (gros) point faible, le visage inexpressif de Kinski qui semble, excuser moi de l'expression, s'ennuyer sur le tournage laissant cette sensation désagréable tout au long de l'oeuvre. Rajouter, une sorte de renversement de pouvoir foireux (facteur politique qui ne bouleverse pas le propos du film), des métaphores triées au volet et vous trouvez un film aux allures attirantes mais qui pêche dans sa maîtrise d'exécution. En revanche, rien à dire sur la BO, mythique et sacrée qui permet une (petite) immersion à la recherche d'Eldorado.
Aguirre est un conte sur la folie des hommes. Narrant l’épopée de mercenaires espagnols à la recherche de l’Eldorado, le film se réfère en partie à une réalité historique mais est surtout une représentation plus vaste du XVIème siècle, siècle de tous les possibles et de toutes les conquêtes. Dès le 1er plan, on comprend que l’on va assister à une descente aux enfers. Très vite, l’attention se focalise sur le personnage d’Aguirre, personnage autoritaire, mégalomane, prêt à conquérir le pouvoir par la violence. Cette soif de puissance relève d’une certaine folie, très bien incarnée par Klaus Kinski, la folie de l’acteur se combinant à la folie du personnage qu’il interprète. Herzog ayant surement des difficultés à diriger son acteur, il le filme peu, et c’est surtout sans le voir et parce que nous l’imaginons beaucoup, que nous ressentons les troubles de ce personnage. Telle est l’origine du mythe Kinski, qui doit finalement tout à Herzog. Aguirre peut conduire à de nombreuses lectures et interprétations, pouvant symboliser l’ambition des colons européens, l’homme civilisé chassant les sauvages (en comparaison desquels il apparaît finalement bien peu civilisé justement), et de manière plus globale la face sombre de l’homme. Herzog étant allemand, on peut aussi y voir une persistance entêtante de l’histoire de ce pays, un traumatisme, Aguirre comme métaphore d’Hitler. On peut aussi y voir un propos sur la nature puissante et vengeresse (le film sort la même année que "Délivrance" de Boorman). Libre à vous d’interpréter le film. Ce qui m’intéresse surtout, c’est la fin, qui est comme l’aboutissement de ce parcours absurde. Nous nageons alors dans un espace de totale folie, celle d’Aguirre, portée par un travail cinématographique quasi surréaliste (les hallucinations, la maladie qui s’empare de l’équipage, l’invasion de chimpanzés) nous rappelant brièvement Buñuel. Là est la réussite d’Aguirre. (J’ai eu un peu de mal à voir des conquistadors espagnols parler allemand…)
De très beaux paysages (on a le temps de les admirer, vu les plans larges réalisés) et... c'est tout ; pas de dialogue intéressant, pas vraiment d'histoire, des incongruités, des personnages pas crédibles, du faux sang ridicule... Un gros nanar !
Sept ans avant Apocalypse Now, Aguirre, véritable chef d'oeuvre du cinéma allemand, préfigurait une nouvelle forme de cinéma, totalement hallucinatoire : la dérive infernale.
Si le film de Werner Herzog évoque tant l'oeuvre surestimée de Coppola, c'est moins parce qu'il en annonce les thématiques essentielles mais parce que, là ou Apocalypse Now basculait dans la surenchère de folie pour un propos des plus simplistes sur la guerre, Aguirre préfère parier sur la mesure et la nuance, et en tire une densité considérable.
Cette nuance, elle est autant dans la mise en scène et la photographie (la luminosité qui donne une apparence paradisiaque est illusoire) que dans un humour caustique et psychédéliques, qui percute à travers des répliques cultissimes : "Cet homme fait une tête de plus que moi. Cela pourrait changer."
Aguirre ne donne jamais dans la thèse philosophique mais invite un spectateur interactif à trouver une signification cachée sous le voile du burlesque et de l'extravagance. Cette galerie de personnages loufoques, et complexes (Aguirre est d'ailleurs un protagoniste très Barry-lyndonien) permettent l'accessibilité des thèmes fondamentaux.
Le film de Herzog pourrait se lire comme une pure fresque historique mais il porte en lui les germes d'une dénonciation du pouvoir de l'argent et de son insatiabilité.
Un mot également sur la performance ahurissante d'un Klaus Kinski habité par la démesure.
Vous l'aurez compris : Aguirre est une expérience cinématographique assez enthousiasmante et métaphysique pour qu'on la classe aux côtés de grands chefs d'œuvres historiques (Barry Lyndon, le Ruban Blanc, Salo ...).
À voir également : la digestion moderne de l'oeuvre par Nicolas Winding Refn dans Valhalla Rising.
Le rythme imprimé par le fleuve, une bande son très particulière, la folie de kinski rendent parfaitement l'atmosphère étouffante de la forêt amazonienne et donnent un effet hypnotique au film Du coup on a le sentiment d'avoir un pied sur ce radeau et de participer à cette quête mystique.
Au son de Popol Vuh, l'ouverture est absolument magistrale et marque à jamais les esprits. Puis, à l'image du personnage principal, incarné par un Klaus Kinski halluciné, ou plus simplement à l'image de la vie, l'homme se perd dans une nature hostile, ou plutôt un monde qui lui échappe. Tel un fou, cherchant une issue dans un labyrinthe, dont la seule issue est la mort.......
Le Nouveau Cinéma Allemand des années 60/70, inspiré par ailleurs directement par nos étendards nationaux de la Nouvelle Vague (Godard, Truffaut, Chabrol, ... pour ne citer qu'eux) est marqué par quatre cinéastes en particulier (il y en a d'autres, pas la peine de me gueuler dessus, il s'agit là d'une liste non-exhaustive et j'invite à ceux qui ne connaissent pas à aller sur des sites particuliers si ils veulent plus de noms) : Wim Wenders, Werner Schroeter, Rainer Werner Fassbinder et Werner Herzog, ce dernier étant le réalisateur de Aguirre, der Zorn Gottes, traduit sobrement en France sous le titre de Aguirre, la colère de Dieu. C'est l'histoire d'une troupe de conquistadors rebelles à la recherche de l'Eldorado sous les ordres du cruel Lope de Aguirre. A noter que Lope de Aguirre a réellement existé, ainsi que l'histoire contée par le film, grandement remaniée pour le coup mais si vous voulez une version plus historiquement viable, allez vous dorer le citron devant El Dorado de Carlos Saura. Puisque le but d'Herzog n'est pas de retranscrire fidèlement l'histoire d'Aguirre, mais plutôt d'en utiliser les ressorts pour en faire une rencontre des genres, entre film d'aventure, tragédie classique et film contemplatif. Inutile de dire qu'Aguirre est un chef d'oeuvre, vous vous en doutiez déjà. Mené par un Klaus Kinski au sommet de son art (Il paraîtrait qu'il était invivable sur le plateau... ou plutôt en pleine jungle. Mais rien n'empêche qu'il joue, pardonnez le jeu de mot lié au titre, comme un Dieu). Werner Herzog est un grand cinéaste, enchaînant des plans riches en sens au cadre magnifique. On pense plusieurs fois à Apocalypse Now (cette remontée du fleuve et des scènes qui sont très semblables), mais finalement, sur le thème abordé, les deux n'ont finalement que très peu de points communs : là où Coppola s'intéressait à la guerre en elle même, Herzog monte un cheminement philosophique sur la mort, son affrontement et son acceptation. Les décors sont splendides, la reconstitution est incroyable, les scènes sur air de musique inca sont carrément grandioses - si on en ressort pas forcément grandit sur le message du film, on est avant tout bouleversé par tant de maestria pure, une oeuvre de grande classe mené avec génie. Il est certain qu'Aguirre fait partie des plus grandes réussites du cinéma germanique, et d'une façon plus large, du cinéma en général. Interprété magnifiquement, doté d'une mise en scène risquée et réussie et d'un parti pris historique qui avait tout du casse-gueule, Aguirre se révèle rapidement une référence absolue du genre, tant elle inspire encore aujourd'hui encore les délires visuels historiques dont on citera Valhalla Rising de Refn, résumant avec éclat toute la portée du cinéma d'Herzog : hypnotique, fort et intelligent.
Ce film est construit laborieusement par des séquences se suivant sans vraiment de logique en apparence, mais telle la théorie du chaos, l'enchainement est construit de façon à amorcer une scène finale en apothéose, puissante, transcendante, magnifié par le génie de Kinski, imperturbable et perturbant, oppressant, dérangeant par la folie dont il est victime ...et coupable. Un diamant brut inexplicablement beau et troublant.
Après un générique d'une beauté à couper le souffle, visuellement comme musicalement, "Aguirre, la Colère de Dieu" nous entraîne dans les méandres d'une aventure spirituelle, aux frontières de la folie. Werner Herzog est un très grand metteur en scène et filme cette histoire de façon symbolique, gardant ses distances avec Aguirre tout en épousant son point de vue et en transmettant sa démence via l'écran. Un film hypnotique et monumental, qui reste gravé dans la mémoire.
Aguirre la colère de Dieu est un film devenu totalement culte, principalement pour toutes les anecdotes du tournage envenimé entre Herzog et Klaus Kinski. Je connaissais ce film uniquement à travers ces anecdotes et cela m'a intrigué, même si je m'attendais sincèrement à un nanar car j'ai du mal à croire qu'un film fait dans des conditions affreuses puisse être bon. Mais au final, je me suis à moitié trompé. D'un côté, le tournage a permis de filmer la jungle de la manière la plus véridique et immersive possible. Dans le domaine de l'immersion, on fait difficilement mieux que Aguirre. Cependant sur tout le reste, les qualités du film sont inexistantes ! Le bazar que devait représenter le tournage a annihilé toutes les idées de mise en scène, les plans sont lents, moches et ennuyeux. Le jeu des acteurs est quasiment inexistant, l'ambiance n'est jamais appuyée par de la musique et le scénario est à dormir debout. Bref, un chef d'œuvre du point de vue de l'immersion mais sur tout le reste, on fait difficilement plus ennuyeux que Aguirre selon moi.
Grande oeuvre épique aux allures hypnotiques, portée par un halluciné hallucinant Klaus Kinsky qui montre une présence plus qu'imposante à l'écran. Le fond de l'histoire est d'une subtilité très maîtrisée et le côté philosophique du film ne peut que plaire, cependant sur la forme le cadre reste parfois exagérement contemplentif et le temps s'écoule au rythme du fleuve, ce qui résulte à une grande durée perçue du film alors qu'il ne dure que 1H30. Bien que cela soit sans doute le résultat d'une volonté mûrement réfléchie, je pense plutôt que cela soit le fait qu'Herzog n'ait pas fait de storyboard sur ce film. Malgré ce détail qui m'a géné, l'oeuvre reste sublime.
Transcendant, véritablement hypnotique par moment (le temps semble suspendu lors du trajet de l'exécution de Don Ursua, et pendant les traversées en radeau), Aguirre est une pure immersion du spectateur dans l'univers de la quête d'Eldorado. Véritablement surréaliste dans ses évènements (les hommes sont fous), on voit chacun des protagonistes disparaître les uns après les autres. Ne reste plus qu'Aguirre, seul régnant dans l'empire de son radeau sur une colonie de singes, splendide métaphore de ce qu'était déjà l'expédition à son départ. Les acteurs sont à couper le souffle, la musique contribue énormément à l'atmosphère du film, qui risque de marquer le spectateur dans son jugement sur les expéditions d'or et de gloire. Indispensable.
Des conquistadors Espagnoles traverse la forêt Amazonienne à la recherche du fameux Eldorado, le chef de l'expédition ne savant pas trop ou ils vont, décide de faire partire un groupe de 40 hommes en éclaireurs en passant par un fleuve.
Très vite le commandement du groupe va se trouver chambouler par un homme nommer Aguirre qui en tire les ficelles.
Aguirre un personnage complètement obséder par la quête d'un nouveau pays et par l'ambition va conduire toute l'équipe jusqu'au bout de sa folie.
Une réalisation lente et observatrice permet au spectateurs de plonger parfaitement dans la triste réalité de ce film angoissant, on se demande jusqu’où l'expédition va aller. Le récit n'est absolument pas épique.
Néanmoins, ce n'est pas la grosse claque auquel je m'attendais.
Un film qui ressemble étrangement à Apocalypse Now ou c'est plutôt le contraire.
Petit anecdote le réalisateur Herzog a dû menacer Kinski avec une arme à feu pour que celui-ci veuille bien terminer le tournage.
Werner Herzog est connu pour ses cinq collaborations houleuses avec Klaus Kinski. La première est Aguirre, réputée pour être l'une des plus grandes réussites de son auteur. Le film expose la folie naissante du personnage principal, qui s'accroit à mesure que l’expédition pour trouver l'Eldorado progresse. Le réalisateur accompagne cette aliénation d'une ambiance irréelle, qui symbolise l'ambition démesurée d'Aguirre mais aussi le danger qui plane au dessus de chaque membre du groupe, menacés par quelque chose qui semble dépasser l'homme. La bande-son est la clé de voûte de cette atmosphère. Elle alterne entre une musique céleste, provenant d'instruments indéfinissables, et des silences lourds, lorsqu'une situation d'attente se met en place. De plus, le doublage en allemand (que je recommande chaudement après avoir vus des extraits insipides en anglais) rajoute une couche d'irréel et de folie supplémentaire. Du côté de la réalisation, c'est tout aussi particulier. La façon de filmer de Werner Herzog, toujours proche des personnages, suggère une volonté d'inclure le spectateur, de le plonger au cœur du récit. Les regards discrets vers la caméra sont si nombreux qu'ils ne doivent pas être là par hasard ! En plus de cela, les acteurs font corps avec la jungle, on sent qu'ils y ont vraiment été, qu'ils ont pataugé dans la boue, que ça a existé. Ce contexte de tournage rend les travellings épatants, même si la réalisation était déjà d'un très bon niveau (d'ailleurs je soupçonne Herzog de ne pas avoir prévu quelques petits passages mais de les avoir quand même inclus dans le montage). Tout cela me fait regretter de ne pas avoir su répondre à l'appel du réalisateur : je ne suis rentré dans le film que dans les 10 dernières minutes, lors de cette terrible scène, clôturée par une réplique qui est d'une grande tristesse... Je pense qu'Aguirre aurait gagné à être plus long. J'aurais aimé passer plus de temps sur cette foutue rivière, à attendre jusqu'à ce que cela devienne complètement insoutenable ! Tant pis. À la manière d'Apocalypse Now, ce long-métrage est porté par une ambiance sourde et pesante. Le jeu toute en retenue de Kinski impressionne tant cela s'oppose aux actions de son personnage. Son regard complètement insondable est sans doute la pire chose que croiseront les conquistadors dans cet enfer vert.