Aguirre, la colère de Dieu
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226 critiques spectateurs

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kibruk
kibruk

195 abonnés 2 767 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 juin 2021
Werner Herzog déploie toute la singularité de son cinéma dans "Aguirre", film d'aventure très lent mais au combien passionnant. Ce n'est pas l'épopée historique qui l'intéresse mais l'âme humaine, il nous fait plonger dans un microcosme social de quelques dizaines de conquistadors où la soiffe de l'or et du pouvoir constitue un danger tout aussi destructeur que celui des indiens. Herzog nous montre la folie d'un homme ivre d'ambition et dominé par une violence destructrice 'interprété' par Klaus Kinski au regard glaçant (on imagine le tournage...). On retiendra de "Aguirre" ce long voyage mortel et magnifique au travers de montagnes et de fleuves sidérants de beauté.  
Philippe C
Philippe C

126 abonnés 1 186 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 octobre 2025
Un film dantesque sur une épopée folle, menée par un homme fou, à savoir la recherche au milieu du 16ème siècle, de l'Eldorado dans la jungle péruvienne au milieu d'une nature hostile, d'ennemis invisible.
Klaus Kinski trouve un rôle à sa mesure, Werner Herzog un scénario à la hauteur de sa démesure, pour dénoncer la cupidité, la cruauté et la stupidité des conquistadors, de la religion et de l'organisation de la société seigneuriale.
Quelques bémol cependant, comme ces femmes nobles qui restent propres, coquettes et dignes après des semaines d'expédition dans la jungle ou sur un radeau, cette version en VO que j'ai vue où des espagnols s'expriment en allemand avec des sous-titres en français (c'est déstabilisant.
Le film n'en reste pas moins exceptionnel et unique dés la scène d'ouverture qui est magnifique
Julien Vasquez
Julien Vasquez

44 abonnés 1 140 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 juillet 2022
Un excellent film d'expédition, avec tous les défis que cela impose, qui nous montre aussi la barbarie des conquistadors espagnols.
JoeyTai
JoeyTai

25 abonnés 485 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 septembre 2019
Un certain souffle épique traverse ce film, mais de façon trop discontinue pour parler de chef d’œuvre. Klaus Kinski interprète avec beaucoup de conviction un aventurier rendu fou par son avidité et par l'éloignement de la civilisation. La nature sauvage est plutôt bien exploitée. Ce sont d'ailleurs les principaux points forts du film. Mais des maladresses gâchent un peu le spectacle. Certains acteurs sont peu convaincants, à l'instar des interprètes de Ursua, Guzman, etc. Le réalisateur ne réussit pas toujours à filmer avec finesse les rapports de force entre les différents protagonistes, qui sont pourtant un des moteurs de l'intrigue. Je ne parle même pas de la tête coupée qui est bien bavarde... La mise en scène est parfois trop elliptique, parfois pas assez, d’où des enchaînements de scènes pas toujours fluides. Cette maîtrise aléatoire m'a déçu, même si le film atteint finalement son but, nous transporter au cœur d'une délirante soif de conquête qui emporte tout et tous sur son passage.
capirex
capirex

186 abonnés 791 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 janvier 2025
Très bon film de Werner Herzog qui se révèle être hypnotique et fascinant et où Klaus Kinski , totalement habité par son rôle , livre une performance hallucinante !
En point de mire le film brosse un portrait sans concession des rapports hiérarchiques et de pouvoir au sein d’une Société improvisée !
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 777 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 septembre 2019
1560 Pissaro et plus de 1000 conquistadors se lancent à corps perdus à la recherche de l’El Dorado (une forme de « Cités d’Or ») à travers les Andes puis la forêt Amazonienne. Ce film raconte, en adaptation libre de la Grande Histoire, le détachement d’une poignée d’homme en éclaireur. Dans ce groupe figure Aguirre qui très vite déclenche une mutinerie et prend le pouvoir par procuration en mettant sur le trône d’un nouvel Etat faisant scission avec l’Espagne un commandant fantoche. Et au milieu de cette jungle hostile aux milles dangers, loin de toutes civilisations, plutôt que de songer à leurs survies ; ce groupe d’hommes rejouent à chaque occasion les rituels sociaux d’une société civilisée ; le tout accompagné de deux femmes aux tenues d’apparat totalement inadaptées à l’environnement hostile. Absurdité de l’Homme en proie à la quête de potentielles richesses et de pouvoir. Sidérant. Et pour jouer cette folie humaine, au centre des débats, Aguirre un chef fou ; :montré et vu comme fou par ses compagnons dès l’entame du film. Et Kinski (Aguirre) par sa démarche mécanique et bancal, son regard illuminé face caméra fait froid dans le dos dès les premières prises. Herzog a voulu un tournage hyper serré au rythme dingue et dans conditions extrêmes pour être au plus proche du vécu des conquistadors ; ce pourquoi, parfois, son film prend des accents de documentaire. Son pré générique d’une beauté incroyable nous plonge directement dans cette jungle avec cette procession d’hommes descendant les sentiers escarpés des Andes. On retrouve la folie et la confrontation à la jungle de « Apocalypse Now » ou du très récent « The lost city of Z ». Plus proche du premier, Aguirre sonde les tréfonds de l’âme humaine conduite par le besoin de pouvoir. Et dans le final, le parallèle entre les délires d’un Aguirre très isolé rêvant de la fondation d’une race pure et la naissance du IIIeme Reich illustre la genèse des idéologies malades naissant d’esprits qui le sont autant. Beau film captivant et malsain.
tout-un-cinema.blogspot.com
HamsterPsycho
HamsterPsycho

147 abonnés 1 186 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 10 septembre 2019
Les images sont très belles, notamment la fabuleuse scène d'ouverture, et le thème de la folie des hommes ressort bien. Par contre, je vais probablement m'attirer des foudres, mais je ne vois pas en quoi ce film est un chef d'oeuvre intersidéral. Les silences sont interminables, les longueurs succèdent aux longueurs et Klaus Kinski est toujours dans les mêmes rôles. Difficile d'accrocher.
GéDéon
GéDéon

134 abonnés 711 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 mars 2026
Avec un style très contemplatif, Werner Herzog livre un film d’aventure complètement hors-norme. En 1972, le réalisateur allemand nous entraîne au XVIème siècle, à l’époque des conquistadors, avec la désillusion d’une expédition espagnole à la recherche de l'Eldorado. Portée par un Klaus Kinski totalement habité par son rôle (il en a même rendu le tournage explosif), cette histoire prend des tournures de drame psychologique aux confins de la folie. Le fait de ressentir le danger, aussi bien interne qu’extérieur, sans jamais le voir réellement renforce ce sentiment d’oppression. Bref, une œuvre très dense émotionnellement sur l’aveuglement des hommes face à la quête du pouvoir et de la richesse.
Peter Franckson
Peter Franckson

79 abonnés 1 343 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 janvier 2026
Werner Herzog s’est librement inspiré (l’action se déroule de Noël 1560 au 22 février 1561) des chroniques du missionnaire dominicain Gaspar de Carvajal (1500-1584) qui accompagna Gonzalo Pizzaro (1502-1548), jeune frère de Francisco Pizzaro (1475-1541), conquérant de l’empire inca. Gonzalo Pizzaro partit à la recherche de l’Eldorado et dut séparer son expédition en deux, dont l’une, partie en exploration, est dirigée par Pedro de Ursúa (Ruy Guerra, 41 ans, plus connu comme réalisateur brésilien du cinema novo), secondé par Lope de Aguirre (Klaus Kinski, 46 ans et 1ère collaboration, déjà conflictuelle, sur 5 avec le réalisateur) spoiler: qui progressivement va s’opposer à son autorité, sombrant dans la folie, la mégalomanie (d’où le titre, et qui est aussi celle d’Herzog pour ce film) et la déliquescence d’un rêve. L’ennemi est intérieur (cf. sécession au sein de l’expédition) et extérieur (quasiment invisible, souvent cannibale et armé de flèches empoisonnées).
Point de détail mineur (car le film est dialogué, par convention, en anglais puis doublé en allemand) : il est impossible qu’un Inca des Andes puisse converser avec un Indien d’Amazonie.
Nicolas S
Nicolas S

54 abonnés 667 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 septembre 2019
Les premières scènes laissent imaginer un film d'aventure plutôt classique, mais 'Aguirre' prend très vite les accents et l'ampleur d'une tragédie shakespearienne. Bien qu'il ne se passe finalement que peu de choses, les décors et l'atmosphère générale suffisent à donner de la chair à cette histoire d'hubris.
Leon D.
Leon D.

19 abonnés 119 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 janvier 2026
Je rigole quand je lis des phrases comme "il ne se passe rien" ou "pas grand chose"... En fait les personnages sont en complète ébullition en permanence ! Imaginez-vous, déjà, à votre époque, propulsé dans cet univers, monde, biotope, cas de figure, bonne chance ! Et à leur époque, sans smartphone, sans médecin, sans psy, sans médocs, avec pour seul guide un Dieu qui vous alimente la soif de l'or jusqu'au trognon, ben voilà, vous l'avez sous les yeux. Ce film est génial de bout en bout, il va crescendo jusqu'à l'hallucinatoire, porté par des images à couper le souffle, des acteurs habités et une musique de Popol Vuh qui transcende le tout. Si vous n'aimez pas tant pis, mais n'en dégoûtez pas les autres.
JacksVDL
JacksVDL

17 abonnés 19 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 avril 2020
1/ Pour la capacité de cette oeuvre à nous immerger dans son aventure. Des 1ères images jusqu'au dénouement, la proximité de la caméra avec l'action fait du spectateur un personnage à part entière.
Les costumes, les paysages, la mise en scène,... tout nous fait adhérer à une histoire vieille de 500 ans ;
2/ Si la progression de l'épopée est plus lente que dans d'autres films du même genre, l'aventure est tout à fait prenante. Nous faisant nous demander si au bout du fleuve, l'Eldorado sera là ;
3/ Parce que cette expédition est un cas idéal pour étudier les zones de pouvoir et d'incertitude au sein d'un groupe d'individus ;
4/ Pour Klaus Kinski et son personnage complexe : ambitieux, d'un charisme étrange, fourbe, stratège, fou à lié, effrayant, extrême.
5/ Pour la scène d'ouverture et de dénouement.
Parkko
Parkko

191 abonnés 2 020 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 août 2012
Attention, spoilers dans ma critique.
Aguirre, la colère de Dieu. Le film est intéressant et le scénario est vraiment bien foutu, on voit bien la montée progressive de l'autoritarisme qui vire en folie du personnage de Klaus Kinski. C'est assez intéressant mais bizarrement je n'ai jamais été plus emballé que ça. Il y a pourtant de beaux moments, tout simples, qui ponctuent le film, qui sont assez sympas, mais je n'ai jamais été embarqué spécialement. J'ai trouvé ça pas mal, mais bizarrement il y a quelque chose qui à mon goût manque pour que cela marche complètement.
Alolfer
Alolfer

178 abonnés 1 740 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 juillet 2024
Par ses plans magnifiques et son histoire de légende, Werner Herzog nous plonge dans cette aventure hypnotisante, où la folie prend le dessus. Par ses images, Herzog dénonce le colonialisme de manière brutale par un personnage emblématique : Aguirre. Cela peut même ressembler à un documentaire tellement qu'on se sent proche de cette histoire. Impressionnant pour l'époque
Kloden
Kloden

147 abonnés 997 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 janvier 2016
Fascinant de par ce qu'il est en tant que produit fini, Aguirre l'est d'autant plus parce qu'il a été accouché dans l'exacte folie qu'il retranscrivait. Fruit d'un tournage chaotique, quasi-improvisé, techniquement presque irréalisable (Herzog composait tant bien que mal avec les inondations, le danger de certaines prises et ses moyens dérisoires - une unique caméra 35 mm) ; Aguirre se situe à l'exact confluent de la fiction et du réel, se posant presque en documentaire sur son propre tournage. Cette essence entremêlée, cette façon réflexive de se prendre soi-même pour miroir, c'est aussi celle d'une vaine quête de l'Eldorado et de la confusion qui y règne entre l'humain et le divin, dont la limite est sans arrêt outrepassée. Tour à tour montré comme une figure divine, diabolique et humainement démente, son personnage principal est la clé de voûte de cet édifice qui tangue sous le roulis d'un fleuve pourtant très calme. Souverain par l'emprise inexplicable qu'il possède sur les hommes, inexpugnable par les regards qu'il lance souvent droit vers la caméra, comme si, courroucé, il pouvait même se permettre de regarder Dieu dans les yeux, puis enfin grotesque par son attitude corporelle et l'acharnement insensé de son entreprise, Aguirre est progressivement ravalé vers le trivial, le sordide, et une amoralité qui n'a plus rien de divine (les voies du seigneur, après tout, sont impénétrables) mais dérive vers le pur orgueil et la cruauté. C'est ainsi que se développe ce chef-d'oeuvre de Herzog, comme une manifestation de l'hybris, du péché d'orgueil d'un homme qui se rêve à l'égal de Dieu. A mesure que ses personnages sombrent dans le grotesque, le film trouve donc le moyen de se renforcer, Aguirre creusant de lui-même par la vilenie de ses actions un puits entre ce qu'il est et ce qu'il cherche à devenir. Comme si, en cessant de rêver à la perfection, transcendante par définition, on l'avilissait par l'effort même de tendre vers elle. Tout ça sans que les images et leur onirisme ne confirment ni n'infirment la présence de Dieu, qui, parce qu'il est Dieu, n'a de toute façon rien à prouver. A ce titre, les regards de Klinski vers la caméra, vers le spectateur, font petit à petit l'effet d'un cordon ombilical par lequel les deux s'interpellent mutuellement, recherchant dans une méprise absurde le divin au-delà de l'écran qui les sépare. Jamais, pourtant, le film ne s'autorisera illégitimement à se parer des attributs de Dieu et à tenter de matérialiser sa présence autrement que par le biais des aspirations d'Aguirre. L'apparition d'un bateau en haut de la frondaison luxuriante de l'Amazonie, épave échouée suite à un déluge, pourrait tout aussi bien être le délire des derniers hommes rongés par la fièvre. Et si le plan final, quittant enfin la promiscuité du radeau pour voguer librement sur cet estuaire qui n'en est pas un, puisque l'équipée est arrivée à son terme sans déboucher nulle part, le côté aérien de la caméra signe bien plus la fin du voyage et le recul soudain d'un long-métrage qui voulait éviter de se confiner au récit de la folie humaine comme à celui de la grandeur de Dieu, mêlant intimement les deux jusqu'à les rendre indissociables. Un voyage fou, tourmenté et inachevé, car inachevable, vers ce qui nous dépasse tous et dont Werner Herzog atteint pourtant la lisière, sans jamais pouvoir le nommer ni faire autre chose que de le rêver. Je n'ai jamais rien vu d'aussi puissamment métaphysique.
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