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5,0
Publiée le 20 mai 2026
Avec Aguirre - La colère de Dieu, Werner Herzog transforme l’expédition vers l’Eldorado en descente hallucinée vers la folie, où la jungle semble peu à peu avaler les hommes et leurs illusions de grandeur. Klaus Kinski impose une présence démente et magnétique, faisant d’Aguirre une figure de tyran possédé, consumé par son obsession de domination jusqu’à l’autodestruction. La mise en scène possède une puissance presque primitive, portée par des paysages irréels et une sensation constante d’errance au bord du cauchemar. Herzog filme la nature non comme un décor exotique, mais comme une force indifférente et écrasante qui réduit toute ambition humaine à quelque chose de grotesque et dérisoire. Une œuvre hypnotique et fiévreuse, l’un des grands poèmes de cinéma sur la folie des hommes face à l’immensité du monde.
Avec un style très contemplatif, Werner Herzog livre un film d’aventure complètement hors-norme. En 1972, le réalisateur allemand nous entraîne au XVIème siècle, à l’époque des conquistadors, avec la désillusion d’une expédition espagnole à la recherche de l'Eldorado. Portée par un Klaus Kinski totalement habité par son rôle (il en a même rendu le tournage explosif), cette histoire prend des tournures de drame psychologique aux confins de la folie. Le fait de ressentir le danger, aussi bien interne qu’extérieur, sans jamais le voir réellement renforce ce sentiment d’oppression. Bref, une œuvre très dense émotionnellement sur l’aveuglement des hommes face à la quête du pouvoir et de la richesse.
Werner Herzog s’est librement inspiré (l’action se déroule de Noël 1560 au 22 février 1561) des chroniques du missionnaire dominicain Gaspar de Carvajal (1500-1584) qui accompagna Gonzalo Pizzaro (1502-1548), jeune frère de Francisco Pizzaro (1475-1541), conquérant de l’empire inca. Gonzalo Pizzaro partit à la recherche de l’Eldorado et dut séparer son expédition en deux, dont l’une, partie en exploration, est dirigée par Pedro de Ursúa (Ruy Guerra, 41 ans, plus connu comme réalisateur brésilien du cinema novo), secondé par Lope de Aguirre (Klaus Kinski, 46 ans et 1ère collaboration, déjà conflictuelle, sur 5 avec le réalisateur) spoiler: qui progressivement va s’opposer à son autorité, sombrant dans la folie, la mégalomanie (d’où le titre, et qui est aussi celle d’Herzog pour ce film) et la déliquescence d’un rêve. L’ennemi est intérieur (cf. sécession au sein de l’expédition) et extérieur (quasiment invisible, souvent cannibale et armé de flèches empoisonnées). Point de détail mineur (car le film est dialogué, par convention, en anglais puis doublé en allemand) : il est impossible qu’un Inca des Andes puisse converser avec un Indien d’Amazonie.
Je rigole quand je lis des phrases comme "il ne se passe rien" ou "pas grand chose"... En fait les personnages sont en complète ébullition en permanence ! Imaginez-vous, déjà, à votre époque, propulsé dans cet univers, monde, biotope, cas de figure, bonne chance ! Et à leur époque, sans smartphone, sans médecin, sans psy, sans médocs, avec pour seul guide un Dieu qui vous alimente la soif de l'or jusqu'au trognon, ben voilà, vous l'avez sous les yeux. Ce film est génial de bout en bout, il va crescendo jusqu'à l'hallucinatoire, porté par des images à couper le souffle, des acteurs habités et une musique de Popol Vuh qui transcende le tout. Si vous n'aimez pas tant pis, mais n'en dégoûtez pas les autres.
film très difficile, sur la folie, la quête du pouvoir, de la gloire, l'eldorado, le jusqu'au boutisme, l'absurde, faut s'accrocher mais le film est inoubliable
Un film dantesque sur une épopée folle, menée par un homme fou, à savoir la recherche au milieu du 16ème siècle, de l'Eldorado dans la jungle péruvienne au milieu d'une nature hostile, d'ennemis invisible. Klaus Kinski trouve un rôle à sa mesure, Werner Herzog un scénario à la hauteur de sa démesure, pour dénoncer la cupidité, la cruauté et la stupidité des conquistadors, de la religion et de l'organisation de la société seigneuriale. Quelques bémol cependant, comme ces femmes nobles qui restent propres, coquettes et dignes après des semaines d'expédition dans la jungle ou sur un radeau, cette version en VO que j'ai vue où des espagnols s'expriment en allemand avec des sous-titres en français (c'est déstabilisant. Le film n'en reste pas moins exceptionnel et unique dés la scène d'ouverture qui est magnifique
Le film s'ouvre sur un plan magnifique puis tout s'estompe : Le film est jusqu'à la fin dans un faux rythme, d'énormes vides entre chaque dialogues... aucune action, rien de chez rien. une catastrophe.
Je ne sais pas vraiment quoi penser de ce film. J’ai l’impression d’avoir manqué toute sa morale… ou peut-être qu’il n’y en a simplement pas. La descente depuis les nuages accompagnée d’une musique céleste, au début, est l’une des scènes les plus esthétiques que j’aie jamais vues au cinéma. Le ton est donné pour une aventure fabuleuse, mais l’apparition soudaine de Klaus Kinski te fait vite comprendre que les choses vont devenir brutales. Et c’est le cas : plus on avance, plus le chaos s’installe. Les personnages semblent tous soit diaboliques, soit perdus, et on a l’impression d’être coincé avec eux sur ce radeau. Un film magnifiquement filmé, mais qui, selon moi, manque de direction.
Werner Herzog avec Wim Wenders, Volker Schlondörff et Rainer Werner Fassbinder est l’un des réalisateurs phares du cinéma allemand de la seconde moitié du XXème siècle. Se décrivant en 2024 comme : « Un écrivain faisant accessoirement des films », Werner Herzog aura expérimenté moult expressions artistiques (réalisation de fictions et de documentaires, mise en scène d’opéras, écriture de scénarios et de livres et même acteur). Dans le domaine de la fiction, il compte une vingtaine de films à son actif en cinquante ans de carrière. Ses réussites les plus marquantes datent de la période de ses débuts s’étalant de 1968 à 1982. C’est bien sûr l’époque de sa houleuse collaboration avec le fantasque et furieux Klaus Kinski qui est passée dans le domaine de la légende, tellement la relation entre les deux hommes, faite tout à la fois d’admiration mutuelle, d’amitié mais aussi de jalousie et de détestation permit à chacun de tirer le meilleur parti du talent créatif de l’autre pour sublimer le sien propre. Les tournages épiques sont eux aussi entrés dans la légende. À tel point qu’une fois Klaus Kinski parti dans les étoiles (le 23 novembre 1991), Herzog a tenu à rendre hommage à ce compagnonnage tumultueux avec le très touchant « Ennemis intimes » (1999) qui tente de faire la part des choses sur cette collaboration aussi méconnue qu’elle était célèbre. Leurs cinq films en commun sur quinze ans restent autant d’expériences uniques à vivre pour le spectateur où le réalisateur et son acteur se confrontent à la folie humaine. Celle de son acteur pour Herzog, celle de ses personnages pour Kinski. Seul « Nosferatu, fantôme de la nuit » hommage respectueux au film de Friedrich Wilhelm Murnau voit un Klaus Kinski complétement sous contrôle, sans doute écrasé par les ombres tutélaires du grand Murnau et de son acteur Max Schreck. Mais c’est bien « Aguirre la colère de dieu », troisième film de fiction du jeune réalisateur de 29 ans qui fut et reste encore aujourd’hui un choc visuel et sonore indépassable. Werner Herzog après avoir lu chez un ami un court texte sur le conquistador Don Lope de Aguirre décide aussitôt d’en faire un film. En quelques jours il écrit le scénario de ce qui fera de lui un cinéaste mondialement connu dont les films durant quinze ans seront attendus avec fébrilité. Décidant de se lancer dans cette épopée amazonienne tragique avec un budget restreint de $, Herzog sait qu’il va devoir conjurer la nature et les éléments mais aussi tenir en respect le volcanique et imprévisible Klaus Kinski qu’il connaissait pour l’avoir côtoyé à Munich dans une pension de famille où il habitait avec sa mère et son frère alors qu’il n’avait que douze ans. L’acteur autrichien âgé de 45 ans au moment de commencer le tournage a déjà une très solide expérience de second rôle et il est devenu une vedette internationale depuis son séjour en Italie où il a rapidement été très demandé pour ses prestations souvent courtes mais toujours marquantes dans d’innombrables westerns spaghettis ou gialli. Il sera donc la star du film et ne se gênera pas pour le faire savoir, étant le seul à obtenir des privilèges quant à ses conditions d’hébergement dans un environnement pourtant hostile. Le scénario est une digression imaginée par Herzog proposant un mélange entre les expéditions de Aguirre, Don Pedro de Ursua (Ruy Guerra), et Fernando de Guzman (Peter Berling) qui sont à dessein intégrées à la chronique du bassin amazonien écrite par le missionnaire dominicain Gaspar de Carvajal (Del Negro). On peut dire que « Aguirre, la colère de Dieu » plutôt que du film d’aventures procède davantage de la veine du documentaire fictionnel, reproduisant in situ les conditions dans lesquelles pouvaient s’effectuer la conquête de nouveaux territoires sauvages au XVIème siècle. Des conditions inimaginables de nos jours qu’Herzog avec son équipe réduite d’acteurs et de techniciens flanquées de près de 300 indiens des Andes tente de reproduire en réel afin de montrer après l’avoir ressenti lui-même comment la jungle amazonienne finit par contaminer les âmes après avoir rapidement englouti les plus faibles. L’entame du film moment d’anthologie est tout simplement grandiose et hypnotique avec ce long cortège d’hommes minuscules à flanc de montagne et de précipice tentant vaille que vaille de rejoindre un affluent de l’Amazone en contre-bas avec lamas, cochons, canons, soldats en armure et ultime incongruité, chaise à porteur pour une dignitaire espagnole (Helena Rojo) Elle révèle immédiatement la dimension absurde d’une entreprise dont le spectateur comprend qu’elle sera vaine, nouvelle preuve de l’éternelle arrogance de l’homme face à Dame Nature dont l’avenir montrera que la saccager sera la seule solution trouvée pour se donner l’absurde et illusoire impression de la domestiquer. Werner Herzog viscéralement imprégné de son sujet n’oublie pas pour autant de faire vibrer sa fibre artistique en faisant appel à son ami Florian Fricke fondateur du groupe de krautrock Popol Vuh qui a été parfaitement en phase avec la dimension épique et quasi mystique du film, allant jusqu’à créer spécialement un instrument pour restituer un flot harmonieux rappelant vaguement des gémissements humains, sorte d’élixir magique pour achever d’immerger le spectateur au sein du décor. C’est sûr sans Fricke, le film ne serait pas aussi fascinant. Jusqu’au bout conscient de la folie de son projet, le jeune réalisateur demiurge s’est démultiplié pour parvenir à finalement en maîtriser tous les paramètres dont la folie de Kinski n’est pas le moins compliqué, l’acteur lui aussi tout à son sujet ayant failli fendre le crâne d’un des acteurs lors d’une des scènes proches du dénouement. Pragmatique avant tout Herzog a su tirer parti des différents incidents de tournage pour les inclure dans le film, ayant bien compris que sa seule chance sur un territoire si hostile à des milliers de kilomètres de Munich résidait dans la rapidité d’exécution. Six semaines ont donc suffi pour emmagasiner les images utiles au montage qui lui aussi sera assez bref, Herzog sachant exactement ce qu'il voulait voir à l’écran de cette épopée insensée qui rappelle l’homme à plus d’humilité sous peine après une hécatombe en règle de finir comme Aguirre et un Kinski dantesque jusqu’à la dernière image, seul sur un radeau avec quelques centaines de petits singes. Un grand réalisateur était né. Voir ou revoir « Aguirre, la colère de Dieu », relève de l’indispensable pour se rappeler le laborieux et souvent douloureux parcours de l’homme social à travers les siècles. Le chemin vers la sagesse est encore loin d’être achevé. Peut-il vraiment l’être ?
Un film sur La toute puissance de la nature sur les fourmis que sont les hommes; Un film sur la folie d'un homme qui entraine les autres dans ses délires. Une musique envoutante....; Des images incroyables....kinski halluciné.... Une expérience à voir absolument
Alors j'en ai vu des navets mais celui-là ! Aucun rythme, aucune vie, dialogues minimalistes, pas de musique ou presque, j'ai failli m'endormir tellement il ne se passe rien ! Franchement, filmer des papillons, la rivière...c'est bien, mais on dirait que le réalisateur filme pour filmer. Tout est creux dans ce film. Une purge! Heureusement que cela ne dure qu'une heure trente ! Franchement une déception pour un film dont le sujet était pourtant intéressant.
Première rencontre entre Werner Herzog et Klaus Kinski, Aguirre, la colère de Dieu est un film qui peut autant fasciner qu’ennuyer. En effet, Herzog choisit un rythme lent constitué de plans longs et souvent contemplatifs décontenançant pour un public qui s’attendrait à un film à grand spectacle. En effet, malgré un petit budget (370 000 dollars) et un tournage rapide de 7 semaines (mais extrêmement intense, compliqué et épique), ce parcours d’un équipage cherchant l’Eldorado et sombrant petit à petit dans la folie en s’entretuant se déroule dans des paysages tout bonnement sublimes qui peuvent fasciner (d’autant plus qu’ils sont portés par la musique envoutante du groupe Popol Vuh). Mais ce qui capte le plus l’attention est la présence totalement habitée de Klaus Kinski. En effet, porté par une démarche étrange, l’acteur aussi détestable dans la viespoiler: (entendre Aguirre dire qu’il épousera sa fille prend d’ailleurs une autre tournure suite aux révélations de Pola Kinski) qu’hyptonique à l’écran focalise tous les regards dès sa moindre apparition à l’écran. Ainsi, Aguirre, la colère de Dieu est un film au style assez particulier qui doit se voir en sachant que l’on va assister à une œuvre aux images fascinantes mais au rythme très lent.
Très bon film de Werner Herzog qui se révèle être hypnotique et fascinant et où Klaus Kinski , totalement habité par son rôle , livre une performance hallucinante ! En point de mire le film brosse un portrait sans concession des rapports hiérarchiques et de pouvoir au sein d’une Société improvisée !
Au XVIème siècle, la chrétienté espagnole est en croisade en Amérique. Le conquistador Gonzalo Pizarro organise une expédition à travers les méandres de la forêt péruvienne aux confins de la Cordillère des Andes. Dans cette immensité sauvage vierge de toute civilisation, le cinéaste allemand Werner Herzog filme en prologue du film, un cortège d'un millier d'hommes serpentant comme une procession, le long d'un corridor rocheux, symbole de la toute puissance de la nature. Cette même nature engloutira l'expédition dans ses entrailles végétales et fera de la canopée, leur tombeau. Ces hommes avides de richesse et de pouvoir sont venus chercher un mythe ; la légendaire cité d'Eldorado, berceau de l'or des Incas. S'enfonçant de plus en plus loin dans la forêt amazonienne, l'espoir va peu à peu céder la place au doute à la peur et à la folie. La cupidité de Lope de Aguirre (Klaus Kinsky) en particulier, transformera cette aventure en voyage au bout de l'enfer. Les deux frères ennemis, Herzog derrière la caméra, Kinsky devant et la magie du cinéma fera le reste. Cette patine quasi-documentaire à la narration absolument nécessaire sert un récit mythologique aux relents d'horreur qui prend corps dans le regard fou et terrifiant de Klaus Kinsky. «Aguirre..» est sans nul doute, l'une des plus traumatisantes épopées que le 7ème art nous a donné de voir.