Aguirre, la colère de Dieu
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anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 20 avril 2016
Voilà donc le mon premier Herzog... Ça commence très très bien avec une scène d'intro juste grandiose : une musique quasi-mystique, un paysage sublime, l'homme réduit au stade de fourmi luttant pour ne pas se casser la figure... C'en est presque malsain mais c'est fascinant. Pourtant je n'ai pas été plus que ça emballé par le reste du film, j'ai vite trouvé ça assez mou. Toutefois je ne suis pas aveugle, je sais reconnaître des qualités à un film quand j'en vois, et ce Aguirre en a énormément : son acteur principal tout d'abord, Klaus Kinski, le visage creusé, le regard fou... Il fait peur le bougre, et il est foutrement habité par son rôle. Ensuite il y a bien sûr les décors : on sent que ça a vraiment été une galère à tourner, on sent le vrai ; les paysages sont splendides, la nature en devient écrasante... Puis il y a bien sûr cette sensation assez démentielle que je n'avais ressentie que devant Apocalypse Now, cette impression d'horreur, comme le montre le plan final, de destruction pure et dure des corps, de plongée dans un puit sans fond de folie humaine et de mort, tout devient comme confus, les morts semblent se moquer de leur mort, on tue le rival, Aguirre plonge dans une mégalomanie sans nom, mais ce qui m'a vraiment brisé à l'intérieur spoiler: c'est la vue du corps presque sans vie de la fille d'Aguirre, pauvre innocente ayant subi la folie de son père, qui veut d'ailleurs l'épouser... Rien que le fait de réaliser à quel point ce personnage est enfermé dans un destin horrible, ça m'horrifie
.
Bref, un film étrange, une expérience, qui selon moi aurait gagné à avoir plus de pêche.
Raw Moon Show
Raw Moon Show

153 abonnés 853 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 août 2013
Aguirre est têtu quand il explore. Il voudrait être Dieu en toute simplicité. Un Dieu dont il va réveiller la colère à mesure qu'il descend ce long fleuve de mystère. Indispensable film pour apprendre l'humilité, une école de la vie...
cylon86

2 834 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 novembre 2008
Un film mystique et envoûtant dominé par un Klaus Kinski magistral. Les décors sont superbes.
Une oeuvre culte.
Pierre Olivier D
Pierre Olivier D

12 abonnés 71 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 août 2011
Ce film m'interpelle, des scènes incroyablement réalistes, les acteurs ont "morflés" pour jouer dans ce film c'est une certitude, les rapports compliqués entre Herzog et Kinski donnent le ton à cette atmosphère pesante et psychadélique, à se demander si Coppola n'a pas piquer les ingrédients nécessaires pour monter son hypnotique Apocalypse Now. Pour Klaus Kinski , son attitude parfois surjouée prend toute sa dimension pour le personnage d'Aguirre, il est clair que cet acteur est habité par son personnage, sa folie transpire à travers l'écran ce qui donne une oeuvre inpalpable et unique, du grand cinéma!
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 9 juin 2014
Film presque Documentaire avec des images de nature et de Forêts Vierges en Amérique du Sud absolument splendides. On est littéralement plongé dans l'aventure de ces conquistadors perdus dans la jungle et on ressent, dès le début du film, toutes les difficultés qu'ont dues endurer l'équipe de tournage pour faire un film au beau milieu de nul part !
Eselce

1 621 abonnés 4 240 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 avril 2019
Beaux décors, l'époque est reconstituée, on se sent dedans. Mais le scénario ne m'a pas paru terrible. On suit le periple d'un petit groupe d'espagnols à la recherche de l'Eldorado. Ils sont en armures rouillées, près à se mutiner, sur un radeau. La plupart du temps, il ne se passe pas grand chose. Un film assez physiologique avec un final sans surprise.
Mike M
Mike M

3 abonnés 146 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 septembre 2019
En 1560, une troupe de conquistadors espagnols descend de la montagne à la recherche de l'Eldorado. Mais l'équipée s'enlise dans les marais. Une plus petite expédition est alors constituée, placée sous la conduite de Pedro de Ursua et de son second, Lope de Aguirre, qui devra reconnaître l'aval du fleuve sur des radeaux. Aguirre, aventurier ambitieux et brutal, manoeuvre habilement pour proposer à ses compagnons un nouveau chef, le falot Fernando de Guzman, promu solennellement "empereur du Pérou et de l'Eldorado"...
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 1 novembre 2012
très bon film , même si ce n'est pas le chef d'oeuvre annoncé .
les images et les prises de vues sensationnelles arrivent a faire oublier un peu les faiblesses et la lenteur du film ....on reste quand même un petit peu sur sa faim ..
SmEuG
SmEuG

52 abonnés 248 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 avril 2013
Le truisme n’étant jamais qu’une évidence qui se sait évidence – donc vérité – il semble pertinent de débuter toute réflexion par cette forme de procédé littéraire. Car toute concaténation d’idées, dont le tout sculpte une réflexion, se doit d’intercaler dans ses interstices des liants suffisamment forts pour que la chaîne résiste aux ravages de la contradiction. En conséquence, commençons par en forger le premier maillon avec la plus évidente des lapalissades : la critique filmique, avant d’extraire du sujet le sens que son artiste a voulu lui donner – si tant est qu’il y en ait un – dessine en premier lieu sa propre interprétation qu’elle vient greffer sur l’œuvre comme si elle lui appartenait corps et âme. Autrement dit, la dernière valeur ajoutée dans le processus de création d’une œuvre d’art est celle du spectateur lui-même, qui dans un élan d’exaltation de sa propre capacité de questionnement viendra lui donner le dernier coup de marteau afin d’en faire un produit fini. Ceci implique qu’il n’y a d’art sans artiste évidemment, mais surtout qu’il n’y a d’art sans public, en ce sens que l’objet artistique, étant par essence un support de médiation entre émetteur et récepteur, ne peut communiquer sans la présence de ce dernier. Le récepteur est donc nécessaire pour qu’il y ait transmission du message, mais il est également suprême souverain dans la mesure où, le médium se voyant doté d’une nature abstraite, il en fait la compréhension qu’il souhaite. Il est le linguiste de sa propre pensée et questionnera les formes et les sons comme ses dispositions cognitives le lui dicteront.

Dès lors, il paraît vain de préciser que l’interprétation qui suit est probablement loin de l’idée que Werner Herzog se fait de son propre film, mais qu’en sa qualité d’idiome critique, cette exégèse cinématographique n’en est pas moins légitime.

« Aguirre, la colère de Dieu » ne contient pas le mot « Dieu » par occurrence. A dire vrai, il est imprégné de tout son être par la présence du divin. Ou plutôt, par le rapport communicationnel entre le Créateur et ses créatures. Ce rapport, c’est la manière dont les hommes arrangent l’espace vocationnel indéterminé qui est le leur, et dans lequel ils s’élancent pour déployer leur foi. Par quelles volitions l’homme va-t-il actualiser le souvenir de Dieu ?

L’auteur suisse Frithjof Schuon, distingue deux principes fondamentaux propres à tous les monothéismes constituant cette mise en relation avec l’Absolu. L’un que l’on qualifiera d’« ésotérique », l’autre d’ « éxoterique ». Le premier se définissant comme la Voie vécue par l’âme et la volonté, se reconnaît dans sa manière d’épurer la tradition religieuse pour revenir aux fondamentaux gnostiques ; à savoir la connaissance - par l’intelligence théomorphe immanente à l’être humain - du caractère Absolu et Illimité de Dieu. La seconde, sous la plume du métaphysicien se définit davantage comme la Voie vécue par la forme et la tradition, le salut par l’action, la règle comme base d’un mode de piété. Autrement dit, plutôt que d’accéder à Dieu par la voie verticale qui s’apparenterait à la contemplation libératrice de l’Immuable, l’éxotérisme choisit le matérialisme comme canal facilitant l’accès à la gnose et extrapole en traduisant l’abstraction divine par une codification concrète accessible à tous.
Parenthèse fermée, maintenant ses deux notions pleinement expliquées, lions-les à ce qu’elles concernent dans Aguirre.

Le film s’ouvre sur une longue scène hypnotique, montrant une troupe de conquistadors descendre littéralement du ciel, avec pour arrière-plan phonique, non pas une psalmodie grégorienne sophistiquée, mais une broderies de voix angéliques et ininterrompues confrontant dans l’immédiat, l’humain avec Dieu dans ce rapport de contemplation, cet abandon à toute la splendeur de la Création. Le Livre débute par le Commencement (La Génèse) qui voit l’homme envoyé sur la Terre après le pêché originel ; Aguirre, dans un tracé parallèle, s’ouvre également sur un passage du Ciel à la terre. Nous voilà donc projeter aux origines, alors que l’homme vide de tout dogme, nourrit un rapport ésotérique à Dieu, par la seule intuition de n’être qu’une part de la Réalité relative exclusive de la Réalité Absolue.

Très vite, un bruit de canon elliptique nous ramène dans une temporalité – le temps ayant son importance dans le film, j’y reviendrai par la suite – plus avancée, dans laquelle l’homme a troqué la vérité plénière et l’efficacité salvifique contre le matérialisme mondain et l’aveuglement passionnel. Le sens de la transcendance métaphysique des formes a déserté l’être humain pour trouver racine dans un exotérisme appelé Christianisme, encadré par toute une structure anthropologique aux codes bien définis.
Les principes de hiérarchies régissent l’ordre social, puisqu’aux côtés des soldats se trouvent d’une part les individus issus de la noblesse, et de l’autres, les esclaves autochtones réduit à l’état de chair à usage utile. Ainsi est représentée la perte de l’égalité de la valeur d’une vie humaine face à l’Absolu, qui se perpétue par la suite à travers divers tableaux dérisoires, tels que le non-sens absolu de transporter avec soi dans une expédition aussi périlleuse, deux voitures à bras au contenant dissonant par rapport à la diégèse étouffante dans laquelle ils se meuvent. C’est situé dans ce même réel diégétique, donc extrait de son contexte royal et luxueux habituel, que le sacre de Fernando de Guzman le faisant empereur de l’Eldorado, prend une tournure grotesque ; c’est dans ce climat de famine et de survie, que la satire s’élève d’un degré supplémentaire en offrant le triste spectacle de ce même empereur se goinfrer alors que ses hommes se meurent. La transposition de la structure catholico-monarchique dans un univers primitif permet un contraste déclencheur de l’ironie. Comme si un retour à l’état-nature était nécessaire pour démythifier l’ordre clérical.
Comment, le sens du sacré a-t-il pu se liquéfier de la sorte ?

Le pêché d’orgueil fut le germe de l’expulsion d’Adam et Eve du jardin D’Eden. Autrement dit, la colère de Dieu ne fut que la conséquence de la nature profondément vaniteuse de sa propre création. Aguirre alors, ne croit pas si bien dire lorsqu’il certifie « être la colère de Dieu ». Il ne l’est non pas en tant qu’il incarne, tel qu’il semble le croire dans un élan mégalomane, Dieu sur terre en personne, mais en tant que cause et conséquence de la colère de l’Eternel. Dès lors, la modification profonde du rapport à Dieu, de l’Origine aux temps nouveaux, semble trouver une explication toute tracée : l’Homme, en raison de son essence mégalomaniaque, de sa volonté de s’élever au niveau de Dieu – Dieu ne l’a-t-il pas créé à son image ? – finit par altérer peu à peu le sens des symboles, et en orienter sa mésinterprétation vers des substituts matériels entrant en conflit avec l’Essence première.
Cette vanité demeure omniprésente dans le métrage. Aguirre rêve de conquêtes, De Guzman se laisse berner par la flatterie, et le reste de la troupe ne rebrousse chemin à cause de promesses reluisantes. La promesse de l’El Dorado en fait partie, mais n’est qu’un moyen de ramener à l’homme ce qui appartient au Céleste par le fantasme du paradis terrestre.

Seul le temps, symbolisé par l’eau du fleuve qui se déverse sans répit, arrivera à bout de cette confrontation d’Egos. Rien n’y survit. Un radeau misérable jonché de corps pourfendu finira par conclure cette catharsis désabusée signée par un Werner Herzog au sommet de son art, dont l’ultime coup de génie aura probablement été de choisir Klaus Kinski pour incarner l’Orgueil, pour incarner « La Colère de Dieu ».
gimliamideselfes

3 433 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 septembre 2009
Pur chef d'oeuvre, d'une beauté rare, cette descente aux enfers de Kinski (magnifique), contemplative, lente, belle, folle, torturée, ne laisse pas son spectateur sortir indemne de tant de beauté…
AMCHI

6 945 abonnés 5 936 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 29 avril 2017
Revoyant pour la 2ème fois Aguirre, la colère de Dieu est tout comme ma 1ère fois malgré des qualités évidentes ne m'a pas emballé. Les 1ères images fascinent avec cette descente de la montagne brumeuse par une troupe de conquistadors accompagnés d'Indiens mais le style très docu-fiction de la réalisation m'a quelque peu repoussé, il n'y a pas une réelle intrigue. Herzog filme paresseusement tout cela sans émotion.
LeLobo
LeLobo

54 abonnés 429 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 novembre 2006
Herzog et Kinski = chef d'oeuvre.
Cela se vérifie ici dans la moiteur de la jungle.
Kinski n'est pas génial, il est monumental, ne pas confondre au risque de le vexer !
Cathedrale
Cathedrale

101 abonnés 171 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 février 2012
Du ciel, un corps céleste plonge tout entier dans l'atmosphère du nouveau monde. La colonie de fourmis descend, avec précaution, cet amas de roches vaporeuses, bercée par les choeurs angéliques de l'eau delà. "Je suis la colère de Dieu". Colère bornée et intrépide, qui n'a de respect que pour la chaire de sa chaire, colère farouche et insaisissable qui ne peut tenir en place. Aguirre doit se détacher de cette autorité trop pressante, quitte à l'éliminer, tout comme il doit partir, à le recherche d'Eldorado, à bord de ces radeaux de fortune. Animé par un besoin VITAL de gloire et de succès, l'envoyé d'en haut tourbillonnera des jours durant sur cette surface houleuse et dangeureuse, menant son équipage à perte. Entouré, submergé de petits singes, esprits malingres ressuscités qui couinent et le narguent d'un bout à l'autre de l'embarcation, Aguirre persistera dans son délire, rongé par la folie, noyé par les fluides de ce continent qui se joue de lui.
Hotinhere

790 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 juin 2024
Werner Herzog nous embarque sur son radeau dans une odyssée folle et hallucinée à la recherche de l'Eldorado, avec un Klaus Klinski complètement habité.
Ricco92
Ricco92

284 abonnés 2 330 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 janvier 2025
Première rencontre entre Werner Herzog et Klaus Kinski, Aguirre, la colère de Dieu est un film qui peut autant fasciner qu’ennuyer. En effet, Herzog choisit un rythme lent constitué de plans longs et souvent contemplatifs décontenançant pour un public qui s’attendrait à un film à grand spectacle. En effet, malgré un petit budget (370 000 dollars) et un tournage rapide de 7 semaines (mais extrêmement intense, compliqué et épique), ce parcours d’un équipage cherchant l’Eldorado et sombrant petit à petit dans la folie en s’entretuant se déroule dans des paysages tout bonnement sublimes qui peuvent fasciner (d’autant plus qu’ils sont portés par la musique envoutante du groupe Popol Vuh). Mais ce qui capte le plus l’attention est la présence totalement habitée de Klaus Kinski. En effet, porté par une démarche étrange, l’acteur aussi détestable dans la vie spoiler: (entendre Aguirre dire qu’il épousera sa fille prend d’ailleurs une autre tournure suite aux révélations de Pola Kinski)
qu’hyptonique à l’écran focalise tous les regards dès sa moindre apparition à l’écran. Ainsi, Aguirre, la colère de Dieu est un film au style assez particulier qui doit se voir en sachant que l’on va assister à une œuvre aux images fascinantes mais au rythme très lent.
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