Très austère sur la forme. Très original pour son histoire. A voir pour méditer sur les vies simples que menaient nos ancêtres. Hommage également à la cuisine française.
De belles images, de beaux décors et un contexte historico-religieux original qui fait que ce film s'apprécie. Il y a même des moments forts, notamment pendant le banquet. Mais certains passages sont interminables alors que le film semble paradoxalement trop court pour résumer fidèlement le roman. D'où quelques raccourcis un peu abruptes. C'est sans doute le lot de tous les films basés sur des romans, qui peinent en presque deux heures à retracer toutes les facettes d'une histoire. Il n'empêche que ce film (et le roman dont il est basé) sont une espèce d'éloge à la culture et à l'art de vivre français ce qui n'est pas désagréable. Par ailleurs, on retrouve une espèce de parallèle allégorique entre les plaisirs de la chère et l'amour de son prochain. C'est toute la force de la dernière partie du film, qui en est à la fois le but et l'acmé
Avec Le Festin de Babette, Gabriel Axel construit une œuvre d’une grande douceur, où la gastronomie devient un langage de générosité, de mémoire et de réconciliation. La lenteur assumée du récit accompagne avec délicatesse la transformation progressive d’une communauté austère, enfermée depuis longtemps dans le renoncement et la discipline spirituelle. Le célèbre repas central atteint une véritable dimension sensorielle et symbolique, révélant avec élégance comment l’art peut bouleverser les êtres sans jamais passer par le discours. Pourtant, derrière cette grâce humaniste et cette sérénité presque intemporelle, le film paraît parfois trop soucieux d’illustrer sa parabole sur le don et la transcendance. Une œuvre raffinée et profondément bienveillante, portée par une émotion discrète, mais dont la sagesse apaisée limite légèrement la force du trouble qu’elle suscite.