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Y Leca
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4,0
Publiée le 23 juillet 2020
Frugalité et austérité de vieux bigots danois contre générosité et sensualité de la gastronomie française. Les danois n'avaient aucune chance. Film pudique et sensible qui donne tout son sens à Carpe Diem. Stephane Audran incarne superbement ce plaisir face aux renoncements religieux.
Un mot qui revient dans la plupart des critiques est celui d'humanité. C'est, à mon sens, ce qui caractérise le plus le Festin de Babette. Dans une petite communauté religieuse dont les membres ne se nourrissent que du prêchi-prêcha du patriarche, la servante de deux vieilles filles va faire revenir cette humanité grâce à un repas. Et quel repas ! Une récompense merveilleuse pour les gourmands qui n'auront pas succombé à l'atmosphère empesée et grise du début du film. Pour le spectateur, comme pour les personnages, après une longue période de disette, les émotions jaillissent enfin ! Le contraste est saisissant entre ces 2 cultures : d'un côté, cette communauté protestante, austère, dévote, qui pratique le partage a minima et, pour certains avec hypocrisie et, de l'autre, cette femme modeste qui donne tout, sans compter et avec flamboyance. Un film émouvant à voir absolument.
Stéphane Audran représente ici l'esprit hilare de Claude Chabrol qui imprègne chaque image de ce film. Au-delà de l'hommage et de la transposition dans un Danemark luthérien de la mesquinerie bourgeoise chère au cinéaste de la nouvelle vague, Axel réussit le petit miracle de réaliser un film personnel attachant et gourmand, à défaut d'être un chef d’œuvre. A déguster.
Inspiré d'une nouvelle de Karen Blixen, l'unique. Une femme fuit la commune en 1871. Recueillie par deux veilles filles au Danemark, elle parle peu de son passé. Jusqu'au jour où elle gagne à la Loterie. Elle offre un festin à ses bienfaitrices et à leurs amis. Sublime moment où le repas alanguit les convives et où l'épicurien prend le dessus. On n'a qu'une vie, merci Babette.
Un film tout en simplicité et tout en émotion, un poil surestimé. Il est a l'image de son héroine, sous de modestes apparences se cachent de grands moments de plaisir et de volupté. C'est un hommage a la création artistique, et au bonheur de vivre. C'est léger et surprenant, élégant. L'oscar était amplement mérité, Stephane Audran embellit le film, qui nous rapelle que dix ans auparavant elle jouait encore les jolies bourgeoises de provinces pour son mari Chabrol. Quelle métamorphose !!