Dans la filmographie d'Hitchcock, voici un film qui ne paie pas de mine à plusieurs égards: d'abord par la manière lente et insidieuse dont il instille le doute qui va habiter tout le récit, avec ces effets de lumière visant à accentuer l'angoisse au fur et à mesure; ensuite, par le jeu subtil et nuancé des acteurs (en particulier Joan Fontaine). N'en demeure pas moins que la trame très classique ne réserve pas de grands coups de théâtre, et la fin paraîtra un peu incongrue avec son petit côté "tout ça pour ça". Plutôt pas mal, mais le maître n'est pas à son meilleur.
Dans "Soupçons", comme plus tard dans "Le Faux coupable", Hitchcock pousse le spectateur à s'interroger sur les apparences qui peuvent parfois se révéler trompeuses. Johnny veut-il vraiment tuer sa femme comme celle-ci le pense ou n'est-ce que son imagination qui lui fait croire des choses ? Grâce à l'interprétation magistralement ambigüe de Cary Grant, notre cœur balance de la même façon que celui de Lina. Dommage que la fin (imposée par le producteur) consiste en un retournement de situation absurde et qui apporte une conclusion bien moins intéressante que la fin irrévérencieuse prévue par Hitchcock. De même, se final dénature et ôte tout son sel au personnage de Johnny. Comme le dit si bien la voisine auteur de romans policiers, le méchant est toujours le héros de l'histoire, idée qui convient parfaitement aux films d'Hitchcock. Car si Lina (Joan Fontaine) est le personnage principal, Cary Grant est la vraie star du film. Il est éblouissant dans le rôle de Johnny, play-boy sans le sou et criblé de dettes à qui il prête son charme et sa nonchalance. Mais Grant s'éloigne ici de ses rôles comiques pour composer un personnage de plus en plus inquiétant à mesure que le film avance. Johnny alterne notamment les moments de charme ou il couvre son épouse de cadeaux et ceux ou il semble être une menace pour elle. Impression renforcée par la réalisation d'Hitchcock, Grant s'introduisant subrepticement dans le cadre à de nombreuses reprises, tel un homme aux aguets gardant à l'œil tout son entourage et prêt à intervenir à tout moment. De même lors des scènes de nuit, les ombres de la maison prennent la forme d'une toile d'araignée dans laquelle Lina semble prise au piège. Et malgré la fin dénaturée, "Soupçons" peut toujours compter sur le verre de lait le plus terrifiant de toute l'histoire du cinéma pour marquer les esprits.
Dans cette histoire, le spectateur est placé entre deux réalité possibles : le personnage de Johnnie est-il un criminel, avéré ou en puissance, où cette éventualité n'est-elle que le fruit de l'imagination paranoïaque de Lina ? Sur un excellent thème, Hitchcock livre une partition mitigée : quelques situations et dialogues savoureux, quelques plans ingénieux et expressifs, mais aussi un manque de crédibilité des comportements des personnages et quelques péripéties cousues de (gros) fil blanc. Si l'on peut prendre un certain plaisir nostalgique à sa vision, il s'agit quand même, dans la filmographie de Hitchcock, d'un film mineur (qui n'a pas très bien vieilli).
Assurément pas le suspense le plus insoutenable qui existe. Mais l’intérêt réside ici davantage dans l’analyse des comportements et des ressorts psychologiques, quand l’amour confine à l’aveuglement, quand passion rime avec possession et soumission. A cette fin, Hitchcock use de sa légendaire maîtrise de la mise en scène, essaimant au besoin quelques séquences mémorables. Il peut également s’appuyer sur l’excellente interprétation de Cary Grant, séducteur bonimenteur sans scrupule que l’on sent progressivement capable de l’irréparable, et Joan Fontaine, remarquable de justesse et de sensibilité.
On est trainé e bateau tout le long du film, avec oan Fontaine et Cary Grant faisant le couple non ordinaire. Une explosion d'inquiétude envers Joan Fontaine. Un grand film a voir et a revoir.
Hitchcock le grand maître...j'avais vu une image de ce film, celle où l'on peut deviner l'assassin en s’intéressant au contraste entre son corps noir sous les ombres et le verre de lait blanc qu'il tient dans la main. Image marquante. Film marquant. Tout y est parfait : les dialogues écrits avec un soin minutieux, la photographie qui joue sur le blanc lumineux et le très sombre, la narration superbe, le casting de choix, la musique qui apparaît comme classique de prime abord et qui adopte un ton sombre et menaçant au fur et à mesure que le drame complexe se noue...C'est un film qui met en avant la paranoïa, due au double jeu qui découle du mensonge. Hitchcock dresse un jeu de piste en faisant de nombreux clins d’œils amusés au spectateur qui se débat pour atteindre la sortie tout en souriant du bonheur que c'est de se savoir pris au piège. Le même genre de sensation que l'on ressent en dévorant un grand roman policier. L'interprétation est magnifique : Carry Grant parfait comme à son habitude se hausse encore plus haut dans ce rôle de garnement pas sage, Joan Fontaine déploie une extrême délicatesse si fascinante en fille trop « incarcérée » par ses parents, si bien qu'elle fut récompensée d'un oscar, et Nigel Bruce en bon copain parodique réussissent tous à mener à bien l'ambition d'Hitchcock. Le but du distordu scénario a porté ses fruit. On ne sait plus que penser, beaucoup d'indices semblent indiquer le meurtrier, trop même, et on se laisse prendre à l'opinion de Lina, suite à des moments émotionnels forts concoctés à l'aide d'effets de surprise, de montées musicales et de plans brutaux. Ce suspense nous donne des frissons, or il s'agit de la retranscription cinématographique des peurs intérieures de Lina qui lui font appréhender les situations vis à vis de son mari différemment. Bien entendu cela triomphe aussi sur le spectateur et lorsque la conclusion arrive, suite à une attente si forte du meurtre que la tension est poussée à son paroxysme, on comprend cette influence émotionnelle de Lina qui nous a échut à craindre Aysgard. Pourtant, à présent que l'angoisse est tombée, on réfléchit correctement et l'on se rend compte...que la conclusion n'en est pas une et ouvre deux voies possibles. Un tour de force bien plus malin qu'il en a l'air, une excellente démonstration narrative, avec une fin stupéfiante. Le meurtrier prouve rationnellement qu'il n'en est pas un, avec es arguments qui concordent selon tout ce qui a précédé, sa femme est convaincue, mais est-ce encore une entourloupe ?
J'aimais vraiment bien ce film, je me disais qu'il était plutôt bien pensé, que les personnages étaient amusants, et que la trame était discrète et pourtant intéressante. Et surtout qu'il était bien plus en finesse que tous les autres Hitchcock que j'ai pu voir (c'est justement pour ce manque de finesse qu'il a par rapport à Fritz Lang (par exemple) que je n'aime pas Hitchcock). Donc j'aimais bien le film jusqu'au soi-disant coup de théâtre qu'est la fin qui ruine tout le film (pour ceux qui l'ont vu, me dites pas que la fin tient debout ou même qu'elle est imprévisible). Ce film ressemble beaucoup au très bon "Secret beyond the door" de Fritz Lang justement qui a plus ou moins le même scénario mais dons la fin est autrement plus intelligente (tout le film d'ailleurs). Sérieusement je vois mais vraiment pas ce qu'on lui trouve encore aujourd'hui à Hitchcock ^^...
Cary Grant incarne ici un héros proche du Gatsby de Fitzgerald, dans un film à l'atmosphère tranquille mais confinée, et à la réalisation parfaite. Joan Fontaine est sublime et se voit sublimée par la magnifique photographie d'Harry Strading. "Soupçons" ("Sucpicion" en anglais) est un film à l'intrigue proche du "Gone Girl" de Fincher, dans la thématique abordée (mariage, faux-semblants...), bien que ces deux œuvres soient adaptées de deux romans distincts mais toutefois proches. Cary Grant sort de son genre jusque-là de prédilection, et livre une interprétation frappante et en tous points remarquable. À voir !
Soupçons est, sans surprise, un bon film d'Alfred Hitchcock, même s'il ne fait pas partie des meilleurs du cinéaste. L'histoire / le scénario est pas mal et tient très bien en haleine. Le casting est excellent. Cary Grant et Joan Fontaine forme un couple très crédible, mais le film est d'abord porté par Cary Grant car c'est lui qui a le rôle ambigu ; et l'acteur délivre une performance remarquable (jamais on n'arrive à savoir où veut aller son personnage Johnnie Aysgarth).spoiler: Le final est d'excellente qualité, totalement inattendu. Joan Fontaine joue avec beaucoup de justesse. L'atmosphère, pleine de soupçons, est bien retranscrite. Un bon film, porté par un excellent acteur.
Soupçons est une assez bonne comédie dramatique.Le scénario est assez bien travaillé et les dialogues sont très bon.Le début du film est comique nottament dans ses dialogues ou cary grant est en grande forme.Mais au fil du film,le drame arrive.Le rythme du film est un peu trop lent mais hitchcock réussi a préserver le suspense jusqu'au dénouement.La mise en scène est un peu trop académique ce qui ne l'empêche pas d'être soigné.Soupçons reste un film intéressant à voir et bien mené malgré quelques longeurs regrettables.
Ce n'est pas mon Hitchcock préféré (un peu classique, rythme tranquille, suspense vite dilaté) mais Soupçons est un film efficace, porté par le couple charismatique Cary Grant/Joan Fontaine (bravo à lui surtout, tout en ambiguité), et renferme quelques scènes très fortes (la voiture, le verre de lait)
Un film d'Hitchcock plutôt décevant pour ma part. L'histoire n'est pas prenante, je me suis vaguement ennuyé et le suspense est très minime (spoiler: c'est facile à deviner que Lina (Joan Fontaine) fait de la paranoïa, si bien que la fin est prévisible ). La plus grande réussite du film étant pour moi la fameuse scène avec le verre de lait, très bien mise en scène (notamment grâce à la lumière). Et Cary Grant est comme souvent excellent dans son rôle.
Dans "Soupçons", Hitchcock affine son style. Dans les 27 premières minutes, on est un peu désappointé, cela ne ressemble pas vraiment à un film à suspens. Pourtant, l'air de rien, Hitchcock a déjà mis en place tout les éléments du malaise. Rappelez vous dans les premières minutes de la rencontre entre "Johnnie Aysgarth" et "Lina McLaidlaw" (dans le train). (Johnnie Aysgarth) - "Je m'excuse d'abuser de nos relations si récentes, auriez-vous de la monnaie mademoiselle ?" (Lina McLaidlaw) - "Mais..." Cela avait l'air anodin, vous l'aviez déjà oublié et pourtant tout ce qui allait poser problème était déjà là. Une fois passé l'introduction (un peu longue), on entre enfin dans le vif du sujet, dans les soupçons, dans le suspens, enfin bref... dans le Hitchcock qu'on apprécie le plus.
Soupçons tourné en 1941 est la première collaboration (sur les 4) entre Alfred Hitchcock et Cary Grant, l'un des acteurs fétiches du maître avec James Stewart. Ce film est prenant du début à la fin, Hitchcock réussit à nous tenir en haleine et le film porte bien son nom ("Suspicion" bien traduit par "soupçons en français"). Il faut aussi souligner les excellentes interprétations de Cary Grant et surtout Joan Fontaine qui reçut un Oscar pour ce rôle. A voir et à revoir. Par contre, les décors ne sont pas top. Alfred Hitchcock apparaît dans un caméo à la moitié du film, c'est très rapide : c'est l'homme qui poste une lettre.